Hortefeux et Besson prêts à revisiter le code de la nationalité

C’est en terrain miné que Brice Hortefeux a mis les pieds dans le plat à Nantes, croyant tenir dans la d

mercredi 5 mai 2010

C’est en terrain miné que Brice Hortefeux a mis les pieds dans le plat à Nantes, croyant tenir dans la désormais fameuse affaire du mari-polygame-de-la-femme-en-niqab-verbalisée l’inespérée revanche qui le réhabiliterait sur la place publique, et qui, au lieu de cela, fit l’effet d’un boomerang pris en pleine face place de Grève...

Loin de freiner des quatre fers dans ce qui a tourné à la farce scabreuse, à la consternation générale, le ministre de l’Intérieur et des Cultes s’est carrément enlisé en terre juridique inconnue, lorsqu’il a, dans une solennité confondante, appelé à l’inapplicable déchéance de la nationalité française.

Un vœu certes ardent, mais qui pour l’heure restera pieux, son collègue du gouvernement, Eric Besson, le renvoyant non pas à ses chères études, mais presque, en brandissant le droit en vigueur : "Dans l’état actuel du droit, la procédure de déchéance de la nationalité semble très difficilement applicable au cas d’espèce(...)." a écrit ce dernier, dans un échange épistolaire publié par le Figaro.

Pour ne pas rester sur ce qui a tout du camouflet cuisant, Brice Hortefeux a pris sa plus belle plume pour signifier au ministre de l’Immigration et de l’identité nationale, qu’il serait disposé à revisiter le code de la nationalité, ce à quoi Eric Besson lui a répondu : "Je suis en revanche disposé à étudier avec vous et le ministre de la justice la possibilité d’une évolution de notre droit sur ce point (...) comme pour d’autres atteintes caractérisées aux valeurs fondamentales de notre République, notamment l’excision ou certains crimes particulièrement graves apparaissant inacceptables et contraires à l’engagement de respecter les principes républicains indissociables de l’accès à la nationalité française."

Les deux flagrants délits à tiroirs de Nantes, dont on ne retient hélas que le pire, quel que soit le côté où l’on se place, donnent déjà de nouvelles idées réglementaires à notre gouvernement, qui ne manquera pas de nous pondre un énième projet de loi, dans une législation croulant sous l’abondance.

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