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Irak, le plus important champ de mercenariat du monde
lundi 28 mai 2007 - par René Naba
Les mercenaires occidentaux constituent le plus gros contingent après le contingent américain. 6.000 dollars pour la protection rapprochée d’un entrepreneur, 8.000 dollars pour une personnalité. Les Etats-Unis et l’Iran se retrouvent le 28 mai à Bagdad pour tenter de convenir d’un mode opératoire visant à la stabilisation de l’Irak, avec en toile de fond un agenda diplomatique soutenu par un important déploiement naval américain dans le Golfe. En prévision de ce calendrier diplomatique, marqué en outre par les débats du Conseil de Sécurité de l’Onu en vue de l’adoption d’une résolution contraignante sur la création d’un tribunal international chargé de définir les responsabilités dans l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri (14 février 2005) et par la réunion jeudi 1er juin à Madrid entre l’Iran et l’Agence atomique de Vienne, les Etats-Unis ont dépêché cette semaine neuf bâtiments de la flotte en appui aux deux porte-avions déjà présents aux larges des côtes iraniennes. Trois jours avant la réunion de Bagdad, les Etats-Unis ont envoyé, en urgence, vendredi 25 mai, au Liban huit avions cargos chargés de renforts militaires en soutien à l’armée libanaise en confrontation contre les combattants du « Fatah Al-Islam », groupe radical se réclamant d’AL-Qaïda dans le nord du Liban, et débloqué 80 millions de dollars au président palestinien Mahmoud Abbas pour équiper sa garde rapprochée et la renforcer face à ses rivaux du Hamas, dont las combattants, à Gaza, sont pourchassés par les hélicoptères israéliens. Les Etats-Unis paraissent avoir voulu mettre une pression maximale pour tenter de sortir du guêpier irakien dans lequel ils se sont placés au prétexte de « la guerre contre le terrorisme ». Signe indiscutable de la détermination américaine, la décision de la majorité démocrate du congrès américain de renoncer à conditionner le financement de l’effort de guerre américain à la fixation d’une date de retrait des troupes américaines d’Irak. Au total, les Etats-UInis comptent 120.000 soldats américains soutenus par la flotte du Golfe, deux portes-avions, neuf bâtiments d’escorte, soit 16.000 marins et 140 avions de combats. Toutefois, l’Iran, pour l’Irak, la Syrie, pour le Liban, sont régulièrement pointés du doigt, mais cette accusation quand bien même est fondée occulte toutefois la responsabilité des pays occidentaux dans la déstabilisation régionale, notamment à travers leurs mercenaires. A intervalles réguliers, en effet, les médias occidentaux pointent du doigt les infiltrations transfrontalières, en provenance tant de Syrie que d’Iran, pour expliquer les difficultés militaires occidentales en Irak, imputant la recrudescence des opérations anti-américaines, tantôt à la jonction entre les partisans du mouvement « Al-Qaîda » d’Oussam Ben Laden et les résistants irakiens, tantôt à la guerilla chiite, occultant le phénomène majeur de la guerre d’Irak, le mercenariat à vaste échelle de type occidental. En 48 mois de guerre (quatre ans), l’Irak, le plus important champ de tir de l’époque contemporaine, est devenu le plus important champ de mercenariat du monde. Près de cent mille gardes privés (100.000), le terme pudique employé pour désigner les mercenaires des temps modernes, sont en mission dans ce pays, au point de constituer le deuxième contingent par ordre d’importance opérant en Irak, derrière les Etats-Unis, surpassant de loin l’ensemble des autres forces de la coalition (britanniques, polonais, australiens etc), selon les estimations occidentales (1). Le recours au mercenariat se justifie pour de multiples raisons : une commodité comptable d’abord, car en cas de décès, les mercenaires ne figurent pas sur la liste des bilans officiels américains ou anglais, une commodité opérationnelle ensuite car les mercenaires ne sont pas soumis aux astreintes militaires et disposent d’une plus grande marge de manoeuvre. En cas de scandale, comme c’est le cas avec les tortures de la prison d’Abou Ghraieb, l’honneur d’un pays n’est pas entaché dans la mesure où la responsabilité de la forfaiture en incombe aux sous-traitants. Le maître d’oeuvre de l’opération mercenariat en Irak est la firme américaine Blackwater, une firme de "prestataires de service", créée en 1997, par Erik Prince, héritier d’une riche famille de chrétiens ultraconservateurs du Michigan et ancien membre des commandos de marine les « Navy Seal ». Blackwater, -étymologiquement l’eau noire qui signifie en langage imagée les eaux d’égouts transportant les matières fécales des toilettes non recyclables-, connaîtra un développement fulgurant avec "la guerre contre le terrorisme" lancé par le président George Bush en riposte aux attentats anti-américains du 11 septembre 2001. En 2002, dans la foulée de l’invasion de l’Afghanistan, Erik Prince fait des offres de service au Pentagone. Donald Rumsfeld, soucieux de restructurer la machine de guerre américaine. développe la sous traitance de certaines opérations à des forces spéciales dotées d’ armes de haute technologie. Blackwater obtient, sans appel d’offres, son premier contrat, en avril 2002, d’une valeur de cinq millions de dollars pour la protection du siège de l’agence à Kaboul. Un an plus tard, la société décroche le gros avec le contrat de protection du proconsul américain en Irak, Paul Bremer, un contrat emporté toujours sans mise en concurrence. A partir de ce moment, Blackwater recrute sa propre armée privée sur le Tigre et l’Euphrate, et les commandes pleuvent. L’entreprise ouvre des bureaux à Bagdad, mais aussi à Amman, Koweït City et McLean, en Virginie, à équidistance du Pentagone, de la Maison Blanche et de la CIA. 450 experts répartis dans deux succursales de la firme à