Ilham Moussaïd, l’ex candidate du NPA quitte le navire

Assaillie de toutes parts pour son foulard, et très peu sollicitée pour ses idées, Ilham Moussaïd, la jeun

vendredi 26 novembre 2010

Assaillie de toutes parts pour son foulard, et très peu sollicitée pour ses idées, Ilham Moussaïd, la jeune candidate trotskiste en position inéligible aux dernières élections régionales, qui connut les affres de l’hystérie médiatique en guise de baptême politique, arrête là les frais et quitte le navire du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA).

Littéralement éclipsée par son couvre-chef, qui se souvient encore du visage de la jeune étudiante, laïque, et militante de gauche ? Qui peut se targuer d’avoir perçu ne serait-ce que le timbre de sa voix, et plus exceptionnel encore, de connaître la profondeur de ses convictions antilibérales ?

Médias, politiques, tous ont crié haro sur son signe extérieur distinctif, la traquant comme un monstre de foire, symbole de l’intégrisme en infiltration, dans un aveuglement paroxystique qui s’est bien gardé de soulever un coin du voile pour découvrir la féministe engagée, bravant, la fleur au fusil, le sectarisme ambiant sur une scène publique plutôt schizophrénique...

Le NPA, qui avait fait sensation en investissant cette candidate atypique, a manifestement tiré les enseignements de la fureur collective que sa seule vue déclencha, ne souhaitant plus cristalliser la haine des gardiens du temple de la laïcité.

Ainsi, certains militants se sont sagement rangés du côté de la pensée dominante, en consignant par écrit que le voile est « un signe religieux qui symbolise et manifeste l’oppression des femmes, et que ce n’est pas un bon choix ». Toutefois, et dans un art consommé du double langage, si le voile est accepté à condition qu’il ait acquitté sa cotisation de membre du NPA, le message à l’adresse des militantes ambitieuses, qui aspireraient à briguer un mandat devant les électeurs, ne souffre, lui, aucune ambiguïté : ce sera sans le voile !

Ne se sentant plus la bienvenue dans un parti qui avait eu l’audace de présenter une personnalité représentative de la France plurielle, Ilham Moussaïd referme un chapitre trépidant, mais douloureux, de sa courte vie de militante, et avec elle onze autres membres du comité de quartier d’Avignon, qui ne s’identifient plus à la ligne directrice désormais en vigueur au sein du NPA, tant sur le plan de la laïcité que du féminisme.

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