Mardi 21 October 2014
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Irak : des populations victimes d’enjeux politiques (partie 1)

Irak : des populations victimes d’enjeux politiques (partie 1)
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Afin de mieux connaître l’Irak et saisir les différents enjeux de cette guerre annoncée contre ce grand pays, l’historien Rochdy Alili a rédigé pour oumma.com un article, en hommage au peuple irakien encore menacé par la guerre. Il relève certains points de l’histoire contemporaine et fournit quelques clefs de compréhension de la crise actuelle. Un pays héritier d’une grande civilisation qui toujours fait l’objet de convoitise de la part des grandes puissances.

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Afin de mieux connaître l’Irak et saisir les différents enjeux de cette guerre annoncée contre ce grand pays, l’historien Rochdy Alili a rédigé pour oumma.com un article, en hommage au peuple irakien encore menacé par la guerre. Il relève certains points de l’histoire contemporaine et fournit quelques clefs de compréhension de la crise actuelle. Un pays héritier d’une grande civilisation qui toujours fait l’objet de convoitise de la part des grandes puissances.

 

Le monde vit depuis des mois la situation insupportable imposée par une coterie de prédateurs inconscients installés à la Maison Blanche pour défendre les intérêts des industries d’armement et des compagnies de pétrole.

Or les braves gens en ont assez qu’on les prenne pour des buses et qu’on aille en guerre pour un oui ou un non. On leur a fait le coup en 1991, on le leur avait fait plusieurs fois dans le siècle passé. Ils n’ont pas envie de commencer le vingt et unième par une nouvelle guerre absurde imposée par des juntes d’abrutis. Ils n’ont pas envie que meurent des enfants et des jeunes gens pour que prospèrent les industries d’armements. Ils n’ont pas envie qu’on suce le pétrole de l’Irak pour que les Américains, principaux utilisateurs d’énergie et principaux pollueurs de la planète, augmentent encore leur confort lorsque le pain, les médicaments, les livres, manquent à Bagdad, à Gaza, à Kaboul, à Alger, à Bamako et ailleurs, où l’on a la malchance de naître dans un pays pauvre pillé par les rapaces du dedans et du dehors. Peut-être commencent-ils à comprendre qu’un peu de justice est la meilleure garantie de la paix et de la sûreté publique. Alors, instaurons la justice.

Vaste programme sans doute, mais plus sensé que la guerre. Rappelons-nous que les nazis, les tortionnaires de tous les pays, les procureurs zélés de tous les régimes de terreur, ont toujours prétexté la lutte contre des terroristes, réels ou supposés, pour instaurer les régimes d’exception, les prisons, la question et la mise au pas des citoyens. Craignons que le terrorisme international, souvent manipulé par ceux qui s’en prétendent victimes, ne serve de prétexte à la puissance planétaire pour justifier la mise au pas de l’humanité tout entière. Il n’est que de voir l’agacement de ces messieurs de Washington, l’abjection de la presse qu’ils stipendient, lorsque de très moyennes puissances de la vieille Europe prétendent les empêcher de foncer sur leur proie, pour comprendre ce qui menace les hommes qui ne pensent pas comme eux.

Que peut faire, contre la puissance de la bêtise, l’homme d’étude qui songe en son gîte ? Peut-être rappeler l’histoire des braves gens de l’Irak attachés à leurs croyances, leur culture. Cette culture qui n’est pas d’hier, dans la plus ancienne civilisation urbaine de l’humanité, là où fut Uruk, la plus antique ville de l’histoire du monde, là où fut dit-on le Paradis terrestre, entre Tigre et Euphrate et où déferla le déluge décrit par la Bible. Car enfin, si l’Europe est vieille, l’Irak a trois mille ans de plus qu’elle. Trois mille ans de souffrance, d’expérience humaine, d’occupations diverses, de civilisations brillantes englouties les unes sur les autres. Tout cela donne un recul que ne possède pas une nation de deux cents ans jamais attaquée par un ennemi extérieur, une capacité de souffrance que ne peuvent mesurer ceux qui vivent avec si peu de souvenirs et tant de confort.