Bagdad et à Kuwait City, sont affectés au recrutement, à la centralisation des candidatures, les contrats de mission et les lieux d’affectation, ainsi qu’au ravitaillement. Blackwater connaîtra la notoriété à Falloujah (Irak) où elle s’est tristement illustrée avec la capture de quatre de ses membres révélant aux Etats-Unis et au reste du Monde ses méthodes expéditives. La capture de ses "prestataires de service", le 31 Mars 2004, -quatre jeunes gens d’une trentaine d’années, en tenue civile, sans grade ni uniformes-, ainsi que le démembrement de leur dépouille à coups d’armes contondants après leur décès dans les combats, puis leur exposition sur le pont de l’Euphrate, va déclencher l’un des combats les plus meurtriers de la guerre d’Irak, la bataille de Falloujah qui réduira cette ville sunnite en cité fantôme. En ce mois d’avril 2004, qui passe pour avoir été l’un des points le plus chaud de la confrontation américano-irakienne, 80 mercenaires seront tués dans les batailles de Falloujah, de Bagdad et de Nadjaf, dont 14 dans la première quinzaine d’avril. C’est d’ailleurs la capture et la mutilation de quatre mercenaires à proximité de Falloujah, dans le secteur sunnite de l’Irak, qui a déclenché les batailles d’avril. Récidiviste, Blackwater s’illustrera trois mois plus tard dans la deuxième grande bataille d’Irak, la bataille de Najaf, dans le sud de l’Irak, lieu saint chiite et fief du chef radical Moqtada Sadr. La firme avait assuré la protection du quartier général de la coalition provisoire irakienne à Najaf. Le Washington Post avait affirmé à l’époque que la défense du bâtiment avait été assurée par des hommes de Blackwater et qu’au plus fort de la bataille, les mercenaires s’étaient fait ravitailler en munitions par trois de leurs propres hélicoptères, s’attirant les félicitations publiques du général en charge des opérations de sécurité en Irak, alors que les mercenaires ne font traditionnellement pas partie de la chaîne de commandement de l’armée américaine. Depuis lors Blackwater est devenu le supplétif indispensable de l’armée américaine, Armée fantôme, Blackwater est une multinationale prospère, fonctionnant en toute opacité. En quelques années, la firme passe d’une poignée d’employés à 2 300 personnes déployées dans neuf pays, et développe une base de donnée de 21 000 candidats : anciens militaires américains et soldats étrangers, tous alléchés par l’idée d’empocher quatre à dix fois leur solde, avec moins de contraintes. Les revenus bondissent de quelques millions de dollars à plus d’un milliard ¬ uniquement grâce à des contrats avec le gouvernement des Etats-Unis. En tête du hit parade des "PMC (private military contractors), Blackwater ne rend en effet aucun compte au public. Ses contrats sont classés secret défense et ses opérations sur le terrain se déroulent dans une discrétion absolue. Les hommes de terrain sont fournis par diverses agences privées notamment DSL (Defense Systeme Limited). Fondée par Allistair Morisson, un ancien de la SAS (special air services), les troupes d’élite de l’armée de l’air britannique, DSL dispose d’une armée privée de vingt mille hommes et se présente comme l’une des plus grandes compagnies militaires privées. Rachetée en 1997 par Armor Holding Inc, DSL assure la fourniture de la gamme de service allant de la répression des émeutes (gaz lacrymogènes, matraques, véhicules blindés, gilet pare-balles) à la protection à distance des personnalités (système d’alerte, limousines blindées). En France, Armor-DSL est propriétaire de la société Labbé, spécialiste de la construction des fourgons blindés utilisés par le convoyeur de fond « Brinks ». Armor-DSL s’est rendue célèbre dans ses interventions en Angola aux côtés du chef sécessionniste Jonas Savimbi, président de l’UNITA, ainsi q’uen Colombie contre les narco-trafiquants. Elle dispose de dix centres régionaux d’opération à Londres, Washington, Bogota, Johannesbourg, Moscou, Hong Kong ainsi qu’à Harare (Zimbabwe) et au Bahreïn. Le recrutement se fait aussi par Internet, au su et au vu de tout le monde. Le tarif est variable selon l’importance de la cible potentielle : Six mille dollars par mois pour un garde de corps chargé de la protection rapprochée des hommes d’affaires, entrepreneurs, en quête de richesse et de gloire (BG/CP body guard close protection), huit mille dollars pour la protection d’une personnalité importante. Les recrues proviennent des pays réputés pour la rudesse de leur formation militaire : Afrique du sud, Ukraine, Russie, Anglais, Américains, les ressortissants d’Amérique latine, notamment des chiliens ainsi que, des népalais pour leur teint davantage en harmonie avec les caractéristiques du type arabe, ainsi que naturellement, les ressortissants du Moyen-Orient et de l’ensemble arabe pour des taches d’interprétariat et de décryptage d’informations. Une répartition des tâches semble s’être opérée entre les firmes américaines et britanniques. Si les Anglais sont présents dans leur ancienne zone d’influence, notamment les émirats pétroliers du golfe, l’Amérique a la haute main sur l’Arabie Saoudite et le reste du Moyen-Orient. Outre Defense Systeme Ltd, la Grande Bretagne dispose dune deuxième compagnie privée de mercenariat « Watchguard », dont le siège est à Guernessey, îles britanniques. Fondée en 1967 par David Sterling, un ancien des commandos de l’air britannique (Special Air Services), Watchguard passe pour être un instrument d’influence de la diplomatie britannique. A son palmarès figurent la protection de Cheikh Zayed Ben Sultan Al-Nahyane, Cheikh dAbou Dhabi et président de la Fédération des Emirats du Golfe, ainsi que l’encadrement des troupes omanaises dans la répression de la guerilla marxiste du Dhoffar, dans les années 1965-1970. Outre Blackwater, les Etats-Unis comptent, eux, deux grandes sociétés privées