Il apparaît ainsi que la légende de Hârût et Mârût expose autre chose que la seule affaire de zinâ (l’amour non autorisé par la Loi). Nous sommes là devant un cas d’offense à Dieu et l’on ne s’étonnera pas de ce que, dans la hiérarchie des transgressions, le shirk occupe alors la première place.
2. Le temps perdu
a) La parure
Prenons la mesure de l’importance des shahawât
dans le Coran : « Comme il se pare aux yeux des humains l’amour des
objets de désirs : les femmes, les fils, les monceaux qu’on amoncelle d’or
et d’argent, les chevaux blasonnés, les troupeaux, le labour ! Mais ce ne
sont là que jouissances d’ici-bas ; en Dieu seul réside la splendeur du
retour
class=MsoEndnoteReference>
style=''>[i]. »
La racine sh-h-w se trouve encore dans le
passage suivant : « ... ils n’en [la Géhenne] entendront pas le vacarme ; ils s’éterniseront en ce que leur âme a convoité (ashtahathâ)
href="#_edn2" name="_ednref2" title="">
class=MsoEndnoteReference>[ii]. »
Dans son Tafsîr, Ibn Kathîr met en relief cette opposition entre la
« jouissance d’ici-bas » et « la splendeur du retour ».
L’idée selon laquelle la jouissance terrestre est marquée d’une imperfection
constitutive en regard de la jouissance dans l’au-delà donne sa raison d’être
au commentaire autour de la notion de shahawât : la jouissance
terrestre découle de l’illusion de l’amour qu’ont les hommes pour les réalités
de ce monde. Ibn Kathîr est un commentateur fidèle, il obéit à la lettre du
Coran et la reproduit. Dans le texte coranique, l’idée d’illusion est
importante, elle y est donc reprise, répétée : « Sachez que la vie d’ici-bas
n’est que jeu, frivolité, parure, rivalité d’orgueil entre vous, joutes sur la
quantité de biens ou le nombre d’enfants. À la semblance d’une onde : la
végétation qu’elle fait naître charme les dénégateurs, puis elle s’affole et tu
la vois jaunir, et puis elle tombera en détritus. Il y aura dans la vie
dernière châtiment terrible, indulgence de Dieu et Son contentement. Quant à la
vie d’ici-bas, elle n’est que jouissance d’illusion
name="_ednref3" title="">
class=MsoEndnoteReference>[iii]. »
Devenus êtres de désir, n’étant plus dans la
proximité de Dieu, Hârût et Mârût ont à vivre l’éprouvante tentation des biens
de cette terre, sur un chemin qu’ils ont accepté de parcourir. À l’état
immédiat de plénitude (pureté, immortalité...) dont ils jouissaient avant le
voyage succède un destin marqué par l’inexorable éloignement de ce temps perdu
href="#_edn4" name="_ednref4" title="">
class=MsoEndnoteReference>[iv].
b) L’offense
La terre est donc un lieu de tentation. Exemplaire
est alors celle qu’incarnait az-Zohra, Vénus métamorphosée en une femme d’une
grande beauté, fascinante, provocante et irrésistible, s’offrant au regard de
Hârût et Mârût : « Hârût et Mârût furent descendus sur terre. Alors
az-Zohra leur a été représentée comme une des plus belles femmes de
l’humanité. » Plutôt que simplement vue, az-Zohra se donne à voir. Elle se
met en représentation comme pour capturer le regard. L’exposition est faite
pour subjuguer, et Hârût et Mârût succombent rapidement : « Ils lui
demandèrent sa personne (nafs). » Là commence le drame de ces
êtres, habitués à la proximité de Dieu, mais condamnés pourtant à passer par
l’épreuve de la séduction pour prendre la mesure effective de leur dévotion
pour lui.
Az-Zohra n’oppose pas de refus à la demande ainsi
formulée et qu’elle a elle-même suscitée. Elle y accède en posant cependant
deux conditions, l’une et l’autre inconcevables dans le monde de l’islâm :
les anges devront prononcer des paroles de shirk ou bien tuer un enfant.
