|
|
Abonnez-vous: RSS E-mail Twitter | |
| Mercredi 17 Mars 2010 | ||
|
|
|
|
Articles
Déconstruction des mythes fondateurs de la grandeur française/Une lecture fractale de l’Histoire de France
vendredi 23 février 2007 - par René Naba
PREMIÈRE PARTIE La scène se passait en juin 1998, il n’y a pas si longtemps, huit ans environ à peine, un mois avant la grande communion multicolore du Mondial, la première victoire de la France bariolée dans le championnat du Monde de Football : Bruno Gollnisch, le successeur potentiel du dirigeant du Front National Jean Marie Le Pen, exhibait, au terme d’une conférence de presse, un attaché-case, dont il révélait le code secret de verrouillage comme un trophée de guerre (1). Le code secret par définition doit demeurer secret. Il se conserve comme une sainte relique. Pour M.Gollnisch, cela n’est évidemment pas le cas : le secret est public surtout lorsqu’il s’agit de stigmatiser, surtout lorsqu’il s’agit de glaner un succès à bon compte. Chacun a les satisfactions intellectuelles de son niveau d’éducation. Ménageant ses effets, il déclame en public sa combinaison magique de trois chiffres qu’il déclame en public l’égrenant lentement 7-3-2 dans un mouvement jouissif libérateur. 732. l’effet est assuré. 732, Poitiers. La victoire controversée de Charles Martel sur les troupes arabes d’Abdel Rahman. Cela se passait donc en 1998 et Gollnisch prenait pour référence un événement datant de 1266 ans. 1266 ans de rumination historique. Sans doute la marque manifeste du zèle d’un néophyte. 1266 ans de rumination pour ce Français de la troisième génération, comme l’on désigne en France les petits fils d’immigrés, en l’occurrence un petit fils d’immigrés allemands. Correspondant de guerre sur les théâtres d’opérations extérieurs du territoire métropolitain, l’exhibition impudique de Bruno Gollnisch, la passivité des journalistes présents devant sa vaine et vaniteuse démonstration ont opéré comme un déclic en moi me propulsant dans une navigation sidérante dans le tréfonds de la conscience française, dont je souhaite vous livrer les conclusions sans appétence polémique particulière, dans le droit fil de la thématique de ce colloque « D’une rive à l’autre, Ecrire l’Histoire, Décoloniser les Esprits ». L’exercice ne relève ni de la démagogie, ni d’un populisme de bon aloi, de bonne guerre il est vrai, dans ce genre de démonstration. Il vise à apporter une contribution à la clarification sémantique et psychologique du débat post-colonial par le pistage des non-dits de la conscience nationale à travers un voyage dans les méandres de l’imaginaire français. Ni populisme, ni démagogie, ni dénigrement non plus. Mais l’application de l’analyse de contenu à de constats qui s’ils sont lapidaires ne sont nullement sommaires ni rudimentaires. Une thérapie par électrochocs en somme. Un voyage révélateur des présupposés d’un peuple, des ressorts psychologiques d’une nation et de la complexion mentale de ses dirigeants. Embarquons nous donc pour ce voyage de déconstruction des mythes fondateurs de la grandeur française avec un grand merci pour Bruno Gollnisch d’en avoir été, involontairement, l’élément déclencheur. I) Le Panache français ou le mythe de la grandeur Le propos n’est pas anodin. Il correspond à une réalité indéniable : la dernière grande victoire militaire française remonte à deux siècles. Oui deux siècles exactement. Austerlitz. Certes il y eut Valmy et le Pont d’Arcole. Puis Austerlitz. Le panache français en somme. Puis. Plus rien….drôle de panache. Ce fut ensuite Waterloo (1815), face aux Anglais, Sedan (1870), face aux Allemands, Fachoda (1898), qui brisa net l’accès de la France aux sources du Nil, au Soudan. Soit près d‘un siècle de désastres militaires ininterrompus, compensés, il est vrai, par les conquêtes coloniales notamment l’Algérie. A croire que les expéditions coloniales sont d’utiles palliatifs aux désastres nationaux et par transposition au débat contemporain, les immigrés d’indispensables dérivatifs aux difficultés internes. VERDUN 1916 et Rethondes I (l’armistice du 11 novembre 1918), cent ans après Waterloo refermeront la parenthèse néfaste. Mais là, les Français ne sont pas seuls. Ils ne peuvent plus revendiquer la victoire à leur bénéfice exclusif. C’est une « victoire alliée » qu’ils devront partager avec leurs alliés britanniques et américains mais aussi avec les nouveaux venus de la scène internationale : les Basanés. 550.449 soldats de l’Outre mer dont 173.000 Algériens, soit 20 pour cent des effectifs et 10 pour cent de la population du pays participeront à l’effort de guerre de la France. 78.116 ultramarins tomberont sur le champ d’honneur, soit l’équivalent de la totalité de la population de Vitrolles et d’Orange prises ensemble, les deux fiefs de l‘extrême droite française contemporaine. La pensée peut paraître sacrilège mais elle correspond, là aussi, à la réalité : Verdun est à ce titre autant une victoire française qu’une victoire arabe et africaine. Certes la « chair à canon » était présentée comme étant de peu de valeur face à la qualité des stratèges du Haut commandement. Mais le fait est là aussi démontré : Après Verdun beaucoup avaient cru naïvement que la France s’était réconciliée avec la victoire. Et bien non. 1940 et Rethondes Bis (la capitulation de Montoire du 21 juin 1940) apporteront la preuve du contraire. Monte Cassino (1944) lavera l’honneur français mais la plus grande victoire française de la Deuxième Guerre mondiale est une victoire mixte : Cent mille (100.000) soldats alliés, contre 60.000 Allemands, ainsi que 4000 ressortissants du Maghreb auront payé de leur vie cette victoire. 