Eric Abidal : l’islam à cœur ouvert

A la veille de fouler le plus électrisant des terrains, Eric Abidal s’est confié dans une interview vérit

mercredi 26 mai 2010

Le compte à rebours du Mondial est déjà largement lancé, chacun, joueurs comme supporters, se mettant en condition pour vivre intensément à l’heure de Prétoria, prêts à mouiller le maillot, les uns, les crampons aux pieds, les autres, les pieds en éventail, mais unis sous les mêmes couleurs, loin de toutes les différences…

A la veille de fouler le plus électrisant des terrains, Eric Abidal s’est confié dans une interview vérité accordée à Sportvox. La foi est une affaire de cœur, et c’est à cœur ouvert que le défenseur de l’équipe de France a évoqué sa conversion à l’islam, tel l’aboutissement lumineux d’un parcours initiatique réfléchi, qui l’a conduit à une proximité apaisée avec Dieu dans une sorte de « rédemption ».

"Je n’ai pas toujours été musulman, je me suis converti après une longue réflexion. Je ne voulais pas faire ça juste pour le faire, cela implique certaines choses, maintenant l’islam est partie intégrante de moi, c’est un guide, une forme de rédemption aussi. Je veux dire spirituellement" précise-t-il.

Une foi dont Eric Abidal ne fait pas mystère, et pourquoi le devrait-il d’ailleurs ? Oui, le professionnel du ballon rond prie avant chaque match, ne craignant pas de réciter Al Fatiha aux yeux de tous, mais qu’est-ce qui le différencie tant que cela de ses « amis brésiliens » qui se recueillent en public avant de faire leurs premiers dribbles ? Rien, si ce n’est peut-être un signe de croix…

"Pour ce qui est de la place de l’islam en France là on touche un sujet sensible" poursuit-il, avant d’affirmer : "Je prône l’ouverture d’esprit et la tolérance à 100 % pour toutes religions ou croyances, du moment qu’elles respectent les autres. Je pense que certains français et occidentaux ont peut être une image déformée de l’islam pour des raisons très compréhensibles, mais il y a deux choses, la première c’est que l’islam, comme toute religion, est au départ un facteur de paix et de positivité, après dans les faits, il y a parfois des différences qui dévient vers des interprétations, mais ces différences concernent toutes les religions au monde et pas uniquement l’islam".

Eric Abidal n’aime pas les clichés qui ont la vie dure, tel celui qui associe systématiquement l’islam aux arabes, préférant valoriser la dimension universelle et planétaire de la troisième religion monothéiste, mais par-dessus tout il abhorre la pernicieuse rhétorique de la peur : "L’islam ne possède aucun pouvoir dans la société française, tel que ca pouvait être le cas de l’église catholique au moment de sa contestation à la fin du 19ème siècle, c’est seulement une croyance, donc lorsque on essaye de la faire passer pour une menace sous-jacente envers la société française, c’est inacceptable", dénonce-t-il avec force.

A mille lieues des phénomènes de foire exhibés pour affoler les chaumières, Eric Abidal, le sportif de haut niveau, apporte un vent de fraîcheur revivifiant dans un climat alourdi par l’ignorance cyniquement banalisée.

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