La demande touche à deux tabous, considérables : attribuer des associés à
Dieu (shirk) et commettre un meurtre (qatl) non légitimé par la Loi. Que signifie cette volonté de faire prononcer des paroles de shirk ?
« Ils lui demandèrent sa personne. Elle dit : “Non, par Dieu !
jusqu’à ce que vous prononciez cette parole de shirk. ” » La
puissance du shirk tient précisément dans sa capacité à déclasser, par
la parole, le principe divin. Lorsque cette parole est prononcée, elle équivaut
à un acte d’effacement de Dieu en tant que fondement pour 1’humanité. Dans ce
développement du récit, une partie se joue donc entre le désir (et sa logique
de toute-puissance) et l’effectivité de la cause instituant les relations
humaines. Il apparaît ainsi que la légende de Hârût et Mârût expose autre chose
que la seule affaire de zinâ
class=MsoEndnoteReference>
style=''>[v]
(l’amour non autorisé par la Loi). Nous sommes là devant un cas d’offense à
Dieu et l’on ne s’étonnera pas de ce que, dans la hiérarchie des
transgressions, le shirk occupe alors la première place.
La rencontre entre les deux anges et leur désir se
situe sur un registre où s’impose la part « écrite » de leur destin.
Si l’ensemble des versions rapportées par Ibn Kathîr laisse deviner ce
déterminisme qui pousse les anges à agir en fonction d’un scénario connu à
l’avance et écrit par Dieu, l’une d’entre elles expose les éléments de cette
causalité de manière tout à fait explicite. S’adressant aux anges, voici ce qui
Dieu déclare : « J’ai ôté les désirs et Satan de vos cœurs et j’ai
introduit les désirs et Satan dans leur [les hommes] cœurs. Et si vous
descendez, vous ferez de même
class=MsoEndnoteReference>
style=''>[vi]. »
La transgression est, pour ainsi dire programmée.
Mais le déni du principe divin ne s’arrête pas là.
Az-zohra pose une autre condition : tuer un enfant. Le meurtre accompagne
nécessairement le shirk, le déclassement du principe divin, dont l’une
des fonctions essentielles apparaît ainsi dans toute sa clarté : opposer
un barrage à l’inconcevable. Les anges, « descendus » sur terre,
héritent dès lors du destin qu’ils fustigeaient chez l’homme. Souvenons-nous de
l’interrogation formulée dès le début du récit : il y était question de
l’homme qui « fait dégât » (celui qui sème le désordre et perturbe
l’ordre garanti par la Loi) et « verse le sang » (l’assassin, celui
qui tue sans raison, qui tue l’innocent, ici symbolisé par l’enfant)
href="#_edn7" name="_ednref7" title="">
class=MsoEndnoteReference>[vii].
3. Le vin
a) La parole confuse
Le passage à l’acte rapporté par le récit se fait
après l’introduction d’une nouvelle référence, celle du khamr (vin,
alcool). En effet, après avoir refusé de remettre en question le principe de
l’unicité de Dieu d’abord, de tuer l’enfant ensuite, Hârût et Mârût acceptent
finalement de transgresser une interdiction parmi les plus grandes en islâm,
celle qui consiste à boire du vin : « Ils burent puis
s’enivrèrent. » La suite se déroule alors implacablement : « Ils
commirent avec elle l’acte de chair et tuèrent l’enfant. Quand ils retrouvèrent
leurs esprits, la femme dit : “Par Dieu ! Il n’y a pas une seule
chose que vous m’ayez refusée et que vous n’ayez faite lorsque vous étiez
soûls. ” »
La racine kh-m-r, utilisée dans la
construction du mot khamr, signifie aussi bien enivrer, étourdir, que
cacher et taire. Le vin prend la figure du voile dont la présence rend les deux
anges insensibles à la parole divine. Hârût et Mârût ivres, ce sont aussi ces
étourdis pour qui le principe instituant la vie en société devient incertain.