Pour l’heure, j’aborderai l’histoire des gens d’Irak par la statistique religieuse. C’est le biais le plus courant. Musulman à 97%, le pays est peuplé de tendances diverses de l’islam. Les croyants de ces tendances se sont trouvés irakiens par l’histoire ancienne ou la manipulation de puissances coloniales. Ils ont vécu, souffert, dans des circonstances que je rappelle brièvement, dictées par la politique internationale des puissants d’aujourd’hui et les rivalités des féodaux du lieu. Dans un site musulman, l’évocation des gens d’Irak à travers l’histoire des tendances musulmanes va de soi. Il ne faut pas oublier toutefois que le pays abrite des chrétiens installés là avant l’islam. Le siècle des nationalismes qui vient de finir a contraint ces chrétiens à l’exil pour diverses raisons et ils sont de moins en moins nombreux. Nous nous contenterons pour l’heure de penser à eux, en considérant que peut-être un jour ce site musulman pourrait consacrer quelque chose à ces chrétiens ayant vécu en terre d’islam. Il ne faut pas oublier non plus les mandéens-sabéens que nous pourrions aussi accueillir. Sachons leur existence et n’oublions pas leurs souffrances.

Pour le moment voyons ce qu’il en est de la perception de la religion par le régime irakien, de la question chiite, des volontés anglo-saxonnes qui installent la principale population sunnite de l’Irak et des intérêts, toujours anglo-saxons, qui le jettent dans la guerre contre l’Iran et contre le Koweït. Qu’on se dise que les deux dernières décennies ont été des années de souffrances terribles pour le peuple irakien !

Ces années ont fait oublier une période de développement extraordinaire en Irak, sous un régime autoritaire et répressif, certes, cruel avec les opposants, mais soucieux d’indépendance nationale, de maîtrise de ses richesses et de progrès économique, social et culturel. Ainsi l’agriculture est modernisée grâce aux revenus des gisements de pétrole, progressivement nationalisés entre 1972 et 1975. Les industries d’engrais se développent, de même que les activités liées au gaz et au pétrole. Cela explique l’importante des infrastructures d’industries chimiques du pays que l’on imagine nées d’hier et consacrée à l’empoisonnement des gens. Au contraire, grâce à une industrialisation accélérée, dans le cadre d’une politique sociale progressiste, la situation sanitaire s’améliore considérablement et l’Irak sort vraiment du sous développement lors de cette décennie. La politique d’éducation n’est pas oubliée. L’alphabétisation, la formation de cadres est la plus efficace du monde arabe. Les femmes ne sont pas les dernières à bénéficier de ce progrès et leur situation s’améliore. Enfin le régime prend à cœur le patrimoine culturel de l’Irak, remettant à jour le passé abbasside, créant des musées, organisant des campagnes de fouilles. Il n’oublie pas l’histoire mésopotamienne. Les antiques Ninive et Babylone ne sont pas laissées pour compte au prétexte de l’arabité culturelle dominante, comme dans l’Algérie attendant quarante ans de se souvenir que Saint Augustin fut une de ses gloires. Bref, si l’on peut tout reprocher à l’authentique dictateur que demeure Saddam Hossein, il ne faut pas manquer de constater, par simple honnêteté, que les années soixante-dix furent pour l’Irak les années d’une croissance annuelle de plus de quinze pour cent, les années de la sortie d’un sous développement où l’ont replongé la guerre avec l’Iran et les douze ans d’un embargo scandaleux qui ne punit que les victimes.

Les principes ba’thistes.

La constitution de juillet 1970 pose en principe l’islam comme religion d’Etat. En 1970 le pays est organisé, après une prise de pouvoir en 1968, par le parti Ba’th al-arabi, résurrection arabe. C’est un parti socialiste, non marxiste, qui entend construire une nation arabe au-delà des divisions nationales souvent créées par les occupants européens, français et surtout anglais, qui ont découpé le proche orient au gré de leurs intérêts pétroliers et stratégiques. Le Ba’th est fondé à Damas en 1943, au temps de la présence française en Syrie. Son théoricien est Michel Aflak, un chrétien orthodoxe. Le politicien du parti est Salah Bitar qui sera assassiné à Paris en 1980. A partir des années 1950, sa propagande au proche orient se précise. Il propose la disparition des frontières qui divisent la nation arabe. Il prône une politique socialiste réaliste de développement économique, avec solidarité et redistribution des richesses entre tous les Arabes.

