Mardi 22 mai 2012
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Géopolitique du Qatar : la construction d’une image flatteuse entachée de paradoxes !!

Le Qatar… Si le nom de ce minuscule pays avait été cité il y a une dizaine d’années, très peu de personnes auraient pu le situer sur une carte. Aujourd’hui, pas un jour ne passe sans que cet émirat ne fasse parler de lui dans la presse occidentale. La raison est simple : ses dirigeants veulent en faire un élément incontournable dans la gestion des affaires du monde et faire ainsi de leur pays un modèle pour le monde arabe. Au risque de contradictions et de paradoxes multiples.

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Le Qatar… Si
le nom de ce minuscule pays avait été cité il y a une dizaine d’années, très
peu de personnes auraient pu le situer sur une carte. Aujourd’hui, pas un jour
ne passe sans que cet émirat ne fasse parler de lui dans la presse occidentale.
La raison est simple : ses dirigeants veulent en faire un élément
incontournable dans la gestion des affaires du monde et faire ainsi de leur
pays un modèle pour le monde arabe. Au risque de contradictions et de paradoxes
multiples.

Le Qatar, l’un
des plus petits pays de la planète et figurant parmi les moins peuplés du monde
arabe, fait aujourd’hui figure de trublion et d’enfant terrible du Golfe
arabo-persique. En effet, depuis quelques années, cet émirat, dont les
faiblesses intrinsèques sont éclatantes, laisse entrevoir des ambitions
démesurées. D’une très faible superficie (11 437 km2) et très peu peuplé, ce
pays dispose cependant de réserves en hydrocarbures impressionnantes... Le
contraste est donc saisissant entre la taille de l’émirat et l’ampleur de ses
richesses en pétrole mais surtout en gaz naturel.

Avec une
population estimée en 2008 à 1,1 million d’habitants dont seulement à peine 250
000 nationaux, et une superficie du même ordre que la Corse, le Qatar est le deuxième producteur mondial de pétrole par habitant. On estime ses
réserves de gaz naturel à 5% du total mondial ce qui place l’émirat au
troisième rang mondial derrière la Russie et l’Iran name="_ftnref1" title=""> class=MsoFootnoteReference>[1].
Le pays a connu ces dernières années, à l’instar de ses voisins, une
augmentation substantielle de ses revenus à la faveur de l’explosion du prix du
baril de pétrole.

style=''>Le produit intérieur brut (PIB) par habitant, 70 754
dollars en 2007, est l’un des plus élevés du monde et le pays a pu ces
dernières années amasser des masses considérables de liquidités. Dotée de cette
puissance financière et à l’heure de la crise du système capitaliste, le Qatar
joue désormais, tout comme les autres pétromonarchies du Golfe, un rôle
grandissant dans la gestion des affaires du monde name="_ftnref2" title=""> class=MsoFootnoteReference>[2].

Etat neuf href="#_ftn3" name="_ftnref3" title=""> class=MsoFootnoteReference>[3]
et faible selon les critères « réalistes » de la puissance, le Qatar
mène néanmoins depuis une dizaine d’années une politique originale destinée à
se doter d’une visibilité internationale. L’émirat jouit depuis quelques temps
d’une aura et d’une image assez flatteuse, ce qui ne manque pas d’irriter ses
voisins.

Cette
politique a été pensée et voulue par l’Emir du Qatar, Cheikh Hamad bin Khalifa
al Thani, qui avait destitué son père en juin 1995, et qui déploie depuis une
énergie importante à différents niveaux pour faire de sons pays un modèle pour
le Golfe. Cette activité se déploie dans différents domaines : diplomatique,
médiatique, religieuse, sportive et culturel. Cependant,
les contradictions de cette politique ne manquent pas faisant ainsi du Qatar un
pays aux multiples paradoxes.

style='font-size:14.0pt'>I – Une activité diplomatique intense, originale et
contradictoire