4.000 originaires du Maghreb sur 6.300 tués dans les rangs français, soit les 2/3 des effectifs. Monte Cassino est donc tout autant une victoire alliée, qu’une victoire française, arabe et africaine. Le schéma est identique en ce qui concerne le domaine naval. Le dernier fait d’armes français –controversé tout de même- remonte à Aboukir (1799). Puis ce fut au tour de Trafalgar (1805), Toulon (1942), le Charles de Gaulle et son hélice manquante durant la guerre d’Afghanistan (2001), la première guerre du XXI me siècle, enfin les pérégrinations de l’ancien joyau de la flotte française, le Clemenceau, en 2005. On aurait rêvé meilleur traitement à De Gaulle et à Clemenceau, tout de même deux personnages considérables de l’Histoire de France. Victorieuse avec ses anciens colonisés, la France retrouvera le chemin de la défaite lorsqu’elle se dressera contre eux. Carbonisée à Dien Bien Phu (1954) contre le Vietnam, première victoire d’un pays du tiers monde sur un pays occidental, ainsi qu’en Algérie (1954-1962). II) Le tryptique républicain (Liberté, Egalité, Fraternité), le mythe fondateur de l’exception française. A. La liberté : la Colonisation est la négation de la Liberté. La Colonisation n’est pas, loin s’en faut, « la mise en valeur des richesses d’un pays transformé en colonie » selon la plus récente définition du dictionnaire « Le Petit Robert » Edition -2007 La liberté et La colonisation sont proprement antinomiques. Car la colonisation est l’exploitation d’un pays, la spoliation de ses richesses, l’asservissement de sa population au bénéfice d’une Métropole dont elle est, en fait, un marché captif, le réservoir de ses matières premières et le déversoir de son surplus démographique, de sa main d’œuvre et de sa surpopulation, le volant régulateur du chômage et de l’inflation dans les sociétés occidentales. Contraire aux idéaux de Liberté, d’Egalité et de fraternité, les principes fondateurs de la Révolution Française, la colonisation est le fossoyeur de l’idéal républicain. Elle l’aura été quand bien même d’illustres figures françaises, telles Léon Blum, la conscience morale du socialisme, auront voulu – déjà- en célébrer les bienfaits comme un devoir de faire accéder à la civilisation les peuples primitifs (2). Par transposition au débat contemporain, la rhétorique de Léon Blum est comparable à celle de la nouvelle conscience de la nouvelle gauche française, le philosophe André Glucksman, présentant l’invasion américaine de l’Irak en 2003 comme une contribution occidentale à l’instauration de la démocratie en terre arabe et non comme la mainmise américaine sur les gisements pétroliers de ce pays. « Le fardeau de l’homme blanc », théorisé par l’anglais Kipling, est un alibi commode, le thème récurrent à toutes les équipées prédatrices du monde occidental. B) L’Egalité : L’exception française est une singularité : Premier pays à avoir institutionnalisé la terreur comme mode de gouvernement, avec Maximilien de Robespierre, sous la Révolution française (1794), la France sera aussi le premier pays à inaugurer la piraterie aérienne, en 1955, avec le déroutement de l’avion des chefs historiques du mouvement indépendantiste algérien Ahmad Ben Bella, Mohamad Khider, Mohamad Boudiaf et Krim Belkacem), donnant ainsi l’exemple aux militants du tiers-monde en lutte pour leur indépendance. La récidive dans la singularité est aussi un trait de l’exception française : En effet, ce pays jacobin, égalisateur et égalitaire se singularisera, aussi, en étant le seul pays au monde à avoir officialisé le « gobino-darwinisme juridique », à avoir codifié en Droit « la théorie de l’inégalité des races », une codification opérée sans discernement, pour promouvoir non l’égalité, mais la ségrégation. La « Patrie des Droits de L’Homme » et des compilations juridiques modernes –le code civil et le code pénal- est aussi le pays de la codification discriminatoire, le pays de la codification de l’abomination : le pays du« Code Noir » de l’esclavage, sous la Monarchie, du « Code de l’indigénat » en Algérie, sous la République, qu’il mettra en pratique avec les « expositions ethnologiques », ces « zoos humains » (3) dressés pour ancrer dans l’imaginaire collectif des peuples du tiers monde l’idée d’une infériorité durable des « peuples de couleur », et, par contrecoup, la supériorité de la race blanche comme si le blanc n’était pas une couleur, même si elle est immaculée, ce qui est loin d’être le cas. Un chiffre suffit à démontrer l’inanité de ce principe d’égalité : Trois membres du dernier gouvernement de l’ère chiraquienne présidé par Dominique De Villepin (2005) ont été affectés à la mise en œuvre de ce principe dans ses diverses déclinaisons : la cohésion sociale (Jean Louis Borloo), la promotion de l’égalité des chances entre Français de souche et Français naturalisés (Azouz Begag) enfin la parité Hommes-femmes (Catherine Vautrin). Ce principe d’égalité est pourtant l’un des principes fondateurs de la République, entériné comme bien commun de la nation depuis deux siècles. Que n’a-t-on songé à le mettre en œuvre auparavant ? A croire que la laïcité ce concept unique au monde ne s’est forgé que pour servir de cache-misère à un chauvinisme récurrent de la société française. Les hochets offerts épisodiquement non aux plus méritants mais aux plus dociles, en guise de lot de consolation, loin d’atténuer cette politique discriminatoire, en soulignent la parfaite contradiction avec le message universaliste de la