Friday 16 May 2008

Mahmoud Azab : « Dans le Coran, il n’y a aucune trace d’incitation à la lapidation. »

vendredi 8 février 2008

Certaines pratiques des musulmans semblent contestables ou dérangent. Ces pratiques sont elles l’Islam « véritable » ? De partout fusent des réponses approximatives ou tout à fait erronées. Les prises de position se multiplient ; souvent l’ignorance habite les esprits.

Il nous a semblé important d’interroger un spécialiste de l’islam, le Professeur Mahmoud Azab *, pour qu’il nous éclaire sur l’Islam en nous donnant des indications historiques et académiques sur les textes fondateurs de la religion et nous expliquera la doctrine religieuse et son évolution .

Nous inaugurons avec lui une série d’entretiens sur les sujets qui questionnent les sociétés occidentales et les communautés musulmanes, notamment en France.

Qu’est ce que l’adultère selon l’Islam ?

Mahmoud Azab : C’est une relation sexuelle, hors mariage, entre un homme et une femme ou entre deux hommes ou entre deux femmes. Le but fondamental des religions sémites monothéistes, est de protéger la vie et de lui offrir un cadre organisé comme celui d’une cellule familiale.

Or un adultère entre un homme et une femme non mariés peut conduire à la procréation. Le nouveau né risque ainsi de se retrouver sans structure familiale pour l’accueillir. La relation sexuelle entre deux hommes ou entre deux femmes place le plaisir devant la possibilité de donner la vie. Cette relation est donc réprouvée par l’Islam qui, comme le christianisme ou le judaïsme privilégie la procréation et la famille, c’est à dire la continuité du genre humain.

Comment prouver l’adultère selon les règles de l’Islam ?

MA : La preuve de l’adultère est très difficile à établir : Le texte du Coran (Sourate 4 « Les Femmes », Verset 15) dit : « appelez quatre témoins que vous choisirez contre celles de vos femmes qui ont commis une action infâme. S’il témoignent ; enfermez les coupables, jusqu’à leur mort, dans des maisons, à moins que Dieu ne leur offre un moyen de salut ». C’est la première Sourate qui parle de punition à l’encontre des femmes en cas d’adultère caractérisé.

Le Coran exige donc quatre témoins dont le témoignage concorde. Et si la règle posée par le texte sacré reste générale, les juristes l’affinent : Le texte par exemple n’indique pas comment seront entendus les quatre témoins ni ce que doit comporter leur témoignage.

Les quatre principales doctrines juridiques de l’Islam sunnite donnent à ce titre des détails extraordinaires. Ces écoles doctrinales nous apprennent qu’il faut qu’un fil passé entre les corps des protagonistes au moment de l’adultère présumé, rencontre un obstacle pour que l’adultère soit matérialisé. Les quatre témoins doivent donc voir le fil bloqué par un obstacle ! Ils doivent être entendus séparément !

Cela veut-il dire que la preuve de l’adultère est tellement difficile qu’elle en devient impossible ?

MA : Cela veut dire qu’il n’est pas suffisant de trouver un homme et une femme nus dans un lit pour conclure à l’adultère. En ce qui concerne le témoignage, le Coran est aussi très exigeant : si l’un des quatre témoins venait à contredire les trois autres ou émettait un doute sur la réalité de l’adultère, alors il convient d’inculper les trois autres témoins pour « faux témoignage ».

Les trois témoins qui disent la même chose, s’exposent à quatre-vingts coups de fouet si un seul sur les quatre mettait en doute leur témoignage ! De la même manière, celui ou celle qui accuse son époux ou son épouse d’adultère sans pouvoir faire témoigner quatre personnes s’expose à la même sentence (Sourate 24 « La Lumière », Verset 2).

Il faut savoir que l’une des règles essentielles de la pratique juridique dans l’Islam est celle de la présomption d’innocence. Il ne faut jamais appliquer la sentence lorsqu’il y a un doute nous disent les juristes les plus rigoristes de l’Islam. Ils nous disent également qu’il est préférable de libérer un coupable que de condamner un innocent. Enfin, dès les origines, l’Islam insiste sur le fait qu’il ne faut juger que les femmes et les hommes qui peuvent être reconnus responsables de leurs actes, donc écarter les déments et les mineurs.

Que peut-on déduire de tout cela ?

MA : Que la preuve de l’adultère est difficile sinon presque impossible à faire !

Que peut faire un homme ou une femme témoin de l’adultère de son conjoint et qui ne peut pas faire témoigner quatre personnes ?

MA : Lorsqu’un homme accuse sa femme d’adultère (ou inversement d’ailleurs une femme accuse son mari d’adultère), sans pouvoir fournir les quatre témoins, il lui reste la possibilité de jurer par quatre fois de suite devant Dieu et devant un juge de la véracité de son accusation et d’appeler sur lui à la cinquième reprise la malédiction divine s’il ment. (Sourate « La Lumière », Versets 6 et 7). Cela ne fait pas la preuve de la culpabilité de l’accusé (é) mais fait la preuve de la sincérité de son accusateur.

L’accusé(e) peut-il (elle) se défendre ?

MA : Bien entendu ! A son tour, la personne accusée jure par quatre fois successives devant Dieu et devant un juge de sa sincérité et une cinquième fois en appelant sur elle la malédiction divine si elle ment (Sourate « La Lumière », Versets 8 et 9).

Cette personne ne fait pas ainsi la preuve définitive de son innocence, mais exprime de cette manière sa bonne foi. Elle indique aussi au juge que la vie de couple est devenue impossible puisque la confiance est rompue. Le juge prononce alors le divorce sur le champ tout en prenant soin de ne laisser aucune des deux parties dans le besoin financier par rapport à l’autre.

La preuve de l’adultère est donc très difficile à faire selon vous. Pourtant, dans certains pays musulmans, l’adultère est passible de nombreuses peines dont la lapidation. Quels sont les fondements textuels et historiques d’une telle pratique ?

MA : La question de la lapidation est vraiment problématique en Islam parce qu’elle n’est jamais mentionnée dans le Coran comme châtiment possible des adultères. Elle est cependant pratiquée sur la base de Hâdith ** tenus par le prophète dont la véracité pose problème à de nombreux exégètes.

Dans le Coran, texte fondateur de l’Islam, il n’y a aucune trace d’incitation à la lapidation. Ce sujet n’est pas évoqué. Même si le Coran, à plusieurs reprises, répète que l’adultère est un acte mauvais, un crime dont il faut s’éloigner, vous ne trouverez pas la lapidation citée comme châtiment de cet acte pourtant fortement réprouvé.