Au plan religieux le Ba’th comprend l’importance de l’islam dans le patrimoine arabe mais c’est un parti laïque, peu apprécié par les Frères Musulmans de l’époque. La religion est pour lui une affaire privée. Il existe une liberté de conscience et une liberté de culte. L’idée n’a rien de neuf dans le monde musulman, elle est mise en pratique depuis le VIIIe siècle. C’est pourquoi d’ailleurs elle a besoin d’être modernisée.

Le Ba’th s’installe donc au pouvoir en Irak en 1968, après des tentatives avortées. C’est à l’occasion d’un coup d’Etat militaire d’officiers membres du parti, qui mettent à leur tête le général Ahmad Hasan al-Bakr.

Des officiers ba’thistes prennent également le pouvoir en 1971 en Syrie, avec le général Hafez al-Asad. Cela fait donc trente ans que ces pays sont gouvernés par le même parti et les mêmes hommes. Hafez al-Asad est mort en 2000 et son fils, Bachar, lui a succédé par une de ces élections à presque 100% dont ces régimes ont le secret. Même continuité du côté irakien puisque Saddam Hussein est, dès 1969, à l’âge de 32 ans, vice-président du Conseil de Commandement de la Révolution aux côtés de Hasan al-Bakr qu’il semble avoir dominé assez vite. Ce Conseil est l’organe exécutif du parti qui règle totalement la vie politique irakienne à travers ses prérogatives constitutionnelles et les instances de masse du Ba’th, extrêmement solide, structuré et présent dans toute la société.

Le principe d’action est clair, Hasan al-Bakr et Saddam Hossein imposent avec dureté leur autorité avant de se lancer dans un programme d’ouverture politique et de développement économique. L’un ne va pas sans l’autre. Après l’élimination des officiers non-ba’thistes, de nombreuses exécutions d’opposants, en 1968 et 1969, une autonomie kurde est proclamée le 11 mars 1970. Cette autonomie, jugée insuffisante, ne fait pas l’affaire de tous les chefs de tribus. Une tension constante s’installe et la répression s’accentue. Le mois suivant les chrétiens, voient reconnaître leurs droits culturels et sont aidés par l’Etat dans l’entretien de leurs lieux de culte. Ils sont désignés, dans la loi du 26 avril 1970 comme " citoyens parlant le syriaque ". Ils ont droit à une presse dans cette langue, qui bénéficie d’aides publiques et le syriaque est langue officielle après l’arabe et le kurde.

La question chiite.

Bien entendu, la réalité arabe est fortement majoritaire. Les Arabes composent les trois quarts du peuple irakien. Ils sont issus d’un mouvement constant de migrations depuis la péninsule arabique attesté dès le IIIe millénaire avant le Christ, donc bien avant l’islam. Ce sont à l’origine des nomades dont la plupart se sont sédentarisés, mais il reste quelques tribus bédouines.