France. Ils l’exposent à de douloureux retours de bâtons. C. Fraternité : Le Bougnoule, la marque de stigmatisation absolue, le symbole de l’ingratitude absolue. La fraternisation sur les champs de bataille a bien eu lieu mais la fraternité jamais. Jamais pays au monde n’a autant été redevable de sa liberté aux peuples basanés et pourtant jamais pays au monde n’a autant compulsivement réprimé ses alliés coloniaux, dont il a été lourdement redevable de sa survie en tant que grande nation. De Fraternité point, mais en guise de substitut, la stigmatisation, la discrimination et la répression à profusion. Par deux fois en un même siècle, phénomène rarissime dans l’histoire, ces soldats de l’avant, les avant-gardes de la mort et de la victoire auront été embrigadés dans des conflits qui leur étaient, étymologiquement, totalement étrangers, dans une « querelle de blancs », avant d’être rejetés, dans une sorte de catharsis, dans les ténèbres de l’infériorité, renvoyés à leur condition subalterne, sérieusement réprimés aussitôt leur devoir accompli, comme ce fut le cas d’une manière suffisamment répétitive pour ne pas être un hasard, à Sétif (Algérie), en 1945, cruellement le jour de la victoire alliée de la seconde Guerre Mondiale, au camp de Thiaroye (Sénégal) en 1946, et, à Madagascar, en 1947, sans doute à titre de rétribution pour leur concours à l’effort de guerre français. ((A noter qu’en Grande Bretagne, contrairement à la France, la contribution ultramarine à l’effort de guerre anglais a été de nature paritaire, le groupe des pays anglo-saxons relevant de la population Wasp (White Anglo Saxon Protestant), -Canada, Australie, Nouvelle Zélande-, a fourni des effectifs sensiblement égaux aux peuples basanés de l’empire britannique (indiens, pakistanais etc.). Il s’en est suivi la proclamation de l’Indépendance de l’Inde et du Pakistan en 1948, au sortir de la guerre, contrairement, là aussi, à la France qui s’engagera dans dix ans de ruineuses guerres coloniales (Indochine, Algérie). « Bougnoule » tire ainsi son origine de l’expression argotique de cette supplique ante-mortem. La revendication ultime préludant au sacrifice suprême -« Aboul Gnoul, apporte l’alcool »- le breuvage galvanisateur de l’assaut des lignes ennemies, finira par constituer, par un dévoiement de la pensée, la marque d’une stigmatisation absolue de ceux qui auront massivement contribué, à deux reprises, au péril de leur vie, à vaincre, paradoxalement, les oppresseurs de leurs propres oppresseurs. Dans les ouvrages français, le calvaire de leur dépersonnalisation et leur combat pour la restauration de leur identité et de leur dignité se résumeront à cette définition laconique : « Le bougnoule, nom masculin apparu en 1890, signifie noir en langue Wolof (dialecte du Sénégal). Donné familièrement par des blancs du Sénégal aux noirs autochtones, ce nom deviendra au XXme siècle une appellation injurieuse donnée par les Européens d’Afrique du Nord aux Nord-Africains. Synonyme de bicot et de raton » (4). Un glissement sémantique du terme bougnoule s’opérera au fil du temps pour englober, bien au delà de l’Afrique du Nord, l’ensemble de la France, tous les « mélanodermes », arabo-berbères et négro-africains, pour finir par s’ancrer dans le tréfonds de la conscience comme la marque indélébile d’un dédain absolu, alors que parallèlement, par extension du terme raton qui lui est synonyme, le langage courant désignait par « ratonnade » une technique de répression policière sanctionnant le délit de faciès. Bougnoule finira par confondre dans la même infamie tous les métèques de l’Empire, piétaille de la République, promus au rang de défenseurs occasionnels de la Patrie, qui étaient en fait les défenseurs essentiels d’une patrie qui s’est toujours voulue distincte dans le concert des nations, qui se distinguera souvent d’une façon lumineuse, d’une façon hideuse parfois, traînant tel un boulet, Vichy, l’Algérie, la collaboration, la délation, la déportation et la torture, les pages honteuses de son histoire, peinant des décennies durant à expurger son passé, et, pour avoir tardé à purger son passif, en paiera le prix en termes de magistère moral…….Une revanche posthume du bougnoule, en quelque sorte. La France du triptyque républicain : une vision ethniciste face au phénomène exogène. L’affirmation peut paraître péremptoire, n’y voyons aucune malice, mais correspond néanmoins à la réalité historique : Le clivage communautaire a préexisté en France dans l’esprit des autorités et des citoyens du pays d’accueil bien avant qu’il ne prenne corps dans l’esprit des migrants. Par transposition du schéma colonial à l’espace métropolitain, l’immigré en France a longtemps été perçu comme un indigène, ce qui faisait paradoxalement de l’immigré, l’indigène de celui qui est étymologiquement l’indigène (5), une main-d’oeuvre relevant de la domesticité de convenance, dont l’expatriation assurait sa subsistance et l’obligeait par voie de conséquence à un devoir de gratitude envers le pays hôte. . D’extraction modeste, affecté à des taches subalternes et pénibles de surcroît non valorisantes, l’immigré, parqué en marge des villes, était par définition et par destination un être en marge de la société, un élément marginal et non une composante de la société française. Il n’avait de ce fait ni droit de cité, ni droit de regard, ni a fortiori droit de parole. L’immigré a été d’autant plus occulté qu’il deviendra durant les années 1950-1970 responsable de tous les maux diplomatiques et économiques français : du désastre de Dien Bien