Début du Ramadhan et date de l’Aïd : entre archaïsme et aspiration

Donc non seulement toute la Oumma, de Nouakchott à Djakarta, reste suspendue à l’observation d’un fugace

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lundi 8 octobre 2007

L’observation du croissant lunaire pour la détermination du début et la fin du mois de Ramadan, est un problème séculaire auquel se trouve confronté le monde musulman depuis des décennies, et qui ne semble pas vouloir disparaître malgré toutes les avancées scientifiques[1].

Ce problème est-il lié à la difficulté scientifique de trouver une solution adéquate permettant la prédiction de la visibilité du croissant, ou bien est-il inhérent à « l’état » présent de la Oumma ? Est-ce un problème dont les termes sont à la portée des seuls experts, ou bien est-ce un débat à la portée du commun des croyants ?

Nous discuterons dans cet article des termes de ce sempiternel problème qui se trouve posé avec acuité à la veille de chaque mois de carême, tant dans sa dimension scientifique que dans sa dimension jurisprudentielle (Fiqh), puis nous passerons en revue de manière aussi dépassionnée que possible, les différentes solutions envisageables. Nous prendrons l’exemple de la scène algérienne que nous connaissons, tout en nous appuyant sur d’autres pays musulmans, où la situation est en fait fort similaire.

Il est de notre avis que les termes du débat sont largement à la portée du musulman moyen et que le problème est trop sérieux pour être laissé à des comités d’experts sans remettre en cause leurs bonnes intentions.

Le croissant et la Oumma

Ce problème n’est certes pas nouveau, citons le Cheikh Mohamed Rachid Ridha le réformateur bien connu du début du siècle dernier :

« Depuis que nous avons atteint l’âge de la maturité, jusque notre âge avancé aujourd’hui, nous entendons les musulmans se lamenter des désagréments graves qu’occasionnent la détermination du mois de Ramadan et du premier du Chawwal de l’Aïd. Nous lisons chaque année que les habitants du Levant ont jeûnés tel jour, tandis que ceux d’Egypte tel autre jour, et ceux de la Mecque tel autre jour encore ».

Il finit sa tirade par ces mots de sagesse au vu de la polémique actuelle sur l’observation visuelle :

« Le témoignage sur l’observation [visuelle] du croissant, si elle se limite à une, deux ou trois personnes, ne peut’ être qu’équivoque et non contraignant au vu de son caractère fortement incertain ».

Comment est-on arrivé à cette situation frisant l’absurde où la société et toutes les institutions de l’Etat sont tenues en otage par ce croissant facétieux qui « apparaît quant bon lui semble », nous conduisant à rester de ce fait dans l’expectative jusqu’à une heure avancée de la Nuit du Doute pour savoir si le jeûne sera bien le lendemain ?

Pourquoi les Musulmans doivent-ils toujours douter[2] alors que le reste du Monde, bien établi dans leurs certitudes, planifie une colonisation vigoureuse de l’espace[3], par le biais d’un « ballet » de satellites de communication et de télédétection.

Là où le bât blesse est que malgré les formidables progrès de la connaissance astronomique devenue à la portée de tous, la procédure adoptée par les pays Musulmans est tellement déficiente, que la grande majorité des observations prétendues du croissant du Ramadan en Algérie sont basées sur une impossibilité scientifique. Donc non seulement toute la Oumma, de Nouakchott à Djakarta, reste suspendue à l’observation d’un fugace croissant lunaire, mais lorsque l’on prétend voir ledit croissant, il n’y avait en fait le plus souvent rien à voir !

N’est-ce pas là un signe plus éloquent de la faiblesse civilisationelle de la Oumma !

Situation tellement « surréelle », que certains ont voulu y trouver un charme caché, voire une mystique, qui contraste avec la routine imposée par la vie moderne. Nous pensons pour notre part que pour une Nation en passe d’être marginalisée, cette dimension nostalgique dans l’incertitude liée à l’attente de communiqué d’observation est des plus discutable.

N’y a-t-il pas une allégorie relative à la manière dont ce croissant, emblème glorieux de l’Islam dans ses jours fastes, est devenu aujourd’hui le symbole de l’incertitude et de la désunion ?

La Formation du croissant lunaire et son observation

Décrivons brièvement la formation du croissant lunaire et en quoi consiste son observation. Rappelons tout d’abord que le calendrier hégirien est un calendrier lunaire de 12 mois[4], où chaque mois débute par l’observation de la nouvelle lune. Le mois de jeûne débute selon l’injonction coranique bien connu, par l’observation de l’occurrence de la nouvelle lune du mois de Ramadan : « …quiconque parmi vous sera témoin de la naissance de ce mois, se devra de le jeûner… ». 

Ceci est précisé dans le fameux hadith du Prophète : « Jeûner dés l’observation du croissant, et rompez le jeûne lors de l’observation du croissant [du mois suivant] ; et si le ciel est couvert, compléter le mois de Chaabane à trente jours ».

