Des talk-shows par qui le scandale arrive en Egypte

Electrochoc culturel en pleine période sainte, des émissions au confluent du talk-show et de la téléréali

mardi 29 septembre 2009

Electrochoc culturel en pleine période sainte, des émissions au confluent du talk-show et de la téléréalité, dénuées de toute éthique, ont envahi les chaînes égyptiennes, scandalisant les autorités religieuses du pays qui ont attendu la fin du ramadan pour laisser éclater leur profond mécontentement.

Au règne de l’audimat, les télédiffuseurs du monde entier n’ont qu’un seul credo : la courbe d’audience. Une règle universelle qui prévaut sur toutes les autres, même en Egypte, et peu importe si elle l’emporte sur l’autel d’une tradition religieuse essentielle, et si elle banalise un nivellement culturel par le bas, aussi longtemps qu’elle représente une sacrée aubaine pour des producteurs sans foi ni loi, assurés du jackpot …

Période bénie parmi toutes, le ramadan est également un temps fort du marketing, rassemblant tous les jours devant les écrans un public extrêmement captif.

Il n’en fallait pas plus aux responsables de chaînes égyptiens pour flairer le filon, et oser l’impensable en prime time : la diffusion d’émissions triviales et provocatrices, où transparaît l’influence télévisuelle occidentale, dans ce qu’elle a engendré de pire.

Très populaires dans le monde arabe, ces talk-shows appliquent une recette que nous connaissons bien : des confessions salaces de notoriétés sur leurs secrets d’alcôve, où l’on trouve pêle-mêle des acteurs évoquant des relations extra-conjugales, des actrices se mettant à nu dans tous les sens du terme, et cerise sur le gâteau Monsieur tout le monde parlant divorce et avortement sans tabous …

Montant au créneau, un public que l’on n’abuse pas aussi facilement décèle la main mise du gouvernement pour contrer l’influence croissante des islamistes conservateurs, tandis que d’autres y voient le simple signe d’une moralité débridée dans un des pays les plus peuplés du monde arabe.

De leur côté, les autorités religieuses offusquées condamnent des émissions blasphématoires, à l’instar d’un saoudien cheikh Saleh al-Foza qui a vilipendé la vénalité de producteurs exploitant la dépravation des mœurs : « S’ils continuent la diffusion de dépravation et d’impudeur, ils devraient être bannis de leur poste et remplacés par d’autres ».

Publicité

commentaires