La diplomatie
qatarienne est certainement, à l’heure actuelle, la plus active du monde arabe.
Du dénouement de la crise libanaise en passant par le retour en force de la
diplomatie française au Proche-Orient (par le biais du rapprochement opéré avec
la Syrie ces derniers mois class=MsoFootnoteReference> style=';'>[4])
sans oublier le règlement heureux de “l’affaire“ des infirmières bulgares etc.,
le Qatar a toujours joué un rôle décisif dans les récentes crises qui ont
secoué le monde arabe. Distribuant ses pétrodollars ou invitant les différents
protagonistes à Doha pour amorcer un dialogue, les dirigeants du Qatar veulent
ainsi faire de leur pays un élément moteur pour la résolution des conflits dans
le monde, et particulièrement ceux du monde arabe. Néanmoins, cette politique
frénétique révèle également un certain nombre de contradictions qui font partie
intégrante de la singularité de l’émirat.

Siège du
Centcom (Commandement central américain basé à Doha et d’où les guerres
d’Afghanistan et d’Irak ont été coordonnées) le Qatar abrite aussi la très
célèbre chaîne d’information en continu Al Jazira. Or, cette chaîne s’est
d’abord illustrée pour sa liberté de ton (fait longtemps rare pour un média
arabe) mais aussi pour une ligne éditoriale souvent décrite comme foncièrement
anti-américaine. Comment donc expliquer que le Qatar puisse offrir aux
Etats-Unis une plateforme militaire et de grandes facilités matérielles pour
leurs différentes aventures guerrières dans le monde musulman et, dans le même
temps, abriter la chaîne d’information la plus populaire du monde arabe mais
qui a longtemps adopté un ton anti-américain ? Cette importante
contradiction trouve sa source dans plusieurs raisons.

La principale
est l’accession au pouvoir du nouvel émir en 1995 qui marque le début d’une
importante transformation dans la politique qatarienne et notamment dans la
conduite des affaires étrangères du pays. Très vite, le nouveau souverain va
s’entourer d’une nouvelle équipe de jeunes formés aux Etats-Unis et en
Grande-Bretagne. Son projet est de faire de l’émirat un pays moderne,
résolument tourné vers l’avenir en lui forgeant une image attractive sur la
sphère internationale. Pour ce faire, l’émir va mener une politique d’alliance
étroite avec les Etats-Unis qui va quasiment faire du Qatar un Etat “satellite“
de Washington tellement cette alliance sera fusionnelle.

 La justification
de cette politique sera double ; d’abord, une prise en compte réaliste de
la faiblesse des éléments de puissance du pays mais également, une
compréhension très pragmatique des enjeux géostratégiques qui traversent la
région. En clair, les élites dirigeantes à Doha percevant leur pays comme un
Etat très petit, richissime et hautement vulnérable se sont résolument
orientées vers l’assurance américaine pour assurer leur sécurité dans une
région à grands risques. Coincé dans un triangle “très chaud“ (frontalier avec
l’Arabie Saoudite, le Qatar fait également face à l’Iran dans une région qui
comprend l’Irak) le rapprochement stratégique très net avec Washington n’est
donc pas le choix du cœur mais plutôt celui de la raison.

Ainsi, depuis
2002, le Qatar a joué un rôle grandissant dans le dispositif militaire régional
américain. A la veille de l’invasion anglo-américaine de l’Irak, l’émirat avait
été choisi par le Pentagone pour installer le Centcom dans une période où les
relations entre l’Arabie Saoudite et les Etats-Unis traversaient une période de
tensions. L’administration Bush avait alors réduit sa présence militaire dans
le royaume saoudien pour concentrer sa présence au Qatar pour le plus grand
bénéfice de l’émir qui voyait ainsi son pays sécurisé par le parapluie
américain. A titre d’exemple, les Etats-Unis ont achevé de construire au début
des années 2000 deux énormes bases militaires au sud de Doha, Al-Odeïd et Al
Sayliyah, qui ont servi de plate-forme pour la conduite des opérations militaires
en Afghanistan puis en Irak class=MsoFootnoteReference> style=';'>[5].

