Des « guerres sans images » à la manifestation sans images

Revenant du point de passage de Raffah où il a essayé en vain de franchir la frontière avec une équipe de

lundi 26 janvier 2009

Revenant du point de passage de Raffah où il a essayé en vain de franchir la frontière avec une équipe de journalistes internationaux, le nouveau Directeur général du Centre de Doha pour la liberté d’information, Robert Ménard, plus connu en tant qu’ancien Secrétaire général de « Reporters sans frontières », a réservé à l’émission dominicale de France Inter « Le sept neuf du dimanche » la primeur de sa consternation tardive quant à la réalité de la tragédie humanitaire de Gaza.

Force est de constater que fouler le sol du théâtre des opérations semble agir comme le plus efficace des électrochocs…

En effet, invité pour s’exprimer sur « les guerres sans images », Robert Ménard a tenu à condamner sans détour la grille de lecture partiale qui prévaut en France sur la nature et les responsabilités d’un conflit sans cesse ravivé, irrémédiablement marquée du sceau de la culpabilité vis-à-vis de la Shoah.

Une culpabilité collective pour le moins fédératrice, qui conduit dans un même consensus (la chose est assez rare en France pour être notée…) notre classe politique et notre intelligentsia à nier qu’ Israël puisse nourrir toute ambition colonialiste, ou pis encore à l’absoudre par avance de tout crime contre l’humanité… L’impensable dans les deux cas !

Alors que France Inter se perdait en conjectures sur « les guerres sans images », l’ensemble de nos grands médias audiovisuels ont, quant à eux, pratiqué ce week-end, sans vergogne aucune, la manifestation sans images…

La tempête, qui a frappé le Sud-Ouest, arrivant à point nommé pour les dédouaner de véhiculer une information instrumentalisée et partielle. L’urgence était ailleurs.

S’arrogeant le droit avec l’outrecuidance qu’on leur connaît de juger le traitement de l’information des autres, nos grandes chaînes de télévision, notamment celles du service public, devraient aujourd’hui répondre devant l’ensemble de nos concitoyens de leurs propres manquements à la plus élémentaire déontologie journalistique.

Si « des guerres sans images » à la manifestation sans images, il n’y a qu’un pas qui a été allègrement franchi ce week-end au nom de la redoutable pensée unique, les dirigeants zélés de nos principaux organes de presse oublient juste un détail non négligeable : d’autres sources d’information alternatives existent maintenant, qui peuvent faire éclater au grand jour l’étendue de leur duplicité et de leur compromission.

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