Dîner du CRIF : lettre ouverte à Mohammed Moussaoui et à Dalil Boubekeur

C’est avec surprise que nous avons pu constater sur les écrans de la chaîne “Public Sénat“, lundi 2 m

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jeudi 5 mars 2009

C’est avec surprise que nous avons pu constater sur les écrans de la chaîne “Public Sénat“, lundi 2 mars, la participation du président du Conseil Français du Culte Musulman (CFCM), M. Moussaoui, au dîner annuel du CRIF.

M. Moussaoui, n’avez-vous pas été gêné de vous rendre au dîner d’une organisation qui se fait de manière aussi manifeste le relais de la politique de l’Etat d’Israël ?

N’avez-vous pas été gêné d’applaudir et soutenir un tel rassemblement quelques semaines à peine après le déferlement de violence qui a ravagé et dévasté la bande de Gaza ?

Devons-nous vous rappeler le bilan effroyable de ces massacres, qui ont fait 1315 morts, 413 enfants, 104 femmes, 5320 blessés, dont 501 dans un état très critique.

Devons-nous vous rappeler l’usage de bombes au phosphore blanc par l’armée israélienne contre des populations civiles, ainsi que l’ a prouvé entre autres Human Rights Watch.

Devons-nous vous rappeler également que plusieurs organisations internationales humanitaires et des droits de l’Homme ont qualifié de véritables « crimes de guerre », la terrible agression de Gaza qui a suscité une vive émotion internationale.

Où est l’époque où vous prêchiez, du haut du Minbar de la Mosquée Al-Boukhari en Avignon, la solidarité avec les Palestiniens, victimes de l’oppression israélienne ? Où est cette once d’humanité et de fraternité qui aurait dû vous guider tout naturellement à rejeter cette invitation ? Au lieu de cela, vous avez préféré vous presser, tout comme votre prédécesseur M. Boubekeur, à un dîner mondain d’une association dont l’objectif affiché est un soutien inconditionnel à un Etat dont l’armée a déchiqueté à Gaza des femmes, des enfants, des vieillards et des familles entières.

A la tête d’une institution censée régler les difficultés liées à l’exercice du culte musulman dans notre pays, nous attendions de vous que vous donniez l’exemple en étant fidèle aux principes les plus élémentaires des droits de l’Homme. Les larmes, les douleurs et souffrances des orphelins de Gaza sont là pour vous le rappeler.

Le dialogue, auquel nous sommes attachés, avec toutes les familles politiques et spirituelles de notre pays, ne doit pas se faire au prix d’un reniement des principes humanistes universels.

Le Collectif des Musulmans de France dénonce avec la plus grande fermeté cette participation choquante. Il appelle les musulmans de France à manifester leur mécontentement et désapprobation devant une telle participation.

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