Les Arabes irakiens sont à 90% chiites. Ils vivent dans la partie sud du pays, entre Bagdad et Basra. Ce sont des chiites duodécimains, comme les chiites iraniens. C’est à dire qu’ils reconnaissent la totalité des douze imams descendant de Ali b. Abu Talib, cousin et gendre du Prophète, imams qui constituent la branche cadette de la descendance de ce dernier. Il faut dire que l’Irak, surtout au sud, est le lieu où s’est installé et exprimé dès le septième siècle, la sensibilité chiite. Cela bien avant l’Iran, où le chiisme s’est imposé comme religion d’Etat au XVIe siècle, sur décision des souverains du moment. L’Irak est ainsi la province où s’est établi Ali lorsqu’il fut calife, entre 656 et 661. Il a fixé sa capitale à Kufa, il est enterré à Najaf, non loin de là. Son fils Husayn a été tué à Kerbela où il est enterré. Des mausolées ont été érigés sur leurs tombes et ces villes sont le lieux de pèlerinages et des centre d’enseignement religieux où viennent les duodécimains d’Irak et d’Iran. Après la mort de Husayn en 680, ses descendants, qui forment donc la lignée des imams duodécimains, vivent à Médine. Au milieu du VIIIe siècle, ils sont appelés à Bagdad par le calife abbasside, pour être mieux surveillés. C’est ainsi que les imams à partir du septième sont enterrés en Irak. Seul fait exception le huitième, mort quand le calife vivait à l’est de l’Iran. Cet imam est enterré à Mechched, où sa tombe, recouverte d’un magnifique mausolée, est un des lieux saints du chiisme. On a ainsi à Bagdad les tombes du septième imam et du neuvième, recouvertes par le monument appelé al-Kazimayn, qui a donné son nom à un ancien faubourg de la ville. A cent kilomètres au nord de Bagdad, à Samarra, qui fut la capitale de califes entourés de leurs militaires, se trouvent les tombeaux des dixième et onzième imams, les Askariyayn, c’est à dire " les deux de la caserne " car ils vécurent dans les cantonnements des gardes du corps des califes. Enfin, le douzième imam disparaît à Samarra, tout enfant, dans une galerie que l’on nomme " disparition du Mahdi " (Ghaybat al-Mahdi). C’est lui dont les chiites duodécimains attendent le retour à la fin des temps pour faire régner sur terre la justice et la paix.

L’Irak reste donc, par sa longue histoire, sa population et ses lieux saints, un pays important pour le chiisme duodécimain. Mais l’Iran, bien plus peuplé, est devenu le lieu où cette religion s’est installée en force et solidement structurée. Dès lors, il existe une influence iranienne chiite en Irak. Elle s’exerce à travers des membres importants du clergé iranien établis dans le pays avec une population iranienne non négligeable, autour des mausolées, et des centres d’enseignement chiites traditionnels.

Cette influence est d’autant moins appréciée du tandem Hasan al-Bakr Saddam Hossein qu’un mouvement chiite, la Da’wa islamiya, a été fondé en 1969 dans le cadre de l’école de Najaf. Cette Da’wa est dirigée, dans les années 1970, par l’ayatollah Muhammad Bakr Sadr, qui est l’idéologue principal du chiisme politique. Aussi, en 1972, plus de cinquante mille iraniens chiites, vivant en Irak depuis toujours, sont expulsés vers l’Iran. Mais on n’expulse pas Muhammad Bakr Sadr, de nationalité irakienne. On n’expulse pas non plus un ayatollah présent à Najaf où il enseigne depuis presque dix ans, un ayatollah iranien exilé par le shah, du nom de Ruh Allah Khomeyni. Ce n’est qu’en 1978, lors des premières grandes manifestations contre le régime monarchique à Téhéran, que les Irakiens jugent bon de s’en débarrasser en l’envoyant à Giscard qui veut bien l’accueillir en France.

1979 est le grand tournant pour la région. Hasan al-Bakr démissionne pour raisons de santé au mois de juillet. Saddam Hossein devient président effectif quand la révolution islamique d’Iran bat son plein. Il commence par écraser toute velléité d’opposition au sein du Ba’th, où certains tentent de le contester. Il accuse la Syrie, également ba’thiste, de s’ingérer dans les affaires internes de l’Irak. Le beau rêve de solidarité arabe n’est jamais allé bien loin.

Après les affaires du Ba’th, Saddam doit éradiquer le danger de contagion de la révolution iranienne sur la population chiite d’Irak. Déjà en 1977, des incidents étaient survenus à Kerbela. En 1980 il fait exécuter des dizaines de meneurs chiites, en particulier l’ayatollah Muhammad Bakr Sadr et sa sœur, influente auprès des femmes chiites.