Phu, en 1954, à la Guerre d’Algérie, à l’expédition franco-britannique de Suez contre le symbole du nationalisme arabe Nasser, en 1956, à l’affrontement de Bizerte et la décolonisation de l’Afrique, en 1960, à la 3ème guerre israélo-arabe de juin 1967, à la première crise pétrolière, en 1973, autant d’événements qui ont fini par diaboliser l’immigré notamment "arabo-musulman" dans le regard du français. Dans le domaine de l’imaginaire et le champ de la production intellectuelle, l’arabe représentait alors par compensation "le mal absolu" identifié dans le langage courant par cette rodomontade musculatoire : "le bougnoule à qui l’on doit faire suer le burnous ». Par un faux effet d’optique, la France se donnera l’illusion de venger ses avatars d’Algérie et, par un philosémitisme actif, l’illusion de sa rédemption, substituant une arabophobie à une judéophobie, en somme une injustice à une autre injustice, feignant par là même d’ignorer que l’injustice ne se combat pas par une autre injustice. Symptomatique de cet état de fait, le harki, celui-là même qui dans le schéma mental français devait représenter le bon arabe ou le bon immigré puisqu’il s’était rangé de son côté, c’est à dire du bon côté, sera gommé de la conscience nationale et dissimulé dans les recoins arides du pays, dans une démarche symbolique destinée à refouler ce « déchet du colonialisme » dans le tréfonds de la conscience. La crispation identitaire française remonte, en fait, sur le plan national, aux premières vagues d’immigration de l’ensemble arabo-musulman, principalement du Maghreb, le ponant du monde arabe, plus précisément à la Première Guerre Mondiale (1914-1918). Avec 1,4 millions de morts, 900 000 invalides, la France déplorera la perte de 11 pour cent de sa population active du fait du premier conflit mondial, à laquelle il conviendrait d’ajouter les dégâts économiques : 4,2 millions d’hectares ravagés, 295 000 maisons détruites, 500 000 endommagés, 4.800 km de voies ferrées et 58.000 km de routes à restaurer et 22 900 usines à reconstruire et 330 millions de m3 de tranchées à combler. Les premiers travailleurs immigrés, des Kabyles, arriveront en France dès 1904 par petits groupes, mais la Première Guerre Mondiale provoquera un effet d’accélérateur entraînant un recours massif aux « travailleurs coloniaux » auxquels se superposeront les renforts des champs de bataille comptabilisés sous une autre rubrique. L’indigène lointain cède la place à l’immigré de proximité. De curiosité exotique que l’on exhibe dans les zoos humains pour glorifier l’action coloniale française, le mélanoderme deviendra progressivement une donnée permanente du paysage humain de la vie quotidienne métropolitaine, sa présence vécue comme une contrainte, exacerbée par la différenciation des modes de vie entre immigrés et métropolitains, les fluctuations économiques et les incertitudes politiques du pays d’accueil Paradoxalement, dans la période de l’entre-deux guerres (1918-1938), la France va favoriser la mise en place d’une « République Xénophobe » (6), matrice de l’idéologie vichyste et de la « préférence nationale », alors que son besoin en main d’oeuvre est criant. Bien que contribuant à sortir la France de son champ de ruine, les travailleurs immigrés seront tenus en suspicion, pistés au sein d’un grand « fichier central ». Soumis pour l’obtention de la carte de séjour à une taxation équivalant parfois à un demi mois de salaire, source de revenus complémentaire pour l’Etat français, ils seront de surcroît perçus comme porteurs d’un triple péril : péril économique pour leurs concurrents français, péril sanitaire pour la population française dans la mesure où l’étranger particulièrement les Asiatiques, les Africains et les Maghrébins étaient présumés porteurs de maladies, péril sécuritaire pour l’Etat français. Près de deux cent mille « travailleurs coloniaux » (200 000) seront ainsi importés d’Afrique du Nord et du continent noir par de véritables corporations négrières, telle la « Société générale de l’immigration » (SGI), afin de pallier la main d’oeuvre française principalement dans le bâtiment et l’industrie textile en remplacement des soldats français partis au front. Dans la cohorte de travailleurs immigrés, venus d’abord principalement d’Italie et de Pologne, les Maghrébins feront l’objet d’une attention spéciale de la part des pouvoirs publics. Un « Bureau de surveillance et de protection des indigènes nord-africains chargé de la répression des crimes et des délits » est constitué le 31 mars 1925. Un bureau spécial rien que pour les Maghrébins, précurseur du « service des questions juives » que le pouvoir vichyste mettra en place en 1940 pour la surveillance des nationaux français de « race ou de confession juive » durant la Seconde Guerre mondiale. ((NDLR Citation de l’article de la juriste Danièle Lochak « La race, une catégorie juridique ? » (http://www.anti-rev.org/textes/Lochak92a/ ) : « la loi du 3 octobre 1940 portant statut des Juifs dispose : "Est regardé comme juif pour l’application de la présente loi toute personne issue de trois grands parents de race juive ou de deux grands parents de la même race, si son conjoint lui-même est juif". Cette définition, qui laisse en suspens la question de savoir comment sera déterminée l’appartenance des grands-parents à la race juive, sera remplacée, dans la loi du 2 juin 1941, par une définition plus explicite : "Est regardé comme juif : 1° celui ou celle appartenant ou non à une confession quelconque, qui est issu d’au moins trois grands-parents de race juive, ou