Samedi 22 November 2014
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Jalons sur la route d’un islam européen

Jalons sur la route d’un islam européen
fr
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Lecture croisée de La réforme radicale (Tariq Ramadan) et de Profession imâm (Tariq Oubrou) (2/2)

A partir d’un positionnement réformiste que nous avons qualifié dans la première partie de notre article de « médian » adopté par Tariq Ramadan (désormais T.R.) et Tariq Oubrou (désormais T.O.), nous allons maintenant poursuivre et achever cette lecture croisée de ces deux ouvrages en entrant dans le cœur des critiques et des nouvelles voies proposées à destination des communautés musulmanes.

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A partir d’un
positionnement réformiste que nous avons qualifié dans la première partie de
notre article de « médian » adopté par Tariq Ramadan (désormais T.R.)
et Tariq Oubrou (désormais T.O.), nous allons maintenant poursuivre et achever
cette lecture croisée de ces deux ouvrages en entrant dans le cœur des
critiques et des nouvelles voies proposées à destination des communautés
musulmanes.

Changement de paradigme

Il est à
relever que ce qui frappe à la lecture des deux ouvrages c’est l’impression
d’une rupture, d’un changement de paradigme par rapport aux écrits et discours
précédents de nos deux auteurs. T.R. l’exprime déjà dans le titre même en
parlant de « réforme radicale » mais il le formule aussi dans son
ouvrage en ces termes : « Plus d’un siècle d’appels à l’ijtihâd, au
tajdîd, à la réforme et tout se passe comme si nous avions atteint les limites
de ces revendications
 : le renouveau de la lecture des sources
scripturaires a permis une revivification de la pensée musulmane
[…] mais
il apparaît clairement qu’ils n’ont pas les moyens aujourd’hui de formuler des
perspectives nouvelles pour l’avenir, de devenir une force de proposition pour
réformer le monde dans lequel nous vivons
 » name="_ftnref1" title=""> class=MsoFootnoteReference>[1],
quant à T.O. il l’affirme plus "radicalement" : « Je
confirme ici que je suis issu de cet univers islamiste nostalgique et de cette
tradition classique théologique et canonique dont je suis en train de me
démarquer en opérant un grand tournant théologico-canonique. J’ai tellement
vécu dans cette « prison paradigmatique » que je ressens maintenant
une certaine révolte, un sentiment d’avoir été trompé dans ma jeunesse de
militant par les discours rébarbatifs classiques qui sont plus des sermons que
des idées intellectuelles, telles que j’ai pu en découvrir par la suite chez
les Anciens.
 » class=MsoFootnoteReference> style=';'>[2]

Nos deux auteurs critiquent tous
deux un profond décalage entre les défis du monde actuel et les
positionnements de frilosité très présents dans les communautés
musulmanes qui entravent la possibilité d’y répondre, T.O. se rappelle par
exemple le refus qu’il avait essuyé en tentant d’introduire le soufisme, la
philosophie et les sciences humaines en général comme disciplines à l’IESH de
Château-Chinon, il déplore le « temps de latence toujours très long
entre la réalité des besoins et l’arrivée du changement
 » class=MsoFootnoteReference> class=MsoFootnoteReference>[3],
il dénonce également certaines fatwas répandues dans les communautés musulmanes
qui sont « nuisibles », il les appelle les « boulets
normatifs » class=MsoFootnoteReference> style=';'>[4],
il revient sur le foulard en rappelant qu’il ne fait pas partie du culte (‘ibâdât)
mais d’une partie de l’éthique (et encore selon lui « ce n’est pas une
dimension très importante de celle-ci
 » title=""> style=';'>[5]),
il fustige d’ « incompétents » name="_ftnref6" title=""> class=MsoFootnoteReference>[6]
les prédicateurs qui affirment qu’il fait partie de la foi (‘ibâdât) et
sur les « canonistes » du Monde musulman, ils vivent « mentalement
et culturellement en dehors de leur société
 » name="_ftnref7" title=""> class=MsoFootnoteReference>[7]
donc comment peuvent-ils prétendre à la changer ?

A ce propos il critique fortement
ces mêmes canonistes ou prédicateurs étrangers qui sont invités annuellement à
la rencontre du Bourget organisée par l’UOIF car ces derniers : « […]
viennent gâcher notre travail d’intégration pacifique de l’islam en
Occident, ils viennent nous imposer leur islam arabe simpliste, parfois
complexé, arrogant et paternaliste qu’ils veulent véhiculer auprès des
musulmans d’Europe
 », class=MsoFootnoteReference> style=';'>[8]

Ce profond décalage est également
palpable même dans des initiatives qui avaient pourtant visé une prise en
compte du contexte européen tel le « Conseil Européen de la
Fatwa » : « Je trouve que, mentalement et culturellement, ce
conseil, malgré le rôle important qu’il joue, reste quand même étranger
culturellement à la civilisation occidentale. Il est trop arabe à tous les
égards.
 » class=MsoFootnoteReference> style=';'>[9]
Ce décalage du "haut" conduit immanquablement à produire "en
bas" un état d’esprit lui-même décalé : d’où le fait que certains
musulmans toujours selon T.O. plus ils deviennent pratiquants et plus ils
« deviennent a-normales » au point « d’en perdre leur
fitra, cette nature initiale de leur être
 » name="_ftnref10" title=""> class=MsoFootnoteReference>[10].

T.R., pour exprimer ce décalage, constate
que dans les communautés musulmanes on assiste aujourd’hui à une « réforme
de l’adaptation
 » class=MsoFootnoteReference> style=';'>[11]
c’est-à-dire que l’on tente de répondre aux défis d’un système mondialisé non
pas en proposant une éthique qui refondrait le système mais en se créant
simplement des « niches dans lesquelles la morale islamique sera un
tant soit peu protégée
 » class=MsoFootnoteReference> style=';'>[12] ;
du moins formellement class=MsoFootnoteReference> style=';'>[13].

A titre d’exemple le cas de
l’héritage en filiation directe (parents/enfants) dont les oulémas et les
défenseurs du fiqh expliquent que le fait d’accorder à la fille la
moitié de la part du garçon n’est qu’une apparente inégalité explicable par la
cohérence du système class=MsoFootnoteReference> style=';'>[14],
T.R. demande que faire alors quand le système ne répond plus aux besoins, quand
des femmes se retrouvent seules avec des enfants à élever ? « Suffit-il
de répéter la norme « définitive et indiscutable » sans se préoccuper
du contexte et, ainsi, cautionner des injustices patentes ?
 » class=MsoFootnoteReference> class=MsoFootnoteReference>[15],
en économie également l’auteur tranche dans le vif : « Il n’existe
pas d’ « économie islamique » pas plus qu’il n’existe, nous
l’avons dit, de « médecine islamique »
 » name="_ftnref16" title=""> class=MsoFootnoteReference>[16],
il poursuit : « [la finance islamique] va proposer une série de
réformes des techniques et des modalités de transactions
 [refus de
l’intérêt, imposition de la zakât, participation aux risques] au cœur
du système classique dont elles ne remettent pas l’essence en cause mais qu’au
contraire elles confirment tant dans sa philosophie de la rentabilité
productiviste que dans sa domination globale
 » name="_ftnref17" title=""> class=MsoFootnoteReference>[17] ;
le label dit islamique permet en revanche aux grandes
banques l’ouverture de nouveaux marchés, ni plus ni moins.