La problématique de la détermination des mois de Ramadhan et du Chaoual tourne en fait autour de la question de la vision du croissant. L’interprétation majoritaire des Fuqaha exige une observation visuelle de la nouvelle lune.

Du point de vue astronomique, la Lune dans son déplacement mensuel autour de la Terre va apparaître sous différentes phases (portions de surface éclairée par le Soleil), en raison des différences de perspective d’observation de la Lune relativement à un observateur terrestre. Chaque fois que la Lune s’intercale précisément entre la Terre et le Soleil[5] constituant la conjonction, elle sera invisible pour une durée variable (appelée « mahaq ») s’étendant sur un jour avant et après la conjonction. C’est la période entre la disparition du croissant du matin et l’apparition de celui du soir.

L’instant exact de la conjonction (ou nouvelle Lune) peut être calculé de manière très précise. Par ces calculs, on peut ainsi déterminer la conjonction du Ramadan 2025 par exemple à quelques dizaines de secondes près. Ce qui est demandé du point de vue jurisprudentiel est l’observation visuelle du croissant et non sa simple naissance. Ce croissant est observable juste après le coucher du Soleil et suivant la période écoulée depuis la conjonction. Il pourra être vu à ce moment-là, comme il pourra ne pas l’être[6].

Ainsi donc, si la conjonction est un phénomène universel c’est-à-dire se produisant à un même instant pour tous les lieux de la Terre, l’observation du croissant par contre est locale et liée à la position géographique de l’observateur, son acuité visuelle, la météo locale etc. Il découle de tout cela, que la science ne peut donc prédire à l’avance quand le croissant sera observable !

Elle peut cependant préciser les conditions qui vont rendre possible son observation, et de fait, différents critères ont été développés tant par les anciens astronomes que par ceux de la période moderne.

Rappelons en particulier celui de l’astronome français André Danjon appelé critère de Danjon qui se base sur l’observation : le croissant ne peut se former (donc avoir une partie éclairée visible) que si l’angle de séparation entre la Lune et le Soleil dépasse 7° (dit élongation lunaire). En deçà de cet angle, il n’y a aucune partie éclairée visible de la Terre et donc pas de croissant[7].

Ceci correspond à un âge d’environ de 8h30 à 15h selon la saison durant laquelle se déroule la lunaison[8]. Il y a bien sûr le cas trivial où la Lune se trouve sous l’horizon lors du coucher du Soleil et pour lequel l’observation du croissant ne se pose pas en principe.

D’autres critères astronomiques plus fins intègrent les paramètres locaux et permettent de préciser quand le croissant peut indubitablement être vu. Ces critères constituent en quelque sorte un droit de veto sur son observation potentielle. Son utilisation est incorporée dans ce que l’on appelle « Imkan al-Ru’yah » développé par les astronomes et adopté par les jurisconsultes contemporains comme garde-fous contre des observations visuelles erronées.

Ce critère est réaffirmé religieusement durant les différentes conférences sur le sujet qui rassemblent les Fouqaha et les scientifiques musulmans. Il figure par ailleurs de manière proéminente dans la liste des critères utilisés par le Comité National des Croissants Lunaires du ministère des Affaires Religieuses Algérien pour émettre ses fatwas au début à la fin du Ramadan.

Il est clair que Imkan al-Ru’yah ne peut être utilisé pour décider de la date du premier du mois, car du point de vue du Fiqh usuel, le fait que le croissant peut être vu est insuffisant. Il faut qu’il soit effectivement vu.

Contradictions avec des Vérités Cosmiques

En pratique, le critère d’« Imkan al-Ru’yah », qui est poutant présenté comme un cas d’école de l’harmonie entre la science et la religion en Islam, n’est jamais appliqué. Aussi se retrouve-t-on dans des situations incongrues où le début et la fin du mois de jeûne est en contradiction totale avec les données scientifiques. Cette situation est-elle anecdotique ?

Que nenni, cela se déroule malheureusement chaque année dans une grande partie des pays musulmans. Ainsi dans une étude novatrice, plusieurs scientifiques[9] ont montré après avoir épluché 40 années de données du Ministère des Affaires Religieuses d’Algérie au sujet des dates du mois de Ramadan et de l’Aïd, que 75% des cas d’observations présumées du croissant se trouvaient être en contradiction avec les données scientifiques, et que 14% des cas était dans une situation de contradiction « absolue », car la Lune était sous l’horizon lorsque le Comité des Croissants Lunaires (CCL) avait entériné ces prétendues observations.

Cela a continué de plus belle depuis. Pour notre part nous avons comptabilisé bon an mal an au moins un cas de contradiction entre l’observation présumée et l’impossibilité de fait[10].

Le taux d’erreur devrait approcher les 100% pour un pays comme l’Arabie Saoudite connu pour être chaque année le « précurseur » parmi les pays musulmans, et ce malgré sa position géographique défavorable pour l’observation par rapport aux pays situés plus à l’Ouest. Notons que le Maroc au fil des années semble être le plus rigoureux dans l’observation visuelle, faisant ainsi débuter le mois de Ramadhan un jour après les autres pays Arabes, malgré leur position plus à l’Ouest.