En acceptant de boire le vin, ils pensent choisir le moindre mal, afin
d’obtenir l’objet convoité. Pas de shirk, pas de meurtre, seulement du
vin. Or il apparaît bien que boire du vin jusqu’à l’ivresse, c’est en
définitive redoubler la force de la fascination, intensifier la soif du désir.
Le voile du vin recouvre donc la figure divine et, dans le même temps, déploie
l’image exclusive de la femme éblouissante. Voici une définition classique de
l’homme ivre, donnée par le fiqh (« droit musulman ») :
« Les compagnons et les autres imams ont dit : “L’homme soûl est
celui dont l’essentiel de ce qu’il dit est un délire et une confusion entre
mots
class=MsoEndnoteReference>[viii].” »
Autrement dit, le vin rend la parole inefficace. De sorte que Hârût et Mârût
font corps avec leur désir alors que son endiguement par la Loi n’est plus à l’ordre du jour. En somme, l’ensemble de la construction symbolique dans la
société est mis en difficulté par cette boisson. Cela est important et permet
de comprendre pourquoi l’interdiction du vin est admise par tous dans l’islâm.
Notifiée par le texte coranique, elle est reprise par les « écoles »
de droit sans exception, qui déclarent le vin harâm (illicite).
b) La souillure
Restons-en aux considérations du fiqh. Le vin
en fait, toute boisson enivrante est appelée khamr - est
d’abord considéré comme une impureté
class=MsoEndnoteReference>
style=''>[ix] (najas).
Il est dit du vin qu’il est impur d’une « impureté foncière (mughliza) ».
En conséquence, le vêtement tâché de vin invalide la prière de celui qui le
porte. D’où l’ordre d’évitement que l’on trouve au verset 90 al-mâ’ida (La Table pourvue) : « fajtanibûh » (« Écartez-vous-en »). Il
s’agit là d’un impératif d’éloignement absolu. Le najas (ou rijs)
est ce qui met en contact avec Satan. Le vin et Satan appartiennent au même
univers : « Vous qui croyez, l’alcool, le jeu d’argent, les bétyles,
les flèches [divinatoires] ne sont que souillure machinée de Satan...
Écartez-vous-en, dans l’espoir d’être des triomphants. »
Le Coran offre une autre définition de najas,
qui qualifie les mushrikûn (ceux qui donnent des associés à Dieu
href="#_edn10" name="_ednref10" title="">
class=MsoEndnoteReference>[x]) :
« Ô vous qui croyez, les associants (al-mushrikûn) : ce n’est
qu’être impur (najas) [...]
class=MsoEndnoteReference>
style=''>[xi]. »
En somme, il ressort de ces différents rapprochements que le najas
englobe dans la même impureté le vin et le fait de donner des associés à Dieu.
Un lien est ainsi établi entre le vin et la parole de Dieu devenue inopérante.
Et dans la situation qui nous intéresse où prédomine le najas, il semble
qu’il n’y ait aucune issue, puisque la prière qui peut prémunir Hârût et Mârût
contre l’accomplissement de « l’acte de chair » et le meurtre leur
est interdite. Le texte coranique en effet ne peut être touché par des êtres
impurs, ni le dhikr (récitation de la parole divine) prononcé par eux.
Le vin empêche définitivement que s’effectue à partir du principe instituant le
travail de mise à distance de la part destructrice du désir
name="_ednref12" title="">
class=MsoEndnoteReference>[xii].
En l’absence de cette opération de mise à distance, la fascination règne en
maître, et le vin donne toute sa force à la puissance fanatique de l’amour
illusoire pour az-Zohra. Un amour meurtrier qui empêche l’émergence de l’homme
islamisé, c’est-à-dire très exactement de l’homme institué, civilisé.