Cette relation
de quasi-dépendance à l’égard des Etats-Unis et de coopération assumée n’est
pas le seul volet qui fait du Qatar un pays à part dans la région du Golfe.
Comme la majorité des régimes arabes, le Qatar est favorable à un règlement
négocié de la question palestinienne. Il est toutefois plus offensif dans sa
recherche d’un rapprochement avec l’Etat hébreu. La poursuite d’une
normalisation avec Israël représente une constante de la diplomatie qatarie.
Celle-ci commence dès janvier 1994 lorsque le régime se lance dans la
normalisation économique avec Israël et négocie un contrat de ravitaillement en
gaz naturel (critiqué par les pays voisins, notamment l’Arabie saoudite, le
projet sera finalement abandonné, officiellement à cause d’une rentabilité
insuffisante). Ainsi, depuis les accords d’Oslo de 1993, des dirigeants
qatariens rencontrent régulièrement des responsables israéliens et ce, même en
période de crise.

En septembre
1996, Doha accueille la première représentation commerciale israélienne dans le
Golfe. En novembre 1997, le Qatar est le siège de la quatrième Conférence économique du
Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (plus connue sous son
sigle anglo-saxon MENA) class=MsoFootnoteReference> style=';'>[6].
En juillet 2002, cheikh Hamad ben Jassim ben Jaber al Thani, alors puissant
ministre des Affaires étrangères rencontre son homologue Shimon Pérès alors que
les Etats arabes avaient décidé de boycotter publiquement Israël en raison de
la répression de l’Intifada. Cette relation particulière a même poussé le Qatar
à chercher, en avril 2005, le soutien d’Israël pour l’attribution d’un siège de
membre temporaire au Conseil de sécurité des Nations Unies name="_ftnref7" title=""> class=MsoFootnoteReference>[7]
Shimon Pérès, vice-Premier ministre israélien,
s’est rendu en visite officielle au Qatar les 30 et 31 janvier 2007 (où il
s’était déjà rendu en 1996 en qualité de Premier ministre) et a été reçu par
l’émir. La dernière rencontre, hautement symbolique, a eu lieu en avril 2008
lorsque la ministre des Affaires étrangères israélienne Tzipi Livni, a rencontré
l’émir du Qatar et d’autres hauts dirigeants qatariens à Doha, en marge du
Forum sur la Démocratie de Doha class=MsoFootnoteReference> style=';'>[8].

Le Qatar est
donc l’un des seuls pays arabes à entretenir des relations aussi directes et
courtoises avec l’Etat d’Israël. Cette politique d’ouverture et de dialogue
avec l’Etat hébreu caractérise donc le petit émirat ce qui ne manque pas
d’irriter ses voisins et en premier lieu l’Arabie Saoudite. Mais, à la
différence de ceux-ci, le Qatar a toutefois le mérite d’assumer totalement
cette politique et de la conduire avec une totale franchise et de manière
transparente.

Point n’est
besoin ici de cacher une réalité que tout le monde connaît name="_ftnref9" title=""> class=MsoFootnoteReference>[9].
Le Premier ministre qatarien, également ministre des Affaires étrangères, n’a
d’ailleurs cessé de le marteler ces dernières années : “La politique du
Qatar est claire. Nous ne voulons rien cacher à notre peuple“ name="_ftnref10" title=""> class=MsoFootnoteReference>[10]
.
De plus, la relation de dépendance entre le Qatar et les Etats-Unis en matière
militaire et politique, ne concerne pas uniquement le Qatar. Dans la région du
Golfe, comme de manière plus large au Moyen-Orient, elle est plus la règle que
l’exception. Mais le Qatar a cette caractéristique de l’afficher sans équivoque
ce qui contraste précisément avec le grand frère saoudien.