Il est un cas récent particulièrement parlant du début du mois Ramadan 2005 qui coïncide comme on le sait avec une éclipse annulaire du Soleil en fin de matinée du 3 Octobre. L’élongation angulaire de la Lune était de moins de 3° lors du coucher du Soleil ce jour-là, bien loin de la limite inférieure de Danjon, et la Lune se couchait quasiment avec le Soleil. Pourtant trois cas séparés de prétendue observation furent acceptés par le comité des croissants en Algérie, faisant fi de l’impossibilité absolue d’une telle observation.

Et pourtant le responsable de l’observatoire astronomique de Bouzaréah près d’Alger (CRAAG), représenté au niveau du comité des croissants, les avait informés de cette impossibilité. Mais là encore, « l’adorable » critère d’ « Imkan al-Ru’yah » ne fut pas invoqué. Même situation au Machreq, où plusieurs témoignages fusèrent firent débuter le Ramadan le lendemain même de la conjonction sur la base « d’observations du croissant ».

Au Nigeria, des groupes de fidèles ont « vu » le croissant la veille de la conjonction. Sur ce témoignage, les musulmans de ce pays ont débuté le jeûne le jour de l’éclipse ! Là encore, l’observation visuelle d’un quelconque citoyen semble plus crédible que la science, qui permet de faire alunir des cosmonautes et prédire les éclipses des siècles à l’avance. En fait, les cas ce type sont légion. Nous nous sommes attardés sur le Ramadan 2005, car l’éclipse solaire concomitante en fin de matinée rend encore plus patente l’absurdité de la situation.

Que dire d’une méthodologie qui se trompe au moins trois fois sur quatre ! L’observation visuelle du croissant nous a menée irrémédiablement vers une impasse.

Comment peut-on accepter que la visibilité du croissant malgré la simplicité astronomique du phénomène puisse être en contradiction avec des données scientifiques certaines ? Comment peut-on concevoir que des millions de musulmans puissent accomplir un des piliers de leur religion en contradiction flagrante avec des vérités cosmiques  ?

Comment ose-t-on encore se décrire potentiellement comme la Oumma de la science (Oumatul-ilm ) alors que l’évocation de ces chiffres terribles témoigne d’ un Waterloo de la raison ?

Rumeur de « Fitna » et cas de fétichisme

Plus grave encore, on ne semble rien apprendre de nos erreurs. Comment le pourrait-on ? Alors que le croissant qui « a été aperçu » entre en contradiction avec les déclarations des astronomes. Aucune commission d’enquête n’a été formée à aucun niveau pour percer le mystère de ces croissants, qui sont scientifiquement invisibles, surtout lorsqu’ils s’avèrent être en dessous de l’horizon lors de l’observation présumée.

Rappelons également que le grand public n’est même pas tenu au courant de cette controverse. Il ne faut pas semble-t-il créer de « fitna » (sédition) ou de « balbala » (confusion) dans la société Encore une fois, on infantilise les citoyens sous prétexte qu’il en va de l’intérêt de la cohésion sociale. Alors que certains parmi nous qui mis au courant de cette situation, n’hésitent pas à affirmer qu’il suffit d’avoir la « niyya ».

Pourtant un hadith bien connu précise  : « Ma Oumma ne s’accordera jamais sur une erreur », ce qui suggère comme règle de conduite la poursuite de la vérité au dépend d’éphémères petits gains terrestres. Un aphorisme bien connu de l’Islam affirme également que « La vérité est toujours préférable à suivre [que l’erreur] » érigeant ainsi la poursuite de la vérité comme règle générale de conduite.

L’Islam ne se définit-il pas « Din al-Haqq » (La religion de la Vérité). Le Dieu que nous adorons n’a-t-il pas pour attribut « la Vérité ». Aussi comment peut-on se complaire dans ces petits mensonges en invoquant l’excuse puérile de rechercher la concorde sociale ?

Pourquoi fait-on si peu de cas de ce critère d’« Imkan al-Ru’yah », malgré le support universel des instances religieuses pour ce principe ? En pratique, on l’invoque lorsqu’il n‘y a pas de problème, et on l’escamote dans le cas contraire[11].

La réponse la plus plausible est qu’au-delà d’un manque de confiance envers la science que cela révèle, l’observation visuelle est tenue pour absolue et la science relative. Ce qui dénote un esprit « primitif » qui donne une prééminence au jugement des sens aux dépens dépend de l’analyse et de la raison. En fait la science n’a pas pénétré les consciences et ne sert souvent dans les discours officiels, surtout religieux, que de faire-valoir.

Cette insistance sur l’observation directe pour valider l’entrée du mois, semble transformer cette observation qui était à l’époque du Prophète le seul moyen disponible, en un acte d’adoration. Alors que l’acte en tant que tel est un moyen (wasila) pour s’assurer de l’entrée du nouveau mois et non une fin en soi.