militaires : Vinnel corp, dont le siège est à Fairfax, en Virginie, et BDM international. Toutes deux filiales de la multinationale Carlyle, elles apparaissent comme les bras armés privilégiés de la politique américaine en Arabie et dans le Golfe. Vinnel corp, dont la mission saoudienne a fait l’objet d’un attentat à Khobbar en 1995, a la haute main sur la formation de la garde nationale saoudienne, tandis que BDM gère la formation du personnel de l’armée de l’Air, de la marine et des forces terrestres saoudiennes. L’establishment militaire américain ne se cache d’ailleurs pas des liens qu’il entretient avec le mercenariat privé : Ainsi le groupe Carlyle est dirigé par Franck Carlucci, ancien directeur adjoint de la Cia et ancien assistant du ministre américain de la défense Caspar Weinberger de l’administration républicaine du président Ronald Reagan, alors que John Deutsch, ancien directeur de la CIA, est membre du conseil d’administration de CMS Energy Corporation, firme chargée de la protection des installations énergétiques (pétrole, nucléaire, électricité). Le lien le plus manifeste de la collaboration entre le mercenariat privé et le pentagone est l’existence de MPRI (military professionnal ressources incorporated), le plus grand groupe d’expertise militaire dans le monde. Son fichier dispose de deux mille noms d’officiers du Pentagone, utiles tant pour le lobbying que pour l’expertise. La France a adopté un profil bas depuis la disparition de Bob Denard, le célèbre baroudeur africain et ses déboires français tant en Irak que sur le continent noir. En l’absence d’un chef charismatique capable de fédérer des soldats aussi récalcitrants à la discipline, elle a opéré une modeste percée en Irak à l’aide d’une petite structure « EARTHWIND HOLDING CORPORATION ». Première et unique société militaire privée francophone opérationnelle dans le monde, EARTHWIND Holding dispose de 30 à 40 anciens militaires et policiers français en Irak pour la sous-traitance des missions auparavant imparties aux officiers anglophones. La France dispose en outre d’une structure paritaire la DCI (Defense Compagnie internationale), dont l’état français possède 50 pour cent du capital et le reste reparti entre les industries françaises de l’armement (Thales, Dassault etc..) avec une structure pour chaque discipline. La Cofras (compagnie française d’assistance spécialisée), pour l’armée de terre, Navco, pour la marine, Airco pour l’armée de l’air. Au capital de 21,3 millions d’euros et 1200 employés, Defense compagnie internationale (DCI) a eu en charge la formation des servants saoudiens du contrat Sawari, fourniture du matériel militaire français à l’Arabie Saoudite. Le panorama du mercenariat international serait incomplet si l’on omettait de faire figurer l’Afrique du sud et Israël, les anciens partenaires de la période coloniale : Les anciens officiers et militaires de race blanche du temps de l’Apartheid, déçus par la tournure politique prise par leur pays gouverné désormais par la majorité noire, se sont lancés dans un rôle de super-gendarme privé du continent noir, faisant de la firme sud-afriaine « EXECUTIVE OUTCOMES » la forme la plus achevée du mercenariat moderne. Fort d’un vivier permanent de 2.000 hommes solidement formés et encadrés, « Executive outcomes » passe contrat « guerre clefs en main » prenant en charge la formation et l’équipement des forces locales, leur ravitaillement, ainsi que la riposte militaire en cas de revers militaire de manière à assurer la victoire au cocontractant. Ses titres de gloire sont respectivement le Sierra Leone ou en coopération avec les forces britanniques elle a évincé le président Charles Taylor, ainsi qu’en Angola, où elle a contribué à la consolidation du régime Dos Santos, s’incrustant au passage dans le trafic des pierres précieuses. Israël, enfin, dispose de LEV-DAN, filiale de Kardan Investment, firme spécialisée dans le commerce du diamant en Angola et au Zaïre, qui lui sert d’ailleurs de couverture dans ces deux pays, véritable plaque tournante de la contrebande internationale des pierres précieuses. Lev-Dav a aidé l’ancien président congolais Pascal Lissouba dans sa bataille pour le contrôle de Brazzaville contre son rival Sassou N’Guessou à la fin des années 1990. Fondée par le général Zeev Zakron, Lev DAN a mis sur pied la milice de l’officier libanais dissident Saad Haddad, à qui elle a confié le contrôle de la zone de sécurité durant la guerre civile libanaise (1975-1990). Lev-Dan agit de concert avec le Shin Beth, les services de renseignements israéliens, et, s’agissant du Moyen-Orient, en coordination avec le bureau des « minorités périphériques », le vocable dans lequel les services israéliens désignent les ressortissants des pays arabes qu’ils croient susceptibles de collaborer avec eux, comme ce fut le cas lors de la guerre du Liban avec les Forces Libanaises (1975-2000), et comme c’est le cas dans la nouvelle guerre d’ Irak avec les supplétifs kurdes de l’armée américaine et d’anciens des « Forces Libanaises » (miliciens chrétiens libanais, jadis dirigés par l’un des chefs de la coalition pro-américaine libanaise Samir Geagea) recyclés dans des sociétés militaires privées tant américaines qu’israéliennes. En Irak, selon des informations de la chaîne britannique BBC 2, des instructeurs israéliens formeraient des soldats kurdes en Irak. Le magazine Newsnight du 19 septembre 2006 avait présenté des images exclusives de vastes installations et de ces entraînements. Interop et Colosseum, deux sociétés israéliennes de mercenariat serviraient de couverture à cette activité de l’armée israélienne. Les officiers transiteraient par Djibouti pour masquer leur origine. Les Israéliens auraient pris la succession de sociétés américains de mercenariat, déjà présentes au Kurdistan irakien depuis la création de