de deux seulement si son conjoint est lui-même issu de deux grands-parents de race juive. Est regardé comme étant de race juive le grand-parent ayant appartenu à la religion juive ; 2° celui ou celle qui appartient à la religion juive et qui est issu de deux grands-parents de race juive". » L’intitulé de l’office en dit long quant à l’opinion du gouvernement français et de ses intention à l’égard des « indigènes » d’Afrique du Nord. Le phénomène ira en s’amplifiant avec la Deuxième Guerre Mondiale et les trente glorieuses années de l’après-guerre (1945-1975) qui suivirent la reconstruction de l’Europe, où le besoin de « chairs à canon » et d’une main d’oeuvre abondante à bas prix provoqueront un nouveau flux migratoire égal en importance au précédent. Luxe de raffinement, le recrutement s’opérait selon des critères d’affinités géographiques au point de constituer de véritables couples migratoires en particulier entre Renault et l’embauche kabyle, charbonnages de France et les travailleurs du sud marocain, de même qu’en Allemagne, Wolkswagen et les immigrés turcs. A l’instar d’une cotation boursière sur un marché de bétail, les travailleurs coloniaux faisaient même l’objet d’une notation en fonction de leur nationalité et de leur race (7) avec de subtiles distinctions selon leur lieu de provenance notamment au sein des Algériens où les Kabyles bénéficiaient d’un préjugé plus favorable que les autres composantes de la population algérienne. Le Kabyle était invariablement noté 5/20, l’arabe 4/20 et l’Indochinois 3/20. Ho Chi Minh témoin de cette humiliante notation ethnique lors de son séjour parisien, se vengera trente ans plus tard en infligeant à son ancien maître l’une des plus humiliantes défaites militaires du monde occidental, la défaite de Dien Bien Phu en 1954. Muettes, les blessures de l’histoire ne cicatrisent jamais. La France s’affiche volontiers révolutionnaire mais se révèle, en fait, profondément conservatrice. La France du triptyque républicain a eu un comportement liberticide avec la colonisation, ethniciste dans sa politique migratoire, un comportement sociocide dans sa structuration socio-culturelle et démographique. Références : 1) Contribution de l’auteur au colloque de SEPTEMES-LES-VALLONS 6- 7 OCTOBRE 2006, organisé par Festival TransMediterranée (fmed@wanadoo.fr) sur le thème « D’UNE RIVE A L’AUTRE, ECRIRE L’HISTOIRE, DECOLONISER LES MEMOIRES » 2-Léon Blum invoquera son « trop d’amour » pour son pays « pour désavouer l’expansion de la pensée et de la civilisation française ». « Nous admettons le droit et même le devoir des races supérieures d’attirer à elles celles qui ne sont pas parvenues au même degré de culture », écrira-t-il dans le journal « Le Populaire » en date du 17 juillet 1925) cf « Quand Tocqueville légitimait les boucheries » par Olivier le Cour Grandmaison et « une histoire coloniale refoulée » par Pascal Blanchard, Sandrine Lemaire et Nicolas Bancel- Dossier général sous le thème « Les impasses du débat sur la torture en Algérie »-Le Monde Diplomatique juin 2001. Alexis de Tocqueville légitimera les boucheries considérant « le fait de s’emparer des hommes sans armes, des femmes et des enfants, comme des nécessités fâcheuses auxquelles tout peuple qui voudra faire la guerre aux Arabes sera obligé de se soumettre ». De son côté, Jules Ferry soutiendra dans un discours au Palais Bourbon le 29 juillet 1895 qu’ « il y a pour les races supérieures un droit par ce qu’il y a un devoir pour elle. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures ». 3)-« Zoos humains, de la Vénus Hottentote aux Reality Show » Ed. La Découverte Mars 2002, ouvrage réalisé sous la direction d’un collectif d’historiens et d’anthropologues membres de l’Association connaissance de l’Afrique contemporaine (Achac-Paris),Nicolas Bancel (historien, Université Paris XI), Pascal Blanchard (historien, chercheur CNRS), Gilles Boetsch (anthropologue, Directeur de recherche au CNRS), Eric Deroo (cinéaste, chercheur associé au CNRS) et Sandrine Lemaire (historienne, Institut européen de Florence). De 1877 à 1912, trente spectacles ethnologiques seront donnés au jardin d’acclimatation à Paris, puis aux expositions universelles de Paris de 1878 et de 1889 dont le clou pour celle de 1889 étaient aussi bien l’inauguration de la Tour Eiffel que la visite d’un « village nègre ». Suivront les expositions de Lyon (1894), les deux expositions coloniales de Marseille (1906 et 1922), enfin les grandes expositions de Paris de 1900 (diorama sur Madagascar, 50 millions de spectateurs) et de 1931 dont le commissaire général n’était autre que le Maréchal Lyautey. cf. « Le spectacle ordinaire des zoos humains » et « 1931. Tous à l’Expo » par Pascal Blanchard, Nicolas Bancel et Sandrine Lemaire, Manière de voir N°58 Juillet Août 2001, op cité. 4-Dictionnaire Le Petit Robert 1996. 5-« Du Bougnoule au sauvageon, voyage dans l’imaginaire français » René Naba–Editons l’Harmattan-2002 6-« La République Xénophobe, 1917-1939 de la machine d’Etat au « crime de bureau », les révélations des archives » de Jean Pierre Deschodt et François Huguenin Editions JC Lattès septembre 2001. 7-« Une théorie raciale des valeurs ? Démobilisation des travailleurs immigrés et mobilisation des stéréotypes en France à la fin de la grande guerre » par Mary Lewis, enseignante à la New York University, in « L’invention des populations », ouvrage collectif sous la direction d’Hervé Le Bras (Editions Odile Jacob). Mots clésRené NabaAncien responsable du monde arabo-musulman au service diplomatique de l’Agence France Presse, ancien conseiller du Directeur Général de RMC/Moyen orient, chargé de l’information. Rene Naba est l’auteur des ouvrages suivants : "De notre envoyé spécial, un correspondant sur le théâtre du monde" Editions l’Harmattan Mai 2009 "La Libye, la révolution comme alibi" Editions du Cygne septembre 2008 « Liban : chroniques d’un pays en sursis » Editions du Cygne janvier 2008 , « Aux origines de la tragédie arabe » - Editions Bachari 2006. "Du bougnoule au sauvageon, voyage dans l’imaginaire français"- Harmattan 2002. « Rafic Hariri, un homme d’affaires, premier ministre » (Harmattan 2000). « Guerre des ondes, guerre de religion, la bataille hertzienne dans le ciel méditerranéen » (Harmattan 1998). Blog : www.renenaba.com Du même auteur, à lire sur oumma.com :
