Jeanne d’Arc à l’Académie française ?

Et qui sont les mauvais élèves de la classe ? Max Gallo va vous le dire : il est « sacrilège, scandaleu

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jeudi 21 juin 2007

Max Gallo vient d’être élu à l’Académie française. Nous ne pouvons que féliciter cet auteur prolifique, dont la vie semble décidément ressembler à son premier roman : Le cortège des vainqueurs[1], qui décrivait l’histoire d’une grande famille italienne de l’entre deux guerres, enfourchant le fascisme à ses débuts et sachant l’abandonner à temps, pour son plus grand profit. Oui, quelquefois la vie peut être un roman…

Il a emporté le vingt-quatrième fauteuil par quinze voix contre cinq à Claude Imbert, ce journaliste dont l’œuvre principale restera sa déclaration sur LCI le 24 octobre 2003 : « Il faut être honnête. Moi je suis un peu islamophobe. Cela ne me gêne pas de le dire. […] j’ai le droit, je ne suis pas le seul dans ce pays à penser que l’islam – je dis bien l’islam, je ne parle même pas des islamistes – en tant que religion, apporte une débilité d’archaïsmes divers, apporte une manière de considérer la femme, de déclasser régulièrement la femme […] en plus de supplanter la loi des Etats par la loi du Coran, qui en effet me rend islamophobe. » L’honnêteté n’est donc pas toujours récompensée…

Max Gallo avait été plus prudent, plus habile, se drapant dans les plis de l’œuvre romanesque pour exprimer un point de vue sur l’islam – qui n’était pas le sien puisque les propos tenus étaient ceux des personnages[2].

Il serait amusant de savoir si l’académicienne qui avait doctement expliqué que les problèmes des banlieues étaient dus à la polygamie de leurs habitants lui a apporté sa voix… Mais passons.

Peut-on expliquer les raisons qui ont conduit l’Académie à promettre à Max Gallo une immortalité jusque là aléatoire ? Marc Fumaroli dans ses Trois institutions littéraires[3] en donne peut-être involontairement l’explication : « le critère de ses choix [de l’Académie] relève d’une opinion à la fois officielle et mondaine ne coïncidant pas avec le savoir spécialisé d’une infime minorité d’érudits, de France ou d’Europe. »[4] , l’Académie préférant à l’érudition le « sens commun », dont il donne un peu plus loin la définition[5] : « Le sens commun ce n’est pas la raison du métaphysicien. Il prend appui, avant de la vérifier, sur l’opinion généralement admise par une société en vertu de ses traditions mais aussi des circonstances, de la conjoncture des esprits. »[6]

Nous avons sans doute là l’explication de cette intrusion sous la coupole – intrusion me paraissant préférable à admission ou à réception, compte tenu du caractère tonitruant du personnage – car c’est bien de façon tonitruante qu’il a commis l’un de ces derniers ouvrages, à la couverture barrée d’un ruban tricolore, intitulé Fier d’être français[7].

Ce petit volume est en effet un texte de circonstance, rempli de lieux communs, dont le principal mérite est d’être bien dans l’air du temps avec la création d’un ministère consacré entre autres à « l’identité nationale », car ce n’est pas le style qui aurait permis de le remarquer.

Commençons par le titre : en français la règle est de distinguer la langue, avec une minuscule, de la nationalité, que l’on écrit avec une majuscule. Max Gallo aurait donc du écrire qu’il était « fier d’être Français », ce qui aurait pu avoir un sens, au lieu d’être « fier d’être français », qui n’en a pas. Cela peut paraître anecdotique, cela ne l’est pas.

C’est révélateur au contraire de la confusion intellectuelle de ces donneurs de leçons, souvent Français de fraîche date, qui assènent ce qu’ils croient être des vérités absolues à l’encontre de ceux qui à qui ils reprochent d’être Français depuis moins longtemps qu’eux, un peu comme ces anoblis récents, au XVIII° siècle, qui en rajoutaient sur les prétentions aristocratiques dont leurs ancêtres étaient dépourvus : mais comme eux, malgré une utilisation intensive de la « savonnette à vilain », leurs homologues contemporains restent ce qu’ils sont, somme toute peu de chose. « Notre être est notre richesse. Et notre être c’est d’abord la fierté nationale, celle de notre passé »[8]  : si ce que dit Max Gallo est exact, je trouve sa fierté et son passé bien courts et fort peu aptes à lui permettre de donner des leçons, du moins en prenant le ton qu’il emploie…

Sur le style de l’ouvrage, je ne ferai qu’une observation relative aux répétitions qui l’émaillent tout au long : tout d’abord l’auteur « nique » en rafale, pages 15, 30, 36 et 41 – plus exactement il se fait niquer, du moins le croit-il à moins qu’il ne l’espère ; puis (l’épuisement venu ?) il change d’activité et fustige les « folliculaires » pages 91, 93 (deux fois), 98, 101, 103, 106 et 113, les folliculaires étant en résumé tous ceux qui ne sont pas de son avis. C’est consternant.

