Jean-Louis Borloo : « Je suis un bâtard »

Confessions intimes. A l’occasion d’un dîner débat organisé par le Club XXIe siècle, Jean-Louis Borloo, probable candidat pour la présidentielle, a revendiqué son originalité en se qualifiant positivement de « bâtard » de la vie politique. Opération séduction à destination de l’électorat issu de l’immigration.

Jean-Louis Borloo : « Je suis un bâtard »

Confessions intimes. A l’occasion d’un dîner débat organisé par le Club XXIe siècle, Jean-Louis Borloo, probable candidat pour la présidentielle, a revendiqué son originalité en se qualifiant positivement de « bâtard » de la vie politique. Opération séduction à destination de l’électorat issu de l’immigration.

Il est devenu en quelques semaines la bête noire de l’Élysée et de l’UMP. Jean-Louis Borloo, président du Parti Radical et ancien ministre de l’Ecologie, laisse de plus en plus entendre qu’il pourrait se porter candidat à l’élection présidentielle face à Nicolas Sarkozy. Le risque pour le chef de l’Etat ? Perdre des électeurs de centre-droit au point de risquer la garantie de son accession au second tour. De son côté, l’ancien maire de Valenciennes drague tous azimuts, y compris parmi ceux, insensibles au PS, qui sont indignés par la dérive extrême-droitière de la majorité parlementaire : les électeurs issus de l’immigration et hostiles à la gauche socialiste.

Le 13 avril, Jean-Louis Borloo était l’invité du dîner débat organisé par le ClubXXIe siècle, réseau de l’élite française originaire d’Afrique noire, du Maghreb et d’Asie. Face à un parterre composé de jeunes cadres désireux, à l’instar de leurs homologues de l’association Le Siècle, de peser à l’avenir sur les grandes orientations du pays, le centriste a joué l’outsider en se démarquant ironiquement de ses confrères en politique : « J’ai besoin de vous (…). Pour les troupes régulières de la politique, je n’ai jamais été accepté comme un homme politique. Jamais. Je suis un bâtard. Voilà ! Il faut être bien coiffé ou avoir une famille ou avoir le diplôme qui va et si vous êtes pas dans le code… Attendez, je suis la plus vielle bourrique politique actuellement vivante, je suis élu depuis1980 - je sais pas combien… J’apparais comme un homme neuf ! C’est qu’il doit y avoir un truc, quand même ! (…) On a un problème de renouvellement, on a un problème de bâtardisation de la classe politique française, je vous l’assure, pas en termes de symboles visibles et tout ça… Culturellement ! Ce pays qui est génial mais là, il est un petit peu replié sur lui-même ».

L’un des membres de la garde rapprochée de Jean-Louis Borloo est précisément une ex-participante aux rencontres du Club XXIe siècle : Rama Yade. Celle qui incarna tout particulièrement la diversité dans le gouvernement Fillon s’est désormais ralliée au probable candidat centriste. De même que Nicolas Sarkozy avait propulsé Rachida Dati comme porte-parole de sa campagne électorale en 2007, Jean-Louis Borloo semble à son tour vouloir conquérir un électorat spécifique et déçu par le PS ainsi que par l’UMP. Pari gagnant ? Entre l’islamophobie prônée par le tandem Sarkozy-Guéant et la tiédeur des ténors socialistes dans leur opposition au gouvernement sur ce sujet, un boulevard paraît bien ouvert au plus « bâtard » des postulants à la présidentielle.

Auteur : Hicham Hamza

Journaliste

hhamza@oumma.com

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