Vos réactions et commentaires sur cet article8 janvier 2008
JACQUES a dit :
Dans ce texte, j’ai appris assez peu de choses qui ne soient pas déjà connus. Mais merci pour avoir réalisé cette compilation . Beaucoup de vérités pas toujours bonnes à dire pour certain-e-s, mais bonnes à entendre, et à redire. encore et encore. Mais des vérités ne font pas la vérité. Un autre article, sans doute, vous le consacrerez aux ’porteurs de valises", à ceux et celles qui ont combattu la guerre de 14-18 en France et en Allemagne, la guerre d’Algérie, le colonialisme, les tortures, Napoléon, le faschisme, l’impérialisme, le capitalisme etc etc. Pierre Vidal Naquet, Henri Alleg, et encore de ces personnes écrivant des articles dans le Monde Diplomatique que vous citez déjà ici, ou dans d’autres revues comme par exemple Gérard Noiriel, ou encore Marc Ferro, et tant d’autres qui feront sans doute partie de vos citations, et encore ces anonymes dont je faisd partie qui s’ils vivent en France et sont françai-e-s n’ont pas a assumer ce qui le leur revient pas. Merci pour ce travail. Un non- républicain anti royaliste, qui se trouve du même coté que les communards, Louise Michel, que ceux qui ont combattu Blum et Mitterand, Pétain et de Gaulle, et qui combattent Sarkozy et Royal... Salut Alain JACQUES 15 mai 2007
Prodeo a dit :
Monsieur, Vous faites bien de nous rappeler que depuis la chute de la monarchie française (et l’épisode napoléonien qui la singeait encore) notre patrie a tout perdu de sa splendeur. Ne pourriez-vous pas le clamer haut et fort à tous ces républicains qui ne cessent de parler de démocratie à la proportion de sa disparition ?
Vous feriez-là œuvre beaucoup plus utile que votre diatribe poitevine. Vous favoriseriez le retour du roi de tous les Français contre les roitelets aux petits pieds indignes de ceux de Berthe. Ces roitelets qui peinent à représenter plus de trente pour cent des Français qui s’opposent aux autres.
Si vous comprenez bien le sens de mes mots, je parie fort que vous vous sentirez dans l’inconfortable situation de l’arroseur arrosé. Cela dit, une telle prise de conscience, cela s’arrose. Ne croyez-vous pas ?
Pour le prestige et la grandeur pacifique de la France : un roi vite, très vite !
7 mars 2007
Teutates a dit :
1914-1918 : 223 000 combattants sont issus des colonies d’Afrique du Nord (Algérie : 150 000, Tunisie : 39 000, Maroc : 34 000). 35 000 d’entre eux sont morts pour la France. Cela représente un pourcentage de pertes d’environs 15 %. Si, comme on voudrait nous le faire croire, ces hommes avaient servis de chair à canon le pourcentage serait beaucoup élevé. "L’indigène chair à canon" est un des mythes fondateurs d’une certaine idéologie.
1914-1918 : 8 millions de français de métropoles sont mobilisés.(20 % de la population alors que pour l’Algérie les mobilisés représentent 1,5 % de la population) 1 400 000 d’entre eux sont morts au combat. Cela représente un pourcentage de pertes d’environs 18 %. Egalité face à l’horreur des tranchées...
35 000 morts, auxquels il faut rendre hommage, d’un coté et 1 400 000 de l’autre et on voudrait nous faire croire que Verdun est "une victoire Arabe", que les troupes issues des colonies ont servies de chair à canon et ont gagné la guerre à elles toutes seules ? Mensonges idéologiques...
25 février 2007
AVICENE a dit :
bravo milles fois bravo .a MR naba .
notre devoir est maintenant de parler et de faire connaitre cette analyse .
les medias n’oseront jamais en parler ou inviter des penseurs de ce talent a exposer leur point de vue ;l’ideologie dominante exclut ces penseurs brillants
de s’exprimer dans les medias ,faisons alors que ces idées soit difusées.et encore un grand merci a mr NABA
25 février 2007
Lou-lou a dit :
Bonjour, Salut, Salam, shaloem.. Formidable Article NET, CLAIR, SANS BAVURE, Merci, choukrane à René Naba. Je voudrai bien qu’un jour nos enfants à l’école puissent jouir de cette contribution, de ces vérités... (...Dommage que l’on ne vous voit pas assez sur nos petits écrans...cela changerai un peu de ce déterminisme prétentieux du politiquement correct !) Je serai toujours fière d’être française car il y a des gens justes comme vous à toutes époques... 24 février 2007
rachid ZANI a dit :
732,
adbel rahman, poitier, charles martel
fachoda,
rethondes,
aboul gnoul(bougnoule),
indigènes.......
et peut etre un césar pour le tres beau film : INDIGENES.........
DIEU Merci , la patience est une vertue qui contribue à rendre justice.
Monsieur NABA remet de l’ordre dans l’histoire de FRANCE( il était temps).
Grace à lui ,à OUMMA et d’autres encore ils contribuent à nous renseigner sur nos origines longtemps occultées, nous permettant notamment de relever la tête et nous sentir à "nouveau" : FIERS
Merci ,merci et encore merci !!!