Que faut-il alors appliquer, le texte du Coran ou les recommandations des Hâdith ?

MA : Le Coran est le niveau hiérarchique supérieur à partir duquel toutes les interprétations des autres textes musulmans, comme les récits de la vie du Prophète, doivent être réalisées.

Les musulmans rappellent que l’adultère est interdit dans toutes les religions monothéistes.

Dans l’Islam, comme dans les deux autres grandes religions monothéistes, il y a trois éléments essentiels et la non observation d’un de ces éléments est de la plus grande gravité : en effet, il est impératif d’adorer un seul Dieu ; de ne pas tuer ; de ne pas commettre l’adultère. Et bien, même dans le cas de non observation de l’un de ses trois points, le Coran ne prévoit pas la mise à mort, ni par lapidation, ni autrement.

Vous dites que la lapidation des hommes et femmes adultères n’est pas Coranique. Comment est-elle apparue dans la pratique musulmane ?

MA : Historiquement, la lapidation nous vient de la Loi juive. Les juifs lapidaient les femmes et les hommes adultères. Cela existe dans la Loi de Moïse. Le Christ est le premier à contester cette pratique. La lapidation est l’objet d’un débat « polémique » entre le Christ et les membres du Sanhédrin (les juges et juristes juifs).

Ces derniers présentent au Christ une femme adultère, lui disent que selon la Loi de Moïse, elle doit être lapidée et lui demandent son avis. Le Christ leur répond « que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre », et « ils se retirèrent à commencer par les plus âgés » nous disent les textes chrétiens. A mon avis, ce moment est une révolution extraordinaire dans l’histoire de la Loi sémitique monothéiste.

Dans le texte fondateur de l’Islam, le Coran, il n’y a aucune trace d’incitation à la lapidation. Il n’y a aucun Verset Coranique qui dise d’appliquer la lapidation. Seuls des récits de la vie du prophète viennent donner aux croyants des directives en ce sens, et il convient de bien les interpréter. Même s’ils sont d’une grande importance, les récits de la vie du Prophète restent d’une portée moindre que le texte du Coran. Des récits (Hâdith) rapportent que le prophète à laissé faire dans certain cas.

Vous dites que la lapidation n’est pas un châtiment prévu en cas d’adultère. Quel est le châtiment prévu alors ?

MA : La Sourate « les femmes » (Sourate 4, Verset 15) prévoit qu’une femme convaincue d’adultère soit « enfermée dans une maison jusqu’à sa mort, à moins que Dieu ne lui offre un moyen de salut ». Cependant, la Révélation s’est déroulée sur 23 ans. Des Versets plus précis sur cette question de l’adultère par exemple sont venus après celui compris dans la Sourate des femmes (qui prévoit l’enfermement ; NDLR).

L’inscription dans le temps de la Révélation à permis de développer ce que les savants musulmans appellent « la science de l’abrogation ». Ainsi, la recommandation de l’enfermement a été abrogée par un Verset de la Sourate de la lumière qui recommande de châtier les adultères par le fouet. Lorsqu’il a reçu ce Verset, le Prophète a dit « voilà l’issue offerte par Dieu aux femmes adultères dans la Sourate plus ancienne ».

Lorsque la preuve de l’adultère est faite, les châtiments successivement prévus par le Coran, l’enfermement dans une maison jusqu’à la mort, remplacé par le fouet, s’appliquent aux femmes uniquement. Les hommes ne sont pas punis ?

MA : Le Coran (Sourate 24 la Lumière, Verset 2) recommande « frappez le débauché et la débauchée… ». Cela indique que la peine du fouet est prévue pour les hommes comme pour les femmes. De plus, le texte ajoute « sévissez contre ceux (hommes) qui commettent l’adultère à moins qu’ils ne se repentent. »

Les hommes peuvent donc échapper au châtiment en se repentant alors que les femmes attendent leur salut de Dieu ?

MA : Nous avons déjà indiqué que la preuve de l’adultère commis par les femmes est quasiment impossible à rapporter. Souvenez vous, quatre témoins, le fil passé entre les corps, la nécessaire concordance des témoignages, le fouet pour les témoins affirmatifs si un seul vient à exprimer des doutes… Comme le châtiment des femmes adultères est théoriquement impossible parce que la preuve de leurs actes est elle même impossible à faire, le châtiment des hommes doit être allégé par la possibilité de se repentir.

Je répète, l’Islam à un but pédagogique et d’organisation de la société. Se repentir et invoquer Dieu de manière publique valent mieux que le châtiment. Mais dans la Sourate de la lumière, le texte est sans ambiguïté. Ceux qui commettent l’adultère, hommes et femmes, doivent recevoir chacun cents coups de fouets. Dans la pratique, qui n’a rien de Coranique mais qui est issue de la tradition, les adultères non mariés sont exilés pour une période d’un an alors que les adultères mariés sont lapidés après avoir été fouettés.

Certains Hâdiths évoquent la lapidation ; le Coran est muet à ce sujet. Comment expliquer l’insistance du Prophète sur cette pratique ?

MA : Il convient d’analyser la portée ainsi que le sens symbolique des histoires rapportées selon lesquels le prophète a laissé appliquer la lapidation ou a prononcé la peine de lapidation.

Notons déjà que du vivant du Prophète, la lapidation n’a été appliquée qu’à ceux qui s’accusaient eux même d’adultère et demandaient au Prophète de les « purifier » par l’application de la peine.

Arrêtons nous sur les cas de lapidation à l’époque du Prophète et, faute de références dans le Coran, étudions ce que la tradition orale nous rapporte des faits et gestes du Prophète.

Une femme vient s’accuser d’adultère devant le prophète. Il la renvoie une première fois en lui demandant si elle est certaine de ce dont elle s’accuse. Elle revient disant qu’en conséquence de son adultère, elle est enceinte et demande à être lapidée, selon la Loi mosaïque.

Le prophète la renvoie encore en lui disant qu’il s’oppose à la lapidation de celle qui porte une vie. Elle revient à la charge après avoir accouché et le prophète la renvoie encore en lui recommandant de finir d’allaiter son enfant. Elle revient à la charge une quatrième fois et là, in fine, le prophète laisse pratiquer sur elle la lapidation. On peut déduire de cette histoire tragique que le Prophète s’oppose à la lapidation et repousse autant que possible ce châtiment.

Est-ce qu’il y a des cas d’hommes qui viennent également s’accuser d’adultère ?

