Jacques Chirac, le partisan de la proximité avec la Turquie

Si l’on affectionne une figure de style en douceur, on choisira l’art de la litote pour faire entendre que

mardi 11 mai 2010

Si l’on affectionne une figure de style en douceur, on choisira l’art de la litote pour faire entendre que Jacques Chirac préconise une proximité étroite entre l’Europe et la Turquie afin de privilégier la consolidation économique et politique d’un Vieux Continent, en pleine mutation et fragilisé par des tressautements monétaires.

En d’autres termes, l’ancien président français se dresse contre l’acrimonie à peine voilée de son successeur, et se singularise par une acuité politique bien plus perçante qui lui fait percevoir les rives du Bosphore, une ligne d’horizon dont Nicolas Sarkozy détourne ostensiblement les yeux, comme pétrifié ou révulsé... Pensez, 71 millions de musulmans, une vision hallucinatoire cauchemardesque !

Dans un entretien accordé au journal turc Posta, Jacques Chirac, quelques heures avant d’atterrir à Ankara où il séjournera deux jours, a réitéré avec force une conviction qui l’habite depuis 2004, lorsque les membres de l’Union Européenne décidèrent d’entamer des négociations d’adhésion avec la Turquie.

Six ans après, les poids lourds européens se sont surtout illustrés par un ostracisme qui a inexorablement acculé à l’impasse l’amorce d’un processus de rapprochement, Nicolas Sarkozy se révélant l’un de ses plus ardents promoteurs.

"Il revient à la Turquie de répondre à toutes les demandes de l’UE qui sont, je le sais, exigeantes", a déclaré Jacques Chirac à la presse turque, ajoutant que "la Turquie est soumise exactement aux mêmes conditions que tous les autres candidats ».

Rien n’infléchira la posture à contre-courant du président Chirac, dont la vision et la voix comptent dans le monde arabo-musulman, un homme pour qui la proximité avec ses concitoyens n’est pas un vain mot, et qui restera dans les annales de l’histoire comme le chef d’Etat qui a redonné ses lettres de noblesse à la diplomatie française, en disant « Non ! » à l’invasion américaine en Irak.

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