Débat sur la laïcité et l’Islam : sortons de la médiocrité raciste !

Ce jeudi 3 mars, probablement comme ouverture du débat sur l’Islam annoncé par le gouvernement, Luc Chatel

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jeudi 3 mars 2011

Ce jeudi 3 mars, probablement comme ouverture du débat sur l’Islam annoncé par le gouvernement, Luc Chatel vient d’annoncer l’interdiction du port du voile pour les parents d’élèves lors des sorties scolaires.

Un an après le nauséabond débat sur l’identité nationale, il est clair que ce nouveau « débat » sur la laïcité et l’Islam fait partie de la stratégie de pompier pyromane si chère à Nicolas Sarkozy. On stigmatise et pointe du doigt tout une partie de la population française pour détourner l’attention des difficultés sociales. Cette stratégie du bouc émissaire est un jeu dangereux qui risque de nous exploser au visage.

Alors que le monde arabe est en train de faire sa révolution démocratique cassant l’imaginaire colonial et raciste dans lequel l’occident l’avait enfermé, il est regrettable qu’en France certains continuent de jouer de ces représentations dans des objectifs politiciens.

Si le gouvernement a vraiment un objectif politique autre que de créer du buzz islamophobe, qu’il fasse une fois pour toute ses propositions concrètes plutôt que laisser un débat flou et sans cadre s’instaurer.

Si problème il y a concernant la laïcité, c’est celui de son instrumentalisation politique et de l’application inégalitaire qui en est faite. Certains confondent la défense de la laïcité avec le fait d’imposer une identité « majoritaire » (certains diront « nationale ») à ceux, les juifs, les musulmans, les immigrés et autres « minoritaires » supposés par essence être incapables de « s’intégrer » sinon « s’assimiler » à la communauté « majoritaire ».

La France est diverse, c’est un état de fait qu’il faut accepter. La critique des religions, de toutes les religions, est un droit mais critiquer les religions cela ne signifie pas accepter la relégation communautaire et nier aux individus croyants le droit au libre arbitre et à leur droits de citoyens.

La défense de la laïcité doit au contraire se faire dans le respect de l’autonomie des individus, c’est-à-dire par la recherche de l’adhésion volontaire à un modèle de vivre ensemble laissant à chacun sa place et respectant l’égalité entre les citoyens.

Il ne s’agit pas de nier les mécanismes de repli identitaire que l’on voit poindre un peu partout. Cependant, ne nous trompons pas de cible. Ce repli n’est pas l’apanage des « minorités » mais est un phénomène qui s’amplifie en réaction à une mondialisation libérale affaiblissant les systèmes collectifs de protection sociale et généralisant une culture de compétition entre êtres humains réduits à un statut de consommateurs et de cibles marketing.

Pour la coopérative « laïcité n’est pas racisme ! »

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