Egypte : le samedi noir qui a endeuillé une église d’Alexandrie et le pays tout entier

Noir, ce samedi tragique qui a ensanglanté les abords d’une église d’Alexandrie, le restera à jamais po

samedi 1 janvier 2011

Noir, ce samedi tragique qui a ensanglanté les abords d’une église d’Alexandrie, le restera à jamais pour l’Egypte, ébranlée en son sein par un effroyable attentat-suicide qui a fait 21 morts et 79 blessés. Du plus haut sommet de l’Etat, en la personne du président Hosni Moubarak qui a condamné avec gravité un « acte criminel odieux qui a visé la nation, Coptes et musulmans », aux Coptes sous le choc d’un crime aveugle, l’indignation politique s’est mêlée à la colère des chrétiens, qui n’ont pu réprimer davantage le ressentiment qui les anime à l’égard du gouvernement.

Plus grande communauté chrétienne du Moyen-Orient, et représentant 6 à 10% des 80 millions d’Egyptiens, les coptes se remettaient tout juste de la perte de six des leurs dans un précédent attentat, le 6 janvier 2010, à la sortie d’une messe en Haute-Egypte.

Ce massacre non revendiqué, aux graves incidences, serait l’oeuvre de «  mains étrangères » selon Hosni Moubarak, qui l’affirmait sans autre précision dans son allocution télévisée, tandis que des échauffourées opposaient la police à plusieurs centaines de jeunes coptes répartis en petits groupes, ceux-ci scandant leur consternation en interpellant le gouvernement : « O Moubarak, le coeur des Coptes est en feu », quand ils ne l’incriminaient pas directement : « Le gouvernement est impliqué ! ». De nombreux coptes voient, en effet, dans ce meurtre sauvage la marque du pouvoir en place, qui leur ferait payer un très lourd tribut pour leur désamour à l’égard du dauphin du trône, qui n’est autre que le propre fils du président, Gamal Moubarak.

De son côté, et sans le formuler explicitement, le ministère égyptien a insinué que la méthode employée s’inspirerait du savoir-faire irakien en la matière, soulignant que tout dans les circonstances de l’explosion donnait à penser que « des éléments extérieurs ont planifié et suivi la mise en oeuvre ».

Les plus hautes instances religieuses ont fait entendre leur profonde affliction, à travers la voix de Benoît XVI qui a renouvelé son vibrant appel aux dirigeants du monde pour protéger les chrétiens contre les abus et l’intolérance religieuse, mais également du vice-président du Conseil supérieur islamique chiite, cheikh Abdel Amir Kabalan , qui a dénoncé avec force depuis Beyrouth "un acte terroriste et anti-religieux", le patron de la Ligue arabe, Amr Moussa, désapprouvant non moins vivement un acte "portant atteinte à la sécurité de l’Egypte et à sa stabilité".

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