23 février 2007
Sakina a dit :
J’apprécie beaucoup ce texte, qui nous remet les pendules à l’heure de notre racisme quotidien que nous voyons si bien chez les autres et jamais chez nous.
Et ça me rapelle un différent avec un instituteur de mon plus jeune fils, qui avait conclu un cours par la question terrible, écrite dans le cahier : les arabes vont-ils envahir la France ?
(du genre, vous le saurez demain en écoutant....Heureusement Charles Martel était dans les parages...)
Il avait été tellement en colère, ou gêné, je n’ai jamais su, de mes questions, qu’il refusa à partir de ce jour de s’occuper de mon fils.
C’était il y a un peu plus de vingt ans, un bon maître, de gauche, qui véhiculait sans s’en rendre compte les clichés qui rendent encore aujourd’hui nos jeunes de banlieues, de LP, fous de rage, car ces paroles, et les regards qui vont avec, ils savent les décripter sans qu’on ait eu besoin de rien leur apprendre.
23 février 2007
"La vérité est unique, seul l’erreur est au pluriel"
Platon
23 février 2007
Tayeb a dit :
Il faudrait envoyer cette analyse à Sarkozy de sorte à le faire un peu réflechir, rêvons un peu....
23 février 2007
Alexis a dit :
René Naba est vraiment un intellectuel de haut niveau. Son article respire le talent et la capacité hors normes d’analyse. Excellent, vraiement excellent !!!!!!
23 février 2007
Counoussa a dit :
Cet article c’est du petit lait ( ou du petit leben) à consommer sans modération. Un délice.....
23 février 2007
Farouk a dit :
J’aimerais bien entendre les ultra-laicards et tous les républicaindôlatres qui ont sacralisé la République. Mais peut-être faut-il encore dénoncer un regain de communautarisme ou un complot contre la République. Toutes mes félicitations M. Naba pour ce papier.
23 février 2007
c’est un excellent article mais il faudrait également que les arabes reconnaissent leurs erreurs passées plutot que de continuer à traiter les anciens colonisateurs de sales blancs-becs.
23 février 2007
Bernard a dit :
Une certaine histoire de France a en effet été conçue selon les techniques les plus élementaires de la propagande. Les mythes ont souvent la peau dure, mais la réalité finira toujours par dépasser le mythe. Il est temps pour la France de cesser de s’autoglorifier et reconnaître enfin sa part d’ombre.
23 février 2007
Samir a dit :
Merci René Naba pour votre article. Vous parlez et utilisez des mots que nous ressentons sans pouvoir les dire. Merci infiniment ! 23 février 2007
Lionel a dit :
Le républicain que je suis ne peut hélàs que s’incliner et reconnaître les vérités historiques incontestable que René Naba assène avec une redoutable efficacité.
23 février 2007
Luc a dit :
J’avoue avoir pris beaucoup à la lecture de cet article particulièrement fourni et à la démonstration imparable.
23 février 2007
Michael a dit :
Texte vraiment passionnant qui nous incite à revoir la devise que l’ont peut lire au fronton des mairies de France.
23 février 2007
Mythes fondateurs ? Cela me rappelle le titre d’un autre ouvrage de la même veine que cet article consternant de ressentiment et d’approximations historiques. Mais naturellement il s’agit sans doute d’une coïncidence Oui il s’agit du Livre de mr Garaudy, grand ami de l’Abbé Pierre par ailleurs, Abbé Pierre vrai resistant de la premiere heure ( Lui !) et vrai humaniste pas ailleurs,etc....Peu de gens lisent les livres beaucoup n’en restituent que la propagande, le debat est sûr de s’enliser...Mais passons donc et remercions l’existence de ce genre de texte, qui fait mal pour tous ceux (nombreux) qui se reconnaissent dans cette Histoire de France que l’on nous a toujours servie tronquée. Un texte devastateur pour reprendre les termes utilisés, tellement il fait mouche, pour le plaisir je vais l’envoyé à nos penseurs et autres faiseur d’opinion qui lamine la France depuis trop longtemps.. Merci M Naba, même si pour trop de gens 2+2 ne fera jamais 4...Continuez, nous sommes comme vous, loin d’être dupes, ils font semblant de ne pas le voire... 23 février 2007
J’espere qu’il sera une leçon à tous les esprits simples et de courte memoire.
Tout d’abord Bravo pour cet article et j’en profite pour vous demander de revenir sur un prochain article concernant les vraix resistants de la 2 eme guerre mondiale "les americains sont vu comme des liberateurs alors qu’ils ont bombardé aveuglement les civiles français et ont essayé de renverser de gaulle) je pense que c’est dans la meme logique que cet article
23 février 2007
Mathieu a dit :
Brillante analyse qui restitue des vérités longtemps ignorées de la communauté nationale.
23 février 2007
Mythes fondateurs ? Cela me rappelle le titre d’un autre ouvrage de la même veine que cet article consternant de ressentiment et d’approximations historiques. Mais naturellement il s’agit sans doute d’une coïncidence...
