Eric Raoult souhaite que les français musulmans s’imprègnent de la pensée de… Ben Gourion

Parmi la galerie de personnages qui composent le microcosme politique, plus ou moins attachants, plus ou moins

mercredi 2 mars 2011

Parmi la galerie de personnages qui composent le microcosme politique, plus ou moins attachants, plus ou moins vertueux, plus ou moins compétents, plus ou moins hauts en couleur, ou plus ou moins proches du CRIF, il y en a un dont l’apparente bonhomie masque une condescendance très paternaliste, jamais avare de conseils très orientés, voire même de critiques contre son camp, qui laissent perplexe sur ses motivations.

Il joue abusivement la carte de la proximité familière envers son électorat musulman, au risque de paraître lourdingue et grossier, le député-maire UMP Eric Raoult est toujours sur le fil du rasoir, repris par de vieux réflexes coloniaux dès qu’une élection se profile, à l’image de cette remarque relayée par Rue 89, où le mépris le dispute à une bienveillance affectée :« Si tu n’as pas eu ton boulot, ce n’est pas parce que tu t’appelles Abdel, c’est parce que tu es arrivé avec une casquette, une capuche sur la tête et que tu t’es pointé avec une heure et demie de retard ».

La fameuse « casquette à l’envers », qui fut décriée par Nadine Morano comme le nouveau signe ostentatoire, responsable de tous les maux, de la jeunesse française d’origine arabo-musulmane, lors du débat sur l’identité nationale, n’est pas très loin, et jamais à cours d’inspiration, l’impayable élu du Raincy est allé jusqu’à conseiller à ses administrés musulmans de s’imprégner de la philosophie de… Ben Gourion, son "maître à penser" !

"Il faut que les musulmans s’habituent à une règle de vie. Il y a une phrase de Ben Gourion que j’aime beaucoup dans le judaïsme qui dit : « Juif dans son foyer, citoyen dans sa cité !" a-t-il lancé à la cantonade que l’on imagine abasourdie... On reste sans voix devant ce parallèle incongru, devant cette confidence totalement déplacée, dont on ne sait si elle confine davantage au crétinisme d’un parlementaire trop en verve, ou à une manipulation plus insidieuse, mais qu’Eric Raoult risque de traîner longtemps comme un boulet…

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