Jean Sarkozy : la promotion de l’héritier

Depuis la nuit des temps, des familles ont fait l’histoire. Nicolas Sarkozy aspire manifestement à faire en

vendredi 9 octobre 2009

Depuis la nuit des temps, des familles ont fait l’histoire. Nicolas Sarkozy aspire manifestement à faire entrer la sienne dans la légende pour célébrer l’avènement d’une oligarchie triomphante !

En l’espace de deux ans de mandature, le locataire de l’Elysée élu au suffrage universel s’est mué en souverain absolu, instaurant le règne de l’endogamie et des réseaux pour mieux verrouiller tous les organes de décision.

Maître d’œuvre d’une politique spectacle sous l’emprise de l’émotion affectée, le chef de l’Etat réserve un réveil bien brutal à son électorat en souffrance de 2009, qui cherche vainement de la grandeur et des résultats, là où le casting gouvernemental, les Hortefeux, Kouchner, Besson, Mitterrand et consorts, avilissent la fonction et brillent par leur insuccès, dans une insupportable impunité.

Passant sans transition de « La France d’après » scandée lors de la campagne présidentielle à la France du népotisme, les citoyens français, à qui l’on fait avaler beaucoup de couleuvres, assistent médusés à l’irrésistible ascension publique de Jean Sarkozy, le rejeton tout juste âgé de 23 ans.

A-t-il les compétences et les aptitudes requises ? Ses diplômes sont-ils en adéquation avec la fonction ? Que de futiles questions pour celui qui, Bac+2 en poche, deviendra le 4 décembre prochain le futur régent du quartier d’affaires de la Défense, présidant aux destinées d’un établissement qui, fin 2008, réalisait un chiffre d’affaires d’1 milliard d’euros et dégageait 350 millions de bénéfices grâce à la commercialisation des mètres carrés de bureaux.

A l’âge où des milliers d’autres portent un regard anxieux sur l’avenir, tentant de se frayer un chemin dans un parcours jalonné d’épreuves, où le Bac+5 n’est plus le sésame pour décrocher son premier emploi, le dauphin du roi peut contempler sereinement la ligne d’horizon parfaitement dégagée qui se profile devant lui.

Ce formidable coup d’accélérateur qui propulse, en pleine sinistrose, le fils de famille à la présidence de l’Etablissement public d’aménagement de la Défense (EPAD), un poste occupé jadis par son père, alors président du conseil général des Hauts-de-Seine de 2004 à 2007, révèle un sens politique clanique, pétri de mépris envers le peuple souverain fragilisé par un système inique de cooptation, créateur d’inégalités et d’exclusions.

Le népotisme érigé en système de gouvernance ouvre une voie royale à Jean Sarkozy, qui planifie une autre conquête dans un fauteuil, la présidence du conseil général des Hauts-de-Seine, dont le président actuel n’est autre que Patrick Devedjian, aujourd’hui poussé vers la sortie de son poste d’administrateur de l’EPAD.

Adoubé jeudi dernier par des conseillers généraux de la majorité qui se plient aux injonctions du président de la république le doigt sur la couture du pantalon, Jean Sarkozy a eu l’aplomb de se réjouir d’un « consensus absolu et intégral ».

Digne héritier de son père, si le talent n’est pas forcément transmissible d’une génération à une autre, l’ambition l’est certainement davantage, surtout quand elle bénéficie d’un sacré coup de pouce élyséen !

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