Quant
au marché du halâl il n’innove en rien mais calque ses objectifs
« mercantilistes et matérialistes » name="_ftnref18" title=""> class=MsoFootnoteReference>[18]
sur le système économique ambiant, ainsi,
à titre d’exemple, nulle préoccupation de la façon dont les travailleurs sont
exploités. Le label islam fait donc de l’argent, « la boucle est
bouclée, le système capitaliste a réussi à récupérer efficacement une référence
censée lui résister et ce avec la collaboration des opérateurs et des
consommateurs musulmans eux-mêmes
 » title=""> style=';;'>[19].

L’on
pourrait à l’envi multiplier les exemples de critiques argumentées de T.O. et
T.R. en mentionnant par exemple la non pertinence du statut des dhimmis
(« protégés » ou « clients ») name="_ftnref20" title=""> class=MsoFootnoteReference>[20]
, de la notion d’ « Etat
islamique » class=MsoFootnoteReference> style=';;'>[21]
ou encore le manque de pertinence des écoles privées musulmanes calquant une
philosophie de la « performance » name="_ftnref22" title=""> class=MsoFootnoteReference>[22] ou détriment de « l’esprit
critique », du « bien-être », et de la
« créativité » class=MsoFootnoteReference> style=';;'>[23].

Création d’outils méthodologiques

style=''>A partir d’un constat relativement similaire d’un décalage
important et handicapant entre les mentalités dans les communautés musulmanes
et les défis actuels, chaque auteur développe ses propres outils afin de
proposer une réforme qui apporterait des solutions novatrices dans notre monde
du XXIe siècle :

T.O.
évoque la « sharia de minorité » en expliquant qu’il s’agit
d’une part d’« émanciper la sharia de tout système politique a priori
(Etat islamique, califat…) comme condition de son élaboration. Cela redonnera à
l’islam sa dimension religieuse originelle, essentielle dans la forme que lui
permet le cadre laïque général français pour notre cas
 » href="#_ftn24" name="_ftnref24" title=""> class=MsoFootnoteReference>[24]
et d’autre part « […] mettre
la charia en contexte et répondre ainsi concrètement à la situation laïque
française
[…] C’est la réalité qui détermine la forme concrète que prend
telle ou telle loi de la sharia, voire sa non-applicabilité dans certains cas.
Encore faut-il pour cela connaître cette réalité.
 » name="_ftnref25" title=""> class=MsoFootnoteReference>[25].

La
« sharia de minorité » vise en fait à ce que le musulman pratiquant
par choix puisse « pratiquer authentiquement sa religion » href="#_ftn26" name="_ftnref26" title=""> class=MsoFootnoteReference>[26]
avec des normes non handicapantes
dans sa vie quotidienne, sociale, spirituelle, affective, etc., et ce, à l’aide
d’un fiqh « mobile » title=""> style=';;'>[27]
qui puisse proposer des outils « à ceux qui détiennent le discours
religieux
 » class=MsoFootnoteReference> style=';;'>[28]
bénéficiant d’un système de « dérogations (al-rukhas ash-shar’iyya href="#_ftn29" name="_ftnref29" title=""> class=MsoFootnoteReference>[29]) » name="_ftnref30" title=""> class=MsoFootnoteReference>[30]. Ou bien en plus synthétique, il
s’agit d’intégrer les « lois de la République dans
[…] le métabolisme […] de la sharia » href="#_ftn31" name="_ftnref31" title=""> class=MsoFootnoteReference>[31] visant ainsi « l’intégration
sociologique et concrète de l’islam […] au
sein des valeurs de la République.
 » title=""> style=';;'>[32]



T.O. théorise à une échelle plus large encore : tout ce qui précède
constitue une « théorie restreinte » name="_ftnref33" title=""> class=MsoFootnoteReference>[33]
qui répondrait à une vague de la
mondialisation produisant dans le monde des « replis identitaires […]
violents ». Quant à la « théorie plus générale » href="#_ftn34" name="_ftnref34" title=""> class=MsoFootnoteReference>[34] elle dépasse le cadre français et
répondrait à l’autre vague produite par la mondialisation qui tend a
contrario
à l’uniformisation des sociétés. L’on aurait ainsi en
résumé : « une théologie musulmane […] à triple cinétique :
nationale, transnationale-régionale et mondiale » name="_ftnref35" title=""> class=MsoFootnoteReference>[35].

A
l’échelle micro, un exemple d’application concrète (parmi les infinités
possibles) serait le mariage dit islamique que l’on remplacerait tout
simplement par le mariage civil class=MsoFootnoteReference> style=';;'>[36]

voire le PACS class=MsoFootnoteReference> style=';;'>[37].

T.R.
quant à lui propose une « réforme de la transformation » href="#_ftn38" name="_ftnref38" title=""> class=MsoFootnoteReference>[38]
(par opposition à celle de
« l’adaptation » dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui) qui ne
se satisferait pas de créer des « bastions halâl » dans un
monde injuste mais qui repenserait les outils anciens à l’aide des
connaissances acquises sur l’homme et la vie aujourd’hui pour faire mieux :
changer le monde en proposant des solutions novatrices pour tous les êtres
humains.

Pour ce
faire et palier au décalage des oulémas (abordé plus haut), il propose une
« Nouvelle géographie des sciences du droit et de la jurisprudence »
en interrogeant « non pas seulement la pratique du fiqh mais plus
fondamentalement les sources et les fondements de ce fiqh (usûl al-fiqh)
 » href="#_ftn39" name="_ftnref39" title=""> class=MsoFootnoteReference>[39]
en en proposant une nouvelle
hiérarchisation. En effet, il propose de placer au même niveau « les
deux Révélations
 » class=MsoFootnoteReference> style=';;'>[40]
à savoir les Textes fondateurs et le contexte ; le contexte est à
comprendre ici comme étant la connaissance des sciences de l’homme, de
l’univers et des sociétés.

 Et
T.R. d’anticiper : « L’objet n’est donc pas de museler les sciences – ou de
les craindre – mais bien de les intégrer complètement et égalitairement dans la
production de l’éthique appliquée contemporaine
 » name="_ftnref41" title=""> class=MsoFootnoteReference>[41]
. Enfin, il ajoute à un niveau
inférieur dans cette nouvelle hiérarchie des fondements (usûl) une somme
de treize « objectifs supérieurs de la sharia » (maqâsid
ash-sharî’a
) class=MsoFootnoteReference> style=';;'>[42] qui
sont : « dignité (des hommes et de la nature), bien-être, connaissance,
créativité, autonomie, développement, égalité, liberté, justice, amour,
fraternité, solidarité, diversité
 » title=""> style=';;'>[43]
qui permettraient par leur intermédiaire d’atteindre les « dynamiques
évolutives
 » class=MsoFootnoteReference> style=';;'>[44]
voulue par Dieu.

La
concrétisation de cela permettrait une éthique globale appliquée dans
différents domaines de la vie en phase avec les évolutions du monde et non une
suite de prescriptions rigides extraites des structures du passé. A l’échelle
micro, parmi les nombreux exemples que cite T.R. : (en musique par ex.)
« […] dire la vie, la douleur, la souffrance, l’amour, la séparation,
les doutes simplement, humainement, universellement, n’est-ce pas « islamique »
 ?
 » class=MsoFootnoteReference> style=';;'>[45]

et « […] il n’est pas nécessaire d’ajouter […] des
versets, des ahâdîths ou des mots en arabe pour donner l’impression d’avoir « 
islamisé » l’œuvre ou le produit
 ». title=""> style=';;'>[46] style='color:#99CC00'>

Que ce
soit avec la « charia de minorité » de T.O. ou la « nouvelle
géographie des sciences du droit et de la jurisprudence » de T.R., l’on
est ici très loin du paradigme des écoles classiques de jurisprudence href="#_ftn47" name="_ftnref47" title=""> class=MsoFootnoteReference>[47]
.