MA : Oui ! dans un autre Hâdith on apprend le cas d’un homme qui vient s’accuser d’adultère devant le prophète et demande que la lapidation lui soit appliquée. Le prophète le renvoie une première fois en lui disant « ce ne sont probablement que des embrassades ». L’homme revient quelques jours plus tard miné par le remords et le prophète le renvoie encore en lui disant qu’il exagère peut-être un flirt. Mais l’homme revient encore à la charge. Le Prophète alors se résigne à lui faire appliquer la peine prévue. Les Hâdiths nous disent que le prophète avait détourné son regard au moment de la lapidation. Preuve supplémentaire de son désaccord avec ce châtiment.

Pourquoi les lapider alors que vous nous expliquez que le Coran ne prévoit pas ce châtiment ?

MA : La lapidation est fondée sur un Hâdith. Celui qui rapporte ce Hâdith indique qu’il ne lui est pas parvenu par un savant mais par un simple boucher. C’est une manière très claire de dire qu’il doute de la véracité du Hâdith qui lui est rapporté !

Un autre rapporteur de Hâdith nous indique aussi l’avis livré par le prophète sur la question de l’adultère ; il en ressort que les adultères non mariés doivent être fouettés puis exilés pour une durée d’un an alors que ceux qui sont mariés doivent être fouettés puis lapidés. Et tout de suite, Abu Bakr nous indique que « ce Hâdith est bizarre ».

Il est souvent question d’une Sourate prévoyant la lapidation et qui manquerait au texte aujourd’hui. Qu’en est-il exactement ?

MA : « Ô vous les hommes, Dieu a envoyé Mohammad avec la vérité et lui a donné le Livre. Parmi ce qui est écrit dans ce Livre, se trouve le Verset de la lapidation. ». C’est ce que nous dit un récit qui rapporte les propos de Omar Ibn el Khatab, le deuxième Calife successeur du Prophète et contemporain de la Révélation. Et il ajoute : « nous ne trouvons plus aujourd’hui dans le texte cette peine, mais c’est une recommandation divine ; le Prophète l’a appliquée et nous l’avons appliquée après lui ».

Cela complique singulièrement les choses puisqu’un contemporain de la Révélation indique que la lapidation existait dans le texte sacré…

MA : Là aussi intervient la science de l’abrogation. Nous avons deux exemples distincts d’abrogation : l’abrogation d’un Verset par un autre plus récent ; et l’abrogation totale d’un Verset auquel un témoin direct de la Révélation fait référence, mais qui n’existe plus dans le texte. Sans doute qu’Omar Ibn El Khatab fait appel à ce texte abrogé parce qu’à ce moment la communauté menaçait de se déliter. Aussi, la menace de la peine doit être aussi grande que la menace que l’adultère représentait pour la société à l’époque.

La lapidation aujourd’hui est-elle légitime ?

MA : De mon point de vue , non. C’est catégorique. De plus, d’un point de vue formel, j’indique que la balance penche du côté du texte que nous avons aujourd’hui et qui ne prévoit pas la lapidation. Il faut donc rechercher et vérifier les anciennes interprétations et en trouver de nouvelles, qui répondent aux besoins de notre temps. Je crois que le Coran porte toujours plusieurs sens et qu’il peut répondre aux besoins de l’homme à un moment précis de l’histoire. Je rappelle que tous les récits du Prophète qui indiquent qu’il aurait laissé appliquer cette peine font débat entre les docteurs de l’Islam.

Pour résumer, le texte du Coran ne prévoit pas la lapidation et ceux qui rapportent les Hâdith supposés la légitimer indiquent systématiquement leurs doutes sur la question. Vous même, quelle est votre opinion sur l’application des châtiments corporels ?

MA : Je suis personnellement opposé à l’application aujourd’hui des peines corporelles, du fouet à la lapidation en passant par l’ablation des membres, etc.

Le châtiment corporel, en Islam comme dans le christianisme ou le judaïsme à une histoire, c’est à dire un début, des raisons et une fin. Il faut replacer les choses dans leur contexte. Lorsque la communauté musulmane était balbutiante, comme un jeune enfant, le propos qui lui était tenu était celui de la punition et de la récompense.

Un jeune enfant fait plus facilement ses devoirs parce que ses parents lui promettent une récompense matérielle. Lorsqu’il devient plus grand, il fait le choix de travailler parce qu’il sait qu’il construit ainsi sa liberté et son indépendance. Je ne veux pas dire par cela qu’on peut laisser tomber les devoirs et obligations des musulmans. Il faut d’abord bien éduquer les sociétés sur les principes de la vertu et de la morale.

C’est à dire qu’il faut à nouveau « interpréter » le texte ?

MA : L’interprétation et l’effort de compréhension du texte ne se sont jamais arrêtés. C’est « l’ijdithad », l’effort. Je ne pense pas qu’il faille prendre, par exemple, au pied de la lettre l’image du Paradis avec les Houris qui attendent. Ce sont des allégories destinées à la société musulmane naissante. Aujourd’hui, le musulman doit défendre son opinion parce qu’il y croit et ne pas se déterminer par rapport à un « après » imagé. Il en va de même pour les peines corporelles. Elles avaient pour but d’organiser la société naissante. Aujourd’hui, il faut rechercher, dans la lettre du texte, son esprit.

Propos recueillis par Arthur Nourel

*Arthur Nourel est journaliste et politologue. Il est spécialiste du monde arabe. Il est également photographe.

*Mahmoud AZAB : Après des études à l’université d’Al Azhar au Caire, Mahmoud Azab obtient en France un Doctorat en études sémitiques (Sorbonne 1978). Il a été professeur de langues sémitiques à l’université d’Al Azhar au Caire. Il a été professeur coopérant chargé de l’enseignement bilingue au sein de nombreuses universités africaines (Niger, Tchad…). Il a également été délégué de l’Université d’Al Azhar aux conférences internationales de dialogues interculturels. Il a été nommé en 1996 à Paris comme professeur associé d’arabe classique (langue et littérature) à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales (langues « O ») où il est professeur titulaire d’islamologie depuis 2002.

** Hâdith : Recueil des actes et des paroles du Prophète Mahomet et de ses compagnons à propos de commentaires du Coran ou de règles de conduite.

Pour les citations du Coran, la traduction utilisée est celle de Denise Masson, Essaie d’Interprétation du Coran Inimitable, Dar Alkitab Allubnani, Beyrouth, Liban.

Vos réactions et commentaires sur cet article

Par Avigdor - le 10 février 2008
Article passionnant. Vraiment passionnant ! C’est ainsi que j’imagine l’Islam des Lumières. On en redemande. Et c’est un Juif qui l’affirme.
Par Rahma - le 10 février 2008
Merci à Mahmoud Azab pour son véritable effort de réflexion portée par une intention d’ouverture et de miséricorde qui redonne gout à l’Ijtihad fondateur de l’Islam. Rahma
Par Rabah LEKHEBASSENE - alias Abahéryne - le 10 février 2008

« Alors pourquoi recourir à la Sunna écrite encore une fois par des hommes plus de 150 après la mort du Prophète(sas) ! »

Salam Alaykoum Fethi.