la zone de non-survol, à l’issue de l’opération Tempête du désert, en 1991. La présence d’instructeurs israéliens en Irak avait été révélée, il y a plus d’un an, par la presse israélienne elle-même, mais les détails de cette opération n’étaient pas connus. Les néo-conservateurs entendent créer un Kurdistan indépendant en faisant exploser l’Irak et en amputant à la fois la Turquie et la Syrie. Ce projet nécessite la création d’une armée kurde. Constituée par d’anciens Pesh mergas, les maquisards kurdes, l’armée du Kurdistan a dejà été sollicitée pour des opérations de maintien de l’ordre à Bagdad au cours du premier semestre de 2007 dans le cadre du plan de sécurisation de la capitale irakienne, suscitant en représailles de sanglants attentats dans le nord kurdophone de l’Irak. La privatisation de la violence et sa marchandisation via des sociétés militaires privées est un secteur en plein essor industrie en plein essor générant un bénéfice annuel de plus de cent milliards de dollars (2). A lui seul le gouvernement américain aurait dépensé en moins d’une décennie (la période 1994-2002 quelque trois cent milliards de dollars (300) auprès de telles sociétés présentes dans une trentaine de pays principalement le Monde arabe et l’Afrique. Recrutés souvent dans les cercles xénophobes de l’extrême droite fascisante, ces « chiens de guerre » dont l’honorabilité est recyclée dans le professionnalisme des sociétés militaires privées et dans la défense des « valeurs de l’Occident » apparaissent à bien des égards comme les gardiens de l’ordre économique, l’expression moderne de l’impérialisme, l’instrument le plus efficace de la perpétuation du joug colonial. Fin 2007, l’Irak aura coûté aux Etats-Unis 500 milliards de dollars (378 mds d’euros) et le montant total pourrait atteindre voire dépasser les 1.000 milliards (600 mds d’euros). Ni la Corée ni le Vietnam n’avaient coûté autant, alors que la guerre du Vietnam (1960-1975) avait duré quinze ans et que le corps expéditionnaire américain s’élevait à cinq cent mille soldats (3). Si la guerre d’Irak devait se prolonger, ce qui est probable, elle aura coûté davantage que la Seconde Guerre mondiale (1940-1945), la plus chère à ce jour (2.000 mds dollars en dollars constants/1.500 mds d’euros). L’enrôlement massif de mercenaires, l’appât du gain, l’ivresse de l’aventure militaire hors norme, les sanctions économiques infligées à la Syrie pour la contraindre à freiner les infiltrations des Djihadistes , les pressions sur l’Iran, suffiront-ils pour assurer la victoire d’une armée perçue comme occupante même par l’un des meilleurs alliés des Etats-Unis dans le monde arabe, le Roi Abdallah d’Arabie ? D’un pays à la dérive de ses principes moraux ? Notes : 1)-Blackwater de Thomas d’EVRY, journal Libération 8 mai 2007 rubriques « grands angles » 2) « La privatisation de la violence : mercenaires et sociétés militaires privées au service du marché » par Xavier Renou en collaboration avec Philippe Chapleau, Wayne Madsen et François Xavier Verschave. Eddditions Agone (collection dossiers noirs », 4me trimestre 2005 3) "The Price of Liberty : Paying for America’s Wars" ("Le Prix de la liberté : le coût des guerres de l’Amérique") par Robert Hormats, haut responsable de la banque d’affaires Goldman Sachs. Mots clésRené NabaAncien responsable du monde arabo-musulman au service diplomatique de l’Agence France Presse, ancien conseiller du Directeur Général de RMC/Moyen orient, chargé de l’information. Rene Naba est l’auteur des ouvrages suivants : "De notre envoyé spécial, un correspondant sur le théâtre du monde" Editions l’Harmattan Mai 2009 "La Libye, la révolution comme alibi" Editions du Cygne septembre 2008 « Liban : chroniques d’un pays en sursis » Editions du Cygne janvier 2008 , « Aux origines de la tragédie arabe » - Editions Bachari 2006. "Du bougnoule au sauvageon, voyage dans l’imaginaire français"- Harmattan 2002. « Rafic Hariri, un homme d’affaires, premier ministre » (Harmattan 2000). « Guerre des ondes, guerre de religion, la bataille hertzienne dans le ciel méditerranéen » (Harmattan 1998). Blog : www.renenaba.com Du même auteur, à lire sur oumma.com :
Vos réactions et commentaires sur cet article29 mai 2007
Selon Bill Van Auken :"Les opérations américaines en Irak sont un sociocide,le meurtre délibéré et systématique d’une société entiére".
L’occupation américaine est responsable de la mort,du déplacement ou de la disparition de quatre à cinq millions d’irakiens(sur une population de 22millions d’habitants au moment de l’occupation). Le taux de mortalité infantile est de 150 pour cent.En 2005,122000 enfants irakiens sont morts,dont la moitié sont des nouveaux-nés. Moins d’un tiers vont à l’école (comparé à 100 pour cent 100 avant l’invasion). Le statut de la femme a reculé de plusieurs génération,le systéme éducatif s’est éffondré et le chômage est de 48 pour cent. 2.000 médecins ont été tués sous l’occupation et beaucoup ont fuit le pays,ect.. Source:Bill Van Auken.wsws.org. 28 mai 2007
Marcello a dit :
Article salutaire qui rappelle que cette guerre immonde contre le peuple irakien s’est muée en un véritable chaos où prospère des adpetes de la violence qui parfois se monayent tres chers.
28 mai 2007
Rachid ZANI a dit :
1000 milliards de dollars ,c’est une belle somme nest-ce pas ??
Le rechauffement climatique,le sida ,la famine et j’en passe auraient sans nul doute besoin de tout cet argent mais que nenni :
WAR ! WAR IS MONEY....
"OH !WHAT A WONDERFUL WAR"
américains,israeliens ,anglais mais de grâce pas les français !
28 mai 2007
Lisa a dit :
Nous avons assez de recul pour comprendre que les ingérences "humanitaires’ au Kosovo,au Rwanda,en Irak sont une imposture qui sert à couvrir des exactions inqualifiables au plan moral.Est-il possible de faire du bien à coup de bombes à uranium et de napalm ?
