Déclarations hostiles à l’égard des Musulmans

Le journal israélien Haaretz relevait, dans son édition du 23 avril 2002, les propos de Roger Cukierman, pr

mardi 28 mai 2002

Le journal israélien Haaretz relevait, dans son édition du 23 avril 2002, les propos de Roger Cukierman, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) selon lesquels « les Juifs de France et Le Pen partagent un intérêt commun ».

« Le seul fait que Le Pen est un opposant déclaré à l’immigration musulmane en France envoie un message aidant à contenir la violence issue de l’immigration » déclarait-il cinq jours avant l’élection présidentielle française, au cours d’une visite de solidarité à Israël organisée par les dirigeants du CRIF. Une fois les résultats du premier tour de scrutin connus, et alors qu’une grande partie des Français s’inquiétaient du saisissant succès du Front National, « Roger Cukierman était plus catégorique dans son analyse des conséquences bénéfiques de la montée de l’extrême droite », notait le journal Haaretz. « Le succès de Le Pen est un message au Musulmans de se tenir tranquilles, parce qu’il s’est toujours opposé à l’immigration musulmane », affirmait-il. Et d’ajouter : « La signification du succès de Le Pen c’est que le prochain gouvernement devra mettre l’accent sur le combat contre toutes les formes de violences…inclus la violence anti-sémite ». Une façon on ne peut plus claire de désigner les Musulmans comme responsables de l’insécurité et de l’anti-sémitisme !

Son message a été reçu cinq sur cinq. Zvi (Sylvain) Ammar, vice-président du CRIF et du Consistoire israélite national, mais aussi président du Consistoire israélite de Marseille, a adressé en avril 2002 une lettre à l’ex- ministre de l’Intérieur, Daniel Vaillant, dans laquelle il demande à ce dernier « d’interdire purement et simplement les manifestations pro- palestiniennes qui troublent l’ordre public » (cf La Provence du 13 avril 2002).

Zvi Ammar s’était déjà illustré, en octobre 2001, après l’incendie de l’école juive Gan Pardess, à Frais Vallon. « A cette occasion, le président du Consistoire s’empresse de rédiger un communiqué alors qu’il est en déplacement en Israël (il s’y est rendu à neuf reprises depuis le début de la seconde intifada), relève Le Pavé du 7 mars 2002. « Le ton est à la légitime indignation mais il devise en s’adressant directement à la communauté musulmane : « il vous appartient, tout comme nous de dénoncer publiquement les fauteurs de troubles qui tenteraient de créer une tension entre nos communautés ». Et de demander aux représentants musulmans de « tenir leurs troupes » (l’Hebdo du 6 décembre 2001). Ce communiqué et ce courrier au ministre ont été perçus comme agressifs et insultants par les Musulmans de Marseille. Et ce d’autant que Zvi Ammar, semble avoir oublié qu’il doit sa fortune - dont une grande partie est investie en Israël- à justement ces Musulmans qu’il désigne à la vindicte populaire.

Qui est en effet Zvi Ammar ?

Ce juif « tunisien » natif de Djerba est un ancien représentant du Likoud en France. C’est un fervent partisan d’Ariel Sharon et un ami d’Elie Ychaï, chef du parti séfarade du Shass en Israël, un parti intégriste et raciste qui préconise la déportation des Palestiniens. Habile manœuvrier –il a licencié le consensuel Grand rabin de Marseille Charles Bismuth jugé trop mou- Zvi Ammar est le dauphin de Jean Khan, l’actuel président du Consistoire israélite de France. Voilà pour ce qui est côté jardin.

Côté cour, Zvi Ammar est un affairiste boulimique. Il est, épaulé par son clan familial, à la tête des société SVITEX, MARATEX et de plusieurs SCI (société civiles immobilières) dont les domaines d’activité sont très variés : textile, confection, bonneterie, chaussures, pièces détachées et accessoires auto en gros, antennes paraboliques et électroménager, sans oublier l’hôtellerie, la location de meublés et de magasins. Car Zvi Ammar est le plus grand marchand de sommeil de Marseille ! Propriétaire de plusieurs hôtels et hôtels meublés sur le cours Belzunce et rue de la Fare, il a défrayé la chronique lors de la fermeture de l’hôtel Bardo et de sa condamnation pour cause d’insalubrité. Son empire s’étant du cours Belzunce –où il possède plusieurs boutiques qui écoulent la marchandise bas de gamme fournie par la sté Svitex- au Maghreb (surtout pour les paraboles, les pièces détachées et accessoires de voitures). Soupçonné d’escroquerie à la TVA (déclaration de marchandises à l’exportation alors qu’elles sont écoulées à Marseille), Svi Ammar a miraculeusement échappé aux contrôles fiscaux et douaniers. Mais depuis juin 2001, la société SVITEX est poursuivie en justice par Nike pour contrefaçon sur des baskets et des tee-shirts livrés aux hypermarchés Auchan, et a été condamnée en première instance. Que dire dès lors de la provenance des contrefaçons Nike écoulés sur les marchés et trottoirs de Marseille !

En résumé, par leurs prises de positions intempestives, Roger Cukierman, en tant que président du CRIF, et Svi Ammar, en tant que président du Consistoire israélite de Marseille, ont clairement affichés leur hostilité à l’égard des Musulmans. En conséquence de quoi, ces derniers adopterons l’attitude qui s’impose dans cette situation…

 

Comité pour la décolonisation de la Palestine /e-mail : [email protected]

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