Cette intense
activité diplomatique, l’implication assumée du Qatar aux côtés de son
protecteur américain et la relation privilégiée que le pays noue avec l’Etat
d’Israël ne peuvent cependant être comprises sans tenir compte de deux autres
éléments importants dans le dispositif qatari : la chaîne satellitaire Al
Jazira et le cheikh Youssef Al-Qaradawi. La première incarnant la légitimité
démocratique et panarabe du Qatar, le second sa légitimité islamique. Tous deux
constituent néanmoins des contrepoids et des forces qui s’opposent, de manière
relative, à la ligne diplomatique des dirigeants du Qatar.

style='font-size:14.0pt'>II – Une scène médiatique pionnière, florissante et
paradoxale

La chaîne
satellitaire d’information en continu Al Jazira est sans aucun doute l’élément
qui a permis au Qatar de jouir d’une grande publicité à l’échelle
internationale. Cette chaîne est probablement plus connue que le pays où elle a
été créée. Alors qu’elle n’émettait que six heures lors de ses débuts (la
chaîne a été lancée le 1er novembre 1996), Al Jazira va très vite se
révéler être le media le plus populaire et le plus suivi du monde arabe. Car la
chaîne satellitaire va ainsi offrir à ses téléspectateurs arabes une
information non censurée et les commentaires les plus libres que ceux-ci
n’aient jamais pu entendre dans leur langue. Al Jazira s’est donc d’abord fait
connaître par sa liberté de ton mais aussi par sa manière de couvrir
l’actualité du monde musulman.

Elle est
devenue célèbre en décembre 1998 par sa couverture, depuis l’Irak, de
l’opération « Renard du désert » ; puis, à partir de septembre
2000, par sa couverture de la deuxième Intifada palestinienne. Quant à sa consécration internationale, Al Jazira la doit à sa présence à l’automne 2001, à Kaboul
et à Kandahar, comme seul témoin de la « première guerre du siècle »
contre le terrorisme.

 Dans la
foulée, les messages d’Oussama Ben Laden, dont elle détient la
quasi-exclusivité, rendront la chaîne célèbre dans les foyers américains et
européens et controversée sur la scène mondiale. Au printemps 2003, la guerre
contre l’Irak va classer le site de la chaîne à la huitième place des mots-clés
les plus recherchés sur le moteur de recherche AltaVista et en quatrième
position sur Google. En avril 2004, la chaîne est le seul média à
figurer parmi les cent « personnalités mondiales les plus
influentes »
publiée par l’hebdomadaire américain Time. Depuis,
Al Jazira a pu se développer et élargir son offre. Elle dispose de filiales
sportive, éducative et même d’une chaîne d’information en continu en anglais href="#_ftn11" name="_ftnref11" title=""> class=MsoFootnoteReference>[11].

L’origine de
ce phénomène est là encore à mettre à l’actif des élites dirigeantes à Doha.
Car Al Jazira est née d’une double volonté : celle de l’émir voulant
lancer un media novateur dans un espace médiatique largement occupé par l’offre
saoudienne et celle de journalistes arabes souhaitant relancer l’expérience href="#_ftn12" name="_ftnref12" title=""> class=MsoFootnoteReference>[12]
d’une chaîne télévisée affranchie de la tutelle de l’Arabie Saoudite et des
autres régimes autoritaires de la région. En prenant la décision tout à fait
inédite de faire financer la nouvelle chaîne par son gouvernement tout en lui
laissant une entière indépendance, l’émir du Qatar a ainsi permis à son
minuscule pays de conquérir toute la région, par la plume plutôt que par l’épée href="#_ftn13" name="_ftnref13" title=""> class=MsoFootnoteReference>[13].

Cependant, les
ambigüités, voire les paradoxes qui traversent la chaîne ne manquent pas. En
effet, si la politique étrangère de l’émirat est très souvent alignée sur celle
de Washington, elle a souvent été occultée par la chaîne. Pendant de nombreuses
années, et notamment dans les mois précédant l’invasion anglo-américaine en
Irak, Al Jazira a concentré ses critiques sur le positionnement de l’Arabie
Saoudite ou d’autres pays tels que le Koweït title=""> style=';'>[14]
invitant même des opposants saoudiens à venir s’exprimer sur la chaîne ce qui a
courroucé de manière durable les dirigeants saoudiens. Cette situation a ainsi
largement contribué à la rupture des relations diplomatiques entre les deux
pays à l’automne 2002.

