Fabienne Keller, maire UMP de Strasbourg annule un concert de musique orientale

Cette année, je me réjouissais de pouvoir profiter de la programmation par la ville, d’un concert de musiq

par

mardi 14 décembre 2004

Une absence de diversité mal vécue :

Le temps des fêtes de Noël à Strasbourg, avec ses guirlandes illuminant la ville d’un voile de lumière, avec son géant qui trône sur la place Kléber, ce sapin resplendissant dans toute sa majesté.

Place Broglie, le marché de Noël fait le plein de visiteurs à la recherche de souvenirs avec leurs appareils photos numériques, sans oublier le plaisir des sens alliant pommes d’amour, braedele et vin chaud aux parfums enivrants d’épices orientales. Dans les rues du centre ville, des gens pressés se bousculent à la recherche d’un cadeau qui ornera la cheminée et le sapin, ou encore d’une décoration pour rendre toujours plus chaleureux, ce moment de partage en famille et entre amis. Telle est la magie de Noël à Strasbourg !

En décembre, soudain, une convivialité peu habituelle se révèle en ville avec des mots rares : tels que « passe de bonnes fêtes », « meilleurs voeux », « as-tu terminé tes achats ? ». Ces quelques mots de gentillesse nous permettent de croire, pour une courte période, que nous partageons ensemble ce moment de fête au-delà de nos croyances religieuses.

Oui, Noël à Strasbourg, qui se décline en Noël du partage, donne cette illusion d’une communauté partageant dans le respect des différences, la plus grande fête de l’année et ses deux jours fériés pour tous.

Cette année, je me réjouissais de pouvoir profiter de la programmation par la ville, d’un concert de musique orientale à l’église Saint Pierre le Jeune, « entrée libre » de surcroît, pour y emmener toute ma famille. C’était du jamais vu ! Les amoureux de cette musique pouvaient se rendre à un concert oriental en traversant le marché de Noël, dans un des lieux les plus prestigieux de la ville et non plus au fond d’un quartier dont personne ne connaît son existence, excepté du journal télévisé de 20 heures.

J’avais passé le mot aux amis et nous nous étions donné rendez-vous le 17 décembre à 20h30, et une fois n’est pas de coutume, à l’église ! C’est aussi le début des vacances scolaires et ce concert était une chance de montrer à la famille en visite, le sens du partage strasbourgeois.

Soudain le mardi 1er décembre, je reçois un mail m’annonçant que le concert est annulé suite au refus des responsables politiques de la ville, d’apporter une contribution minime qui leur avait été demandée pour l’organisation de la soirée. Le message relate l’effort désespéré des organisateurs, l’église Saint Pierre le Jeune et l’association Afi Alsace, pour maintenir ce concert. Les élus politiques de la ville ne voulaient rien entendre et y opposèrent le silence comme seule et unique réponse.

Alors que la ville organise, ou aide à organiser, des dizaines d’autres concerts, plus alsaciens, plus européens ou plus majorité municipale, les 17% des habitants de la ville qui ont « d’autres » origines se voient privés d’une manifestation qui correspond à leur sensibilité musicale. Après une année noire, où la ville a subit profanation de cimetière, actes racistes, et plus particulièrement dans un contexte de crise économique, la décision de nos acteurs politiques de la ville, est la goutte discriminatoire qui fait déborder le vase.

Tous les strasbourgeois seront-ils enfin un jour considérés comme égaux devant nos responsables politiques et pourront-ils vivre dans le respect des différences ? Parler de politique de la ville pour l’intégration et en parallèle pratiquer clairement l’exclusion culturelle, dès lors qu’il s’agit de s’afficher dans des lieux prestigieux ; comment ne pas s’étonner de la construction de l’image de citadins de seconde classe.

Vendredi 17 décembre 2004, j’aurais certes eu d’autres possibilités de sorties, tels les chants de Noël traditionnels, la Messe de Bach, le Noël populaire d’Europe ou le concert de Dvorak au PMC. Durant cette période des fêtes ce ne sont pas moins de 73 autres concerts inscrits au catalogue du programme de la ville « Noël à Strasbourg, le sens du partage », mais refusant la prise en considération de la diversité des sensibilités strasbourgeoises et transformant le mot partage en une simple formule de marketing municipal.

Une fois de plus, je suis sensé accepter que les choses vont ainsi chez nous, et que le fossé continue à se creuser entre les « anciens » et les « nouveaux ». Mais cette fois-ci, avec la mobilisation de l’église, des associations et des strasbourgeois, je constate que c’est le fossé entre les politiques et les habitants qui ne cesse de grandir et que nous sommes tous victimes des abus de nos élus.

Le 31 décembre je ferai une prière, demandant que ce rêve éphémère du partage se réalise enfin en 2005 et d’ores et déjà, je vous souhaite à toutes et tous de joyeuses fêtes.

Pacha MOBASHER

 

Notre BA citoyenne pour Noël du partage :

Le seul concert de musique orientale au programme de « Noël le sens du partage » en entrée libre le 17 décembre à saint Pierre le Jeune (partenaire de la semaine des rencontres islamo-chretienne 2004), vient d’être annulée, suite au refus des politiques de la ville d’apporter une aide à cette expression de la diversité culturelle à Strasbourg.

Les préférences culturelles du tandem politique ne sont pas forcément celles des strasbourgeois.

Exprimez-le en diffusant le plus largement possible ce message et renvoyez-le à Mme Fabienne Keller 

[email protected]

Un rassemblement est organisé le vendredi 17 décembre à 17 heures au 9 place Kléber (du coté de la librairie Kléber) au pied du bureau de l’adjoint de quartier Mme Catherine Seegmuller pour une distribution du tract ci-dessous, interpellant Mme le Maire de Strasbourg

Madame le Maire de Strasbourg

  • Par vos choix, vous avez conduit à l’annulation

  • Vous avez décidé de provoquer l’annulation

  • du seul concert de musique orientale programmé par la ville et offert aux strasbourgeois le 17 décembre 2004 en l’Eglise protestante Saint Pierre le Jeune.

    Strasbourg est une ville ouverte à sa diversité culturelle et s’étonne de vos critères de préférences excluant certaines musiques de la programmation « Noël du partage ».

    Nous, strasbourgeois, ne partageons pas votre préférence et soutenons la diversité culturelle comme étant une richesse pour notre ville.

    Solidarité culturelle Strasbourg

    [email protected]

    Publicité

    Auteur : Pacha Mobasher

    commentaires