Après la forme, venons en au fond. Bien entendu, il était impossible d’écrire sur un tel sujet sans citer Fernand Braudel et son Identité de la France[9]. C’est une référence obligée. Il faudrait cependant être plus prudent dans son maniement, quand on sait à quel point Braudel a lié, à tort à mon avis, et dès l’introduction de son ouvrage, la compréhension de l’histoire d’un pays à la nationalité, à une manière de jus sangini  : « … l’historien, en effet, n’est de plain-pied qu’avec l’histoire de son propre pays, il en comprend d’instinct les détours, les méandres, les originalités, les faiblesses. Jamais, si érudit soit-il, il ne possède de tels atouts quand il se loge chez autrui. »[10]

Qu’un auteur comme Max Gallo qui n’a jamais fait mystère de ses origines italiennes puisse souscrire avec une telle force à des thèses pareilles, pour affirmer après avoir cité Braudel, que pour de « nombreux habitants »[11], qu’il ne qualifie pas autrement, « Citoyens français, ils se sentent et se veulent encore étrangers »[12], que Max Gallo donc puisse reprendre une rhétorique maurassienne que l’on appliquait généreusement aux juifs pendant l’entre-deux guerres ne laisse pas de rendre perplexe sur l’intégration des valeurs républicaines qu’il dit défendre après les avoir prétendument assimilées.

Ce basculement vers les thèses de l’extrême droite se confirme avec l’allusion à la théorie du complot « … et tout ce que cela cache »[13] et une vision catastrophique de la situation : nous serions « au bord de l’abîme »[14], « n’est-il pas trop tard pour réagir ? »[15], certains devraient adhérer à un « mouvement de défense des Blancs »[16], ce qui nous guette est le spectre de la guerre civile, la situation étant « aussi grave qu’au temps de la guerre de Cent Ans ou des guerres de religion »[17].

Mais grâce à Max Gallo, notre nouvelle Jeanne d’Arc, qui semble opérer un parcours politique à l’inverse des personnages de son premier roman, nous allons pouvoir rétablir la situation et bouter hors de France ceux qui nous menacent, et notre « identité » avec nous.

L’histoire est généreusement sollicitée pour définir cette identité, Max Gallo développant tout au long de ces cent vingt pages une vision catholico - centrée de celle-ci, et d’un catholicisme sur lequel ne semble guère souffler l’esprit de Vatican II.

Il vaut mieux, me direz-vous, qu’il fasse référence à l’histoire qu’à la géographie : il semble en effet moins à l’aise avec celle-ci, lorsqu’il parle des « ouvriers “gaulois” les chassaient, les battaient, les lynchaient – ainsi dans les salines de Provence : au moins une dizaine de morts en 1893. »[18] Max Gallo fait ici explicitement référence à ce que l’histoire a retenu sous le nom de « massacres des marais » qui ont eu lieu à Aigues-Mortes en 1893.

Des ouvriers italiens, à qui l’on reprochait de venir « prendre le travail des Français », de ne pas « manger comme nous », d’être « plus religieux » que nous ont été victimes d’une chasse à l’homme qui a duré plusieurs jours, dans les marais salants[19]. Tout ceci est vrai, sauf qu’Aigues-Mortes n’est pas en Provence, mais en Languedoc.

Cela peut une fois de plus paraître dérisoire, surtout pour quelqu’un qui ne voit la France et son histoire que comme un bloc. Dans la réalité cela ne l’est pas, les mentalités collectives étant très différentes d’un côté et de l’autre du Rhône. Mais c’est précisément par des refus répétés de la réalité que l’idéologie nationalo-républicaine se construit et devient la pensée unique qu’elle prétend combattre.

L’histoire est donc sollicitée - dans le sens où les juristes disent que l’on « sollicite » un texte, où on lui fait dire plus que ce qu’il signifie.