Conclusion

A travers nos
deux articles, nous avons pu mettre en évidence que, bien que différents, les
deux ouvrages s’inscrivent dans un même paradigme réformiste proposant de
nouvelles voies à destination des Européens de confession musulmane. Tous deux
tentent ainsi d’accompagner les futurs changements de l’intérieur et tout porte
à croire qu’aujourd’hui nombre de consciences sont prêtes à emprunter ce
chemin. Bien entendu la route est longue et les défis sont immenses.

Nous terminerons à ce propos en
regrettant qu’il n’y ait pas dans les communautés musulmanes en Europe plus
d’espaces indépendants des pouvoirs économique et politique qui permettraient
des débats sans concessions ET respectueux de la vérité de chacun. Dans ces
espaces l’on y verrait échanger sans se renier différentes personnalités comme
les deux auteurs dont nous avons présenté les ouvrages mais également toutes
les différentes tendances de l’islam, des pratiquants aux
non-pratiquants avec une seule limite : la non-disqualification.
Mohamed Talbi appelait déjà de ses vœux ce type de lieux, ce serait une
« réforme en acte » bien salutaire !



name="_ftn1" title=""> class=MsoFootnoteReference>[1]
Cf. La réforme radicale. Ethique et libération, p.50.

name="_ftn2" title=""> class=MsoFootnoteReference>[2]
Cf. Profession imâm, p.38 ; c’est l’antinomie par excellence du
discours dissimulé ou « taqiyya », accusation qui fut portée
à l’encontre de l’auteur par… un collègue arabisant spécialiste de la culture
arabo-musulmane. Après cela, on pardonnera d’autant mieux aux téléspectateurs
de TF1 une certaine méfiance.

name="_ftn8" title=""> class=MsoFootnoteReference>[8]
Cf. ibid., p.138-9 ; le fondateur irakien de l’IIIT, Dr Taha Jâbir
al-‘Alwânî nous avait confié lors d’un entretien audio réalisé au Caire en
juillet 2006 la même critique (cet entretien est inédit pour le moment).

name="_ftn9" title=""> class=MsoFootnoteReference>[9]
Cf. ibid., p.181 ; .ici encore similitude avec les positions
critiques du Dr Taha Jâbir al-‘Alwânî.

name="_ftn11" title=""> class=MsoFootnoteReference>[11]
Cf. La réforme radicale. Ethique et libération, p.48.

name="_ftn13" title=""> class=MsoFootnoteReference>[13]
Abdallah Laroui exprimait la même idée en des termes différents : « Remarquons
toutefois, et ceci me semble important, que le néo-islam, même là où il règne
sans partage, ne change rien aux aspects modernes de la société, de l’éducation
et de l’économie. Sous prétexte qu’il n’est pas hostile à la technique, il la
laisse se développer en toute liberté, sans voir ce qui dans son esprit lui est
totalement étranger.
 », cf. Abdallah Laroui, Islam et modernité,
La Découverte [armillaire], 1987, p.94-5.

name="_ftn14" title=""> class=MsoFootnoteReference>[14]
A savoir que les fuqahâ’ répètent que cela s’explique par la prise en
compte des responsabilités respectives de la femme et de l’homme : elle garde
son argent tandis que lui subvient à ses besoins. Quid des femmes qui gagnent
le double du salaire de leur mari ? voire de celles qui l’entretiennent ?
Beaucoup plus actuel encore : quid des couples qui s’en sortent à peine en
additionnant le salaire des deux ? L’épouse arrêtera-t-elle donc de
travailler pour que son mari puisse « l’entretenir » comme il
conviendrait ?

name="_ftn15" title=""> class=MsoFootnoteReference>[15]
Cf. ibid., p.295 ; en France, il existe une solution
ingénieuse : la « pension de réversion » qui représente 50% de
la retraite dont bénéficiait ou aurait pu bénéficier l’assuré décédé, et qui
est reversée, si certaines conditions sont remplies, à son conjoint survivant
jusqu’au décès de ce dernier (à la condition qu’il ne se remarie pas ;
c’est logique). Et encore plus intéressant : depuis le 1er
janvier 2010, même l’ex-conjoint bénéficie d’une part de cette pension calculée
sur le nombre d’années de vie commune ! du concentré de réformisme !

Nous aimerions également
pointer du doigt une injustice se déroulant sous couvert d’islam : dans
certains pays dits musulmans un certain nombre de jeunes femmes se prostituent
car elles se retrouvent sans ressources dans le cas du décès du dernier
parent, le père, en ne laissant derrière lui que des filles (sans héritier
masculin). L’oncle paternel réapparaît subitement, s’accapare l’héritage de son
frère défunt et disparaît à nouveau sans se soucier le moins du monde des
filles qu’il laisse ainsi. La préférence pour les héritiers masculins ne
s’explique donc pas uniquement culturellement mais bien également par des
calculs infiniment plus palpables. Quid des solutions de rechange que leur
proposent alors les oulémas dans ce cas ? Nous tenons à remercier ici
notre amie S.K. qui a grandement contribuer à nourrir cette note en nous
faisant prendre conscience de certaines réalités.

name="_ftn21" title=""> class=MsoFootnoteReference>[21] lang=EN-US> Cf. ibid., p.354 et Profession imâm, p.37.

name="_ftn24" title=""> class=MsoFootnoteReference>[24] lang=EN-US> Cf. Profession imâm, loc.cit.

name="_ftn29" title=""> class=MsoFootnoteReference>[29]
La transcription de cette citation a été ici revue par nos soins.

name="_ftn37" title=""> class=MsoFootnoteReference>[37]
Cf. ibid., p.50 ; nous pensons que cette idée aurait gagnée à être plus
développée au vu des possibilités offertes par le PACS et des sérieuses entraves
non pertinentes placées aujourd’hui en travers des relations hommes/femmes…

name="_ftn38" title=""> class=MsoFootnoteReference>[38]
Cf. La réforme radicale. Ethique et libération, p.49.

name="_ftn42" title=""> class=MsoFootnoteReference>[42]
Ces objectifs supérieurs sont issus d’un travail prenant en compte l’ensemble
des Textes fondateurs (ou du Coran seulement parfois) afin de tenter d’en
dégager une sorte d’orientation générale qui serait la direction dans laquelle
le divin voudrait orienter les croyants à travers ses révélations ; ce
type d’ijtihâd n’est absolument pas récent, d’ailleurs T.R. retrace
l’historique de ce courant dans son ouvrage voir p.83 à 108. Pour aller plus
loin, la notion du « vecteur orienté » n’est que le prolongement
logique de celle des maqâsid

name="_ftn43" title=""> class=MsoFootnoteReference>[43]
Cf. ibid., p.186 ; en lieu et place des 5 maqâsids mis en évidence
par Abû Hâmid al-Ghazâlî (m. 1111), à savoir que la Révélation tendrait à
préserver « la religion (dîn), la vie (nafs), la raison (‘aql)
la descendance (nasl) et la propriété (amwâl) », cf. Cf. ibid.,
p.87.

name="_ftn46" title=""> class=MsoFootnoteReference>[46]
Cf. ibid., p.264 ; pour aller plus loin vous pourrez vous reportez à la 4e
partie « Etude de cas » de l’ouvrage où T.R. multiplie les exemples
de ce type.

name="_ftn47" title=""> class=MsoFootnoteReference>[47]
Pour le sunnisme majoritaire et dans l’ordre d’apparition : les écoles
hanafite, malikite, shâfi’ite et hanbalite et pour le chiisme
majoritaire : l’école ja’farite.

