Dictionnaire étymologique des mots français venant de l’arabe, du turc et du persan

Il existait bien dans le commerce quelques rares dictionnaires étymologiques recensant les mots français ven

dimanche 13 mai 2007

Dictionnaire étymologique des mots français venant de l’arabe, du turc et du persan

DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE DES MOTS FRANÇAIS VENANT DE L’ARABE, DU TURC ET DU PERSAN

Auteur : Georges A. Bertrand

L’Harmattan, Paris 2007, 154 p., 14, 50 € ; ISBN : 978-2-296-03236-1


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Il existait bien dans le commerce quelques rares dictionnaires étymologiques recensant les mots français venant de l’arabe, mais souvent très incomplets, datés, et surtout n’intégrant pas la réalité d’un vocabulaire toujours mouvant, reflet des relations toujours actuelles entre le monde occidental et le monde musulman.

L’ouvrage de Georges A. Bertrand apporte au moins trois nouveautés essentielles : tout d’abord il a intégré le vocabulaire venu des langues turque et persane, tant il est vrai que bien des mots dits « arabes » sont en fait soit passés par l’une de ces deux langues avant de nous parvenir, soit en sont issus et sont passés par l’arabe avant de devenir « français ».

D’autre part, il remet en cause, avec parfois une certaine audace, certaines idées reçues et toujours répétées sans aucune vérification, sur l’origine de certains mots (comme assassin), propose de nouvelles hypothèses pour essayer de trouver l’origine de mots dont l’étymologie est dite « inconnue » (comme mafia), et dévoile le cheminement parfois extraordinaire de certaines mots tout autour de la Méditerranée (comme felouque).

Enfin, parmi plus de 650 mots ainsi décrits, datés, expliqués, n’ont pas été oubliés les emprunts les plus récents, concernant aussi bien le langage dit « des banlieues » (comme ahchouma) que celui, politique, utilisé, souvent approximativement, par le monde des médias (de Hamas à taleban).

Au moment où le choc des ignorances (bien plus certain que celui des civilisations) se fait ressentir par la volonté d’enfermer la langue sur des racines excluantes et fantasmées, l’ouvrage de G.A. Bertrand est salvateur : il vient rappeler un dialogue des cultures qu’il ne faut pas oublier et démontre qu’une langue est d’autant plus vivante qu’elle sait s’ouvrir à d’autres.

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