Ce renversement de l’ordre des choses a permis une sacralisation de la vision du croissant. Cette méthode d’observation a été littéralement tournée en rituel. Or sacraliser des objets, des actes, des procédures, sont autant de marques de fétichisme, ce qui est abhorré par l’ Islam.

Archaïsme des Institutions de l’Etat

Revenons sur l’ampleur de la « catastrophe ». Comment des Etats modernes peuvent-il accepter quasiment, que chaque année le début du jeûne soit en contradiction avec les données astronomiques les plus élémentaires,

Le Ministère des Affaires religieuses (MAR) à travers son CCL (Comité des Croissants Lunaires) est le seul habilité à décider de ces dates. Mais que faire lorsque l’erreur est patente et que d’autres institutions de l’Etat et de la société civile en mesure de corriger ces erreurs ne jouent pas le jeu ?

Prenons toujours le cas de l’Algérie.

Le CRAAG tout d’abord qui est un centre de recherche en astronomie et géophysique dépendant du ministère de l’intérieur, (la seule instance liée directement à l’astronomie qui existe en Algérie) est parfaitement habilité à dire si oui ou non le croissant sera visible et donc d’inférer son observabilité potentielle.

Il produit chaque année un rapport[12] à ce sujet qui malheureusement n’est guère pris en compte par le CCL[13]. De même que l’astronome présent en tant que consultant et non membre du CCL n’est là que pour être un faire-valoir, son avis n’étant guère pris en compte et son intervention en direct se limite à des généralités sur le Ramadhan et non sur l’astronomie du croissant. Interrogé sur cette question, son directeur invoquera candidement le devoir de réserve du CRAAG.

Il y a de fait un embargo médiatique[14] sur toutes les informations concernant la Lune et sa visibilité, comme si parler de ces choses serait marché sur les plates-formes du CCL.

Nous considérons pour notre part que la Lune ne leur appartient certainement pas. Ils sont seulement habilités à émettre une fatwa sur le début du mois de jeûne, et non sur le mouvement de la Lune.

Le Ministère de l’Enseignement Supérieur (MES) en tant qu’institution scientifique possède en son sein des centaines de chercheurs en physique, sciences de la Terre… Il pourrait à travers ses différents comités scientifiques, informer et corriger les informations qui circulent. Il s’agit bien de la science d’un Ibn Haitham, Galilée, Newton, Einstein qui s’applique à l’Univers matériel, à moins qu’on abdique en considérant que ces lois s’appliquent partout, dans le monde musulman particulièrement à la veille du Ramadhan et de l’Aïd.

La Société Algérienne de Physique, qui est une association professionnelle nationale comptent dans ses rangs des centaines de physiciens. Mais atteinte d’aphasie et de sclérose depuis sa création il y a plusieurs décennies, elle est notoirement absente de tous les débats d’idées relatifs à la science et à la société. Sa devise semble être le silence est d’or… Pourtant l’astronomie du croissant lunaire relève de la physique de base.

Il y a aussi le CTS (Centre des techniques Spatiales) d’Arzew, ainsi que ces dizaines de laboratoires de recherche[15] rattachés aux différentes universités, et spécialisés en physique, engineering, sciences spatiales, autant de voix à faire entendre sur le sujet.

L’Office Nationale de la Météorologie qui diffuse un bulletin quotidien sur l’état de la météo repris par les différents médias y compris par la télévision nationale, bulletin qui inclue des données astronomiques tels que les levers et couchers du Soleil et de la Lune. Pendant plusieurs années consécutives, le bulletin de météo du journal de 20h à la télévision nationale oblitéra les informations sur l’heure du lever et du coucher de la Lune la veille du Ramadhan. S’agissait-il d’autocensure ou de l’exercice d’un droit de réserve poussé à l’extrême ?

Il est vrai qu’il manque une voix d’autorité sur le sujet, comme celle d’une Académie des Sciences, mais malheureusement cette institution après 45 ans d’indépendance de l’Algérie n’existe toujours pas.

La presse quant à elle, a un rôle éminemment positif à jouer, en allant chercher l’information à la source sans se satisfaire de communiqués d’experts autoproclamés[16].

Cela implique qu’elle sache distinguer l’ivraie du bon grain, et elle ne charlatanise pas la science en créant « des monsieurs » Science à partir de personnalités douteuses ayant des accointances avec les milieux astrologiques, spécialistes autoproclamés en astronomie, géophysique, séismologie, météorologie, tsunamis, armes non conventionnelles, et j’en passe…

Les Carl Sagan, Hubert Reeves, Haroun Tazieff, ont été des scientifiques émérites avant de devenir des figures de proue de la vulgarisation scientifique et non l’inverse ! Cela implique aussi qu’elle ait en son sein de véritables reporters scientifiques et non pas des « colporteurs » d’information ou des spécialistes du copier/coller.

