Des militants étrangers, débarqués de la flottille, témoignent

A quai, la flottille de la liberté, mortellement frappée, a été arraisonnée après une nuit de cauchemar,

mardi 1 juin 2010

A quai, la flottille de la liberté, mortellement frappée, a été arraisonnée après une nuit de cauchemar, et avec elle des hommes et des femmes traumatisés de différentes nationalités, ayant en commun leur idéal de paix.

Premier français libéré, les micros se sont tendus vers Youssef Ben Derbal à son arrivée mardi à Roissy. Ce membre du Comité de Bienfaisance et de Secours aux Palestiniens, l’ONG française dont nous évoquions récemment l’implication dans le convoi fluvial, se remémorait le pire des scénarios, basculant dans l’horreur d’une attaque israélienne d’une extrême brutalité, qui n’avait qu’un seul mot d’ordre : ne pas faire de quartier.

Alors que le Premier ministre, François Fillon, a exigé la libération immédiate des neufs autres français aux mains des autorités israéliennes, en demandant que l’aide humanitaire parvienne bien aux gazaouis, sans aller toutefois jusqu’à appeler à la fin du calvaire responsable de tous les maux : le blocus de Gaza – à chaque jour suffit sa peine ! – des militants grecs et allemands, livraient, de retour chez eux, la même version des faits : une agression traître, impressionnante et illégale contre une mission pacifique, naviguant dans les eaux internationales.

"J’ai personnellement vu deux bâtons qui ont été utilisés (...). Il n’y a rien eu de plus", a affirmé en conférence de presse Norman Paech, 72 ans, ancien député du parti allemand Die Linke, qui était à bord du ferry turc Mavi Marmara. "C’était une attaque contre une mission pacifique dans les eaux internationales. Les Israéliens peuvent vouloir défendre leur zone de défense militaire, mais nous étions en dehors de ces limites " a-t-il insisté. Un récit corroboré par ses quatre concitoyens à bord du même bateau.

Quand la parole libérée se libère, des vérités se font jour, de celles qui ébranlent l’hypocrisie de mise sur l’échiquier mondial, faisant voler en éclat le mythe d’une démocratie israélienne, bienveillante et équitable, à absoudre de ses crimes parce que persécutée depuis Mathusalem...

Ainsi quatre grecs, revenus de l’enfer, décrivent "des tirs de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc, deux militants ayant été blessés aux jambes. Les commandos ont ensuite fait subir des électrochocs à certains des militants", avant de révéler des conditions de détention misérables, cinq cent personnes entassées, sans boire ni manger, soumises à des fouilles corporelles dégradantes, certains étant "tabassés", l’un d’eux confiant à la presse : « Les policiers tournaient des vidéos, nous étions assis par terre et nous avons été menacés par leurs armes. Ils m’ont fait signer des papiers, sans que je sache ce qui figurait sur ces papiers car je n’avais pas le droit d’avoir de traducteur, d’avocat ou de communiquer avec ma famille ».

Est-ce la marque d’un Etat victime, ou plutôt d’un Etat bourreau, que de déclencher une "blitzkrieg", éclair et implacable, contre des humanitaires ? Une offensive au très lourd bilan, que le gouvernement de Netanyahu traînera comme le boulet de sa tyrannie : des morts insupportables, 682 personnes se trouvant derrière les barreaux de la prison de Beer-Sheva, 48 ressortissants étrangers hospitalisés, seuls 45 membres de la flottille, ayant accepté l’expulsion, ont pu s’envoler loin du malheur.

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