28 mai 2007
susilo a dit :
je crois que r naba oublie de dire que l armee fantome sert aussi d escadron de la mort mais la nuit finira
28 mai 2007
LOYKY a dit :
premierement je tiens à remercier Monsieur NABAB pour cette demonstration explicite d’une nouvelle forme de terrorisme qu’a mon avis jamais le monde n’a connu.subhaaanallah.je pense plutot que l’organisation de O.BEN LADEN n’est qu’un petit jouet dans une chambre d’un petit enfant encerclé avec des monstres partout !
Je suis de mayotte voisin de la grande comore qui n’a pas dutout était épargné par ces criminels.je parle biensur du mercennaire le plus celebre connu du monde francophone qui a souvent frapper fort et déstabiliser les comores avec des methode que vous le connaissiez tous, inhumainnes et herritées de la pure tradition colonniale .Une des Nations dans le monde ou il y a eu plus de président assassinés.Sommes nous partis vers cette derniere guerre tant attendu dans la tradition mususulmanne ? voilà la question que je me pose !
28 mai 2007
Ideal a dit :
Je ne maitrise pas trés bien la langue Française aussi si quelqu’un pouvait juste me donner le terme exact qui qualifierait les actions commises en Irak par ces mercenaires : viols, vols, tortures, exécutions sommaires, pillages... action de terroriser et de tuer à l’aveuglette des populations civiles, sans distinctions de sexes, d’âges ou d’appartenances ...Quand ce sont des arabos-musulmans qui commettent ce genre d’acte on les appelle des "terroristes" quand ce sont des occidentaux on les appelle comment ?
28 mai 2007
Outil a dit :
Avec ou sans mercenaires, l’histoire nous enseigne qu’aucune armée étrangère n’a pû et ne pourra se maintenir dans un pays, sans l’aval de ses habitants. Il en est de même pour l’Irak, les Irakiens qui meurent en Irak savent pourquoi, les mercenaires et les troupes étrangères elles ne le savent pas, et quand bien même elles croient le savoir, leur cause est déjà vouée à l’échec.
28 mai 2007
Polo a dit :
Ces mercenaires démontrent que la guerre en Irak a été privatisé, après l’ultra libéralisme économique , voilà l’ultra libéralisme politico/guerrier à la solde des Etats-Unis dont la programmation de la destruction de L’Iral est désormais prouvé.
28 mai 2007
Roi_Philosophe a dit :
bonjour ; merci MR NABA, je peux maintenant dire qu’on est pas les seuls à avoir le mononpole du terrorisme. sincerement merci, mais malheureuseument, ça montre aussi notre incapacité à faire la plus condamnable des choses, somme des tiers-mondistes même dans le terrorisme. mais une queston me vient à l’esprit. l’ancien président algérien assassiné BOUDIAF, en constant le dérive de l’Algérie s’intérrogé dans ces termes " ou va l’Algérie ?" , mais je voudaris vous retourner la question si vous pouvez nous éclairer dans vos prochaines articles ( que j ’attends avec impatience) " ou va le monde ? " moi je vois un monde gouverné par des criminels se cachant derrière la démocratie. cordialement, Amirouche 28 mai 2007
Franck Morellato a dit :
Salam a todos, en illustration à cet article de René Naba sur les "salaires de la peur", j’écrivais sur le net le 13/12/2006 09:55, à mon retour d’Afrique du Sud, Namibie... Take care all, Salam, Paix, Peace, Paz, Shalom, Franck Morellato, alias El French Muslim Rover (EFMR) from Lyon (France) Email "francophone" du 13 Dec. 2006 : Holà a todos, Après 40 jours et environ 12 000 kms de voyage sur les routes et pistes d’ Afrique du Sud et de Namibie, me voilà de nouveau la plume à la main, à chercher mes mots… Mon premier vrai rapport avec l’Afrique du Sud, je l’ai eu en février 2000, à Londres, où je me trouvais de passage pour 9 mois. Polly Markandya, Press & Publications officer du bureau de Médecins Sans Frontières, Clerkenwell road, London (www.msf.org) m’avait confié, en tant que bénévole, un dossier africain rédigé par Phil Clarke de MSF Danemark et Alex Yearsley de Global Witness(www.oneworld.org/globalwitness/ ) : « Diamonds : a strategy for change » Le rapport évoquait la multinationale d’origine sud africaine De Beers (www.debeers.ca) et ses manœuvres diverses et variées (financement de groupes armés comme l’UNITA en Angola ou armement de milices en Sierra Leone…) pour continuer à maîtriser le marché explosif et pourtant quasi-monopolistique du trafic mondial du Diamant. Les deux pays traités étaient : la Sierra Leone et l’Angola… Voulant profiter de la notoriété acquise par MSF grâce à son prix Nobel de la Paix (millésime : 1999-2000), Phil Clarke souhaitait que l’on mette au point une stratégie de lobbying auprès de De Beers. Le moyen de pression : une campagne mondiale de Pub, pour mettre au courant les consommateurs de la cauchemardesque provenance de leurs « bijoux » + un appel au boycott = « Bloody diamonds » Bref, la mission était ambitieuse mais courte, car moins de 48h après que j’eusse le dossier en main, De Beers, de son siège canadien, publiait sur son site Internet un communiqué de Presse, expliquant qu’ils étaient des gens bien « aware » aussi, et « extrêmement soucieux de la provenance de leur produit et de l’avenir de leurs partenaires et employés » (« juste sur l’Inde, l’industrie du diamant emploie prés de 700 000 travailleurs pour la taille »… dixit le communiqué). Un boycott mondial leur semblait donc « irresponsable », et la direction de De Beers allait prendre les mesures « justes et nécessaires » pour que les diamants restent « An Eternal Dream for Lovers »…blablabla… (www.debeers.ca/files/sierraangola.html ) … ce qui signa du même coup la fin de ma mission « Bloody diamonds » en tant qu’analyste bénévole de MSF Londres. Septembre 2000, j’étais en Afrique du Sud, pendant 