À la fin du récit d’Ibn Kathîr, les deux anges
répondent des crimes qu’ils ont commis. La sanction est inscrite au cœur même
de leur destin, car elle symbolise l’inexorable réactivation du principe divin
et du discours social qui l’accompagne. La légende rapportée par le commentaire
d’Ibn Kathîr prend alors son sens ultime, elle a valeur de leçon : le
fondement ne peut être que rétabli dans ses droits, toujours, afin que la vie
href="#_edn13" name="_ednref13" title="">
class=MsoEndnoteReference>[xiii]
se substitue au fanatisme meurtrier. Le commentaire d’Ibn Kathîr est donc
écrit, comme cela se conçoit, à l’adresse des hommes et non des anges. Le
voyage « raté » des anges suggère un retour « réussi » des
hommes vers la Loi. Le propre de l’interprète est de rénover l’édifice
institutionnel à travers des représentations sans cesse reprises. La structure
quant à elle perdure, les fondements ne bougent pas. Rien ne doit venir
perturber l’ensemble du système, il y va de l’humanité de l’homme.
href="#_ednref1" name="_edn1" title="">
class=MsoEndnoteReference>[i]
III ’âl ‘imrân (La Famille de ‘imrân), 14.
href="#_ednref2" name="_edn2" title="">
class=MsoEndnoteReference>[ii]
XXI al-’anbiyâ’ (Les Prophètes), 102. Denise Masson traduit ainsi :
« ... Ils jouiront toujours de ce qu’ils désirent. »
href="#_ednref4" name="_edn4" title="">
class=MsoEndnoteReference>[iv]
Précisons ce rapport de l’islâm à la question du désir. Renvoyant dos à dos
l’attitude du démon, hostile à la morale, et la nature de l’ange, privé de
jouissance naturelle, l’islâm développe en la matière une « éthique »
que l’on pourrait dire du « juste milieu ». Le préposé à la fonction
éthique ou juridique ne professe pas, dans cette perspective, la continence
sexuelle absolue. Pour tous, sont évités le refoulement excessif aussi bien que
la licence. Il n’est pas inutile de rappeler ici quelques principes, affirmés
dans la perspective d’une observance des exigences divines où l’humanité de
l’homme n’est pas perdue de vue. Un premier principe visant l’adaptation de la
demande divine à la condition humaine est souvent rapporté et défendu à partir
d’un argument coranique explicite : « ... Nulle âme ne soit imposée
qu’à sa capacité [...] » (II, 233.) Un autre principe a trait à la rukhça
ou « facilitation » ; un hadîth affirme : « La
religion vous a été rendue facile. » L’exégèse développe ce principe dans
le sens d’un ajustement des obligations aux conditions de temps et de lieu,
lesquelles peuvent nécessiter un report, un accommodement, etc., de la
soumission à la règle. Dans l’ensemble, de tels principes sont là pour donner
un tour singulier à l’islâm, celui d’une institution mise à la disposition de
l’homme en tant qu’homme. La Loi ne s’applique pas dans le but de
s’imposer arbitrairement à l’humanité, au contraire elle en respecte la
spécificité, au moins jusqu’à un certain point. Le fameux
« réalisme » de l’islâm, dont on parle parfois, trouve sans doute son
explication dans cette prise en compte de la singularité humaine par les
mécanismes institutionnels de normalisation. De là à ce que certains n’aient vu
dans l’islâm qu’un aménagement réglé d’une sexualité pour l’essentiel débridée,
il n’y avait qu’un pas...
href="#_ednref5" name="_edn5" title="">
class=MsoEndnoteReference>[v]
La zinâ est cependant un crime grave qui pouvait être puni de mort.
href="#_ednref7" name="_edn7" title="">
class=MsoEndnoteReference>[vii]
Un thème repris du Coran (II, 30).
href="#_ednref8" name="_edn8" title="">
class=MsoEndnoteReference>[viii]
Wahba az-Zahîlî, Al fiqh al-islâmî wa ’adillatuhu, vol. 6, p, 150.
