Islam : l’inquiétude allemande plus forte qu’ailleurs en Europe

Palpable et exacerbée, l’inquiétude européenne vis-à-vis de l’islam a envahi l’Allemagne, au point d

jeudi 2 décembre 2010

Palpable et exacerbée, l’inquiétude européenne vis-à-vis de l’islam a envahi l’Allemagne, au point d’en faire le pays le plus rigide et sectaire à l’égard de la présence musulmane sur le Vieux Continent, selon une récente étude publiée par l’hebdomadaire die Zeit.

L’appréhension teintée de méconnaissance s’est répandue comme une traînée de poudre chez nos voisins, alors même que le Président allemand Christian Wulff, en plein débat houleux sur l’immigration, se dressait témérairement « en président des musulmans », au risque de faire le vide autour de lui…

Mesuré et analysé, le baromètre d’une crainte allemande irrépressible, qui a frémi à la lecture accablante du brulôt islamophobe pondu par Théo Sarrazin, le gros bonnet déchu de la Bundesbank, fait ressortir que deux Allemands sur cinq s’estiment menacés par l’Islam, soit plus que les Français, les Néerlandais, les Danois ou les Portugais.

Cette enquête comparative menée auprès de 1 000 personnes, en Allemagne, en France, au Danemark, aux Pays-bas et au Portugal, démontre que cette peur irraisonnée puise ses racines dans une méfiance séculaire à l’égard des religions étrangères. Selon le sociologue Detlef Pollack, la majorité des allemands ne concède aucun aspect positif à l’islam, une hostilité qui se traduit par des chiffres très significatifs : seuls 28,4% des Allemands de l’ouest et 19,5% des Allemands de l’est estiment que les musulmans doivent avoir le droit de construire des mosquées et des minarets en Allemagne, tandis que 55,4% des Danois, 65,6% des Français, 67,1% des Néerlandais et 73,5% des Portugais sont d’avis que les musulmans doivent y être autorisés.

Quelque 72,6% des Allemands de l’ouest et 70,5% des Allemands de l’est font volontiers rimer islam avec fanatisme, contre 69,2% des Danois, 40,9% des Français, 73,7% des Néerlandais et 54,3% des Portugais.

S’il est indéniable que le vote référendaire suisse contre les minarets a pesé dans la balance, la faisant pencher du côté obscur des fantasmes, une petite note positive se dégage néanmoins : la tolérance populaire française qui, manifestement, fait preuve d’une distanciation notable vis-à-vis de la propagande officielle.

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