Des comédiens et auteurs israéliens refusent de se produire en Cisjordanie

Le petit monde du théâtre israélien fait de la résistance. Ils sont 57, acteurs et dramaturges, à endosse

mercredi 1 septembre 2010

Des comédiens et auteurs israéliens refusent de se produire en Cisjordanie

Le petit monde du théâtre israélien fait de la résistance. Ils sont 57, acteurs et dramaturges, à endosser un rôle de premier plan sous de nouveaux tréteaux : celui de signataires d’une pétition appelant les directeurs de six compagnies théâtrales du pays à boycotter l’ouverture d’un théâtre subventionné par l’Etat, en novembre prochain à Ariel, une des plus grandes agglomérations juives de Cisjordanie.

Le rideau de la scène vivante israélienne se lève sur un acte fort et épique, qui refuse toute compromission avec le pouvoir, dans un sursaut civique plein de panache qui prend le pas sur l’amour de l’art.

« Nous refusons de nous produire dans des colonies de peuplement », soulignent les signataires du texte, en indiquant qu’ils ne sont « prêts à jouer qu’à l’intérieur des frontières reconnues par la communauté internationale ». Parmi eux, le dramaturge Yoshua Sobol et l’acteur Odet Kotler, ce dernier déclarant : « mon contrat avec le théâtre stipule explicitement que je suis obligé de jouer en Israël, et Ariel ne fait pas partie de cet état ».

Cantonné au second rôle du « premier Ministre hors de lui », mis devant le fait accompli, Benjamin Netanyahu est parfaitement entré dans la peau de son personnage, furibond et de mauvaise foi à souhait, fustigeant une initiative de l’intérieur « inacceptable », au moment où dans le monde entier un complot tente de « déligitimer Israël ».

Alors que les députés arabes de la Knesset ont applaudi à ce spectacle contemporain de la rébellion, plusieurs ministres ont proposé de couper les vivres à ces artistes idéalistes, en supprimant les subventions aux compagnies qui n’accepteraient pas de se produire partout, y compris au-delà de la ligne verte.

Le bras de fer est engagé avec le pouvoir, qui n’hésitera pas à museler ses saltimbanques ou à les mettre au ban de la société si, d’aventure, leur sensibilité humaniste se donnait en spectacle dans une scénographie un peu trop avant-gardiste : le théâtre de rue contestataire...

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