class=MsoEndnoteReference>
style=''>[ix] La
mesure du rapport que l’homme entretient avec Dieu dépend également de la
conception que l’islâm se fait de la question de la souillure. Respecter
l’ordre divin, c’est aussi procéder à la limitation de la corruption morale ou
naturelle à laquelle l’homme est confronté. Mais si, dans ce contexte, tout
homme est considéré comme faillible et susceptible d’impureté, le péché n’est
pas conçu à partir d’un état qui lui serait originel, la vie n’est pas marquée
depuis toujours du sceau de la faute première. Il reste que la présence de
l’impur a conduit l’islâm à l’élaboration d’un subtil complexe de défense,
fondé sur le respect de la parole divine et constitué à partir d’une
discrimination de base entre le pur et l’impur. L’impureté est d’abord classée.
Ainsi l’état d’impureté lié au sexe et à la femme, aux rapports sexuels et aux
menstrues, est-il des plus grands. D’autres états sont liés à l’impureté
occasionnelle issue du contact avec des objets considérés comme impurs, tels
l’alcool, certains animaux, etc. D’autres encore résultent d’activités
naturelles comme les vomissements, les sécrétions, etc. Chacun de ces états
appelle un mode particulier de purification : le ghusl ou grande
ablution pour le premier des états considérés, le wudu’ ou ablution
ordinaire pour le deuxième et le troisième. De cette théorie, nous devons
retenir d’abord ceci : l’état d’impureté majeure, représenté par les
relations sexuelles et les menstrues, ne bloque pas le chemin vers un plus
grand rapprochement de Dieu dès lors que la compensation a lieu. Nous devons
retenir ensuite que l’état d’impureté issu des rapports sexuels, à l’instar de
tous les états liés à la vie physiologique n’est pas de l’ordre du péché. Plus
encore, si l’impureté est normalement acceptée en raison de son lien possible
et objectif avec un état de nature, inversement peut être tenu pour blâmable ce
qui est valide en droit. Et le paradoxe ne s’arrête pas là, car l’impur résulte
parfois d’une activité considérée tout simplement comme recommandable : il
en est précisément ainsi des relations sexuelles licites. Plutôt qu’une faute,
l’état d’impureté apparaît ici comme la marque de l’appartenance de l’homme à
l’ordre de la nature.
href="#_ednref10" name="_edn10" title="">
class=MsoEndnoteReference>[x]
Jacques Berque traduit par « associants ».
href="#_ednref11" name="_edn11" title="">
class=MsoEndnoteReference>[xi]
IX at-tawba (Le Repentir), 28.
href="#_ednref12" name="_edn12" title="">
class=MsoEndnoteReference>[xii]
Pour comprendre pourquoi l’interdit pur et simple du désir n’appartient pas à
la logique du discours islamique, il faut revenir à l’absence d’identification
de ce dernier au péché. L’évacuation de cette identification donne à l’islâm sa
couleur particulière. L’islâm ne conçoit pas l’idée d’une corruption
essentielle de la sexualité après que leur nudité eut été révélée à Adam et
Ève. Rien de ce qui s’est passé lors de cet événement ne porte à conséquence
dans l’ordre de la nature, la jouissance instaurée n’en perturbe pas
l’équilibre et il est encore difficile de parler de corruption du corps ou de
certains de ses organes (même si, nous dit-on, Satan prend appui sur certaines
parties du corps en particulier pour développer sa stratégie destructrice).
href="#_ednref13" name="_edn13" title="">
class=MsoEndnoteReference>[xiii]
Les travaux de Pierre Legendre, auxquels nous avons eu recours ici (en particulier
L’Inestimable Objet de la transmission. Essai sur le principe généalogique
en Occident, Paris, Fayard, 1985), comptent parmi ceux qui expriment le
mieux ce qui, dans les sociétés humaines, a trait à la fonction
d’« institution de la vie », dont la conséquence première est la
production du « sujet humain ».