7 semaines à pérégriner sur les routes du Cape à East London, de Port Elizabeth à Umtata, de Durban à Johannesburg, de Sun city à Kimberley ( soit 11500 kms ), pour revenir dans le pays six ans après, le 2 novembre 2006… Cette chronique est donc ma tentative du jour à vous dépeindre « grossièrement » cette partie du monde qui nous ramène aux sources même de notre Humanité… un monde où le sang des Hommes a la même couleur pour tous, ni blanc, ni noir, ni métissé, mais rouge… Prenez soin de vous, Salam, Paix, Peace, Paz, Shalom, Franck Morellato, alias El French Muslim Rover (EFMR) from Lyon (France) PS : les personnages sont inspirés de gens existants. Cependant, afin de rendre le propos plus direct, j’ai modifié génétiquement la nature profonde de mes protagonistes pour leur éviter « la langue de bois » … Présentations des personnages de « Out of Africa : la Plume et l’Epée » : -Robert Wang : Robert, 59 ans, résident à Hong Kong, est un homme d’affaires indonésien. Issu de la diaspora chinoise de Jakarta, il a grandi dans un bidonville de la capitale. Débrouillard et curieux, il a fait fortune dans le trafic de pièces détachées entre Jakarta et Singapour, Taiwan et le Japon. Il s’est ensuite rapidement diversifié dans le transport international illégal et légal, le recouvrement de crédit, la sécurité, l’électronique, la mode française et italienne, la contrefaçon, la lutte contre la contrefaçon, la joaillerie... entre autres choses. -Henri Klein : Henri, 54 ans, est sud africain. Originaire du Cape, après des études de théologie, il est devenu psychiatre. Il gère aujourd’hui un luxueux Bed & Breakfast sur Blooberg strand , avec vue sur la « Table mountain » de Cape town. -Herman Kruger : Herman, 49 ans, est sud africain et né en Namibie. Après 15 ans de service actif dans les forces spéciales de la police sud africaine, il a dirigé en Angola, pour une entreprise canadienne autre qu’une filiale de De Beers, le service de sécurité d’une mine de diamants. Puis, après une brève expérience dans la restauration au Cape, il a décidé de s’installer en Namibie, où il organise désormais avec l’aide de sa femme, Angie, des safaris de « désert à désert », ou des séances de pêches en Angola. -Franck M. : Franck, 40 ans, est français et globe-trotter… Début de la chronique : Comme d’habitude, Henri a mis les petits plats dans les grands. Tout est parfait, la décoration, l’accueil, la nourriture et la vue. Ce que la « Table mountain » est belle, vue de Blooberg strand. Et sur la droite, surplombant le mur d’enceinte et la plage, on peut voir Robben island, l’île prison où Nelson Mandela a passé presque trente ans de sa vie à méditer sur sa longue route vers la liberté… Henri Klein. : -Bienvenue en Afrique du Sud mes amis, l’un des plus beaux pays du monde pour sa faune, sa flore, et ses paysages… Robert Wang : -J’aime bien Cape Town, jouer au golf y est plaisant. Mais bon, à voir toutes ces barrières et fils barbelés, on se croirait en Israël. C’est dingue, il y a dix ans , tu voyais pas ça au Cape ? Henri : -Il y a dix ans, il y avait encore de l’espoir et surtout personne ne faisait croire à toute l’Afrique que le Cape a du travail pour tout le monde. L’ANC veut contrôler la région. Alors, ils disent aux pauvres qu’au Cape, ils vont leur donner une maison, un job, un avenir… Ils leur mentent pour qu’ils votent pour eux et une fois sur place, les pauvres s’entassent dans les bidonvilles le long des routes. Et puis, il y a la drogue, l’alcool, les violences conjugales, le SIDA… Robert : -Et donc pour survivre, ils volent ? Henri : -Certains oui. Mais pas tous , Dieu merci. Mais il y a en tous cas de plus en plus de monde qui arrive. Et le Cape n’est pas prêt à recevoir toute la misère du monde. On commence à manquer d’eau, les installations électriques sont saturées, les infrastructures explosent, et les vols et les agressions se multiplient. Herman Kruger : - C’est vrai. Il y a même des gangs organisés qui viennent de pays comme le Nigeria. Ils se spécialisent en ce moment dans le piratage de cartes bancaires. Quand vous payez la note au restaurant, je vous conseille de suivre le serveur si vous ne voulez pas avoir de surprises... Henri : -Et nous, on se retrouve en prison, emmurés dans nos propriétés de privilégiés. Car dés que le soleil tombe, nous voilà apeurés comme des bêtes traquées. Finies les balades sur la plage à regarder les étoiles, la promenade nocturne est devenue trop dangereuse. On sort de nos maisons en 4X4, et on revient en 4X4, en faisant attention que personne ne se soit glissé dans la cour lors de l’ouverture du portail. Nombre de mes amis blancs, docteurs, dentistes, avocats, universitaires et qui ont pourtant lutté contre l’Apartheid, ont jeté l’éponge et ont quitté le pays pour l’Australie, l’Allemagne ou la Nouvelle Zélande. Ce n’est plus vivable. On devient fou. Tu vois Franck, ce que j’apprécie le plus en France, c’est le fait que vous pouvez vous promener le soir en été, avec vos enfants et un portable à la main sur une place à Paris, sans risque de vous faire poignarder. C’est ça la vraie liberté. Herman : -C’est vrai, la paix, il n’y a rien de meilleur. Vous en êtes conscient en France de la chance que vous avez ? Franck : -Je le pense… Herman :-Tant mieux, parce qu’ici il n’y a pas un jour où un frère, une mère, un ami, un voisin, une relation d’affaires, un touriste, ne se fait pas agresser, voler, violer ou tuer. En 2005, on comptait plus de 20000 meurtres, 40000 tentatives de meurtre, 60000 viols et 400 000 cambriolages déclarés. Dans ce pays, on manque de tout, et surtout d’éducation. Il y a des Noirs qui violent des vierges, croyant