Les Solutions Possibles

Trouver une solution adéquate au problème du début et de la fin du mois de jeûne est actuellement d’une grande complexité. Cette questiona éte rendue encore plus complexe, avec l’existence de « couches de fatwas » sur le sujet émises à des périodes diverses et émanant d’instances souvent hétérogènes, d’écoles jurisprudentielles (Madhahib) différentes, et à partir de pays aux régimes très différents, sans omettre l’avancée technologique qui a rendu obsolète nombre de ces jugements sans pour autant qu’ils soient invalidés.

Nous allons désormais tenter dé dégager une typologie simplifiée des solutions possibles en vue de sortir du chaos actuel. A ce titre, nous distinguerons trois solutions.

La primauté absolue à l’observation visuelle :

La première solution consiste à continuer avec la règle implicite actuelle qui confère à l’observation visuelle directe la primauté absolue, donnant ainsi à un berger de la ville d’El Oued ou des Némenchas, le pouvoir de décider de la date du Ramadhan pour l’Algérie. Même si comme c’est trop souvent le cas, son observation est en contradiction avec les données astronomiques, ce qui constitue une porte ouverte au chaos.

Quand bien même aucune observation locale n’a été rapportée, on peut vous tirer le joker[17] que d’autres pays du Machrek l’on vu, créant ainsi une situation d’incertitude complète.

Cette règle est en général appliquée en conformité avec le principe de « Tawhid el-Matali’ » prenant la Terre comme un « horizon unique », et qui déclare que l’observation du croissant dans un lieu donné impose le jeûne[18] à tous les pays avoisinants qui partagent une partie de la nuit avec ce lieu.

Ce principe généreux en soi et unificateur, constituait dans le passé une solution admirable mais le morcellement de la Oumma conjugué au manque de rigueur et de cohérence des instances officielles chargées du suivi, l’on transformé en cauchemar.

Une critique plus radicale de la visibilité à l’oeil nu est, comme nous allons le démontrer assez facilement, expose des situations qui mènent à des mois de 28 jours, voire même de 31 jours , qu’il s’agira ensuite de « rattraper ».

Solution d’harmonisation avec considération d’ « Imkan al-Ru’yah »

Cette solution dite « tawfiqi » ou d’harmonisation consiste à prendre en considération l’« Imkan al-Ru’yah ». Ainsi se base t-on sur l’observation visuelle du croissant en adoptant comme garde fou la condition de sa visibilité potentielle telle que déterminé astronomiquement.

Cette solution a fait au fil des années l’objet de nombre de congrès associant fuqaha et astronomes. Elle constitue la solution la plus consensuelle actuellement. Ainsi aurait-on le meilleur des deux mondes, elle s’avère malheureusement en pratique difficile à mettre en œuvre. D’abord, ainsi que nous l’avons vu, il suffit d’un conflit entre une observation reportée et la possibilité d’observation pour que les comités officiels se rabattent sur l’observation visuelle annulant de fait l’ « harmonisation » escomptée.

Si cette règle est associée avec le principe de l’ « horizon unique », la confusion demeure, surtout lorsque l’on prend en considération les contrées éloignées. Si de plus, les pays musulmans ont la Nuit du Doute (le 29 du Chaabane) en des jours différents, le problème devient alors ingérable.

La règle de la conjonction

Cette règle qui dispense totalement de l’observation directe du croissant, est basée sur l’occurrence de la conjonction du 29 du Chaabane avant le coucher du Soleil à la Mecque, auquel est ajouté la pré-condition que la Lune se couche après le Soleil en ce lieu.

L’implémentation de cette règle est pleinement adaptée aux conditions des communautés musulmanes en Occident ou le caractère « nationalitaire » rend particulièrement difficile le suivi d’un pays musulman. De plus, elle permet de s’affranchir des aléas d’un jour flottant pour l’Aïd el-Fitr : les musulmans pourront alors demander à leur employeurs une journée d’absence, la réservation de salles de prière (gymnasium et autre) pourra se faire à l’avance pour un jour déterminé, alors qu’ils sont souvent astreints actuellement à réserver deux jours de suite.

Mieux encore, elle permettrait que les fêtes musulmanes soient reconnues officiellement par les autorités de chaque pays, ce qui n’est pas le cas actuellement. Aussi a-t-il été adopté par un plusieurs organisations islamiques en Occident. C’est le cas de la plus grande organisation musulmane aux Etats-Unis, ISNA (Islamic Society of North America), ainsi que pour l’Europe de l’European Council of Fatwa and Research présidé par Cheikh el- Qardhaoui, qui ont sur cette base décrétée le 1er Ramadhan 1428, le Jeudi 13 Septembre, et le 13 Octobre pour l’Aïd el-Fitr.