Ce que voudraient imposer ces « nombreux habitants » de notre pays, « ce n’est pas l’histoire de France […] mais LEUR histoire EN France »[20]  ; ce passage prend un sens particulièrement éclairant lorsqu’on le rapproche du suivant, quelques pages plus loin, à propos du château de Versailles que des personnes non nommément désignées par l’auteur voudraient transformer « en musée rappelant non pas la gloire du monarque, mais les malheurs des paysans misérables, des habitants du Palatinat, des Noirs victimes des la traite négrière du Code noir, et des protestants condamnés aux galères ou chassés de leur patrie par les dragonnades et le révocation de l’Edit de Nantes »[21] Nous serions là dans une logique de « destruction de la communauté nationale, de son émiettement en communautés rivales, et, au bout, la “balkanisation” de la France. »[22]

Rien, dans ce petit livre, ne révèle mieux au lecteur l’ignorance qu’à Max Gallo de l’histoire de France, l’ignorance qu’il a des minorités, l’ignorance qu’il a de leur culture et de leurs pratiques religieuses. Car si Max Gallo était aussi « enraciné » dans l’histoire de notre pays qu’il le prétend[23], il saurait que l’existence d’une mémoire spécifique à un groupe n’empêche pas de partager une mémoire plus large et n’a jamais été un péril pour l’identité nationale.

Qui, aujourd’hui, oserait remettre en cause l’appartenance des protestants à la communauté nationale ? Personne. Menacent-ils, par leur mémoire particulière, l’identité nationale ? Ce serait grotesque.

Et pourtant, rien que dans ma famille, sont conservés les souvenirs de deux galériens pour la foi, sont toujours vivants les souvenirs des dragonnades[24], de l’exil pour cause de religion[25], de l’Edit de Tolérance du Roi Louis XVI qui nous a rendu un état civil… pour n’en rester qu’à la période pré révolutionnaire.

Ce type de parcours familial, assez classique dans le protestantisme français, s’exprime particulièrement lors de l’Assemblée du Désert, chaque premier dimanche de septembre, au cours de laquelle il n’est pas rare de rencontrer de lointains cousins au détour d’une visite du musée du protestantisme : l’attention portée à un nom, des armoiries connues sur une chevalière… la conversation s’engage, la généalogie de déroule, la communauté se crée…

Elle permet de se retrouver, de s’enraciner un peu plus encore, contrairement à ce que voudrait la littérature contemporaine sur le « communautarisme », cache-misère d’individus sans appartenance.

Heureusement pour lui, Max Gallo n’aura pas à prononcer l’éloge de Philippe Joutard ! Sauf à dénier la dimension humaine qu’il y a dans ce type de rapport à l’histoire, il est impossible de comprendre que ces histoires particulières s’emboîtent dans une histoire plus générale sans nécessairement l’exclure ; que l’histoire du groupe minoritaire complète et éclaire celle du groupe national.

Nier cette histoire, c’est nier l’humanité de l’individu qui s’y rattache, qui « habite » l’histoire. Apprendre l’histoire dans un manuel ne suffit pas pour être « enraciné » dans celle-ci : s’il était nécessaire d’en faire la démonstration, Max Gallo l’a faite.

L’exemple du protestantisme, que plus personne ne conteste, montre bien que ce qui dérange aujourd’hui ce n’est pas le fait minoritaire en lui-même, c’est qu’il s’exprime à travers des groupes qui ont l’audace de ne plus être ce qu’ils étaient. Ah ! que de regrets chez Max Gallo lorsqu’il évoque « la photo d’une école dans la brousse et des enfants noirs assis sagement à leur pupitre. »[26]

Aujourd’hui, non seulement ils ne seraient plus assis sagement en train d’apprendre « Nos ancêtres les Gallo », mais il seraient de mauvais citoyens incapables « de prendre les armes pour le défendre [leur nouveau pays] contre les armées du pays d’où l’on venait ! » .

Ce type de discours n’est pas nouveau, sans remonter une fois de plus aux années 30 du XX° siècle, il nous a été servi lors de la première guerre du Golfe en 1990 : des esprits qui se disaient avertis, nous prévenaient avec des tons de conspirateurs que nous ne pourrions plus faire la guerre, puisque les « musulmans » refuseraient de se battre contre leurs « frères », puisque c’était « dans leur religion » ; la « basse ville » attendait le moment propice, le couteau entre les dents, pour monter à l’assaut de la « haute ville », dans laquelle, d’ailleurs, « ils commencent à arriver ! »[27].

