En attendant le premier mort...

En hommage sincère et fraternel à Eric Hazan pour son ouvrage « chronique de la guerre civile » et en ho

dimanche 18 juillet 2004

En hommage sincère et fraternel à Eric Hazan pour son ouvrage « chronique de la guerre civile »* et en hommage ironique à Pierre-André Taguieff, qui ne savait si bien dire en écrivant « La force du préjugé »**. Il reconnaîtra ses dignes émules dans les lignes qui suivent.

Proche-orient.info / 11 juillet
Tout sur la violence antisémite dans le RER

- «  Six jeunes maghrébins et noirs agressent une femme et son bébé et lui dessinent des croix gammées sur le ventre ».

- « Les six agresseurs, d’origine maghrébine et armés de couteaux, ont coupé les cheveux de la jeune femme, accompagnée de son bébé de 13 mois, puis ont lacéré son tee-shirt et son pantalon, avant de dessiner au feutre noir trois croix gammées sur son ventre, a-t-on indiqué de mêmes sources ».

Licra

- « Les nazis de banlieue défient la France »

RTL / 11 juillet

Crif

- Roger Cukierman, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), a suggéré, dimanche sur RTL, après l’agression à caractère antisémite dont a été victime une jeune femme vendredi dans le RER, que les imams "fassent parvenir la bonne parole". Pour M. Cukierman, "au delà de la mobilisation des pouvoirs publics, il faut mobiliser la société civile", ajoutant : "et puis il faudrait aussi que les organisations religieuses, et notamment les imams des cités où il y a des agresseurs, fassent parvenir la bonne parole et indiquent que les actes antisémites sont insupportables". "Je constate que dans les agressions antisémites qui ont été causées ces derniers temps il y a beaucoup de jeunes beurs, mais il n’y a pas qu’eux, c’est évident".

Proche-orient.info / 12 juillet

Élisabeth Schemla

- « Je n’en peux plus, à chaque violence contre des juifs, d’entendre les responsables politiques regretter systématiquement, ensemble, le racisme (sous - entendu anti-arabe) et l’antisémitisme ; les accoler l’un à l’autre comme s’ils étaient indissociables parce que symétriques ».

- « Je n’en peux plus d’entendre les mêmes responsables politiques mettre ce « nouvel » antisémitisme arabo-musulman (qui légitime d’ailleurs subrepticement l’antisémitisme français traditionnel, on y vient, on y vient...) sur le compte exclusif de l’échec de l’intégration ».

- « Quand Messieurs Chirac, Barnier, Villepin, Hollande, Mamère, Bezancenot, Mesdames Buffet et Laguiller, toutes et tous les autres, comprendront-ils qu’à force de répéter inlassablement que l’état juif est un monstre, est un monstre, est un monstre, est un monstre, est un monstre parmi les nations... ils finissent par en convaincre le plus grand nombre ? En particulier ceux que tout prédispose à entendre cette antienne ? Plus grave : qui se sentent ainsi libérés pour agresser non pas l’état juif mais des juifs, et trouvent dans la position des autorités politiques et médiatiques justification à leur crime ? »

- « Parce que je n’en peux plus de tout cela, je le dis : cette jeune Marie maltraitée dans le métro a d’abord été victime de ses agresseurs, ensuite des agresseurs permanents d’Israël ».

Le Figaro / 12 juillet

Georges Suffert

- « Les agresseurs du RER sont, semble-t-il, des adolescents, c’est-à-dire des enfants. Ils se sont jetés sur une jeune femme parce qu’elle était en face d’eux, parce que la violence les fascine, parce qu’ils se considèrent comme des militants de quelque Hamas, c’est-à-dire la forme la plus moderne de l’antisémitisme ».

- « Les petits-enfants du Maghreb veulent participer à leur manière à la lutte des Palestiniens. La voyageuse du RER a soudain incarné l’ensemble des Israéliens. La haine est en train de franchir la Méditerranée ».