La ligne
éditoriale de la chaîne, surtout lors de ses premières années, s’est surtout
attachée à critiquer les régimes autoritaires du monde arabe et à dénoncer de
manière virulente la diplomatie de la canonnière des Etats-Unis et la politique
israélienne à l’égard des Palestiniens. Cette ligne a causé bien des soucis à
la chaîne et lui a causé de nombreux ennemis, un célèbre journaliste américain
la qualifiant de « petite chaîne qui a une grande gueule » href="#_ftn15" name="_ftnref15" title=""> class=MsoFootnoteReference>[15].
Des centaines de plaintes en provenance des régimes de la région ont été
déposées et les Etats-Unis ont, à plusieurs reprises, demandé de manière
insistante à l’émir des changements radicaux au sein de la chaîne href="#_ftn16" name="_ftnref16" title=""> class=MsoFootnoteReference>[16].
Néanmoins, il a rarement été question dans les célèbres talk-shows de la chaîne
ou dans les nombreux reportages d’investigation du positionnement du Qatar face
à l’agression américaine en Irak ou du dialogue avec Israël name="_ftnref17" title=""> class=MsoFootnoteReference>[17].

En tout état
de cause, Al Jazira a incontestablement permis au Qatar de jouir d’un certain
prestige à l’échelle mondiale. Devenue la référence médiatique dans le monde
arabe et un producteur d’images et d’informations majeur dans l’espace médiatique
global, la chaîne constitue donc un pari gagné pour cette élite dont la volonté
est également d’engager un processus (réel mais timide) de modernisation et de
démocratisation. D’ailleurs, le modèle d’Al Jazira a permis de remodeler
l’espace médiatique arabe et de nombreuses autres chaînes d’information en
continu ont vu le jour dans son sillage title=""> style=';'>[18].



name="_ftn1" title=""> class=MsoFootnoteReference>[1]
Pour ces informations et ces chiffres, voir le site du ministère français des
Affaires étrangères, www.diplomatie.gouv.fr.

name="_ftn2" title=""> class=MsoFootnoteReference>[2]
« Dubaï, le Qatar et Abu Dhabi investissent la finance occidentale »,
Le Monde, 22 septembre 2007.

name="_ftn3" title=""> class=MsoFootnoteReference>[3]
Proclamation d’indépendance le 1er septembre 1971 avec abrogation du
traité de 1916 qui liait le Qatar au Royaume-Uni pour sa défense et ses
affaires étrangères.

name="_ftn4" title=""> class=MsoFootnoteReference>[4]
« Le parrainage actif du Qatar derrière le rapprochement avec Damas »,
Le Monde, du 3 septembre 2008.

name="_ftn5" title=""> class=MsoFootnoteReference>[5]
Pour une analyse détaillée de cette alliance et des ses enjeux, on pourra se
référer au mémoire en vue de l’obtention du Master II – Recherche
« Politique comparée » rédigé par l’auteur de ces lignes. Cf. Nabil
Ennasri, « Le champ politico-religieux du Qatar : une vision
estudiantine »
, Institut d’Etudes Politiques d’Aix-en-Provence, 2006.
Mémoire rédigé sous la direction du professeur François Burgat. La première partie
du mémoire est ainsi consacrée à une analyse fine de la politique menée par les
dirigeants du Qatar. Ce mémoire avait été rédigé après une enquête de terrain
de six semaines dans l’émirat elle-même précédée d’un stage de langue, quelques
mois plus tôt, de deux mois au Qatar.