Cela fait, Saddam Hossein lance une vaste offensive contre l’Iran et débute une guerre qui va durer jusqu’à l’été 1988. Dans ce conflit, autant qu’on le sait, l’appartenance nationale a primé sur l’appartenance religieuse et les chiites irakiens ont combattu loyalement avec l’Irak. Seuls des mouvements politico-religieux opposés au régime jouent le jeu de l’Iran. D’autres opposants se réunissent pour organiser à Damas, avec l’aide de Hafez al-Asad, une introuvable opposition irakienne. L’organisation al-Da’wa islamiya, privée de son chef Muhammad Bakr Sadr, se réfugie à Téhéran et se met sous l’autorité de Khomeyni en 1982. La même année des membres du clergé chiite irakien réfugié en Iran, fondent le Conseil Supérieur de la Révolution irakienne pour établir une république islamique à Bagdad. Des attentats ont lieu en son nom et des membres du clergé chiite en lien avec les dirigeants de ce Conseil, sont exécutés à Najaf. En 1986 les Iraniens tentent de fédérer à Téhéran l’opposition chiite à Saddam Hossein et toutes les tendances irakiennes susceptibles de combattre le dictateur. Rien ne sort des réunions de cette époque et la question d’une opposition irakienne cohérente est toujours posée depuis les éradications successives d’élites qui n’ont cessé depuis les Anglais jusqu’à aujourd’hui.

Après la guerre des années quatre vingt, l’Irak connaît à peine deux ans et demi de relative accalmie. Il a servi contre l’Iran républicain et islamique au bénéfice des Etats Unis soucieux d’affaiblir ce pays qui avait été, du temps du shah, un partenaire important de la politique américaine, appuyée par l’Angleterre, depuis la seconde guerre mondiale jusqu’à la chute des Pahlavis. Une fois l’Iran ravagé par la guerre de Saddam, alors allié objectif des Américains, qui n’hésitaient pas alors à lui fournir les armes de destruction massive qu’il désirait, l’Irak devait à son tour être affaibli pour ne représenter un danger ni pour les pétromonarchies alliées de Washington, ni pour Israël. On monte le mythe de la quatrième armée du monde, on laisse croire à Saddam qu’on fermera les yeux sur des opérations éventuelles au Koweït. En effet, le pays est revendiqué depuis toujours par l’Irak et un contentieux s’est élevé sur des dettes contractées à son égard pour mener la guerre contre l’Iran. On manipule l’opinion américaine avec des histoires de couveuses, et c’est " Tempête du désert ", qui permet aux Américains de s’introduire en force dans le Golfe arabo-persique et sur la péninsule arabe comme ils le souhaitaient depuis des décennies, tout en détruisant le potentiel d’un pays qui avait fini de servir pour les intérêts de Washington. On pourrait appeler cela la " politique internationale kleenex ". Ce n’est pas d’aujourd’hui que ça date.

Les chiites du sud de l’Irak pensent alors pouvoir se soulever à l’issue de " Tempête du désert " et n’attendent même pas le cessez-le-feu pour entrer en révolte. Ils s’insurgent début mars 1991 dans les villes chiites de Najaf, Kerbela et Basra. Ils sont dirigés par l’hojatoleslam Muhammad Bakr Hakim, chef du mouvement pour la révolution islamique en Irak. Aucun soutien ne vient de la coalition occidentale. L’affaire est réglée en quinze jours par Saddam. Les chiites sont écrasés et vivent l’embargo qui asphyxie tous les Irakiens depuis cette date. Les Américains, si soucieux de la liberté des peuples n’ont bien entendu pas bronché. La stabilité sanguinaire de Saddam leur convient mieux que le désordre prévisible d’un régime issu de l’opposition irakienne. Pervers sans doute, mais pas idiots. Ils n’avaient pas alors un président qui avait appris la politique internationale en regardant John Wayne au cinéma.

A suivre...

Rochdy Alili

Je remercie mon ami Paul Balta qui a bien voulu relire cet article et me faire de très judicieuses remarques dont j’espère avoir tenu compte.

Note de la rédaction :

Rappelons à titre d’information que Paul Balta est un des meilleurs spécialistes du Proche-Orient. Auteur de plusieurs ouvrages de référence, sa réputation dépasse largement les frontières de l’hexagone.

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