La vie du prophète Mohamed Paix Et Bénédiction Sur Lui correspond à l’interprétation du Coran ... Cette vie est rapportée par différentes personnes, et il faut s’appuyer sur les sources authentiques. C’est comme le manuel scolaire et le prof qui t’explique la théorie ...

Pour ceux qui se focalisent trop sur la question "faut-il punir l’adultère ou non ?", n’oubliez pas de penser à la question "Comment éviter l’adultère" ... c’est un peu comme s’il fallait savoir quoi construire le plus : les écoles ou les prisons ...

Victor Hugo donne d’ailleurs ce dicton : "Quand vous ouvrez une école, vous fermez une prison."

Voilà, je vous souhaite le salut de l’âme à tous.

Respectueusement,

le 9 février 2008

Jâbir ibn Abdillah rapporte, le Prophète a dit dans son pèlerinage d’adieu : « Craignez Allah dans votre comportement envers les femmes, car elles sont comme des captives auprès de vous Votre droit sur elles est qu’elles n’invitent pas dans votre couche celui que vous détestez, et si elles le font corrigez-les sans violence. Et leur droit sur vous est que vous soyez bon avec elles, les nourrissiez et les vêtissiez de la meilleure manière. » (Tafsîr Al-Qur’ân Al-‘Adhîm (2/350)

On remarquera dans ce commentaire d’Ibn Kathîr que même en cas d’adultère, l’homme doit la corriger sans violence...

Par Ahmad - le 9 février 2008

Excellente discussion de la question. Je tiens à féliciter Oumma pour son initiative, le journaliste et le professeur pour une présentation très méthodique et instructive de cette question épineuse.

Beaucoup de gens passent leur temps à discuter du besoin de réformer l’islam. Comme le démontre cet article, avant de chercher à le réformer, il faudrait d’abord savoir ce qu’il dit VRAIMENT, et l’appliquer ensuite de la manière la plus adéquate. Cela, à lui seul, résoudra beaucoup de problèmes.

J’attends avec impatience de lire d’autres interviews de Mahmoud Azab. Bonne continuation.

le 9 février 2008
cet article illustre bien ,le derner article de mr Vincent Geisser(vivement la suite),pour etre integré,"soyons fashion musulman" . Il est tres grave de remettre en cause l’essence méme de la religion musulmane : LE CORAN ,faut-il le rappeler la PAROLE DE DIEU. D’autre part, il n’a jamais été fait mention , nul part dans le coran de la lapidation . a bon entendeur,salut kbs
Par Rayane - le 9 février 2008
Est-ce qu’au XXi nième siècle, des testes d’ADN peuvent-ils être appliquer pour chercher le coupable d’adultère ou le coupable de viol au lieu des 4 témoins ?
Par Didier - le 8 février 2008

Je souhaiterais faire une seconde remarque.

J’aurais souhaité que la plupart sinon la totalité des intervenants se manifestent sans ambiguïté contre la lapidation ou tout autre forme de sanction dans le cas d’adultère.

Tout d’abord la lapidation est une pratique qui, pour être ancestrale dans beaucoup de sociétés, n’en est pas moins barbare.

Ensuite l’adultère peut avoir de nombreux motifs, dont parfois l’attitude de celui ou celle qui se prétend la victime de l’adultère de son conjoint.

En outre juger quelqu’un pour adultère, ne relève pas de la société, ni d’un groupe. C’est du ressort de l’individu face à sa propre responsabilité morale, et du ressort du couple. Si tout le monde s’instaure juge dans les affaires de morale, autant revenir à l’Inquisition ou aux sorcières de Salem.

Si un préjudice moral est subi par le conjoint, c’est l’affaire du couple de la régler, sans violence, mais en toute responsabilité. Si pour des raisons propres à chaque couple, la conciliation n’est pas possible, il existe le divorce.

Enfin, je ne peux m’empêcher de penser que bien des envies, bien des attitudes, bien des regards appuyés, ne sont que des adultères qui n’ont pas pu se concrétiser. Et que par ailleurs, il y a parfois des comportements dans la "légalité" du couple qui relèvent d’un vrai viol entre époux. Et ça c’est un crime.

le 8 février 2008
Vous rendez vous compte d’une chose ? Il y a 1500 ans environ, le Coran dans l’esrpit du texte, considerait qu’un couple adulterin, ne devait pas etre puni. Puisque pour le punir, il fallait etablir une preuve tout bonnement quasiment impossible a etablir. Eh bien, la loi française, pays extremement "evolue" dans ses moeurs, vient a peine de considerer l’adultere comme etant une affaire privee, et non pas comme un delit. Je vous laisse mediter la dessus ...
Par Manu - le 8 février 2008

Pour AA Viry :

La question n’est pas de savoir si c’est psychologiquement troublant pour un mari ou une femme de trouver son conjoint au lit avec un(e) autre. Je pense qu’on en convient tous.

La question est de savoir si d’après le Coran on doit les lapider ou non.

La réponse du Coran fut apparement dans un premier temps de dire qu’il fallait enfermer le coupable jusqu’à ce qu’il meurt tout seul puis dans un second temps de lui donner X coups de fouets.

A côté de cela il y a deux hadiths qui parlent de lapidation (et donc de mise à mort).

La question est donc de savoir à quoi le Musulman doit se fier en cas de différence au Coran ou au hadith ? Dans le passé les Musulmans ont préféré donner la priorité aux hadiths (peu fiable en plus) ce qui va à l’encontre du credo islamique de l’infaibilité et de la prédominance du Coran.

Par Haoues Seniguer - le 8 février 2008

Cette interview est la bienvenue.

S’il fallait en retenir une seule chose et non des moindres : interpréter le texte sans en sacrifier l’esprit et les grandes orientations sociales et spirituelles, tel est le défi majeur des musulmans à l’épreuve du temps mondial.

le 8 février 2008

Non

Cela signifie simplement que si tu trouves ta femme avec un autre homme dans un lit, il te suffit comme indiqué dans l’article de le DIRE devant un juge, et d’en faire le serment, puis tu divorces d’avec elle, si tu le desires. La necessite des 4 temoins, c’est pour PUNIR les adulterins, dans le cas ou ils n’avoueraient pas leur ""crime""... C’est cela que le Coran veut eviter au maximum : LA PUNITION. Bien entendu, ce qui est valable pour la femme, l’est pour l’homme, dans l’esprit du Coran. C’est la, encore une fois, la preuve de l’extraordinaire avancee emancipatrice du Coran ! Mais paradoxalement, c’est le resultat contraire que l’on pbserve dans les societes musulmanes : Obssession de la punition, du chatiment, de l’interdit, etc ...

le 8 février 2008

Bonjour, Je veux simplement indiquer une remarque : "Cela veut dire qu’il n’est pas suffisant de trouver un homme et une femme nus dans un lit pour conclure à l’adultère".