name="_ftn6" title=""> class=MsoFootnoteReference>[6]
Cette conférence avait été à l’origine d’une violente polémique, la plupart des
Etats arabes fustigeant la participation israélienne qui avait été
officiellement annoncée. Sur les enjeux de cette conférence et sur la stratégie
adoptée par le Qatar, voir notamment Françoise Sellier « Le Qatar dans la
cour des grands », Le Monde diplomatique, Novembre 1997.

name="_ftn7" title=""> class=MsoFootnoteReference>[7]
Cité in Nabil Ennasri, « Le champ politico-religieux du
Qatar : une vision estudiantine », op.cit.
Information relatée
dans un article du Jerusalem Post (édition française). L’article en question
est disponible en annexe du mémoire.

name="_ftn8" title=""> class=MsoFootnoteReference>[8]
Cette rencontre au sommet est notamment intervenue quelques semaines après
l’offensive israélienne sur Gaza de mars 2008 qui s’était soldée par la mort de
plus de 120 Palestiniens soulevant une vague d’indignation dans le monde arabe.
Enfin, rappelons aussi que l’émir s’est entretenu avec le Premier ministre
israélien, Ehud Olmert, à la faveur de leur participation au sommet de l’Union
de la Méditerranée, à Paris, le 13 juillet 2008

name="_ftn9" title=""> class=MsoFootnoteReference>[9]
Cette stratégie est encore ici à mettre en parallèle avec l’hypocrisie qui
caractérise la politique de nombreux Etats arabes. Concernant la guerre en
Irak, le choix du Qatar avait été pleinement assumé ce qui ne fut pas le cas de
l’Arabie Saoudite par exemple. Sur ce cas, voir notamment l’article éclairant
d’Alain Gresh, « Les grands écarts de l’Arabie Saoudite », Le
Monde diplomatique
, Juillet 2003 où il est écrit : « Preuve de
la connivence entre les deux pays, l’aide silencieuse mais efficace apportée
par Riyad aux Etats-Unis durant la guerre contre l’Irak, en dépit des démentis
officiels. Dans les semaines qui ont précédé l’intervention militaire, le
nombre de soldats américains sur le territoire du royaume est passé à près de
10 000 [ce chiffre a donc doublé car le volume habituel des militaires
américains présents sur le sol saoudien est de l’ordre de 5 000], la base Prince Sultan servant de centre de commandement de toutes les opérations aériennes. (…)

« Jamais nous n’aurions pu mener la guerre contre l’Irak comme nous
l’avons fait sans l’aide de l’Arabie », résume un diplomate
américain ».

class=MsoFootnoteReference> style='font-size:10.0pt;'>[10]
Cité in Nabil Ennasri, « Le champ politico-religieux du Qatar :
une vision estudiantine », op. cit.

name="_ftn11" title=""> class=MsoFootnoteReference>[11]
Olfa Lamloum, Al Jazira, miroir rebelle et ambigu du monde arabe, La Découverte, Paris, 2004.

name="_ftn12" title=""> class=MsoFootnoteReference>[12]
De nombreux journalistes d’Al Jazira travaillaient jusqu’en 1996 auprès des
services arabes de la BBC à Londres.

name="_ftn13" title=""> class=MsoFootnoteReference>[13]
« Nous ne possédons ni armée, ni char, rappelle un jeune diplomate
qatarien, rien qu’Al-Jazira », cité in David Hirst, « La
télévision arabe qui dérange », Le Monde diplomatique, Août 2000.
Ce propos peut bien résumer à lui seul les raisons qui ont poussé les
dirigeants du Qatar a lancé cette initiative médiatique retentissante et la 
satisfaction, voire l’orgueil que peut désormais en tirer l’élite au pouvoir à
Doha.

name="_ftn14" title=""> class=MsoFootnoteReference>[14]
Dans ces deux pays, comme dans d’autres du monde arabe, les bureaux d’Al Jazira
ont régulièrement été fermés et ses journalistes expulsés.

name="_ftn15" title=""> class=MsoFootnoteReference>[15]
Ed Bradley, animateur de la célèbre émission américaine « Sixty
minutes » sur CBS. Voir notamment, « La “CNN“ arabe dérange toujours »,
Le Monde,
10 février 2006.