Le morcellement des instances islamiques en France est tel que le consensus doit être réactualisé chaque année. Le CFCM est cependant devenu au cours des dernières années une instance reconnue par l’Etat Français et dont les décisions sont assez largement suivies par les Mosquées et organisations islamiques de France. L’ISNA a quant à elle, publiée les dates du début du Ramadhan et de l’Aïd pour les cinq prochaines années.

Une telle solution pourrait-elle être adoptée par les pays musulmans eux mêmes à l’avenir[19] ?  Cela permettrait d’en finir avec cette monstruosité d’Etats en suspens jusqu’à une heure tardive de la Nuit du Doute, ne sachant pas sur quel critère, ils fonctionneront le lendemain, ou si ce jour sera déclaré jour férié. On s’habituera ainsi à connaître à l’avance le début du mois de jeûne et la fête de l’Aïd comme on s’est habitué à ne plus scruter le ciel pour repérer la position du Soleil afin de déterminer les heures de prière, mais d’utiliser la table des horaires de prières. Si la solution d’harmonisation continue à ne pas marcher, l’utilisation du critère de la conjonction par rapport à un point de référence, telle que la Mecque qui pourrait constituer la seule solution viable pour la Oumma. Il ne restera que la nostalgie de l’observation visuelle pratiquée durant plus de quatorze siècles…

Notons que même si cette solution est déconsidérée par les instances officielles de plusieurs pays musulmans (le fait qu’elle ne se réfère plus à l’observation visuelle), elle a déjà été appliquée en Algérie dans les années soixante-dix et vigoureusement défendue par le président du Haut Conseil Islamique de l’époque, le feu Cheikh Ahmed Hamani.

Une fausse solution

D’autres idées ont été proposées pour résoudre le problème du croissant lunaire. La palme de l’incongruité va certainement à l’idée de lancer un satellite « islamique » pour observer le croissant depuis l’espace. Cette idée d’une extrême naïveté semble avoir été soutenue par la Ligue Islamique Mondiale et par certaines universités égyptiennes, et même paraît-il par certains universitaires français liés aux milieux industriels.

L’absurdité de la proposition est patente quand on discute des senseurs à utiliser pour détecter le croissant. Si cela s’effectue avec des moyens optiques, il va falloir décider quelle longueur d’onde utiliser. Si c’est dans le visible, il va falloir brider leur sensibilité au risque de voir systématiquement le croissant, à moins que l’on n’envoie un astronaute musulman sur orbite, auquel cas il s’agira de prévoir une navette « islamique » prête à être lancée pour le début et la fin du Ramadhan[20].

Si on utilise les ondes radio, la Lune est déjà visible au radar situé sur Terre, donc retour à la case départ, on reste sur Terre en utilisant des radiotélescopes.

Persistant dans cette escalade de l’absurde, il est clair que la solution ultime (qui a d’ailleurs été envisagée dans certains milieux) consisterait à envoyer à chaque début du mois de Ramadhan des astronautes (des « islamonautes ») sur la Lune, précisément dans la région de formation du croissant. Là, après avoir passé un certain temps dans l’obscurité la plus complète et à des températures proches du zéro absolu (nous rappelons au lecteur que la Lune est dépourvu d’atmosphère), ils verront graduellement se répandre sous incidence ultra rasante la lumière solaire qui formera éventuellement la région illuminée du croissant, et pourront alors contacter la Terre pour annoncer la bonne nouvelle.

Voilà où nous mène une lecture littérale sans utiliser le jugement critique. En fait, et comme le souligne fort à propos les tenants du calcul, le hadith sur l’observation visuelle du croissant précité n’implique nullement que cela soit l’unique solution pour s’assurer de l’entrée du nouveau mois, mais seulement la seule solution disponible du temps du Prophète.

Les aspirations du Musulman du XXI ième Siècle

Le musulman de ce début du XXI ème, aspire à être un citoyen du monde tout en préservant ses valeurs spirituelles et morales. Cette harmonisation entre la rationalité et l’authenticité, il l’appelle de ses vœux les plus chers. Son engouement, malheureusement déplacé, pour ce qui est communément appelé l’I’jaz ilmi du Coran n’est-il pas à la mesure de son désir ardent de réconciliation entre les valeurs de ces deux mondes ?

Aussi, l’archaïsme de l’Etat et de ses institutions qui le font jeûner de manière aléatoire et en contradiction avec la science contemporaine doit cesser. C’est un Etat moderne inséré dans les valeurs de l’Islam auquel aspire le Musulman, et non un Etat aux institutions moyenâgeuses travaillant en autarcie. La crédibilité et la cohérence d’un Etat impliquent que ses instances parlent d’une seule voix, et non qu’elles se complaisent dans l’incohérence, la contradiction et un silence coupable.

Ce problème concerne la Oumma toute entière. Il est lié à la crise civilisationnelle, voire existentielle aigue auquel elle est confrontéevoire existentielle s instances de rechercher un consensust est observésolution viable pour la Oumma Affaires Religieuses..

L’interprétation littéraliste des textes, le problème de méthodologie, la manière dont l’observation du croissant est entérinée dans les différents pays musulmans, le peu d’intérêt des différentes instances dans la recherche d’un consensus, n’en sont que des symptômes.