Je crois que le fait d’être nu avec un pertenaire dans un lit est suffisant à bloquer psychologiquement le mari trouvant sa femme avec un autre homme et, pour la femme de trouver son mari avec une autre femme !

On exagère, quand on sait que la lecture du Coran sous ablutions et apaisement du coeur apporte sérénité de soi.

Excusez-moi, mais si je venais à voir ma femme nue dans un lit avec un autre homme, je qualifie ceci d’adultère flagrant.

Dans la relation de l’homme avec la femme, il n’y a pas que le physique. Or, quand on se donne à l’autre corps et âme, c’est suffisant qu’un tel constat peut détruire le psychique de l’individu et le détruire à terme, lui faire perdre confiance en soi.

On semble dire que 4 témoins sont nécessaires à confirmer que sa moitié est effectivement dans un lit avec un autre partenaire.

AA Viry

Par oumma.com-uk-fan - le 8 février 2008

EMANUEL,

merci d’avoir repondu a ma question : « Quel modele laic envisagez-vous dans les pays musulmans ? »

Votre reponse : « La laïcité est une gestion politique des hommes qui a donné la preuve de son efficacité. La laïcité permet la cohabitation pacifique d’homme et de femmes de religion et de conviction différentes. Il y a plusieurs type de laïcité, même si j’ai une préférence pour le modèle français. Je ne suis pas musulman, mais des intellectuels comme Arkoun et Chebel par exemple prônent une laïcité. Il y a également une laïcité en Turquie. Donc la laïcité est possible et souhaitable en terre d’islam. »

Mon commentaire :

La definition de la laicite ainsi que ses bienfaits que vous enonces sont valides.

Par contre, je ne pense pas que le modele francais soit le meilleur car il n’est pas en conformite avec la declaration universelle des droits de l’homme adoptee par les Nations Unis en 1948, notamment l’article 18. Comme vous le savez, le gouvernement Turque va abolir de maniere democratique la loi sur le voile islamique dans les universites. Cette loi avait ete promulge avec l’appui de l’armee turque, a la suite d’un coup d’etat dans les annes 80.

Pour ma part, je ne partage pas votre opinion que j’ interprete comme : "sans laicite point de salut pour les societes musulmanes." Il existe des pays prosperes et democratiques ou le concepte de laicite n’existe pas. Musulman et Francais, je suis installe en Grande-Bretagne depuis 20 ans. L’absence de laicite dans ce pays m’a permis de m’epanouir materiellement et spirituellement.

La laicite entretient la tension entre l’univers interieure et l’univers exterieure du croyant puisqu’il y a opposition entre les deux univers. Le model francais est excluant : La neutralite laic opere par exclusion mutuelle. Alors que le model britannique est incluant, il est fonde sur le respect des differences : "Je peux prier sur mon lieu de travail parceque j’accepte la kipa de mon collegue juif." Les revendications de la communaute musulmane britannique sont rarement d’ordre cultuel, religieux, ou constitutionel. En Angleterre, point de discussions sur la loi de 1905 !

Par NOURA - le 8 février 2008
Merci pour les explications et les enseignements. C’est que nous attendons de ce site. Mon souhait, c’est de traduire ce genre de contribution en arabe pour ceux qui ne parlent pas ou qui ne savent pas écrie en français.
Par Samir - le 8 février 2008
"Il faut arrêter ce discours infantile..." Avec ce type de pensée, quelle philosophie, quel système juridique, quel système politique, quelle religion, quelle éducation donnée à nos enfants trouveraient grâce à vos yeux ? Frères et amis islamophobes sincères (les islamophobes théoriciens et manipulateurs ne font pas parti du lot), libérez vous des propagandistes tenant de la thèse de la lutte des civilisations ! Nous ne sommes pas vos ennemies. Il y’a parmi nous des musulmans sincères qui ne recherchent que la paix avec tous les habitants de la terre. Nous sommes l’immense majorité à donner une grande importance à une des maximes du prophète (sbsl) qu’on peut résumer ainsi : "vous êtes la communauté du milieu". C’est dire l’importance de la modération en toutes choses dans notre comportement. On ne pourra jamais empêcher les dérives et les horreurs existent hélas dans toutes les communautés. Certains des "barbus" (il en existe des exemples de bonté mais ceux-là ne portent pas la barbe comme une partie d’uniforme) prétendent dans leurs prêches que l’occident est à combattre, en donnant comme exemple d’arguments, l’horreur de certains faits divers qui évidemment n’existent pas chez nous. Messieurs les soldats de la lutte des civilisations, en djellaba ou costumés, barbus ou "laïcitophiles", laissez nous donc tranquille. Laissez nous donc vivre comme il nous plait. La conscience, le code civil et le code pénal sont là pour nous réorienter si d’aventure on s’égarait. Dieu est là pour nous conseiller si d’aventure on faisait appel à Lui.
Par Didier - le 8 février 2008

Une petite phrase de l’auteur me semble avoir une très grande importance :"Je répète, l’Islam à un but pédagogique et d’organisation de la société". Si en l’écrivant, l’auteur pensait tout autant à l’Islam moderne qu’à ses débuts historiques, on peut y voir une des raisons des difficultés de certains dialogues. Je pense aux dialogues entre la religion qui estime qu’un de ses buts est l’organisation de la société et les sociétés qui considèrent que cette organisation est du domaine exclusif de leurs structures propres.

On voit bien les problèmes posés par cette volonté d’organisation d’une religion quand elle se retrouve en présence d’une société qui s’est organisée par ailleurs au cours d’une autre histoire.

Ou on va vers un opposition frontale de convictions qui ne mène nulle part, ou chacun respecte le domaine de l’autre, la sphère publique et la sphère privée. Question de sagesse et de savoir où se situe la spiritualité.