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Commentaires

X
0 points

Très intéressant !

S’il y a des similitudes entre TO et TR, il faut souligner néanmoins leur différence de points de vue concernant le port du voile. En effet, TR a toujours soutenu qu’il s’agissait bien d’une prescription islamique.

Aussi, je suis d’accord avec le fait que les débats manquent terriblement.
Par exemple, Mohammed Arkoun est parti sans avoir débattu publiquement avec Tariq Ramadan. Je pense qu’il est temps de promouvoir comme vous dites "les débats sans concessions ET respectueux de la vérité de chacun".

X
0 points

Enfin une attitude positive.

Puisse ces paroles de bon sens être entendues par la communauté musulmane. Claquemurée qu’elle est, pour la plupart de ses membres, dans une posture de défi stérile, qui conduit à leur rejet par les sociétés européennes dans leur très large majorité, très au delà de ce qu’il est convenu d’appeler la droite réactionnaire et xénophobe.

Il faut en finir avec cette confusion des genres, faisant de sa fidélité à l’arabité l’essentiel de ses prétendues revendications religieuses en s’interdisant une intégration harmonieuse avec les sociétés ouvertes dans lesquelles l’Islam ambitionne de se fondre.

La religion et la spiritualité ne sont pas l’attachement à une culture. Il fallait que ce soit dit et que cela vienne de la communauté qui le prétend, pour donner une certaine crédibilité et force à cette révolution mentale. Communauté traditionnellement plus encline à se tourner vers d’où elle vient que vers où elle va.

X
0 points

Claquemurée qu’elle est, pour la plupart de ses membres, dans une posture de défi stérile, qui conduit à leur rejet par les sociétés européennes dans leur très large majorité, très au delà de ce qu’il est convenu d’appeler la droite réactionnaire et xénophobe.

Blâmer les Musulmans pour leur rejet par la société européenne.

Autrement dit, le racisme contre les Musulmans est de la faute des... Musulmans.

Républicain continue de faire comme si les rapports de force et les agressions économiques, politiques, militaires et culturelles n’existaient pas et que ceux-ci n’ont pas de répercussion sur la conscience des Musulmans d’Occident.

Et continue de croire que les Musulmans devraient se contenter de dire merci monsieur, on s’excuse on va continuer de faire tout ce qu’on peut pour vous ressembler en tout points, cher maître.

Sarkozy ne dirait pas mieux.

Réactionnaire vous dites ?

Ce qualificatif vous défini parfaitement et j’ajouterai, paternaliste.

Je dois donc vous féliciter : vous êtes très bon dans votre rôle de père blanc condescendant et infantilisant.

Continuez, vous gagnez chaque jour des partisans parmi les Musulmans.

Ne le saviez-vous pas ?

Les Musulmans de la francophonie ne ratent aucune de vos interventions.

« Ouais, ce Républicain, vraiment ils nous dit vraiment la vérité ! Franchement, faut qu’on change, faut qu’on fasse qu’est-ce qu’il dit, c’est vraiment un grand sage, si on fait ce qu’il dit, c’est fini le racisme, le chômage, le mépris, les salaires de misère, les logements refusés, etc. ».

La critique est valable que de celui qui, modeste et autocritique, sait reconnaitre sa responsabilité et celle des ses siens :

gardez votre moraline, elle empeste le suprémacisme et l’autocongrulation.

Et Dieu -Exalté Soit-Il- Est le Meilleur des témoins.

X
0 points

"islam arabe simpliste" est-ce cela l’"islam européen" ? l’adoption des représentations orientalistes et racistes de l’occident sous un verni d’islamité. Pour citer de tel propos, sans les critiqués, monsieur Duarte qui est pourtant "agrégé d’arabe", méconnaît visiblement la production des penseurs s’exprimant en langue arabe, tout comme il méconnaît les débats théologiques ou philosophique agitant le monde arabe. Orgueil mal placé, incompétence et préjugé orientaliste voilà qui est un bien mauvais départ pour fonder une "réflexion". Le mirage de l’"islam européen" s’évapore encore en un peu plus après lecture de ce texte.

X
0 points

Karim B., Montréal a dit :
... comme si les rapports de force et les agressions économiques, politiques, militaires et culturelles n’existaient pas et que ceux-ci n’ont pas de répercussion sur la conscience des Musulmans d’Occident.

Vous avez tout à fait raison.
Nous avons trop tendance à négliger ces répercussions chez les musulmans d’Occident.
On ne peut empêcher (qui que ce soit d’ailleurs) de jeter un regard critique sur les évènements passés et présents et non pas dire : cela ne me concerne pas !

D’un autre côté, "républicain" parle d’un rejet par les sociétés européennes dans leur très large majorité, très au delà de ce qu’il est convenu d’appeler la droite réactionnaire et xénophobe.

Il y a encore un an, je pensais que les problèmes que nous rencontrions étaient typiquement français et découlaient en grande partie de la colonisation et de la douleureuse guerre d’Algérie.

Or depuis, ce phénomème prend des proportions inquiétentes dans l’ensemble des pays européens avec, en prime, la montée de l’extrème droite en Suède qui était considérée jusqu’alors comme un modèle de tolérance.

Alors, il ne s’agit pas (en tout cas pour moi) comme vous l’écrivez à l’attention de "républicain" de "Blâmer les musulmans pour leur rejet par la société européenne", mais d’essayer de cerner les raisons de ce rejet.

Compte tenu de vos analyses que je trouve souvent très pertinentes, j’aimerai bien avoir vos sentiments sur ce sujet.

Cordialement

X
0 points

Sujet de la plus haute importance. Cependant, je suis d’accord avec ce que dit le précédent intervenant (anonyme) à propos de ce que Mr. Duarte nomme "Islam arabe simpliste". Si on éthnicise, ce n’est pas crédible surtout quand on pose la question redoutable d’une réforme de l’Islam.

Si nous intérrogeons l’Histoire, nous voyons que les réformes nous éloignent de plus en plus de l’Essentiel : l’Esprit.

La solution : des Oulémas européens garants de la plus parfaite orthodoxie.

Débattre est bénéfique quand on met chaque chose et chacun à sa place (suivez mon regard ...).

X
0 points

Personne ne peut reprocher à Steven Duarte d’être un universitaire, agrégé d’Arabe. Le qualificatif d’orientaliste ne devrait pas non plus être une injure, n’indique-t-il pas précisément l’amour de l’orient pour un occidental ?

Steven Duarte présente ici deux penseurs musulmans, Tariq Obrou et Tariq Ramadan, deux représentants de l’ethnie arabe, revendiquant une égale dignité pour l’oriental et l’occidental.

Chacun sait d’autre part que les religions du Livre viennent d’Orient. Une problématique pourrait être celle de l’inculturation des religions, à reconnaître comme égales dans les différentes civilisations. Ces dernières n’exprimant pas que leurs religions...des communautés plus sans doute que des individus pourraient bien faire obstacle à la réussite de l’inculturation.

Il s’agit précisément de voir en quoi les civilisations, ici celles de l’Europs s’accordent ou contredisent les principes religieux fondamentaux, révélés à la fois dans les Livres sacrés et au coeur de l’homme conformément avec sa "fitra", sa nature originelle. Elle est à la recherche du bonheur, du "bien-être"...ici-bas et dans l’au-delà.