Le Musulman de ce début du XXIème siècle et ses institutions sont comme tétanisés par leur lamentable situation socio-économique et géopolitique. Il ignore comment mettre en œuvre des mécanismes cohérents et efficaces à même de répondre aux défis présents, tout en préservant son authenticité et ses aspirations pour une religion ouverte sur l’universel.

Le Début du Ramadan cette année et sa fin

Le début du Ramadhan pour l’année 2007 ne pouvait être que le jeudi 13 septembre du fait que le croissant, le soir du mardi 11 Septembre ( correspondant à la nuit du doute en Algérie) n’était pas formé. Pire, la Lune s’est couchée avant le Soleil ce jour-là, ce qui demande que l’on complète le mois de Chaabane à 30 jours.

Quant à la fête de l’Aïd, la Nuit du Doute étant le Jeudi 11 Octobre pour les pays ayant débuté le jeûne le jeudi 13 septembre, Lune se couchant avant le Soleil ce jour-là, comme ce fut le cas au début du mois, elle ne pourra donc être vue. Ce qui implique un mois de Ramadhan de 30 jours et une fête de l’Aïd le samedi 13 octobre à la grâce de Dieu.

Il est de notre avis que les fatwas sur le début et la fin du mois de Ramadhan émises par l’instance religieuse de chaque pays se doivent d’être suivies par les musulmans. Une mauvaise fatwa qui ne touche pas à l’essentiel[21] est préférable à une « fitna » potentielle, surtout au vu de la fragilité de nos sociétés. Après tout, l’exactitude dans la performance du jeûne du mois de Ramadhan a une valeur fortement symbolique, en plus de constituer en soi un acte de taqwa, cette obéissance à Dieu qui nous pousse au respect de nos devoirs envers Lui.

Nous nous empressons d’ajouter qu’une fatwa n’a de valeur en tant que jugement légal que lorsqu’elle n’est pas en contradiction avec des faits introvertibles , ce qui serait tourner l’Islam en dérision. Et c’est ce contre quoi, en tant qu’intellectuels musulmans nous nous insurgeons.

De plus, le CCL a un devoir de transparence et de cohérence. Les termes du débat concernant l’observation du croissant sont simples et accessibles au grand public pour que ces fatwas ne soient pas émises comme on émettrait des firmans.

Un débat pédagogique serait le bienvenu lors de la veillée en direct au lieu des généralités sur le jeûne et les échanges de vœux et d’amabilité qui prennent place habituellement.

Nous espérons que les instances religieuses officielles des pays musulmans auront cette année la sagesse de prendre au sérieux le critère d’ « Imkan al-Ru’yah ». Et qu’elles ne valident pas des observations de croissant qui lui parviendraient la Nuit du Doute, de même que pour l’Aïd, nous permettant ainsi de jeûner sereinement les jours que Dieu nous a prescrit, sans ponction ni addition.



[1] En fait si le problème a toujours existé, mais à un niveau « sous critique », les prodigieux progrès scientifique , notamment au niveau des communications modernes, l’a exacerbé au point qu’il est vécu chaque année comme une source sérieuse de division, voire une « fitna » pour la Oumma.

[2] C’est bien dans le Monde Arabe que le doute sur l’alunissage des premiers astronautes a fait le plus d’émules, le tout basé sur un Cdrom à grande diffusion repiqué d’une émission insignifiante sur le plan scientifiquement produite par la chaîne Américaine câblée Fox TV.

[3] Les plans futurs la NASA parlent de missions humaines vers Mars en passant par l’établissement d’une base lunaire à moyen terme.

[4] C’est la relation entre les célébrations religieuses liées à certaines apparences de la Lune qui fait que l’adoption d’un calendrier lunaire par les musulmans est « naturel », quoique stricto sensu pas nécessaire. L’élaboration du calendrier hégirien est, comme il est bien connu, le fruit d’un Ijtihad des compagnons du Prophète.

[5] Empressons d’ajouter que l’intercalation n’est jamais très précise, sinon cela donnerait lieu à une éclipse solaire à chaque conjonction, éclipse qui est de ce fait relativement rare.

[6] En fait, l’âge du croissant est un bien mauvais critère pris de manière isolé vu que la visibilité du croissant ne dépend pas seulement de la longitude géographique du lieu (donc de l’âge proprement dit de la Lune), mais aussi de la latitude et de la période de l’année. Le record mondial de l’observation d’un croissant précoce est de quelque 13h30 pour l’observation avec des instruments optiques et de quelque 15h à l’œil nu.

[7] Ceci est dû au fait que la Lune en raison de son relief n’est pas parfaitement lisse, donc la lumière du Soleil arrivant sous incidence fortement rasante au tout début du mois lunaire ne se réfléchit pas en surface mais y est totalement absorbée, alors même que la conjonction a eu lieu.