23 février 2007
Eric a dit :
Je salue ici l’intégrité et la pertinence de l’article de René Naba. Merci pour cette contribution de qualité. 23 février 2007
Fabienne a dit :
Monsieur Naba, Votre article est une grande leçon d’histoire, édifiante et terriblement éclairante... Au moment où les postulants à l’élection suprême égrènent chaque jour leurs belles promesses électorales, s’engageant à faire de l’éducation leur priorité phare, je me demande qui, parmi eux, aurait le courage nécessaire d’imposer de revisiter notre histoire nationale en levant le voile sur ses pages les plus taboues. Certainement aucun... Et pourtant, nous, citoyens français, quelles que soient nos sensibilités, nos origines, nos obédiences, nous sommes tous à l’heure du constat et des bilans avec d’autant plus d’acuité que nous nous approchons d’une échéance qui conditionnera notre vie pour les cinq années à venir. Je crois pouvoir avancer que nous aspirions tous à un renouveau politique, espérant que les défis majeurs qui se posent à la société française soient enfin pris en compte. Or, nombre d’entre nous vont être contraints de faire un choix par défaut, faute de candidats qui incarnent véritablement cette dimension. Dans ces conditions, comment favoriser la cohésion nationale, comment nous réconcilier, comment éradiquer le racisme, le sectarisme, l’islamophobie, comment tisser des liens de confiance et de respect mutuels, si une partie de nos concitoyens ne s’identifie toujours pas à l’enseignement de la Grande Histoire qui lui est dispensé ? Les politiques porteront alors une lourde responsabilité dans l’exacerbation des sentiments d’inéquité et d’exclusion, peu propices au rapprochement fraternel au nom d’un passé, de valeurs et d’un avenir communs. Si le peuple français a suffisamment de maturité pour entendre l’autocritique nationale qui a dénoncé le régime de Vichy, la collaboration, la soumission au diktat nazi, pourquoi sa conscience politique ne pourrait-elle aujourd’hui supporter que l’on traite d’autres chapitres de son histoire avec le même souci de probité intellectuelle ? A cet égard, il serait intéressant de savoir qui des politiques ou des citoyens y sont les plus préparés ou les plus hostiles... 23 février 2007
hicham a dit :
merci mille fois RENE NABA pour ce article illumineux, je voudrais savoir pourquoi , on vous voit pas sur les plateaux de télé, est ce que vous etes censurées ?
23 février 2007
Tadj a dit :
Bravo pour ce travail de salubrité publique qui manque cruellement à nos pseudo-intellectuels de salon si prompts à crier "haro sur le baudet". Bien sûr cette remise en question n’affectera en rien le nombrilisme pervers de cette France qui ne cesse de donner des leçons à tout va sur les "valeurs républicaines" etc..mais ça fait tellement de bien à lire. Document à diffuser impérativement. Encore Merci Mr R. NABA
23 février 2007
Louis a dit :
Grandiose, Barvo René Naba !
23 février 2007
Ideal a dit :
Pauvres et dérisoires armes qui sont ces quelques écrits d’hommes et de femmes intégres. Mais riches nous serons de ces vérités que nous pourront et que nous devons léguer à nos enfants.
23 février 2007
Tariq a dit :
Bravo, René Naba, pour ce texte extraordinairement instructif, un véritable article d’anthologie qui mériterait de figurer au programme d’histoire de toutes les écoles de France et des pays de la Francophonie (et en Afrique du Nord en particulier). Il montre à quel point l’enseignement de l’Histoire est orienté, les auteurs de manuels faisant une lecture sélective de l’Histoire qui deviendra, pour les enfants qui l’apprennent à l’école, la « vérité historique » basée sur les « faits ». L’Histoire, faut-il le rappeler, est toujours malmenée : écrite par les « vainqueurs », à l’issue de tout conflit, elle raconte les événements à « la gloire du vainqueur » en se parant d’un masque virtuel d’ « objectivité » sous lequel on peut cyniquement lire l’inscription « Malheur aux vaincus. » La définition du dictionnaire « Le Petit Robert » Edition -2007 que vous rapportez illustre clairement ce propos : la Colonisation est « la mise en valeur des richesses d’un pays transformé en colonie. » C’est vrai. Mais au profit de qui ? Pas des colonisés, évidemment. C’est dans de tels cas que l’on voit clairement à quel point tout est manipulé, même le sens des mots, même dans ce qu’on appelle des « ouvrages de référence. » Léon Blum, la conscience morale du socialisme, a voulu célébrer les bienfaits de la colonisation comme "un devoir de faire accéder à la civilisation les peuples primitifs." Mais combien de Marocains, d’Algériens et de Tunisiens ont « accédé à la civilisation », après 50 ans, 80 ans ou 130 ans de colonisation, comparé à l’ensemble des gens qui ont accédé surtout aux prisons des forces d’occupation, et qui ont été traités pire que des bêtes ? ou à ceux auxquels on a tout enlevé, et en particulier leurs terres, pour les donner aux « colons » ? Votre article est tellement riche qu’il se passe de commentaires. Si je peux faire une suggestion, envoyez-le par mail à Sarkozy, Royal, Debré, etc.. Cela ne peut pas leur faire de mal d’apprendre un peu d’histoire de France, la vraie, pas l’histoire sélective qu’ils veulent écrire dans les Lois et enseigner aujourd’hui aux électeurs. 23 février 2007
FILISSAM a dit :
Salam A M.René Naba, je demande de continuer à apporter sa contribution de haute facture à une compréhension approfondie de notre histoire et de notre présent. cette contribution révèle une générosité d’âme qui manque cruellement à la plupart des gens d’aujourdh’ui. Continuez à dire vos vérités sans parti pris aucun, et avec tout le courage qui sied, c’est une façon louable de participer à l’avénement d’une ère de lucidité et de maturité authentique d’une humanité une et diverse. 23 février 2007
Amazone a dit :
Ouaouh ! Biens des mythes s’éffrondrent !
Une bonne petite leçon d’histoire aux quelques neo-colonialistes... remettre les pendules ça fait pas de mal quelques fois !
23 février 2007
Sami a dit :
Dévastateur...
|
|
| » Mentions légales | » Qui sommes-nous ? | » Plan du site | » Agenda | |
| » Nous contacter | » Revue de presse | » Horaires des prières | » Coran | |