Par Un Musulman - le 8 février 2008

A mon avis, le Coran gene. Il gene tous ces Imams, ces hommes qui se sont institues CLERGE de l’islam, ces hommes qui se sont INTERPOSES entre Dieu et ses creatures, pour imposer leur propre vision du monde. Il gene car il va a l’encontre de cette vision obscurantiste. Une vision ou la femme represente le danger absolu. La femme qu’il faut chatier. Le Coran protege la femme (et l’homme) adulteres en imposant une quasi impossibilite de demonstration de preuves ? Qu’a cela ne tienne : Nos chers Imams ont ete "degoter" sous les fagots, un ou deux hadiths totalement absurdes pour non seulement chatier la femme (PRINCIPALEMENT) mais en plus lui faire subir une atroce punition. L’essentiel, c’est que la femme paye. Cette tentatrice que leurs corps desirent plus que tout, mais que leurs esprits font mine de mepriser !... Le Prophete lui meme a subit de la part de certains, ces accusations d’adultere contre sa propre femme, ces intrusions dans sa vie privee, suite a la fameuse histoire de Aicha, restee a l’arriere de la caravane. La reponse du Coran a ces etres malsains, obsedes par la femme "tentatrice", a ete cinglante. Resumons la en deux mots : Ca ne regarde PERSONNE !!!!!!

Les Imams ont eu beau jeu d’asujettir l’ensemble de la Oumma, que les divers Sultans, le colonialisme puis les dictateurs ont reduit en une masse malheureusement ignorante et sous-developpee. Ce sont la des faits. A un Coran lumineux, grandiose, d’une spiritualite inegalee, un Coran qui prone l’amour, la raison et l’intelligence, on a substitue une religion faite de punitions, de chatiments, de magie, d’obscurite, d’artifices superficiels... Il ne faut pas s’etonner alors que l’Occident nous manipule avec tant de facilite !

On nous parle de la Sunna, des Haddiths... Comment de telles concepts incroyablement importants dans l’Histoire de la Oumma, qui ont determine en partie son destin, NE FIGURENT NULLEMENT DANS LE CORAN ? Le Coran qui parle de details parfois "infimes", comme la maniere d’entrer dans une maison avec une certaine politesse, aurait oublie (a Dieu ne plaise !) de parler d’un corpus qu’on appelle HADITHS, et qui pour certains, aurait la meme importance que le Coran lui meme ???? Aberration !

Les tenants du Hadiths invoquent pour leurs defense, que le Coran demande a ce que les croyants imitent la voie du Prophete. Et de ce fait, les Hadiths seraient cette "voie" a suivre. MAis non !!! Suivre la voie du Prophete, c’est le considerer comme un modele moral, un Homme qui suit au plus pres les preceptes du Coran. Et pour cela, le Coran suffit largement. LA vie "materielle" du Prophete, c’est la vie d’un homme d’il y a 1500 ans. Ca ne nous concerne plus. L’imitation du Prophete, c’est l’imitation de l’homme spirituel, l’homme moral, l’homme universel qu’il est. Pour cela, il suffit de se referer au Coran. On oppose aussi a ces arguments, qu’il serait "peche" de suivre la "modernite" qui ne serait qu’occidentale ! Qui nous empeche de creer notre propre modernite ? Et en quoi serait il reprehensible d’adopter les choses positives que l’Occident a cree ? Qui nous empeche donc d’adapter l’Islam aux defis de notre temps ?

Les Hadiths bien entendu, ont une tres grande importance, pour une meilleure connaissance du contexte de l’epoque prophetique. MAis la doit s’arreter leur role. Il est aberrant que l’on en ait fait un quasi equivalent du Coran. Il s’agit la d’un Blaspheme historique et fondamental. Nous savont tous que les hadiths, combien meme ils nous disent tant de belles choses sur le Prophete, sont parfois dans le meme temps, des instruments de manipulation, puisqu’on a mainte fois demontre que souvent, ils sont crees de toutes piece pour les besoins de tel Prince, ou tel Imam en mal d’arguments obscurs.

Bref...

Retournons au Coran. Rien que le Coran ! Et lisons le, sans arret, sans repit, lisons le a la lumiere de notre epoque, des defis de notre temps. Lisons le dans sa perspective Universelle. Lisons le comme on lit le plus beau livre de la creation. Lisons le et laissons nous envahir par sa beaute, sa puissance inspiratrice. Lisons le avec LIBERTE. Quil fasse de nous des Hommes libres, qui ne courbent l’echine que devant DIEU, mais devant nul Homme, fut il le savant le plus expert du Moyen Age !

Notre liberte s’appelle LE CORAN. Et tant que nous ne serons pas Spirituellemetn Libres, les enemis de l’Islam, (et il y en a !!) continueront a nous dominer. Voila la triste realite.

Par Aziza - le 8 février 2008
J’ai lu avec intérêt cet article et je voudrais revenir sur cette assertion : Lorsque la communauté musulmane était balbutiante, comme un jeune enfant, le propos qui lui était tenu était celui de la punition et de la récompense. C’est vraiment important pour nos Ulamas de comprendre que la société a changÉ, mûrie, que la foi a besoin d’explications convaincantes, tout au moins logiques, pour croitre ; sinon, elle meurt. Ou alors, on se devient hypocrite, faisant semblant d’y croire alors qu’au fond on est torturé des doutes et des questions. Pourquoi considérer la Umma comme un conglomérats des demeurés ? (En tout cas c’est comme cela que je me sens perçue lorsque je pose des questions a certains de nos sheikhs). A cause de cette négligence dans l’ijtihad, il y aura plus des murtads qu’on ne le croit. Merci au professeur pour ces réponses et merci aux concepteurs du site
Par Emmanuel - le 8 février 2008

oumma.com-uk-fan

La laïcité est une gestion politique des hommes qui a donné la preuve de son efficacité. La laïcité permet la cohabitation pacifique d’homme et de femmes de religion et de conviction différentes.

Il y a plusieurs type de laïcité, même si j’ai une préférence pour le modèle français. Je ne suis pas musulman, mais des intellectuels comme Arkoun et Chebel par exemple prônent une laïcité. Il y a également une laïcité en Turquie. Donc la laïcité est possible et souhaitable en terre d’islam.

Par oumma.com-uk-fan - le 8 février 2008

EMMANUEL « En un mot : la laïcité est un modèle incontournable, même pour les pays musulmans. »

Question : Quel modele laic envisagez-vous dans les pays musulmans ?