Telle est sans doute la question dont il convient de débattre dignement et pacifiquement par delà sans aucun doute des souffrances et des incompréhensions mutuelles.

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a ce que je viens de lire et pour être un peu dans la caricature :
TO veut que les lois islamiques se tourne pour les minorités vers les parlementaires républicains au même titre que les Fouqahals qui appelle les juriste du canon, lorsqu’il parle
"d’intégrer les « lois de la République dans […] le métabolisme […] de la sharia »"
Alors que TR lui voudrais faire cette place dans une hiérarchie plus hautes, dans les "objectifs supérieurs de la sharia (maqâsid ash-sharî’a)""aux scientifiques".

Et l’auteur avant ca conclusion de conclure :
Que ce soit avec la « charia de minorité » de T.O. ou la « nouvelle géographie des sciences du droit et de la jurisprudence » de T.R., l’on est ici très loin du paradigme des écoles classiques de jurisprudence

En faite, les deux TO et TR ne veulent plus de religieux au sens propre du terme qui gère totalement (ou de façon totalitaire, chacun sa perception) les fondements de la religion et ses objectifs supérieurs.

Chacun TR et TO veulent re-hiérarchisé les "pouvoirs" de l’Islam. Les musulmans n’ont pas de clergé, ni de pape, ni d’intermédiaire entre eux et leur Seigneur, ainsi se pouvoirs n’est pas nommé, ni même cité par les réformistes, ni même les conservateurs, met il existe bien. A travers ses impacts économiques, culturelles, politiques etc...
A l’instar d’autres institutions, TR et TO veulent réformées les institutions religieuse, les s’ouvrir a d’autres. Les réforme ici proposées sont des réformes non constitutionnels(tirs Coran et sunna et ...) mais je pense politique. Ils veulent changer la "politique religieuse", avec la participation d’acteur de la société civile.

Et ils le disent en gros "nos oulémas" sont dépassés ils restent trop frivoles ,ce qui conduit non a du conservatif mais a rester passif. Et pour remédier a ceux "décalage des oulémas". Ils proposent eux de repartager les "pouvoirs religieux".
C’est vrai, ca c’est de la Réforme !
Je pense pas que leur discours, permettra ce grand écarts mais peut être un petit pas, tout juste modéré, en faite rien du réforme quoi.
Sinon je remercie l’auteur pour ces articles très riches et très intéressants.
salam,

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La mondialisation expansionniste, milisatisée comme en Irak ou en Afghanistan, agresse et uniformise les cultures, en les tirant vers le bas, pour faire survivre le systéme capitalisme mondialisé.

Les japonais, les chinois et les hindous l’imitent a la perfection, mettant en péril l’écologie en ce qui concerne la Chine, sachant que ce systéme est basé sur le pillage des ressouces !

Cette mondialisation mercantille rencontre la résistance de certains musulmans a peine décolonisés, ou recolonisés comme en Palestine, Irak, Afghanistan.

Le vrai probléme sont donc les injustices politiques, la destruction des cultures, des peuples et cette forme de domination économique dont le bénéfice revient aux nantis.

L’islam est surdésigné dans le sens ou les colonisés l’ont invoqué pour se libérer !

Est-ce que les autres cultures sont obligés d’étre dans le méme temps historique que l’occident ?

Concernant les étrangers et les citoyens de confession musulmane, la xénophobie est une tendance des sociétés d’accueil qu’ont subi toutes les vagues d’immigrations, de façon paroxistique les juifs d’Europe. D’ailleurs il y a encore des relents d’antisémitisme ! Donc, on peut pas se permettre de tout mettre sur le dos des musulmans, d’autant plus que méme les plus intégrés, laics, deuxiéme génération, sont victime de discriminations a l’emploi, aux controles de "gueule", au logement, ect... Cet article manque de nuance et va dans un seul sens, celui des clichés !

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Jadis, un mouvement appelé ATTAC, nous disait, par un slogan prometteur," qu’un autre monde est possible" ! Ce temps semble lointain, et, depuis le monde est englué dans la crise économique, les guerres iniques (Irak), la tragédie de Gaza, la pauvreté qui monte, qui monte, méme dans les pays riches !

Pendant ce temps, au lieu de débattre rationnellent et intelligemment de tout, y compris de nos citoyens de confession musulmane, les discours stériles sur l’islam se multiplient telle une cacophonie hystérique !

Passe encore les orientalistes, qui rendent indispensable une relecture du chér Edward Said, mais que refleurissent les clones de Redeker tel Bidar ça dépasse la bienséance et on tombe dans le vide de la médiocrité !

Cet article souléve des points intéréssants, comme le but mercantile du hallal.

On aura bien compris que, comme toute la planéte mondialisé par un seul modéle, les musulmans n’innovent pas mais tentent, a leur façon de rentrer dans ce systéme habillé du nom de modernité, progrés, démocratie. Gare aux hérétiques !

La Chine, grande usine du monde, a réussi a concilier politique autoritaire communiste avec économie capitaliste là ou la Russie s’est cassée la figure ! Que dira et qu’apportera un Marco Polo aujourd’hui ? Rien que l’on sache déja puisque c’est partout pareil !

Demain, on ne laissera pas des pyramides, des murailles de Chine, le Taaj Mahal, mais des tonnes de déchets nucléaires et des fast foods en préfabriqué !

Alors, nos semblables musulmans sont dans le méme bateau que nous tous !

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A Karim de Montréal

Continuez, vous gagnez chaque jour des partisans parmi les Musulmans.

Et moi je vous répondrai simplement, continuez, vous gagnez chaque jour des partisans parmi les plus modérés des Français.
On vous parle de religion et vous répondez politique et culture. C’est tout le reproche que l’on peut faire à l’islam.
Et sachez qu’en Europe on se moque comme d’une guigne du témoignage de qui vous savez. C’est là toute l’étendue de votre confusion des genres.

Au passage il m’a été dit, par un Français revenant du Québec, que l’opposition aux revendications musulmanes jugées exhorbitantes (application de la charia par des tribunaux islamiques) étaient de plus en plus grandes.

Est ce vrai ?

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Chère Lisa,

Votre point de vue est très réfléchi. Il s’oppose au capitalisme et à la mercantalisation.

Tariq Obrou aussi bien que Tariq Ramadan s’y opposent tout autant que l’organisation ATTAC.

Il convient de noter sans doute que la lutte entreprise provient moins de communautés religieuses que d’individus qui réfléchissent.

Nous sommes tous embarqués, encore faut-il garder le même cap. Certains congédient le Créateur des mondes, ne recherchant que leur profit, d’autres le congédient mais se soucient du bien-être de tous les hommes.

Le choix est simple car le Créateur des mondes n’a pas besoin d’être défendu à la différence de nos frères, quelquie soit leur religion.

Il ne suffit pas de contester la nourriture "hallal", ni le voile islaùmique mais de voir qui défend l’injustice et l’exploitation. Le commerce équitable va sans doute dans la bonhne voie, celle qui privilégie la justice et non des religions particulières.

Toute économie a besoin de capitaux mais aussi de leur bonne utilisation. Le commerce des armes entre en concurrence avec le bien-être de l’humanité.