Le Télégramme de Brest / 12 juillet

Christine Clerc

- « Leur école à eux - celle aussi de la télévision à parabole qui diffuse impunément des films violemment antisémites - celle, encore d’organisations islamistes qui n’hésitent pas à menacer la République (comme le fait l’UOIF en appelant les jeunes musulmanes à se rendre voilées à l’école à la rentrée) celle, enfin, de parents à qui l’on n’a jamais appris que des insultes en usage en Afrique du Nord pouvaient constituer chez nous de véritables délits, c’est l’école de la haine de l’autre en général et du juif en particulier ».

- « Dans les quartiers où ces actes sont les plus fréquents, la haine n’épargne personne. J’ai visité des collèges où des femmes de ménage étaient traitées de « sales Portugaises » et des enfants blonds de « sales fils de croisés »...

- « Le mal couvait depuis longtemps. Pourquoi avoir refusé de le voir ? Pourquoi avoir fait taire les proviseurs qui signalaient des actes antisémites ? Il était recommandé de huer Le Pen et ses jeunes sbires au crâne rasé, mais il ne fallait pas « montrer du doigt » des jeunes issus de l’immigration. La bonne conscience anticolonialiste l’interdisait ».

AFP / 12 juillet 04

Conseil des démocrates musulmans de France

- « Les discours ambigus, les condamnations frileuses, les divisions des composantes religieuses ou ethniques ont permis dans notre pays la réapparition et la montée de groupuscules de nazillons et de racistes", a ajouté le CDMF ».

AFP / 12 juillet

Jean-Christophe Cambadélis

- "Là où il existait dans les années 1930 un antisémitisme biologique se substitue aujourd’hui un antisémitisme géographique". "Pour faire barrage à la montée malheureusement inexorable de ce nouveau mal, l’ensemble des élus doit se mobiliser pour dire "Assez, assez d’actes antisémites’".

Libération (Rebonds) / 13 juillet 2004

Pierre Vermeren (historien, chercheur associé au CEAN)

- « Que l’héritage du communautarisme colonial provienne du refoulé politique français, qu’il ait été fécondé par la pensée politique musulmane (statut des dhimmis ou « protégés »), ou par le communautarisme institutionnel ottoman, a aujourd’hui peu d’importance. Ce qui importe en revanche, c’est qu’au Maghreb, depuis 1945, le communautarisme a conduit à son terme naturel, une épuration ethnique soft, c’est-à-dire au départ concomitant (Algérie) ou successif (Tunisie, Maroc) des « communautés » française, européenne et israélite. Les deux premières ont quitté le Maghreb dans le cadre de la légitime lutte d’indépendance ; la dernière a été délégitimée par son identité extra-musulmane. Les guerres du Proche-Orient ne sont pas étrangères au phénomène (au moins au Maroc et en Tunisie) : elles ont produit une insécurité de basse intensité qui, en trente ans, a vidé le Maghreb de ses communautés juives bimillénaires ».

- « La violence antisémite qui frappe aujourd’hui en France est moralement et politiquement insupportable. Elle est d’autant plus dramatique que les jeunes beurs qui la mettent en oeuvre rejouent (inconsciemment ?) des scènes qui ont vidé l’Afrique du Nord de ses communautés... Le gouvernement israélien prend acte de cet état de fait, mais Israël n’a-t-il pas justement été créé pour cela ? Le Proche-Orient, entré il y a plus d’un demi-siècle dans un processus de purification ethnico-religieuse, s’abîme dans les crises et la récession économique, au fur et à mesure que le quittent ses minorités : Européens, juifs d’Europe, Arméniens, juifs arabes, et maintenant chrétiens d’Orient ».

Respublica N°277

Pierre CASPI

« Les classes populaires, celles qui prennent les transports en commun, sont les
premières victimes du discours irresponsable tenu des années durant
par des organisations comme la LCR, le MRAP, la LDH, les Verts et
des franges du PCF ».