Outre qu’il aurait été peut-être intéressant de s’interroger pourquoi le sentiment de fraternité était absent ici plus qu’ailleurs – mais de cela on s’est bien gardé - jamais, à aucun moment, tant les soldats issus de l’immigration que les jeunes de même origine restés en France ne se sont manifestés en tant que tels, ont refusé de combattre ou ont exprimé de l’hostilité à l’endroit de cette guerre.

Prétendre le contraire c’est procéder par déni de la réalité ; mais il est vrai que quand la réalité n’est pas conforme à ce que l’on souhaite qu’elle soit, il ne faut surtout pas hésiter à la transformer, comme le fait encore notre auteur lorsqu’il affirme que « ce sont bien les premiers chocs des lames dégainées que l’on a entendus, en octobre et novembre 2005, au cours des émeutes urbaines, sur lesquelles on a bien vite jeté le manteau de l’oubli en niant leur dimension ethnique – et même religieuse […] » alors que l’on a fait précisément le contraire, affirmant que ces troubles étaient religieux, appelant les fédérations musulmanes à la rescousse pour qu’elles se fendent de communiqués appelant au calme ces enfants refusant de rester sagement assis à leur pupitre…

Et qui sont les mauvais élèves de la classe ? Max Gallo va vous le dire : il est « sacrilège, scandaleux de critiquer un imam qui a conseillé de battre sa femme “avec modération” sur les jambes plutôt que sur le ventre et le visage ! »[28]  ; on écouterait « avec indulgence et sympathie un distingué et élégant propagandiste musulman pour qui la pratique de la lapidation d’une épouse infidèle doit faire tout au plus l’objet d’un moratoire plutôt que d’une condamnation ! »[29], il serait impossible de parler de la polygamie[30] et puis voici, après ces fleurs ces feuilles et ces branches, ce pour quoi bat le cœur de l’auteur : « La France chrétienne ne serait plus qu’un souvenir qui s’efface. Que s’impose la France multiculturelle où l’Etat doit aider l’islam à occuper toute sa place ! »[31]

C’est bien là que réside toute l’imposture du discours nationalo-républicain, qui se révèle en réalité pour ce qu’il est : un discours néo-colonial, une ratiocination sur le passé plus qu’une promesse d’avenir. Il est impensable pour certains, impensable au sens propre car ils refusent d’y « penser », que l’Etat aide une religion, quelle qu’elle soit, à occuper la place qui est la sienne dans le cadre des lois fixées par ce même Etat.

Il est impensable pour certains que l’Etat, se réclamant du principe d’égalité, puisse accorder un traitement égal à une religion minoritaire. Les mots de Max Gallo sont précis : il parle bien de sa place pour l’islam, pas d’une place plus grande que celle des autres. Et cela même, cette possibilité que l’Etat puisse faire régner l’égalité, qui lui est insupportable.

Cela révèle aussi l’imposture de l’argument de la laïcité brandie à tort et à travers, auquel les musulmans sont perpétuellement sommés de se conformer : il n’est plus question de laïcité lorsqu’il s’agit des valeurs de la France chrétienne, c’est-à-dire catholique, en l’occurrence, auxquelles il s’agit de se soumettre.

Ce n’est pas la Marseillaise qui est l’hymne des nationalo-républicains, catholiques et Français toujours : c’est « mon Dieu sauvez la France au nom du Sacré Cœur ! »

Si Max Gallo connaissait l’histoire de France, il connaîtrait les propos de Rabaut-Saint Etienne qui déclarait lorsque l’on élaborait la Déclaration des Droits de l’Homme : « Mais, Messieurs, ce n’est pas même la tolérance que je réclame ; c’est la liberté […] La tolérance ! Je demande qu’il soit proscrit à son tour, et il le sera ce mot injuste, qui ne nous présente que comme des citoyens dignes de pitié, comme des coupables auxquels on pardonne […] Je vous demande donc, Messieurs, pour les protestants français, pour tous les non catholiques du royaume, ce que vous demandez pour vous : la liberté, l’égalité des droits. Je le demande pour ce Peuple arraché de l’Asie, toujours errant, toujours proscrit, toujours persécuté […] Nation généreuse et libre, ne souffrez point que l’on vous cite l’exemple de ces Nations encore intolérantes qui proscrivent votre culte chez elles. Vous n’êtes pas faits pour recevoir l’exemple, mais pour le donner ; et de ce qu’il est des peuples injustes, il ne s’ensuit pas que vous devriez l’être. »[32]

S’il avait assimilé les leçons de l’histoire, il saurait que ce qui précisément a fait la grandeur de notre pays ce sont les principes qui ont été posés alors, et entre autres le fait que l’on ne puisse pas dénier leurs droits aux minorités religieuses ; c’est la reconnaissance de ces droits qui a permis aux protestants partis après 1685 de revenir en France et de la servir à nouveau, comme l’avaient fait leurs ancêtres et comme ils auraient continué à la faire si on ne les en avait pas empêchés.