[8] Notons que le critère de Danjon qui porte sur la formation même du croissant, joue le rôle d’un super critère. Il donne des estimations très libérales assez loin d’être réalisées en pratique.

[9] “Visibility of the thin lunar crescent : the sociology of an astronomical problem”, N.Guessoum & K.Meziane,

Journal of Astronomical History and Heritage, Vol. 4, No. 1, p. 1-14 (2001). Voir aussi des mêmes auteurs : « La visibilité du croissant lunaire et le ramadan », La Recherche, N316. Janvier 1999. D’autres études similaires touchant d’autres pays dans le Monde Arabe ont été publiées depuis, allant toutes dans le même sens, 90% d’erreur sur 50 ans pour la Jordanie, 86% pour l’Arabie Saoudite (très conservateurs comme chiffres).

[10] L’Association Sirius d’Astronomie basée à Constantine, diffuse chaque année un communiqué sur le sujet, et tient sur son site des archives de l’observation durant la dernière décennie, documentant les cas litigieux. Voir : http://www.siriusalgeria.org/ram07.htm

[11] J’apporte mon humble témoignage sur un fait vécu qui illustre parfaitement cette politique que nos bureaucrates « fitnaphobes » doivent probablement considérer comme gagnant/ –gagnant. C’était dans les années 90 en Algérie lorsque j’étais consultant auprès dudit comité, il nous a été clairement signifié que les informations sur la visibilité du croissant ne devaient pas être divulguées aux téléspectateurs, ces données pourraient en effet contredire les rapports de visibilité qui émaneraient des comités de wilaya d’observation du croissant. Dans un cas où je devais apparaître à la TV et donner une explication détaillée, posters à l’appui, sur le phénomène de lunaison, j’ai été « déprogrammé » illico lorsqu’il leur est apparu que les données sur la visibilité préemptaient en quelque sorte les résultats potentiels de la campagne d’observation de cette nuit là.

[12] Ce bulletin était largement diffusé dans les média, il y a de cela un peu plus d’une décennie, mais depuis, il est devenu à diffusion restreinte.

[13] Plus exactement, il est pris en compte a posteriori lorsqu’il n’y a pas eu d’observation visuelle préalable !

[14] Les médias officiels tels que l’Algérie Press Service (APS), la télévision publique s’imposent de même ce « devoir de réserve » et ne répercutent jamais les informations sur la visibilité du croissant.

[15] Dans une veine plus légère, il y aurait aussi le Ministère de la Santé Publique qui pourrait réagir, lorsque des rapports de visibilité de croissant sont validés alors que la Lune est positivement en dessous de l’horizon.

[16] Voir notamment « Le syndrome Bonatiro, ou le disfonctionnement de la science en Algérie », Le Quotidien d’Oran, 22&23 Juillet 2003

[17] Ce fut le cas lors du Ramadhan 2003 en Algérie où une bataille par médias interposés se déclencha entre le Ministère des Affaires religieuses et l’Association Sirius d’Astronomie pour ce « coup bas ». Ou lorsque rien ne fut observé localement, on invoqua une observation qui s’avéra par la suite être erronée en Arabie Saoudite pour déclarer l’Aïd, changeant les règles du jeu de manière impromptu.

[18] Cette règle cache en fait un problème difficile à résoudre, lié à l’existence nécessaire d’une ligne de changement de date (IDL). En général, le Moyen- Orient et l’Afrique sont pris comme bloc unique pour son application. Les pays de l’Asie situés plus à l’Est, et malgré le fait qu’ils constituent le centre de gravité démographique de la Oumma, sont de facto déconnectés du premier ensemble et d’ailleurs célèbrent l’Aïd souvent un à deux jours après nous.

[19] La Turquie l’a adoptée dans une forme plus locale, et la Libye a une règle similaire, modulo une définition différente du jour islamique qui commence à l’aube et non au crépuscule. De ce fait, elle est plus prompt à commencer avant les autres pays.

[20] Si on garde en mémoire les déboires de la navette spatiale construite par la plus grande nation industrielle actuelle, et dont chaque lancement est une ordalie, on voit dans quels beaux draps on risque de se mettre.

[21] La ligne rouge est lorsqu’il nous est demandé de jeûner sur la base d’une Lune qui n’est pas encore née, c’est-à-dire avant l’occurrence de la conjonction. Dans ce cas, qui est bien plus grave qu’une simple question d’observabilité du croissant basée sur la période écoulée depuis la conjonction, et qui est arrivé à plusieurs reprises ces deux dernières décennies. Nous sommes en contradiction flagrante avec le verset coranique qui institue le jeûne, puisque nous pouvons affirmer que le mois n’est pas encore né. Il est de notre avis que dans ce cas, tous ceux qui ont connaissance de ce fait ne doivent pas suivre la fatwa.

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Auteur : Jamal Mimouni

Physicien théoricien, université Mentouri, Constantine. Vice-Président de l'Union Arabe d'Astronomie et des Sciences de l'Espace.

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