CRIF Ouest centre / 12 juillet 2004

Eliane Klein

- « Malheureusement, il me semble qu¹une certaine logique règne dans des milieux enseignants imprégnés par une culture « tiers-mondiste », marquée par la culpabilisation de l’occident par rapport à la colonisation. Des enseignants refusent de considérer que l¹antisémitisme se développe dans les établissements scolaires ou que des « victimes » de la colonisation ou du racisme peuvent être antisémites. »

Libération / 12 juillet

- "Antisémitisme, antisionisme, anticapitalisme mêlés comme aux pires heures de l’Histoire (...), voilà qui devrait finir de dessiller les yeux sur la réalité des manifestations antisémites dans la France d’aujourd’hui"

Cité dans « Libération » / 12 juillet

Claude Goasguen, député UMP

"Dans cet acte épouvantable, il y a un mélange de racisme social, d’antisémitisme et d’antisionisme." "Le mélange d’anticapitalisme et d’antisémitisme rappelle furieusement un passé tragique et honteux de la France. Il est grand temps que les pouvoirs publics prennent conscience que dans la politique du Moyen-Orient, Israël n’est pas forcément le coupable de tous les maux. Tous ceux qui en sont conscients doivent modérer leur discours sur Israël". "Ce qui n’enlève rien à la nécessité de poursuites contre des "éléments désormais dangereux pour la société française".

Mouvement des maghrébins laïcs de France

Kbir Jbil

- « Nous regrettons que certains médias et certains responsables politiques et associatifs n’aient pas condamné cette agression dans toute sa dimension antisémite. En effet, c’est une agression antisémite, commise par des jeunes issus de l’immigration maghrébine. Quand cessera-t-on de nous voiler la face, en évitant de prendre le mal à la racine ? Si elle n’avait pas été soupçonnée d’être juive, la victime n’aurait pas subi l’humiliation et la barbarie qu’elle s’est vue infliger. Ce qui démontre : Que tous les arguments avancés par certains politiques -gauche et extrême gauche- et certaines associations -MRAP, LDH, ...- et qui consistent à relier l’antisémitisme à la misère sociale, sont caduques, et ne servent qu’à masquer la triste réalité. On n’attaque pas un juif parce qu’on habite une cité, mais pour ce qu’il est. C’est de l’antisémitisme. Qu’il y a un antisémitisme croissant chez les Maghrébins. Le nier, tient d’une dangereuse hypocrisie, qui empêche de le combattre. Que l’Utilisation de la Svastika n’est plus l’exclusive des groupes néo-nazis, à suivre... »

Le Figaro / 12 juillet 2004

Alain-Gérard Slama

- « Les circonstances atténuantes accordées aux actes antisémites ou, plus rarement, antimusulmans perpétrés par les jeunes des « quartiers difficiles » n’ont, elles-mêmes, aucune excuse ».

- « Comme un rapport des RG au ministre de l’Intérieur l’a signalé au début de ce mois, il tend à prendre, dans nos banlieues, la forme d’un véritable racisme antifrançais, d’une véritable francophobie devenue, comme chez les nazis, quasiment indissociable de la judéophobie. - « L’atroce agression, dès le lendemain du discours présidentiel, d’une Française traitée de « sale juive » dans un RER de la région parisienne vient de donner la mesure de cette dérive. Aujourd’hui, au nom du même rejet de la liberté de l’individu et des valeurs universelles, l’antisémitisme est devenu l’autre nom de la francophobie ».

Séance solennelle au Conseil Régional / 12 juillet 2004

Jean-Paul Huchon

« « Les loups, chantait Reggiani, sont entrés dans Paris ». C’est à nous de les traquer. De les combattre ». Et de les bannir ».

A la sortie du Conseil Régional

Strauss-Kahn - PS / 13 juillet

"Si c’est un coup monté, évidemment, ce serait critiquable en tant que coup monté". "Mais ça ne changerait rien au fait que c’est la dixième ou la vingtième agression de ce genre. Même si celle-ci se révélait après coup ne pas s’être passée comme on nous le raconte, ce qui est sûr, c’est qu’il y en a eu vingt avant"

Communiqué de presse de SOS Racisme / 12 juillet 2004

Dominique SOPO

- « Nous n’avons pas le droit de ne pas nous remettre en question. Ces actes de barbarie sont une mise en demeure qui nous est adressée collectivement. »

Primo Europe / 13 juillet 2004

Pierre Lefebvre

- « Si nous y avons cru, et rien ne dit que tout cela ne soit pas vrai, c’est malheureusement que c’était crédible pour tous ceux qui se battent et refusent l’excuse de la misère pour justifier la mise à mort d’innocents, qu’ils se trouvent dans un RER à Paris ou dans un bus à Tel Aviv ».

