Israël a détruit 20 mosquées

Des fidèles prient sur les ruines d’une mosquée détruite Seul le minaret a survécu au raid israélien

samedi 24 janvier 2009

Des fidèles prient sur les ruines d’une mosquée détruite

Seul le minaret a survécu au raid israélien qui a rasé la mosquée Taha, à Gaza ville. Dans un geste de défi, les fidèles ont accompli la prière du vendredi sur les ruines du lieu du culte où flottent des drapeaux verts du Hamas.

"L’attaque contre la mosquée était une attaque contre l’islam mais ils ne pourront pas détruire cette religion tant qu’il y aura des croyants", lance l’imam dans son prêche devant quelque 200 fidèles.

"La résistance a été tenace et les juifs ont été vaincus", assure-t-il, dans son discours retransmis par des haut-parleurs installés en haut du minaret.

Vingt détruites

Cette mosquée est l’un des milliers de bâtiments détruits par l’armée israélienne lors de son offensive contre le mouvement islamiste Hamas qui contrôle la bande de Gaza. En trois semaines, elle a fait plus de 1.300 morts, selon des sources médicales palestiniennes.

Au moins 20 mosquées ont été détruites, selon le Bureau palestinien des statistiques. Israël affirme qu’elles étaient utilisées par le Hamas et d’autres groupes armés palestiniens pour stocker leurs armes.

Mais les fidèles massés devant ce qui reste de la mosquée Taha assurent que c’était leur religion qui était visée.

Musulmans visés

"C’était une mosquée pour la prière, pas la résistance. Il n’y avait que des musulmans ici, et c’est pour ça qu’ils nous ont visés", assure Alaa Chana, 16 an, alors que derrière lui, des fidèles installent leurs tapis de prière dans la rue.

Personne n’a été tué dans le raid nocturne israélien contre cette mosquée. Mais les bâtiments environnants ont été touchés par l’explosion et plusieurs Palestiniens ont été blessés.

C’est le cas des deux petites-filles de Mohammed al-Toum dont l’une a reçu des éclats d’obus dans la tête.

Reconstruction bloquée

M. al-Toum, qui a toujours vécu près de cette mosquée, assure qu’il n’y avait pas d’armes à l’intérieur. "Ce ne sont que des mots creux. Tout ce qu’ils voulaient, c’était tuer des musulmans. C’était une croisade, une guerre contre l’islam", jure-t-il.

La petite tente érigée à côté du minaret, et qui sert de mosquée temporaire, ne peut accueillir que la moitié des fidèles. Elle pourrait rester sur place des mois, voire des années.

Israël a instauré un bouclage de la bande de Gaza depuis la prise de pouvoir par le Hamas en juin 2007 et interdit le passage de matériel de construction, dont une partie pourrait servir à fabriquer des armes.

Amis tués

Le quartier Cheikh Radwan, où se trouve la mosquée, est depuis longtemps un bastion du Hamas. Après le raid israélien contre la mosquée, des combats au sol ont éclaté avec les soldats israéliens. L’aviation a également bombardé d’autres bâtiments à proximité.

Ibrahim Bassam, 20 ans, raconte avoir assisté aux combats et que certains de ses amis, des combattants, ont été tués.

"Personne ne veut encore la guerre. Ils ont tout utilisé contre nous, le phosphore blanc, les chars, les F-16. Des gens étaient blessés à tel point qu’ils ne pouvaient être soignés ici. Ils ont été envoyés en Egypte", dit-il.

Cessez-le-feu

Les armes se sont désormais tues, Israël puis le Hamas ayant proclamé chacun de leur côté un cessez-le-feu dimanche.

Mais le sermon diffusé de la mosquée Taha avertit que la guerre n’est pas terminée.

"Certains de nos saints guerriers se sont battus et d’autres ont attendu, lance l’imam. Ils ont attendu tout le temps de l’aggression et de la tuerie afin de pouvoir se battre contre les forces d’occupation la prochaine fois et capturer leurs soldats".

Source : http://www.7sur7.be

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