Tariq Ramadan le voit bien. L’Europe qu’il conçoit ne favorise pas les marchands d’armes mais la lutte contre l’injustice, une entreprise qui pourrait relier les deux rives de la Méditerranée et aussi des antireligieux. L’essentiel étant de distinguer le service des nantis et des misérables, sachant bien qu’il existe des nantis, religieux ou non sans souci de ceux qui souffrent.

Quels sont ceux qui écoutent la parole de Dieu ?

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Republicain, la plupart des problémes qui irritent le monde sont politiques. Le plus parfait exemple est le conflit irrésolu israélo-palestinien qui dure depuis 60 ans et qui met l’ONU et la communauté internationale en situation de discrédit.

Le deux poids deux mesures en politique ça donne les tragédies de Gaza et d’Irak ! Ce qui met l’immense majorité des musulmans paisibles dans l’inconfortable situation de spectateurs frustrés. La poignés de radicalistes se sert de cet exemple du deux poids deux mesures de l’ONU, en invoquant, a juste raison, le massacre des irakiens et des palestiniens ! Donc, tout est politique, et dans un monde de droit, de justice, le radicalisme politique sous couvert du religieux disparaitra !

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Bravo à l’auteur pour cette synthèse, ça change des articles clivants et calomniateurs auxquels nous a parfois habitué oumma.com

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La sagesse de Lisa a quand même été mise en défaut lorsqu’elle parle de "clichés" dans cet article.

Lorsque Tariq Obrou dit que des musulmans ignorent ce qu’est l’occident, c’est le contraire d’un cliché qui reproche à l’occident de méconnaître l’orient. Il précise que l’économie nommée "islamique" profite aux nantis et que le label "islam" fait de l’argent, sans souci de l’exploitation des hommes qui travaillent. Ces deux éléments participent au système "capitaliste". Les clichés habituels ne vont pas dans ce sens, préconisant l’originalité de telles entreprises, ignorant la source injuste de leurs dynamismes

Tarik Ramadan préfère la transformation à l’adaptation. Il fait aussi appel à l’acquisitions de connaissances inédites : "acquises sur l’homme et la vie d’aujourd’hui". Ces connaissances sont à intégrer complètement et égalitairement dans la production de l’éthique appliquée contemporaine". Les maqâsid al-sharî’a qu’il définit comme objectifs ne sont pas étrangers à la civilisation occidentale non plus que son insistance particulière sur la dignité de toute personne humaine. Ni l’appel à la transformation des communautés ni la revendication de la dignité individuelle ne sont des clichés. Ils se fondent sur des connaissances contemporaines même si elles ne sont pas islamiques.

La conclusion de Steven Duarte veut aussi dépasser les clicyhés, au service de réformes "en acte" et salutaires.

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Liliane Benard, je suis souvent en accord avec vos commentaires conciliateurs. Tant mieux, puisque nous sommes tous embarqués dans le méme bateau et que, chacun a sa maniére, selon ses convictions, fasse en sorte que l’on arrive a bon port, bien que les "puissants" de ce monde négligent souvent notre point de vue.

Il me semble qu’on a tort de prendre tous les religieux pour des illuminés ! Pour simplifier : lorsqu’un juif, un chrétien, ou un musulman est malade il ne brule point un cierge mais appelle le médecin ! En revanche, certaines sectes, le chomage massif, le tabagisme, l’alcoolisme, le suicide des jeunes est hautement plus dangereux pour l’équilibre social que la spriritualité. Bon, c’est pas médiatisé, comme on dit !

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Pour répondre à Liliane Bénard.

Personne ne reproche à Steven Duarte d’être un "universitaire" puisqu’il ne l’est tout simplement pas. Il lui est plutôt reproché son manque de compétence et son essentialisation du monde arabe ce qui très problématique pour une personne s’affirmant "agrégé d’arabe". Sous couvert de discours pseudo-savant, Steven Duarte nous distyle un mépris du monde arabe et de sa culture qui n’est évidemment pas sens lien avec les idées orientalistes.

De plus, il est étonnant que dans un texte voulant comparer les approches de TR et de TO, Steven Duarte passe complètement à coté de la contradiction fondamentale qu’il y a entre les deux approches. C’est dommage car ce sera surement l’une des oppositions de fond qu’il y aura dans les cercles musulmans de l’hexagone.

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Excellente étude portant sur deux ouvrages importants (certes, différents... mais l’un et l’autre rappellent des points importants). Il me semble que que nous sommes ici au coeur d’un débat essentiel... qui va durer quelques décennies. D’une part, l’Islam est une composante de la culture européenne en voie de constitution. D’autre part, cet Islam européen doit s’intégrer à un monde "laïque"nouveau pour lui. Cela se fera, mais non rapidement.C’est pourquoi des livres comme ceux que présente cette étude sont nécessaires ! A celui qui pense que les progrès sont lents, il faut rappeler la violence des polémiques en 1905, lors de la séparation de l’église et de l’état (l’état sans Dieu ! La loi scélérate !). Et ces polémiques ont duré quelques décennies... Histoire ancienne...

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Liliane Benard, d’abord je n’ai jamais prétendu a la sagesse qui me ferait soudain défaut !

Je parle de clichés, dans le sens ou le clivage du prétendu "Orient", souvent fantasmé, et de "l’occident" tend a se réduire par la mondialisation, par la "démocratisation" des voyages, par l’information, télécomunicaion, télés satellites, internet, etc... dont l’auteur de cet article néglige la portée. Les musulmans du monde se transforment avec le monde et les moyens cités davantage que via Ramadan ou Obrou qui sont des théoriciens dont les idées avancent moins vite que la vie !

Les gens du peuple majoritaire se transforment via l’école, la culture, les voyages, le contact avec les autres et réadaptent leur pratque. Souvent les "intellectuels" sont formatés et académiques, ce qui donne l’impression qu’il rumine le passé alors que les gens ordinaires changent poussés par la nécessité !

Ceci dit, Ramadan et Obrou correspondent davange a la mentalité des musulmans actuels que le rigorisme d’Arabie Séoudite.

Je ne suis pas d’accord avec l’auteur sur les mots "frilosité" de la "communauté", parceque ce n’est pas un bloc mais des individualités avec des opinions, des niveaux intellectuels, des milieux sociaux différents mais qui ne sont pas forcément "frileux" au changement.

Je crois que les sociétés, les gens changent , doucement, nécessairement, sans étre sommés de
le faire !

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Salam,

Il me semble, Anonyme, que T.R. souhaite davantage nous parler d’action positive (en opposition aux sempiternelles postures de réaction), dans le sens de production (créativité) à partir de nos sensibilités propres, notre foi, notre patrimoine (traditions) historique, notre vision du monde, de la vie (weltaanschaung)...

Sinon, ces 13 objectifs qu’il aimerait voir surplomber ce qu’il nomme shariah, en tant que voie, pour des raisons (lexicales) évidentes de tact ----> le propos doit demeurer "audible" aux musulmans, moi qui ne suis pas dupe (mon quart d’heure de fanfaronnade) y vois les éléments fondamentaux d’une autre voie, ou plutôt d’un autre vocable, le libéralisme :)

Je suis au regret de préciser que les propos de Lisa, avec tout le respect que peut inspiré l’esprit de son intervention, me font baîller tant ils me font penser à ces discours politiciens qui par la voie de l’émotion (c’est révoltant, c’est injuste...) tentent de justifier, et du même coup d’ajouter aux précédentes mesures (qui ne sont d’ailleurs pas étrangères à la débâcle), d’autres mesures de régulation, de réglementation pour réduire la pauvreté, la violence,...et même pour carrément sauver la planète (voir le triste épisode des justiciers verts du Giec), rabotant chaque jour un peu plus nos libertés individuelles.

