Jérusalem : La ville des Prophètes

Nous vous présentons un article de notre collaborateur Mohsen Ismaïl paru dans la revue ’Témoignage Chré

par

mardi 10 octobre 2000

Évoquer le nom de cette ville est agréable en soi. Jérusalem dispose d ’un charme spécial. Il s’agit de l’un des lieux les plus nobles sur terre. Chargée d’histoire, elle a vu défiler plusieurs civilisations, le triomphe et le déclin de plusieurs empires. Elle se dresse ainsi comme le témoin d’une partie de l’histoire de l’humanité. Mais sa dimension religieuse dépasse toute autre mesure. Avant de faire l’objet d’un enjeu politique, Jérusalem revêt une dimension spirituelle et reste éternellement sacrée. C’est la capitale spirituelle par excellence, son histoire reste liée à celle de tous les messages religieux. Sa vénération par les musulmans n’est pas seulement liée au voyage nocturne du prophète Mohamed (1). La mosquée al-Aqsâ, si vénérable fusse-t-elle, ne représente pas à elle seule le symbole de l’attachement viscéral du musulman à cette ville. Appelé à croire, en même temps, aux trois religions révélées qui ont leurs racines à Jérusalem, le musulman doit à cette ville vénération et amour. Dans cette ville, fondée et habitée par les prophètes, aucun pouce de terre n’a échappé à la prosternation d’un prophète. Il s’agit du berceau du monothéisme qui reste à jamais le symbole de coexistence entre les trois religions. Malgré les interminables guerres et les convoitises monstrueuses des puissances politiques, la convivialité entre les habitants de cette ville dépassait toujours la simple juxtaposition pour former une formidable symbiose aussi bien humaine que culturelle. L’atmosphère spirituelle qui imbibe leur cité stimule les croyants à maintenir une telle entreprise. Pour le musulman, Jérusalem est le symbole d’une mémoire collective et d’une foi commune en Dieu. Sans cette dimension d’entente sans réserve, la vie y sera toujours dépourvue d’harmonie. Sa dimension universelle, sa réalité quotidienne ainsi que les traces qui témoignent encore du passage de tous les prophètes, sont des réalités qui interdisent à une seule religion d’accaparer cette ville.

 1. C’est au cours de ce voyage miraculeux de La Mecque à Jérusalem, évoqué dans la sourate XVII du Coran, que Mohamed reçut de Dieu le commandement de la prière, l’un des cinq piliers de l’islam (NDLR).

Article issu du numéro du 7 septembre (N°2931) de Témoignage Chrétien

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Auteur : Mohsen Ismaïl

Théologien et sociologue de l’islam. consultant de revue Islam de France.(ed Al Bouraq). Attaché au Centre d’études sur l’Orient contemporain — Paris III Sorbonne Nouvelle

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