Dieu ou Diable ?

Au sujet de la diable de phrase de Guillaume Tabard du Figaro évoquant la personne de Tariq Ramadan : «

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mardi 25 novembre 2003

Au sujet de la diable de phrase de Guillaume Tabard du Figaro évoquant la personne de Tariq Ramadan :

« Ce diable de Musulman aux écrits fleurant l’antisémitisme »,

ainsi qu’à tous ceux qui dressent inconsidérément des bûchers fleurant la triste époque de l’Inquisition, je répondrai simplement ceci :

Le foulard, ça c’est vendeur ! On a bien ficelé le sujet et on l’a servi à dose « homérique », matin, midi et soir. On s’est dépensé sans compter, en haine, en calomnie, en rage, en furie.

Mais il faut reconnaître qu’on est à bout de souffle. On commence à épuiser le sujet. On l’a tellement bien « raclé » comme on écule les fonds de casseroles, que le « torchon brûle ».

Preuve qu’on est tout de même arrivé à bien travailler l’opinion avec ça. On a semé la haine ! Il faut attendre que ça prenne : quelques bonnes âmes se dévoueront sans doute pour nous apporter quelques sacrifiés sur l’autel…

Mais Crénom de Dieu, la Presse à Sensation, ça n’attend pas, il nous faut un autre filon éditorial : Tariq Ramadan ! ! ! ! !

Ce « diable » de musulman, islamologue de surcroît.

C’est Dieu (ou le diable  ? ) qui nous l’envoie ? En tout cas, c’est pain béni : il suffit d’agiter « l’épouvantail  » Ramadan ou plutôt le « diable » Ramadan pour que la peur panique s’empare de l’appareil médiatique, politique et de toute la République. On va lui préparer un chemin de croix digne d’un apostat. Il en porte tous les stigmates :

- homme d’une autre foi,

- grand intellectuel devant l’Eternel (il a le « diable en tête » cet homme-là),

professeur endiablé de tolérance et de partage

habitant au diable vauvert…

Rien de tel pour en faire un vrai coupable de ce « pauvre diable ».

On va lui intenter un procès en islamo-sorcellerie. Lui faire porter le sceau de l’infâmie : c’est un antisémite. Lui dresser un bûcher. L’exécuter « à la diable » sur la Place Médiatique.

Diantre ! ça va être la Curée. La plèbe va se délecter. On lui donne là de quoi conjurer ses peurs et ses haines sombres, archaïques et diaboliques.

Tariq Ramadan n’en réchappera pas, foi de mécréant. La raison a ses limites, que diable  !

« Ce diable de musulman, dites-vous ? » C’est la « beauté du diable » car Tariq Ramadan est diablement beau. Beau dans sa foi, sa générosité, sa sincérité et son humanité.

Je conseillerais à ces nouveaux bretteurs laïcards des Médias de prendre garde qu’une étincelle allumée ne cause un vaste incendie et de méditer ces paroles de Lao-tseu :

« la boue cache le rubis mais ne le tâche pas ».

Samira (Collectif Vigilance Médias)

Collectif Vigilance Médias - 29, rue Traversière - 75012 Paris - [email protected]

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