Maintenant, je ne vois aucun inconvénient à ce que le capitalisme soit l’objet de critique (bien que ce type d’études soient déjà entreprises, mais qui fréquente les think tanks ?), en vue de son amélioration.

Le poncif marxiste, "Il faut d’abord démanteler le complot fomenté par ces vilains capitalistes ainsi que leur satanisme, la société pourra alors tendre tout naturellement à devenir belle et bonne.", ne s’est-il pas dématérialisé depuis que l’expérience a été tentée ds ces pays qui ont vite fait de revenir tout contre quoi ils prétendaient lutter (ex-Allemagne de l’est, Urss, Chine...) ?

Lisa, si je suis sensible à la lutte contre la misère évitable, l’injustice, et que je peux envisager que des actions de l’Etat soient entreprises (fonctions régaliennes), je m’opposerai toujours à l’ingérence de celui-ci quand il prétendera agir pour et dans le sens du "bonheur" des hommes ! Cette dimension relève de l’individuel. Elle ne pourra dès lors être, pour l’essentiel, laissée à l’initiative privée !

Je reprends un passage du fameux "Petit arsenal du libre-échangiste" de Frédéric Bastiat :

 Si l’on vous dit : l’Etat doit tout savoir et tout prévoir pour diriger le peuple, et le peuple n’a qu’à se laisser diriger.

 Répondez : Y a-t-il un Etat en dehors du peuple et une prévoyance humaine en dehors de l’humanité ? Archimède aurait pu répéter tous les jours de sa vie : "Avec un levier et un point d’appui, je remuerai le monde", qu’il ne l’aurait pas pour cela remué, faute de point d’appui et de levier.

Le point d’appui de l’Etat, c’est la nation, et rien de plus insensé que de fonder tant d’espérances sur l’Etat, c’est-à-dire de supposer la science et la prévoyance collective, après avoir posé en fait l’imbécilité et l’imprévoyance individuelles.

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Leila, "le poncif marxiste", s’appuye, hélas, sur des réalités historiques !
Ce qui se passe actuellement a un lien avec l’impérialisme passé et actuel !

Je cite Youssef Girard ;

"Depuis la fin du XVIIIème siècle, l’Occident a imposé son hégémonie sur le monde musulman et sur l’ensemble des Trois continents. Partant à la conquête du monde, afin d’exporter leurs capitaux et leurs idéaux, « les bourgeois conquérants » occidentaux ont assujetti les peuples d’Asie et d’Afrique. L’invasion de l’Egypte par les armées de Bonaparte, la colonisation de l’Inde par l’Angleterre, la conquête de l’Algérie puis de l’Afrique subsaharienne et de l’ensemble du Maghreb ont marqué l’avancée inexorable des armées occidentales. Le démantèlement de l’Empire Ottoman au lendemain de la guerre 1914-1918 a signifié la mise sous tutelle, directe ou indirecte, de l’ensemble du monde musulman."

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Lisa, quand vous dites :"Concernant les étrangers et les citoyens de confession musulmane, la xénophobie est une tendance des sociétés d’accueil qu’ont subi toutes les vagues d’immigrations, de façon paroxistique les juifs d’Europe. D’ailleurs il y a encore des relents d’antisémitisme", je ne vous comprends pas bien.

Quelle société d’accueil a subi une immigration paroxystique des juifs d’Europe, et où il aurait encore des relents d’antisémitisme ? Vous ne parlez sans doute pas de la France, où il n’y a pas eu d’immigration paroxystique des juifs d’Europe, et où de toute façon, l’antisémitisme n’est pas très présent.

Idem pour la xénophobie, vous ne devez pas parler de la France, dont la population est une des plus métissée d’Europe.

Eclairez-moi

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Lisa nous dit :"Le démantèlement de l’Empire Ottoman au lendemain de la guerre 1914-1918 a signifié la mise sous tutelle, directe ou indirecte, de l’ensemble du monde musulman.".

Il est vrai que la guerre 14-18 a scellé le sort de l’Empire Ottoman, déjà bien fragile avant cela.

Mais n’oublions pas que cet Empire Ottoman était un empire hégémonique (il a occupé les Balkans pendant très longtemps, et est même arrivé aux portes de Vienne). Et c’était lui qui avait mis sous tutelle une bonne partie du monde musulman.

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@Liela, vous parlez souvent de Abou Zayd(paix a son ame)
donc je voulais savoir si vous avez lu ses ouvrages en francais, ou les avez vous achetez, je les trouves pas, si vous pouvez me donner une adresse je vous serais tres reconnaissant.
Desole pour les fautes je n ai pas clavier francais

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Question Mark, vous savez bien que l’immigration italienne et polonaise a suscité quelques dérives xénophobe avant de s’intégrer, bien que ses composantes soient européennes.

Les juifs d’Europe furent souvent persécutés, voir l’ affaire Dreyfus comme exemple historique connu !

Quand je dis "paroxistique", je pense a l’Allemagne nazie, et a vichy pour la France !

Ce n’est pas mon opinion, revoyez votre manuel d’histoire !

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Oups, me suis emmêlée les "a" moi, weltanschaaung...

Lisa, le conspirationnisme dont l’historicisme se nourrit,(= l’histoire de l’humanité comporte une certaine intrigue, et si l’on réussi à démêler cette intrigue, on se trouve posséder les clés qui ouvriront l’avenir (Popper)), n’est qu’une forme moderne de superstition (la machination des dieux de l’Olympe a été supplantée par celle, tantôt des Sages de Sion, tantôt du capitalisme, tantôt de l’impérialisme...). On notera au passage la prétention scientifique du marxisme (ahem !).

Sinon, il y a ce livre qui traite à sa façon du sujet, de Nassim Nicholas Taleb, "Le Cygne Noir" :

Quel est le point commun entre l’invention de la roue, Pompéi, le krach boursier de 1987, Harry Potter et Internet ?
Pourquoi ne devrait-on jamais lire un journal ni courir pour attraper un train ?
Que peuvent nous apprendre les amants de Catherine de Russie sur les probabilités ?
Pourquoi les prévisionnistes sont-ils pratiquement tous des arnaqueurs ?
Ce livre révèle tout des Cygnes Noirs, ces événements aléatoires, hautement improbables, qui jalonnent notre vie : ils ont un impact énorme, sont presque impossibles à prévoir, et pourtant, a posteriori, nous essayons toujours de leur trouver une explication rationnelle.
Dans cet ouvrage éclairant, plein d’esprit et d’impertinence, Taleb nous exhorte à ne pas tenir compte des propos des « experts », et nous montre comment cesser de tout prévoir ou comment tirer parti de l’incertitude.

Libano-américain, Nassim Nicholas Taleb est écrivain et philosophe des sciences du hasard. Depuis 2007, il est l’essayiste le plus lu et le plus traduit dans le monde. Ancien trader des marchés, Taleb se consacre aujourd’hui à l’écriture et enseigne les rapports entre l’épistémologie et les sciences de l’incertitude à l’Institut polytechnique de la New York University où il a reçu le titre prestigieux de distinguished professor. Best-seller traduit en vingt-cinq langues, son premier ouvrage, Le Hasard sauvage a paru aux Belles Lettres en 2005.

« Taleb a changé notre façon de penser l’incertitude. » Daniel Kahneman, prix Nobel.

Que des comploteurs complotent, je n’en doute pas, seulement, ces complots n’aboutissent que très rarement pour des tas de raisons dont la plus importante : la loi des conséquences inattendues.