qu’ils vont guérir du SIDA. Ils s’attaquent même aux nourrissons. A traiter certains humains comme des bêtes, nous avons créé des monstres… J’ai appris qu’on avait retrouvé à Durban dans le coffre de sa voiture, un de mes clients. On l’avait égorgé avec son chauffeur. Ils travaillaient tous les deux pour BMW. Leur Boss, un Allemand, a pété les plombs et vient de demander sa mutation en urgence. Hier, un bus de touristes, c’est fait attaquer et dévaliser comme au temps des diligences. Et dans mon hôtel, ce matin, un Russe c’est fait poignarder dans la rue, sans même savoir pourquoi, vu qu’il n’avait rien de précieux sur lui. C’est comme ça, il y a des Noirs, devenus fous, qui ont des revanches à prendre. Et quand tu es blanc, leur vengeance est parfois aveugle. Et on doit vivre avec ça tous les jours, sans même l’espoir que cela s’améliore. C’est usant, même quand on est comme moi et ma famille, africains depuis presque deux cent ans. C’est pourquoi, j’ai choisi de retourner en Namibie, c’est plus cool… en espérant que le gouvernement local ne viendra pas un jour me confisquer ma maison comme au Zimbabwe, sous prétexte que je ne suis pas noir. Franck :- Et que font tes amis de la police ? Herman : -Ils crèvent jour après jour. L’Afrique du Sud est le pays le plus touché au monde après l’Inde par le SIDA.Un flic sur deux serait séropositif. Si tu enlèves ceux qui restent, et qui taquinent la bouteille, ou sont dépressifs, combien d’éléments sont 100% ? Et puis on en a marre, on n’arrête pas de se faire engueuler. Surtout quand aujourd’hui tu es blanc. Tous mes potes ont démissionné. Ils travaillent soit pour des sociétés privées de protections, soit à l’étranger. Et l’étranger pour l’instant, c’est surtout l’Iraq. Là bas, on est peut-être stressé, mais au moins on est bien payé. On touche 10000 dollars par mois, ce qui est beaucoup d’argent pour un sud africain. Robert :-Et vous êtes efficaces ? Herman : -Pas plus que les autres. Mais nous au moins, on a été bien entraîné. Et puis, même si on y comprend rien à cette guerre, on est bien payé. Franck : -La police n’a pas assez de moyens en Afrique du Sud ? Herman : -Non. Et en plus « Affirmative action » (discrimination positive) oblige, ceux qui viennent nous diriger, sont pour la plupart corrompus et arrogants. S’ils savent user et abuser de leur statut de « VIP » en fréquentant les endroits les plus chics, ils ont des difficultés à gérer les vrais responsabilités du terrain. Parce que le truc, ce n’est pas de faire semblant quand tout marche, le truc c’est d’assurer quand c’est le bordel. Et là, tu n’as plus personne, parce qu’ils n’ont pas l’expérience, pas la maturité, tu comprends ? Et en plus, ils croient que tout leur est due parce qu’ils sont proches du pouvoir et qu’ils sont noirs… Henri : -C’est partout la même chose. Dans l’éducation, l’énergie, le système de santé, le secteur agricole. Dés qu’une entreprise passe dans le domaine public, au bout de quelques mois, elle ne fonctionne plus correctement. Aujourd’hui, les transports en commun sont de véritables coupe-gorges. Personne ne prend plus le train. Dans l’agriculture, la réforme engagée par le gouvernement est un désastre total. Sur les 4% de fermes redistribuées à 1, 5 millions de noirs, combien fonctionnent encore ? Ils ne cultivent que les terres nécessaires aux besoins de leur famille. Le reste, ils le laissent en friche. Ils ne pensent pas à l’avenir… Herman :-La corruption et l’incompétence minent le pays. Et là ce n’est pas une histoire entre blancs, noirs, ou métisses. C’est une histoire universelle de vanité, d’orgueil, de cupidité et de clans. En Afrique du Sud, nous avons 11 tribus reconnues. Et aujourd’hui, au sein de l’ANC, il y a une bataille ouverte qui se mène entre les différentes tribus. Nelson Mandela est Xhosas, ainsi que le président actuel, Mbeki. En ce moment, Mbeki nomme aux principaux postes de l’Etat beaucoup de Xhosas, et notamment des femmes éduquées. Les Zoulous n’aiment pas ça. Jamais, ils n’accepteront de se faire diriger longtemps par des Xhosas. Jamais…Et ils ne sont pas des tendres, croyez-moi, l’histoire nous le rappelle. Et pour gagner et durer, il faut user de ce que la démocratie permet ici, la démagogie à gogo et l’achat de voix. D’ailleurs, les politiciens font tout pour éviter de voir la réalité en face et aborder certains sujets qui fâchent Et quoi de mieux que de faire diversion en trouvant de bons boucs émissaires ? Il y a même des minorités actives comme les Indiens, bien représentés politiquement au parlement, qui commencent à sentir la pression… Robert : -Je sais. Même nous les Chinois, on est attaqué. J’ai des amis du Chinatown de Johannesburg qui se plaignent. Il y aurait même des flics pourris qui leur feraient des misères… Herman : -Ce sont des flics sans éducation. Comment veux-tu que l’on fasse le tri. On prend ce que l’on a, ou ce que le gouvernement nous envoie… Robert :-Peut-être, mais attention, nous ne sommes pas les Juifs, nous ne subirons pas pendant des siècles sans rien dire… Pour l’instant, on vient et on se tait. On gère nos affaires nous-même. On ouvre des points de vente pour vous vendre nos produits. Pas chers, nous permettons aux Africains d’avoir à moindre prix le minimum. Quand on nous insulte, nous faisons le dos rond. Nous sommes là pour faire des affaires, pas pour se disputer avec les Africains. Nous travaillons dur, tous les jours, jour après jour. Et nous acceptons des salaires que vous n’acceptez pas. En plus, nous sommes de bons clients. Nous sommes très intéressés par vos matières premières. Or, diamants, chrome, manganèse, gaz, uranium... Herman : -On le sait bien, en