Par Manu - le 8 février 2008

Bonjour,

Cette interview est très intéressante. Je retiens deux choses :

1. Il faut bien garder en tête la prédominance du Coran (le seul texte véridique) par rapport aux Hadith (qui sont des "ont dit" même s’ils sont censés être vérifiés). Il faut aussi garder en tête que certains hadiths ont été retenus pour des raisons socioculturelles, comme ces hadiths sur la lapidation qui sont de toute évidence "douteux". Il est "amusant" (pas pour les femmes lapidées) que dans le cas de la lapidation ont veuilles à tout prix donner la priorité à des hadiths douteux ou même à la parole d’Omar par rapport au Coran alors que par ailleurs le Coran est censé être, pour les croyants, le seul texte 100% véridique

2. L’importance de l’image, de l’allégorie en Islam. La révélation devait faire comprendre des concepts difficile (la vie après la mort, la félicité divine, etc.) à des personnes vivant dans le désert au 7ème siècle tout en restant d’actualité pour les générations futures (nous et nos descendant). Cela ne pouvait être fait qu’au travers d’"images" (les jardins, les houris, etc.). Il ne faut donc pas forcément les prendre au pied de la lettre (même si Dieu seul sait ce que nous réserve la vie après la mort), ces images sont là pour nous donner un avant goût de ce qui nous attend en terme de sensation, de bonheur si nous menons une vie honnête sur cette terre.

Enfin concernant la mini polémique sur ces commentaires concernant le moratoire sur la lapidation il faut bien comprendre que dans le monde musulman, d’autant plus aujourd’hui qu’il est assailli tant physiquement (Irak, Palestine, Tchétchénie, dictatures soutenues par l’occident, etc.) que moralement (l’injonction officieuse d’abandonner la pratique de l’islam pour être "moderne"), les croyants refusent d’aborder ces questions qui sont considérées comme des concessions à un « occident » arrogant.

Donc étant donné :
  le contexte géopolitique (guerres contre les musulmans, injonctions morale de l’ « occident », dictatures laïques soutenues officieusement par ce même occident qui prône pourtant officiellement la démocratie, etc.)
  le manque d’éducation religieuse des peuples musulmans
  le poids des traditions
  le fait qu’il n’y a pas d’autorité religieuse en islam autre que celle accordée par le peuple depuis qu’Ataturk a supprimé le califat.

Il est donc impossible d’aborder sereinement ces questions pourtant cruciale.

C’est pour cela que s’il voulait être un minimum efficace Tariq Ramadan ne pouvait proposer qu’un moratoire. Son but était qu’on aborde la question, qu’on y réfléchisse sérieusement dans le monde musulman entre savants musulmans (et non pas sur les plateaux télé français entre « intellectuels » médiatiques). Mais malheureusement pour lui, vu le contexte et vu la polémique engendrée en France par une frange des « intellectuels » médiatiques, ce débat n’a pas pu avoir lieu.

En « Occident » (terme vague pour désigner les 5% de la population mondiale qui vivent bien sur cette planète) on se rend pas compte, ou on ne veut pas se rendre compte, que c’est justement nos injonctions arrogante et notre double langage (cf. soutien aux dictatures au Kenya, au Tchad, en Chine, en Russie ou actions criminelles comme ce que font les USA et Israel, entre autre) qui font que les peuples des pays musulmans (pas uniquement d’ailleurs) ne croient plus aux droits de l’homme, à la démocratie, etc.

le 8 février 2008

Il faut arrêter ce discours infantile qui consiste à dire que le Coran est parfait, c’est la pratique qui en est faite par les hommes qui est erronnée et conduit à des abominations en pervertissant le texte !

Ainsi disent aussi les communistes, selon la même dialectique, le communiste prétend libérer, mettre fin à toutes les aliénations de l’homme et lui rendre la liberté pleine et entière, pourtant au nom de cette doctrine généreuse des dizaines de millions d’hommes furent massacrés.

Ce genre de propagande n’a pas de sens, ce qui est jugé dans l’islam c’est qu’en font les hommes, comme l’arbre est jugé aux fruits qu’il donne.

La situation de sous-développement des pays musulmans est d’abord dûe aux musulmans aux-mêmes et c’est en eux-mêmes qu’ils doivent trouver les chemins de la prospérité et nulle part ailleurs.

Quant aux arguments spécieux des preuves de l’adulère rendant dans le fait sa condamnation impossible, tous les jours au Nigeria,en Iran, en Jordanie, en Arabie Saoudite berceau de l’islam etc... tous ces pays montrent exemple à l’appui qu’il est possible de juger et condamner à mort par lapidation pour adultère.

Par Samir - le 8 février 2008
Les "circonvolutions" et les explications tirées par les cheveux du Professeur Azab, ne sont que le reflet d’une nécessité à marcher prudemment dés qu’il s’agit de contester certains hadiths. Il est pathétique d’imaginer les "circonvolutions cérébrales" des islamophobes s’ils devaient débattre avec le professeur Azab.
Par Houria - le 8 février 2008

Mhamoud Azab définité ainsi l’adultère" C’est une relation sexuelle, hors mariage, entre un homme et une femme ou entre deux hommes ou entre deux femmes. Le but fondamental des religions sémites monothéistes, est de protéger la vie et de lui offrir un cadre organisé comme celui d’une cellule familiale.

Or un adultère entre un homme et une femme non mariés peut conduire à la procréation. Le nouveau né risque ainsi de se retrouver sans structure familiale pour l’accueillir. La relation sexuelle entre deux hommes ou entre deux femmes place le plaisir devant la possibilité de donner la vie. Cette relation est donc réprouvée par l’Islam qui, comme le christianisme ou le judaïsme privilégie la procréation et la famille, c’est à dire la continuité du genre humain."

Doit-on en conclure avec les moyens contraceptifs actuels qui garentissent pratiquement ( à moins d’un accident) à la femme de ne pas être enceinte, que les relations sexuelles hors mariage sont possibles, puisque apparement ce n’est pas la pratique qui est condammnée en elle-même mais les conséquences d’avoir un enfant hors mariage ?

le 8 février 2008
"Comme Mohamed Talbi le rappelle dans l’un de ses derniers ouvrages, Universalité du Coran (Actes Sud, 2002), le Livre saint est un texte achevé, définitivement clos. On ne peut rien y ajouter ni en retrancher. Mais le message qu’il nous livre est infiniment ouvert à la lecture et à la méditation. Cette lecture peut être tournée soit vers le passé et les Anciens (salaf), comme le font les salafistes, soit vers l’avenir."
Par Ghania - le 8 février 2008

Le moratoire de Tariq Ramadan est sans intérêt comme le personnage lui-même qui a lancé ce moratoire pour faire parler de lui. Le véritable débat est ailleurs. Qui en islam est habilité à définir une juridiction ? En l’absence d’un clergé musulman, quelle école juridique est la plus légitime ?

