Douce France...

Deux siècles plus tard, le temps s’arrête et une prise de conscience salutaire de certains irréductibles

vendredi 15 octobre 2004

Douce France, fille de luttes intemporelles, témoin d’une histoire marquée par les fiertés et les désillusions, la colère gronde et nombreux sont ceux qui aujourd’hui, plus que jamais, s’attachent à recoller les pages d’une œuvre écrite au fil du temps, recomposée autour d’une seule et même idée : réalité. Un mot anodin qui prend tout son sens devant les oublis latents d’une mémoire sélective reléguée par un Etat qui se targue d’avoir tracé les prémices des commandements de la liberté humaine à travers la sacro sainte Déclaration de 1789, jetant par la même les bases d’une démocratie en Occident.

Deux siècles plus tard, le temps s’arrête et une prise de conscience salutaire de certains irréductibles émerge, des allergiques aux non dits et autres tabous de l’histoire se lèvent faisant remonter à la surface un passé qui ne passe pas, à la veille du triste anniversaire, celui d’un 17 octobre 1961 qui inexorablement croupit au fond de la Seine. Evènement effacé par les autorités ou par l’usure du temps, il demeure pour beaucoup l’illustration d’une histoire sacrifiée sur l’autel de l’honneur, au nom d’une fierté nationale qu’il ne faut en aucun cas égratigner sous peine de voir ressurgir les démons d’antan d’une société malade , s’entendant répéter l’éternel refrain : « Travail, famille, patrie » mais chut, puisque tout le monde s’accorde à dire qu’en 1945 nous étions tous de courageux résistants face à l’occupant venu d’outre Rhin.

Douce France, la grandeur d’un pays ne se mesure-t-elle pas également à sa capacité à regarder son passé en face, à revenir sur les erreurs de l’histoire dans l’optique de mieux appréhender l’avenir ? Quand les autres démocraties s’essaient à exorciser une histoire marquée par la noirceur d’un troisième Reich ou l’extermination de minorités réduites à l’état d’esclaves, ton pouvoir fait la sourde oreille aux appels incessants des défenseurs d’une juste remise en cause d’un système où prédomine une vision franco-française d’un idéal historique qui dans le réel n’est que chimère. Quand tes voisins s’attèlent à ranimer le souvenir du sang des indigènes sur lequel s’est construite leur toute puissance, tes représentants s’emploient à démontrer, à travers une pseudo législation, le caractère positif de la colonisation comme pour se donner bonne conscience et restaurer ainsi un tableau dont le cadre est depuis bien longtemps fissuré.

Douce France, ton empire colonial n’est plus mais combien sont ceux qui le voient perdurer dans ce rêve nostalgique appelé francophonie, dernier bastion de résistance contre les hordes de l’oncle Sam venus en découdre avec tous ceux qui s’opposeraient à un impérialisme américain, exemple même du pléonasme.

Douce France, les temps changent et les symboles évoluent avec les sociétés dont ils portent haut et fort les valeurs, loin des carcans que se sont imposés les partisans de l’immobilisme, prisonniers de représentations figées et obsolètes. Aujourd’hui, n’en vous déplaise messieurs, Marianne a peu à peu cédé sa place et transmis le flambeau de la liberté et de la République à Myriam, noble héritière d’une civilisation judéo-islamo-chrétienne, transcendant toutes les identités françaises.

Douce France, voici étalés sans fausse pudeur les états d’âme d’un épris de vérité scrutant chacun de tes gestes, espérant te voir un jour mettre un frein à cette tradition de démagogie historique, seule voie qui te permettra de rendre fiers tes enfants qui te regardent et t’attendent.

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