Namibie, on dit même que le gouvernement de Windhoek vient d’accorder aux Chinois plus de 60 000 visas. Sachant que le pays fait moins de deux millions d’habitants, et qu’il y a seulement 80 000 blancs, cela n’est pas rien… Robert : -Normal mon ami , nous sommes plus de 1, 3 milliard dans le monde, avec des réseaux internationaux puissants et de plus en plus organisés. Et on a le sens du Business. Chez nous on dit que deux bons Juifs font un Arménien. Mais qu’il faut deux bons Arméniens, pour faire un Chinois… Franck : -Alors qu’est ce que tu en penses toi sincèrement de tout ça ? Ca fait plus de dix ans que tu tournes sur le coin non ? Robert : -Le problème avec l’Afrique, c’est comme un peu la différence entre la conception capitaliste et socialiste-communiste de la société. Dans le socialisme-communisme, si tu as une bonne récolte, tu vas la mettre à la disposition de ta communauté, et tu vas partager avec ceux qui n’ont rien. Ca s’appelle la solidarité, ce qui colle assez bien avec la mentalité grégaire et clanique des noirs africains. Tu partagent au sein du groupe, parce que sans le groupe et face à la nature, tu n’es rien. Et donc, le mot d’ordre, c’est tout ensemble, ou rien, sinon il y a jalousie. Or, le capitalisme préfère lui se dire que si tu as bien travaillé, et que tu as fait une bonne récolte, pourquoi la partager avec ceux qui n’ont rien foutu ? Tu as un surplus, et bien garde le pour demain, dans le cas où la vie se fait plus dure. Le problème avec les Africains noirs, c’est qu’ils vivent trop au jour le jour. « Carpe Diem » comme vous dites en Occident ? Ils ne pensent pas assez à demain. Et puis, combien savent vraiment ce que c’est que l’indépendance ? La plupart dépendent de l’autorité d’un chef qui leur dit quoi faire. Et quand ils sont malades, c’est un sorcier qui leur dit comment se soigner. Ils attendent toujours quelque chose de quelqu’un d’autre. Si l’eau n’arrive pas, « It’s Africa ! » comme ils disent. Ils ne se demandent pas pourquoi ? Et quoi faire, pour qu’elle arrive ? Ils manquent terriblement de ce qui fait notre force à nous, la diaspora chinoise, l’Esprit d’entreprise et, l’initiative individuelle. Herman : -C’est vrai ce que tu dis, on n’a pas assez d’entrepreneurs africains… Alors vous n’êtes plus communistes ? Robert : -Est-ce que j’ai la tête d’un communiste ? Disons que la Chine essaye aujourd’hui de trouver le Juste milieu entre le système capitaliste et socialiste, en gardant toujours une main de fer dans un gant de velours. Et vu qu’on a pas vraiment de passifs négatifs avec les noirs comme vous les Occidentaux, les politiciens africains nous utilisent pour faire pression sur les grandes puissances comme les USA, les Russes ou les Européens. Nous devenons une alternative incontournable, parce que tout le monde sait que sans nous, l’Afrique n’a aucune chance de s’en sortir. Franck : -Et en ce qui concerne les droits de l’homme ? Robert : -Tant que cela ne nous touche pas, on s’en fout. On n’est pas en Afrique pour donner des leçons de moral, mais pour faire du Business. Tu me connais, je suis né dans un bidonville de Jakarta. Aujourd’hui, j’ai racheté ce bidonville, et j’ai fait construire pour mes hommes des maisons où ils peuvent vivre dignement avec leur famille. J’ai beaucoup reçu de la vie, et j’ai appris à redonner, ça a toujours été bon pour mes affaires. Et je ne suis pas le seul à faire comme ça. Je suis très optimiste pour l’avenir, et si les Américains ne trouvent pas une fausse raison pour attaquer militairement Pékin dans les quinze prochaines années, rien ne pourra nous empêcher d’être les N°1… Franck : -Donc, pour toi, l’Afrique ne sera donc pas blanche, ni noire, mais jaune… Robert : -Jaune aussi. Et le jaune, c’est la couleur des champions non ? La plus belle des médailles. Et il va en a falloir des médailles, parce qu’en 2010, il va y avoir une coupe du monde de foot ici, et on va pouvoir parier… Henri : -Quelle connerie cette coupe du monde ! Il y a des symboles mondiaux qui devraient être plus intelligents et réalistes…Nous n’avons pas de quoi payer pour notre éducation, notre police, notre système de santé, nos infrastructures, et nous voilà a bâtir des stades de plus de 68 000 places dans des zones « vertes » pour des demi-finales de foot pour faire plaisir à la FIFA … Encore une fois, c’est politique. Des jeux et du pain. Et encore on n’a pas de pain pour tout le monde. Et tous les Africains du nord qui vont venir voir les matches, combien vont repartir chez eux ? Et quand on sait qu’aujourd’hui la plupart de nos stades ne sont pas remplis durant les manifestations habituelles, que vont devenir les nouveaux construits ? Qui va payer pour l’entretien ? Regardez en Grèce avec les jeux olympiques ? Qui va gérer l’après coupe du monde ? La FIFA ? Franck : - J’espère en tous cas que la sécurité des supporters sera assurée. Parce que s’il y a confrontations entre hooligans blancs et noirs, ça risque de saigner. Qu’est ce que tu en penses Herman ? Herman : -J’en pense rien, mais en Afrique du Sud tout est possible, le meilleur et le pire. It’s Africa, mon ami, it’s Africa, le berceau de l’Humanité non ? 28 mai 2007
Shams a dit :
Je pense pas qu’il y a que l’argent qui attire ces mèrcenaires ;je crois que ces gens ont un certain gout pour le combat et la guerre:Surrarmés,ces gens veulent du "trophé"(c’est à dire tué de l’arabes)comme d’autre parte à la savane pour tué un lion ou un rinocéros ;la guerre les éxcites...J’éspère que beaucoup d’entres eux croiseront des gens de la rèsistance qui leur feront regrètter leur véllèité guèrrière.
Shamsudin
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