name="_ftn16" title=""> class=MsoFootnoteReference>[16]
Olfa Lamloum, Al Jazira, miroir rebelle et ambigu du monde arabe, op. cit.
Preuve de sa grande capacité de nuisance, les Etats-Unis ont même envisagé de
bombarder la chaîne ! Voir notamment, « Selon le “Daily Mirror“, M.
Bush a envisagé de bombarder Al Jazira », Le Monde, 22 novembre
2005.

name="_ftn17" title=""> class=MsoFootnoteReference>[17]
De manière éclairante, Al Jazira a ainsi quasiment occulté l’entrevue entre
l’émir du Qatar et la ministre israélienne des Affaires étrangères Tzipi Livni.
Preuve comme quoi, Al Jazira a, malgré sa liberté de ton certaine, certaines
limites à ne pas dépasser.

name="_ftn18" title=""> class=MsoFootnoteReference>[18]
Parmi elles, il faut évoquer le cas de la chaîne Al Arabiya qui est la
principale concurrente d’Al Jazira. Financée par le groupe Middle East News
(MEN) qui détient également MBC (Middle East Broadcasting Center), et par
d’autres investisseurs arabes (du Koweït, d’Arabie Saoudite et du Liban
notamment), la nouvelle chaîne fut initialement dotée d’un capital de 300
millions de dollars sur cinq ans, ce qui représente le double des frais de
fonctionnement alloués à Al Jazira. Lancé le 5 mars 2003 à Dubaï par cheikh
Mohamed ben Rached Al Maktoum, prince héritier de Dubaï, l’objectif de son
lancement était clairement de contrer Al Jazira en offrant une lecture et une
analyse de l’actualité qui, bien sûr, allait épargner toute critique à
l’endroit des familles régnantes de la péninsule arabique. Par contre, dans un
jeu de miroir plutôt mordant, Al Arabiya a longuement couvert l’entrevue entre
les dirigeants qatariens et Tzipi Livni en avril dernier…

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Commentaires

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Paradoxal vous dites ! …Affirmatif, et la bienveillance !

Définition du mot Paradoxe : Affirmation surprenante en son fond et/ou en sa forme, qui contredit les idées reçues, l’opinion courante, les préjugés.
Ou encore : Proposition qui, contradictoirement, mettant la lumière sur un point de vue prélogique ou irrationnel, prend le contrepied des certitudes logiques, de la vraisemblance.

Si je m’en tiens à la définition du mot PARADOXE, vous dénoncer une opinion comme contraire à l’opinion commune. C’est bien, surtout de nos jours !

Imaginez la situation des infermières bulgares sans les pétrodollars qataris déboursé en faveur de la Libye. Ou encore l’indépendance d’une partie de la Palestine, en l’occurrence la bande de Gaza, compromise à cause de la cupidité de quelques colons israéliens qui refusaient de partir sans une contre partie des graines semaient juste avant leur éviction…etc. Et les exemples ne manquent pas.
Pour une fois que ces sommes colossales issues du pétrole profitent à L’OUMMA et ceci en toute transparence.

Les exemples citées précédemment, proviennent de la chaîne d’information continue qataris, de la bouche de plusieurs analystes dans les émissions que vous pouvez soit les écouter sur le site de Al-jazzera ou les voir et les entendre sur Youtube (aljazzerachannel).

Il est vrais que la rédaction d’Al-jazzera ne mord pas la main qui la nourrit, mais hormis ce faite que pouvons-nous reprocher à ce media, que nous ne pouvons reprocher à d’autre ?

S’il y a un paradoxe, pour les raisons que vous citez. Je trouve plutôt que c’est très tendance à notre époque ce genre d’attitude. Tirer des conclusions hâtives, connaissant l’instabilité de la région, d’une démarche stratégique à long terme est tendancieux. A peine lus, qu’elles sont déjà désuètes…

… et la bienveillance ! Pousser des portes entre-ouvertes !