Travestir l’histoire, comme le font les tenants de ce discours, ce n’est pas assumer celle-ci. C’est l’instrumentaliser à des fins politiques et d’une politique en contradiction avec les principes républicains brandis par ailleurs.

Il est vrai que l’on ne saurait trop en vouloir à Max Gallo, dont la mémoire est fort courte : citant le général de Gaulle, « prétendre faire la France avec une fraction, c’est une erreur grave, et prétendre représenter la France au nom d’un fraction, cela c’est une erreur nationale impardonnable »[33], il oublie qu’il a été, il n’y a pas si longtemps, ministre de François Mitterrand qui, au soir de sa première élection déclarait qu’il était le « président du peuple de gauche »…

C’est dans l’oubli de ces principes que réside l’abandon des élites, et non pas, bien au contraire, dans l’application à tous, y compris aux musulmans, du principe d’égalité.

Que Max Gallo soit en concurrence avec Claude Imbert pour le vingt quatrième fauteuil, qu’il se retrouve en compagnie de la spécialiste de la polygamie, Mme Carrère dite d’Encausse[34], est un signe fort de cet esprit de démission, de la veulerie du sens commun dans lequel s’avachissent avec délices les clercs qui trahissent.

Stefan Zweig, juif viennois qui a du quitter son pays à cause du nazisme et qui est mort en exil, savait de quoi il parlait lui, en ce domaine, pour avoir vu les excès auxquels pouvaient mener le nationalisme : « Quand l’honneur est dans le drapeau, l’intelligence est dans la trompette » déclara-t-il un jour. Plutôt qu’un fauteuil à l’Académie, on aurait du trouver à Max Gallo une selle à la Garde républicaine. Ses talents y auraient été mieux employés.



[1] Editions Robert Laffont, 1972

[2] Cf. mon article sur Oumma.com du 13 juillet 2006

[3] Ed. Gallimard, coll. Folio histoire, 1994, 365 pp.

[4] Cf. p. 58

[5] Cf. p. 62

[6] C’est moi qui souligne.

[7] Ed. Fayard, Le Livre de Poche, 2006, 120 pp.

[8] Cf. p. 119

[9] Cf. BRAUDEL (Fernand), L’identité de la France, T. 1, Espace et histoire, éd. Flammarion, Paris, coll. Champs, 1990, 410 pp.

[10] Cf. BRAUDEL, op. cit. p. 10

[11] GALLO (M.), op. cit. p. 23

[12] Idem p. 24

[13]Cf. p. 68

[14] Cf. p. 28

[15]Cf. p. 45

[16] Cf. p. 49

[17]Cf. p. 116

[18] Cf. p. 31

[19] Sur cette affaire, cf : BARNABA (Enzo), Le sang des marais – Aigues – Mortes 17 août 1893, une tragédie de l’immigration italienne, éd. Via Valeriano, Marseille, 1993, 128 pp.

[20] Cf. p. 23

[21] pp. 25 et 26

[22] Cf. p. 26

[23] Comme il dit l’être p. 56

[24] Cf. FROMENTAL (Jacques), Aigues –Vives, les carnets de Brutus Déjardin d’Annibal à Gaston Doumergue, éd. C. Lacour, Nîmes, 1989, 185 pp.

[25] Cf. Histoire généalogique des Mirabaud d’Aigues Vives, (Anonyme), Paris, 1894

[26] Cf. p. 102

[27] Ces propos m’ont été expressément tenus à plusieurs reprises à Toulon, où je résidais alors.

[28] Cf. p. 18

[29] idem

[30] Cf. p. 19

[31] Cf. p. 22

[32] In VIALLANEX (Paul), Réforme et révolutions – Aux origines de la démocratie moderne, éd. Réforme/Presses du Languedoc, Montpellier, 1990, p. 110

[33] Cf. p. 55

[34] Dont je déplore au demeurant qu’elle succède à un Mirabaud comme secrétaire perpétuel

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Auteur : Jean-Michel Cros

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