François Fillon interpellé par des militants UMP musulmans

Le Premier ministre était de sortie, samedi, prenant un grand bol d’air populaire dans les Bouches-du-Rhô

lundi 13 septembre 2010

Le Premier ministre était de sortie, samedi, prenant un grand bol d’air populaire dans les Bouches-du-Rhône, à quelques encablures de Matignon et de ses intrigues tous azimuts, à l’approche d’un remaniement gouvernemental qui fera l’effet d’un petit coup de balayette automnal.

Le bain de foule s’annonçait chaleureux et enthousiaste pour l’invité d’honneur de la fête départementale de l’UMP qui, en totale confiance, porta l’estocade au PS sur le dossier des retraites sous le regard bienveillant de 1 500 militants conquis d’avance.

Tout à son portrait au vitriol de la démagogie socialiste, François Fillon n’imaginait pas que les flonflons de la grand-messe Umpiste du coin allaient être troublés par une clameur qui, pour être de la même famille politique, n’en était pas moins dissonante.

Car les trublions de la fête étaient bien du clan, leur carte du parti faisant foi, à ce petit détail près que parmi eux se trouvaient des musulmans désenchantés par le Sarkozysme. Ils étaient une centaine de partisans en colère à exiger d’entendre le chef d’orchestre du gouvernement dans une autre partition, plus martiale et rugissante : la politique sécuritaire.

Affichant leur singularité, les musulmans UMpistes des Bouches-du-Rhône n’ont pas mâché leurs mots pour décrier une stratégie du bouc-émissaire et des amalgames à la pelle, dont ils s’estiment les victimes expiatrices. Mais c’est au micro de RTL que leur désillusion s’est exprimée : « Aujourd’hui, on est venus pacifiquement vous montrer que les musulmans de France ne sont pas responsables de l’insécurité comme on le laisse dire au sein du gouvernement » a déclaré une militante musulmane, et non face à François Fillon, qui a préféré choisir la voie la plus sûre, mais la moins honorable : prendre la poudre d’escampette…

Une fuite qui signe un aveu, reste à savoir lequel : celui de la lâcheté dans toute sa splendeur, ou bien de l’impuissance face à une politique imposée et non assumée ?

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