Le Monde / 13 juillet 2004

Eric Fottorino

- « Quand la bêtise fait son métier de bête, il faut alors que les mots fassent leur métier de mots. Qu’ils fassent mouche comme des projectiles. Qu’ils ne fassent pas peur ».

- « N’ayons donc pas peur des mots. Vendredi, dans le RER D, une jeune femme devenue juive pendant treize minutes sous le regard féroce de six agresseurs a été victime de méthode de nazis ».

Proche-orient.info / 13 juillet 2004

Élisabeth Schemla

« Très vite, un discours sur les bouc-émissaires va se faire entendre et on pourrait assister à un renversement de situation. Mais il faudra alors se rappeler avec fermeté que les actes antisémites sont bien en augmentation constante et dramatique dans ce pays ; qu’ils sont presque toujours le fait de jeunes appartenant à ces communautés ; que trop d’imams, par leurs prêches, les encouragent dans ces comportements et qu’il est nécessaire d’y mettre un coup d’arrêt. Bref, il faudra se rappeler que tout ce qui a été montré, révélé, dit, souligné, expliqué, revendiqué pendant ces quelques jours reste absolument exact. Y compris bien sûr ce que nous-mêmes, dans ces colonnes, avons écrit à propos des termes employés dans un certain discours global sur Israël ».

Le Nouvel Observateur / jeudi 15 juillet

Jean Daniel

- « Il faut aujourd’hui regarder la vérité en face. On peut suivre en effet à la trace la naissance du sentiment antisioniste, le voir se transformer en réaction anti-israélienne puis en manifestation de rejet contre les juifs qui s’affirment inconditionnellement défenseurs d’Israël. Il est évident que la solidarité avec les Palestiniens accompagne cet itinéraire ».

- « Or qui sont les loubards en question ? Ils sont jeunes, musulmans, exclus, chômeurs, délinquants, et ne participent à rien de la vie nationale du pays où ils sont nés par hasard, sans que l’on ait jamais pensé à les rendre fiers d’en faire partie. Leur cause n’est ni la Constitution de l’Europe, ni les 35 heures, ni le duel Chirac-Sarkozy, ni le mariage des homosexuels. C’est la Palestine. Leur pratique du vandalisme s’irriguera désormais de la haine des juifs ».

- « La grande et arrogante innovation de certaines minorités ethniques, c’est le refus de l’héritage d’une nation dont ils prétendent de plus infléchir et transformer l’avenir ».

Libération (Rebonds) / jeudi 15 juillet

Alain Jakubowicz

- « Mieux vaut s’indigner à tort »

- « Osons les questions. Pourquoi cette jeune femme s’est-elle crue obligée de désigner ses prétendus agresseurs comme des jeunes issus de l’immigration qui l’aurait prise pour une juive... si ce n’est parce qu’elle pensait que cela ferait « plus vrai » ? Et pourquoi pensait-elle que « cela ferait plus vrai »... si ce n’est parce que des faits semblables se produisent tous les jours, la mise en scène en moins il est vrai, dans nombre de transports en commun, d’établissements scolaires ou de rues de nos cités, aux quatre coins du pays ? Telle est la réalité, incontournable. Et que cela fasse plaisir ou non à entendre, les agresseurs sont, dans la quasi-totalité des cas, des jeunes issus de l’immigration arabo-musulmane ».

 

 

Le samedi 17 juillet 2004, Marie-Léonie a présenté publiquement ses excuses à Jacques Chirac et à Nicole Guedj (mise en cause notamment par Daniel Vaillant pour son acharnement à donner crédit à cette affaire) sans prononcer une seule fois le nom des communautés afro-antillaises et maghrébines profondément blessées par cette nouvelle offense.

J’ai mal.

* Chronique de la guerre civile. Eric Hazan. La Fabrique, Paris, 2004.

**La force du préjugé. Essai sur le racisme et ses doubles. Pierre-André Taguieff. La Découverte, Paris, 1988.

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