Supposons, toutefois, un instant que nous parvenions à déjouer tous les complots, de telle sorte qu’il n’en reste plus un seul, croyez- vous sérieusement que cela changera la société, les gens ? croyez-vous que nous ne rencontrerons plus les problèmes habituels comme la pauvreté, le chômage, la violence... ?

S’il est bien une chose dont nous devrions vraiment nous méfier, c’est notre propension à nous faire mener par le bout du nez !

Amir, pour ce genre d’ouvrage il faudra vous adresser auprès de bibliothèques de fac (presse universitaire). Sinon, essayez les éditions Brill :

http://isbndb.com/d/book/voice_of_an_exile.html

J’avais parcouru (en anglais) "Rethinking the Qor’an : towards a Humanistic Hermeneutics". Mais je l’ai surtout découvert dans les conférences, articles ou livre de Soroush.

(Amir, Irâni hastid ?)

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D’accord Lisa, il convient de faire confiance aux individus auxquels nul ne confisquera leur liberté de pensée.

Ma critique était surtout rhétorique car cet article est riche mais affronté à des préjugés tenaces. Son vocabulaire résolument contemporain peut agacer ceux qui n’en font pas usage et cette étude "croisée" agace ceux qui préfèrent opposer qu’unir. Une bonne comparaison est pourtant capable de mettre au jour des points communs et pas seulement des différences !

Les termes de paradigme et de méthodologie ont pourtant un sens compréhensible. On les trouve régulièrement sur ce site. Éric Geoffroy dans la voie soufie les emploie d’autre part dans son ouvrage L’Islam sera spirituel ou ne sera plus. Le paradigme participe à la représentation d’un monde et à sa transformation. La méthodologie vise cette évolution.

Il est évident que les points de vue d’Obrou et de Ramadan ne sont pas les mêmes. Ils invitent cependant à une réforme de l’islam (Eric Geoffroy parle même d’une révolution !). Les voies qu’ils choisissent sont différentes. Ils partent pourtant d’idéologies existantes qui empêchent les changements. La philosophie est critique des idéologies, des conceptions cohérentes mais dont on peut et doit repérer la fausseté.

Vous avez raison de dire que de telles conceptions erronées sont plus des produits sociaux que l’expression d’un esprit critique. Reste à savoir comment ces idéologies fonctionnent dans la recherche et la vie publique.

Tariq Obrou invite ceux qui l’écoutent ou le lisent à changer leur paradigme anti-occidental et à connaître la réalité française. Il pense que la sharî’a s’applique différemment à l’échelon national, transnational ou régional et mondial. Une telle application de la loi musulmane demande la connaissance du contexte et du milieu d’application. Son ouvrage La sharî’a de minorité montre bien qu’un islam minoritaire est différent d’un islam majoritaire...

Tariq Ramadan refuse de même l’opposition orient-occident et montre que l’économie, le droit, les sciences et les arts sont à faire et à développer d’une manière nouvelle par tous les êtres humains quelque soit leur religion ou leur absence de religion. Le Coran n’est ni un traité de droit ni de science ni d’art...Des connaissances inédites peuvent nous aider à réfléchir et à critiquer les applications passées des usûl al-fiqh par exemple. Les musulmans ne sauraient se contenter d’"ilots hallal" ou du qualificatif d’islamique appliqué à l’économie ou à l’art dans un monde injuste.

Il ne s’agit donc pas de critiquer une ethnie voire même des religions mais des idéologies qui risquent de faire obstacle aux progrès de l’exégèse des Textes sacrés et aussi aux voies nouvelles de l’application du Message de Dieu. Les musulmans de France et en langue française ne nous y invitent-ils pas comme ces jalons sur la route d’un islam européen ?

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"clivants et calomniateurs auxquels nous a parfois habitué oumma.com".

Juste un "chouia" excessif Mohand,qu’est-ce ce qui vous pousse à dire ça ?

Clivant par sa neutralité sans doute, avec un esprit d’impartialité voire d’équité mais calomniateur,je vois pas.

La censure est son talon d’Achille.

Je reprends donc le mode d’emploi et je touille.
Je remue vos pensées et vous faites
le levier.

Qu’obtient-on ?

L’oumma.

un clin d’œil à Leïla et sa.... "weltaanschaung"(chat peau ou chat mot et bravo !)

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à l’anonyme qui me répond, je dirai qu’un agrégé de l’université fait partie du domaine universitaire...Son idéologie contestant les orientalistes dans les cercles musulman est connue. L’opposition de TO et de TR est aussi connue dans des cercles qui ont tous des centres.

Une question pourrait être de ces centres partisans et de leur souci de l’universalité.

TO a choisi d’être imam dans une communauté nationale. Il invite à diviser les difficultés, distinguant le plan national, international ou régional et mondial. Le vocabulaire qu’il utilise pour ses analyse est universitaire. Il parle de paradigmes et de méthodologie. Il observe les défis du monde actuel, différents de ceux du passé. Il fait appel au soufisme, à la philosophie et aux sciences humaines, des disciplines souvent étrangères aux universités islamiques traditionnelles trop apologétiques.

TR est philosophe et sa vision est résolument mondialiste. Le message de l’islam est à appliquer partout et avec intelligence. Son inculturation ne saurait se réduire à des "ilots hallal dans un monde injuste". Il convient d’inviter tous les hommes à réfléchir sur "une nouvelle géographie des sciences du droit" et de produire une "éthique appliquée égalitaire".

Tous deux dénoncent des injustices à combattre d’une manière prioritaire au service de tous les hommes. Le paradigme de la laïcité est à étudier avec soin...un de leurs points communs essentiels étant leurs connaissances des sciences contemporaines en évolution et leur si belle utilisation de la langue française...la francophonie étant à la fois mondiale et nationale.

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Lisa, merci de me renvoyer à mes livres d’histoire, mais je ne vous comprends toujours pas. Il n’y a pas eu de vague d’immigration juive en France. Même dans les années 30, les juifs allemands fuyant le nazisme n’étaient pas "une vague".

L’affaire Dreyfus, que vous mentionnez et qui concernait une famille française juive, a surtout secoué le cocotier des élites de l’époque, politiques, militaires, intellectuels, église, presse etc. et ne reflétait pas un antisémitisme populaire ancré, mais celui d’une certaine droite. D’ailleurs l’antisémitisme n’a pas fait recette dans la population en
39-45, sauf bien sûr chez les vichystes. L’essentiel du peuple français n’a pas suivi Vichy et l’occupant sur l’antisémitisme, ce qui explique pourquoi de tous les pays occupés, la France fait partie du petit nombre dont la majorité des citoyens juifs (75%) ont pu échappé au massacre, mais bien sûr non sans souffrance et non sans spoliation.

Les vagues migratoires italienne (19ème siècle) et polonaise (après la 1ère guerre mondiale) ont effectivement créé des réactions xénophobes, notamment en raison de la concurrence à bas prix devant l’emploi, dans des zones de misères ouvrière et paysanne.

Mais regardez la vitesse avec laquelle ces problèmes se sont résolus : moins d’une génération.

L’explication en est toute simple : la France, par sa situation géographique a toujours été au carrefour des migrations et invasions. Si la xénophobie était un défaut cardinal des français, le pays serait une poudrière ou plutôt un vaste pugilat.

Je parle en terme de généralités et pas d’individus. Je connais de bons petits français parfaitement racistes, ou antisémites ou xénophobes, ou tout en même temps.