Oihid

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Salam aleïkoum,

Un article clair, structuré.

Le Qatar joue la carte de la transparence, tout à son honneur.

Fustigé la politique agressive américaine et abriter le CENTCOM, c’est un bel écart.
250000 / 1100000, c’est un autre bel écart.
Superficie sol / production gaz naturel, je suis surpris.

Somme toute, ce pays vit une belle expérience diplomatique, financière...
A l’initiative de nombreux projets dans sa politique à l’international.
Les meilleurs parfums ne sont-ils pas dans les plus petits flacons ?

Ce vent médiatique est un bienfait.
Ce "4ème pouvoir" qui nous faisait défaut, aujourd’hui est certes une arme incontestable et puisse-t-elle éveiller le meilleur le meilleur enfoui en nous...

X
0 points

Al mansour
AL JAZIRA est plus d’un paradoxe,elle est un veritable vice.Le CENTCOM americain balance ses missiles sur le monde arabe,et AL JAZIRA commercialise le terrorisme de Ben LADEN à travers le monde .Rappelez vous en 2004,deux jours avant les election BUSH/KERRY,ce dernier avait un avantage de deux poits sur BUSH.Le 2/11/2004 ,BEN LADEN sur l’ecran de AL JAZIRA s’est invité dans la campagne electorale americaine , rappelent les americains qu’il est encore 0perationnel ,aggravant leur peur et leur angoisse , cette peur exploité à fond par BUSH ,les menaçant et les rappelant qu’ils ont besoin d’un homme fort et guerrier pour les proteger .Le resultat vous le connaissez.
Transmettre en directe l’execusion de SADAM est trés eloquant.Fox News n’a pas été capable de faire autant pour faire jouir BUSH et CHENNY.
Le phenomene de AL JAZIRA est à regarder avec la plus grande critique et analyse.
Il faut bien faire la difference entre la liberté d’expression et la demagogie.Toute cette pseudo-liberté ne change rien de la realité,le CENTCOM et AL JAZIRA partage le même battiment ou présque.Une information diffusé de quelques metres d’une institution militaire et pas n’importe laquelle est elle information libere ?
Enfin je pose une question, ya t il un lien de parenté entre CRLAYLE groupe et AL JAZIRA ?

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Il n y a pas de paradoxe, mais une stratégie. La stratégie d héberger l’arme militaire (qui attaque + kelle ne defends) et la protéger avec une arme médiatique. Finalement le couple Hollywood/Washington version Moyen Orient. Al Jazeera fait des frappes préventives de toute critique sur les Etats voisins. Pendant que le Qatar trahit le Monde arabe. Les nouveaux-traites. Si au moins ils avaient l excuse de la pauvreté, les Afghans dans leur situation économique ont fait preuve de plus de dignité et sont les premières victimes des Qatamericains…

X
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Je pense que le réveil du peuple élu d’ALLAH , le peuple musulman ,que je qualifié d’éléphant qui dort, ne se réveillera ni avec la diplomatie Qatarie alliée aux américains ; ni avec sa chaîne aljazira. Le seul moyen pour le réveil et la défense du peuple arabe musulman est l’union pour former les états unis arabes , avec un seul président élu démocratiquement tout en respectant les minorités pour cinq ans renouvelable une fois .Salam

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Quid du rôle de " légétimité islamique" imparti à al Qaradawi que vous annoncez mais que vous ne traitez pas.

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Pour répondre à certaines remarques, le site Oumma n’a pas encore publié la 2ème partie, donc c’est normal que certains trouvent l’article incomplet.

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A styl : Il n y a pas de peuple elu, et si union des musulmans il doit y avoir il faudrait considerer la Oumma, et pas seulement les arabes. Je pense que vous faites reference a l re)instauration du Caliphat. Mais nous savons tous que la premiere etapes reste le retour aux valeurs fondamentales de la religion ne seraient-ce que les piliers...