Débat à Sarcelles autour de l’Appel des Indigènes de la République

L’Appel des indigènes de la République a suscité de nombreuses réactions et controverses. Mais il est a

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dimanche 3 avril 2005

L’Appel des indigènes de la République a suscité de nombreuses réactions et controverses. Mais il est aussi le prétexte à des conférences et rencontres/débats sur les questions soulevées par les initiateurs de l’Appel. Ainsi, un débat intitulé La République veut-elle de ses banlieues ? est organisé à Sarcelles le 7 avril prochain. Nous avons interrogé les organisateurs sur ce qui motive leur action.

Pourquoi ce débat ? En quoi l’Appel fait-il écho au quotidien des Gargeois ?

Les questions importantes et urgentes soulevées par l’appel des Indigènes de la République nous ont amenés à prolonger les termes du débat à travers l’expérience quotidienne que nous vivons dans notre ville : Garges-lès Gonesse.Dirigée depuis près de dix ans par une proche de Jacques Chirac aujourd’hui au gouvernement, la gestion de la commune est un cas d’école concret de tout ce que dénonce l’appel des indigènes.

Depuis dix ans nous voyons chaque jour comment la municipalité adopte une gestion communautariste des affaires de la ville en semant une division assassine par le biais de promesses non tenues et de surenchères électoralistes. Chacun sait la pression considérable qui a été exercée sur une large partie de la communauté musulmane lorsque celle-ci est parvenue à édifier un lieu de culte indépendant alors que la maire, Nelly Olin, promettait à une autre partie l’obtention d’un lieu de culte bâtie sur les ruines d’un service social.

Pourtant ces habiles manipulations des différentes composantes de la ville tantôt en les divisant tantôt en leur promettant l’impossible ne fait jamais des communautés ou de leurs « caïds » respectifs des acteurs majeurs de la ville. C’est d’ailleurs le contraire puisque toute la politique culturelle tracée par la commune depuis dix ans est essentiellement orientée vers un public « blanc », âgé et de tendance conservatrice. C’est donc toute la diversité de Garges qui est niée.

Si cette gestion post-coloniale en direction des « indigènes » prend plus de vigueur à Garges qu’ailleurs, c’est grâce à un laminage en règle des services publics locaux, des espaces de débats et de toute initiative de démocratie locale. A présent, les seules associations encore sous subventions sont celles qui acceptent les règles du jeu ou les quelques lobbies réactionnaires nostalgiques d’un temps qui ne devrait plus être (vétérans des guerres d’Algérie et d’Indochine...) !

Il faut que ça change et nous mettons notre VETO !

Quelles sont vos motivations ?

Nous souhaitons créer un Forum de dialogue et de réflexion critique, afin de favoriser l’engagement de tous ceux qui se battent pour une égalité réelle. C’est pour cette raison que notre association VETO ! a souhaité organiser et structurer localement le débat autour de la loi du 15 mars dite sur « la laïcité », en projetant le film « un racisme à peine voilé », nous voulons continuer à nous battre pour une égalité des droits qui ne se gagnera qu’à travers une lutte politique afin de pouvoir reconnaître l’histoire coloniale et le poids qu’elle représente dans les mécanismes de politique locale. Cette première étape devra être le prélude pour engager sereinement la promotion d’un multiculturalisme reconnu et assumé.

Nous entamerons donc notre second débat autour de l’Appel des Indigènes de la République, et des implications locales d’un tel appel.

Propos recueillis par Fatiha Kaoues

VETO !

La République veut elle de ses banlieues ?

Débat autour de l’Appel des Indigènes de la République

Avec la participation de

  • HAME du groupe LA RUMEUR
  • Vincent Geisser sociologue auteur de la « Nouvelle Islamophobie »
  • Stéphane Pocrain chroniqueur et militant de gauche

Le JEUDI 7 AVRIL 2005

Salle PABLO NERUDA

Avenue Paul Valery, Sarcelles

À 20h00

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