Je suis pour ma part en faveur de la position mutazilite qui oppose la raison à la tradition (charia) et qui considère que la théologie et les principes moraux peuvent être questionnés par la raison humaine. Cette position permettait donc de faire sortir de la charia les principes du Bien, du Mal et de la métaphysique théologique.

Par Emmanuel - le 8 février 2008
Il faut beaucoup de circonvolution et d’explications tirées par les cheveux de la part du professeur Azab pour tenter de ne pas donner une dimension musulmane à cette pratique d’un autre temps. Pourriez-vous nous expliquer pourquoi cette lapidation figure dans la Charia ? Est-il possible que toute une civilisation musulmane ait pu approuver cette terrible disposition de la charia durant plusieurs siècles si elle n’avait pas un fondement islamique ? Tout ceci dit pour dire que seule la séparation de la religion et du politique est inévitable. Seul un droit universel pourra garantir une justice équitable et humaine. En un mot : la laïcité est un modèle incontournable, même pour les pays musulmans.
Par Fethi - le 8 février 2008
La garnde question à laquelle nous ne pouvons échapper est quelle doit ^étre la référence première : Le Coran ou la Sunna. Certains nous disent les deux, d’autres encore le Coran d’abord puis la Sunna qui viendrait en complément. Or si nous reconnaissons le caractère infaillible du Coran, pourquoi alors vouloir lui rajouter la Sunna rédigée par des hommes ? Si le Coran est infaillible, le Coran doit donc se suffir à lui même ? Alors pourquoi recourir à la Sunna écrite encore une fois par des hommes plus de 150 après la mort du Prophète(sas) !
Par oumma.com-uk-fan - le 8 février 2008

RAPHAEL

« Je ne suis pas un spécialiste de l’islam et j’avais été très choqué par le moratoire demandé par Tarek Ramadan sur la lapidation. »

Vous n’avez pas compris l’intervention de T. Ramadan. Pour plus d’explications je vous invite a regarder les debats Ramadan-Devilliers et Ramadan-Meddeb et le site de T. Ramadan.

T. Ramadan n’est pas seulement categoriquement oppose a la lapidation mais aussi aux chatiments corporels et a la peine de mort. Vous preferez sans doute les discours des "muslims light" adresses a leur audience presque exclusivement non-musumane et ayant peu d’influence chez les musulmans.

Voici la definition du mot Moratoire : Suspension legale et provisoire de certaines actions, ex ;moratoire nucleaire. T. Ramadan a tres bien compris qu’une opposition frontale aux oulemas serait sterile. En effet l’abolition de la lapidation a plus de chance d’aboutir apres avoir obtenu un arret temporaire legal de la lapidation.

Par Almanir - le 8 février 2008
Certains ici voudraient tout revoi qui sont-ils pour oser parler ainsi ? Esprits faibles, vous vous laissez influencer par cette modernité qui veut tout régenter et tout rendre pareil, les hommes comme les choses. Ne vous laissez pas influenceer ainsi.
Par Djawad - le 8 février 2008
Cet entretien passionant, prouve qu’il faut revoir totalement la charia et la rénover en tenant compte du monde dans lequel nous vivons. Comment peut-on vouloir encore appliquer une loi qui été fondée par des hommes depuis plusieurs siècles. Il y a urgence à tout revoir avec intelligence.
Par Raphaël - le 8 février 2008
Je ne suis pas un spécialiste de l’islam et j’avais été très choqué par le moratoire demandé par Tarek Ramadan sur la lapidation. Or Monsieur Azzab nous explique ici avec une grande conviction ( et m’ a totalement convaincu soit dit en passant) que la lapidation n’est pas du tout dans le Coran. Pourquoi demander un moratoire, alors que la lapidation n’est pas "inscrite" dans le Coran. Ceux qui pratiquent cette barbarie qu’est la lapidation contreviennent donc au Coran. Ce n’est donc pas un moratoire qu’il faut demander, mais son abrogation pure et simple.
Par Sofia - le 8 février 2008
Toute ma reconnaissance à Mahmaoud Azab pour cet avis éclairé et sérieux. Si nos "savants" pouvaient agir de la sorte comme le fait Mahmaoud Azab , beaucoup de choses changeraient au niveau du droit musulman et en positif.
le 8 février 2008

La lapidation doit etre condamnee avec la plus extreme severite. Le Coran ne prend meme pas la peine d’en parler. Les hadiths qui y font reference sont d’evidence caducs. C’est tout de meme un comble que les islamophobes utilisent principalement une sombre tradition hebraique, pour en accuser les musulmans qui sont, O ironie du sort, les seuls peuples a encore pratiquer (plus ou moins) cette immonde et barbare pratique. Il est donc temps pour les musulmans de reflechir a la place des hadiths dans leur croyance. Il n’y a qu’un seul et unique texte sacre en Islam : LE CORAN. Point barre.

Il y a un hyatus troublant, entre le liberalisme du Coran qui "s’ingenie" a rendre l’adultere impossible a demontrer (c’est un fait !), et les musulmans en general, qui s’enferment dans une "bigotisme" autiste, bien loin de l’esprit du Livre Sacre. Les musulmans se porteront mieux lorsqu’il reviendront vers leur livre, source d’une inepuisable lumiere, au lieu de se perdre dans l’obscurite des "il parait qu’un tel a entendu, ou vu ceci ou cela, il y a 1500 ans...". Eriger le Prophete en modele, OUI. Le Coran suffit pour cela. Quant a Omar qui aurait pretendu qu’un verset du Coran (parlant de la lapidation) manquerait, sauf tout le respect que nous devons a sa memoire, s’il a vraiment dit cela (c’est indemontrable), il aura alors frole un dangereux blaspheme : LE CORAN EST ENTIER, DEFINITIF, COMPLET, ET CELA EST GARANTI PAR DIEU LUI MEME.

Par oumma.com-uk-fan - le 8 février 2008

Merci a la redaction d’ Oumma.com et M. AZAB.

Article didactique exceptionel par sa clarete, en bref, tout ce que veut savoir le(la) musulman(e) sur l’ adultere sans oser le demander !

Une question au savant Mahmoud Azab : Est ce que l’abolition de la peine de mort dans le cadre juridique islamique est evoquee par les oulemas ?

Par lotfi - le 8 février 2008
BONSOIR A TOUS le probleme du monde musulman viens du wahabisme qui a une lecture litteraire du coran qui conduit a un esprit archaique !Ce sont des pratique qui ont lieu que dans 3 ou 4 etats comme les pays du golfe.Il faudrait introduire la notion d ijthiad dans ces pays !Ce qui les pousseraient a une lecture critique et a une separation du spirituel et du temporel.salut,salam ;shalom !

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