Franchement, c’est à n’y plus rien comprendre

Il est frappant de voir que l’occident est de plus en plus préoccupé par son empreinte écologique sur le

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jeudi 1 juillet 2010

Franchement, c’est à n’y plus rien comprendre

" Tuez un homme (« ou un ours polaire »), vous êtes un assassin ; tuez des milliers d’hommes, vous êtes un héros. "

Beilby Porteus

Franchement, c’est à n’y plus rien comprendre. On nous a expliqué pendant des années que l’Economie était la Science de la création de Richesses. Je ne sais pas si c’est parce que je plante des arbres mais mon « bon sens paysan » à de plus en plus de mal à s’accommoder de la tournure que prend l’Economie :

J’ai cru comprendre que les fines lames de la discipline se disputaient les origines de la Valeur dans des concepts comme le foncier, le travail, l’utilité, la rareté ou comble du raffinement, l’utilité marginale… On ne comprend pas toujours mais au moins on peut toucher… On a l’impression que c’est explicable, perméable au sens commun !!!

Tout se passe comme si 2000 ans de matière grise avait fait fausse route et que la seule origine de la richesse aujourd’hui était la capacité à générer de la CREDIBILITE. Les temps changent. La poule aux œufs d’or est passée de mode. Etre Riche (que ce soit pour un Etat, une Entreprise, ou un Ménage) c’est pouvoir s’endetter. Si Midas était parmi nous ce qu’il aurait demandé c’est une bonne note chez Moody’s.

Ca marche un temps…mais comme il n’y a pas véritablement de création de richesse la seule solution pour payer ses dettes est de les remplacer par une autre dette un peu plus grande. Le financement devient donc la Science de la fuite en avant. Tout devient possible !!! On imagine de savants produits dérivés sur des créances garanties par des créances futures. Ces produits sont allègrement « re-monnayés » à prix d’or, notamment pour rémunérer la « compétence » d’organismes financiers dont les profits sont (bizarrement) toujours croissants. C’est le petit coté on gagne même quand on perd !!! On à beau dire…C’est ingénieux.

Le drame c’est qu’on en est arrivé à un point ou on n’interroge plus la l’origine de la richesse.

L’imposture devient tellement « facile » qu’on est presque pris d’admiration (voire de compassion) pour cette nouvelle génération de braquage…Surtout que comme dans tous les systèmes « vaguement triangulaires » les conséquences les plus pénibles sont souvent en bout de chaine et géographiquement très éloignées des pôles d’ingénierie financière occidentale. Tout se passe comme si nous assistions à une gigantesque séance d’ébriété collective ou plus personne ne se pose la question globale de l’Ethique, du Bien ou du Mal…Tant que ça marche.

Il est frappant de voir que l’occident est de plus en plus préoccupé par son empreinte écologique sur le monde. La mode est au vert et la pollution (celle qui tue les poissons) élevée au rang de crime contre l’Humanité. En revanche la pollution économique, celle qui use, endette, fabrique les guerres et affame les gens jouit d’une incompréhensible popularité.

Du coup si on essaye d’opérer un tout petit flash back vers une logique de grand-mère et qu’on tente (par exemple) d’établir le classement des pays les moins endettés et d’une certaine manière les plus riches (NDLR :les moins responsables du cataclysme) les résultats sont surprenants .L’axe du bien deviendrait : L’Iran, L’Algérie, Le Soudan, l’Afghanistan, la Lybie, la Syrie, Cuba et la Corée du Nord. Pour l’ordre d’idée ces pays sont 1000 fois voire 10000 fois moins endettés que les USA.

Troublant, non ?

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Auteur : Hajj Khelil

Né à Alger en 1974, Hadj Khelil a été trader à la City de Londres. Lauréat des Talents des Cités en 2006. En 2001, il fonde une société de négoce en matières premières, Bionoor, spécialisée dans l’importation de dattes bio. Il anime également une chronique sur BFM radio.

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