Débarqués manu militari pour une prière dans les airs

C’est l’incroyable épilogue aérien d’une escapade en Catalogne de deux français, d’origine tunisien

vendredi 3 septembre 2010

C’est l’incroyable épilogue aérien d’une escapade en Catalogne de deux français, d’origine tunisienne, résidant dans les Hauts-de-Seine, qu’a relaté le Canard Enchaîné.

Cela tenait plus de la méditation intérieure, discrète et silencieuse, les yeux à demi fermés, assis sagement sur son siège de passager, comme n’importe quel vacancier somnolant à bord de son avion du retour, après un week-end touristique bien rempli, ou bien tentant d’atteindre une certaine « zenitude », à l’approche d’un décollage imminent.

Rien dans l’attitude de notre compatriote qui s’était envolé, en février dernier, avec son beau-frère pour Barcelone, n’était de nature à alarmer l’hôtesse de l’air de la compagnie espagnole Vueling, dont le sang n’a fait qu’un tour lorsque le mot « prière » a répondu à sa curiosité piquée au vif.

La psychose du terrorisme qui, chaque année, à la même période, soit quelques jours avant la commémoration du 11-septembre, fait une grave rechute, repousse parfois très loin les limites de l’absurde.

Avion immobilisé, débarqués manu militari, cernés en un éclair par vingt gendarmes espagnols, nos deux français de l’étape ont eu droit à un traitement de faveur comme seul le délit de faciès l’autorise : un interrogatoire poussé assorti de son contrôle d’identité tatillon, et après avoir été relâchés par des policiers redoublant de cynisme parce que bredouilles, une nuitée impromptue en Espagne leur a été imposée, avant d’être de leur poche de 200 euros supplémentaires pour rentrer chez eux avec une autre compagnie.

Une autre compagnie car, dans un raffinement sécuritaire qui n’a pas voulu perdre la face, les policiers les ont purement et simplement blacklistés, au motif de tenez-vous bien : « Refus d’éteindre leur portable » ! Nos deux infortunés compères ont porté plainte contre la compagnie espagnole Vueling, qui s’est fendu d’un courrier lapidaire dans lequel elle ne concède aucun excès de zèle, mais affirme avoir suivi la procédure classique.

Pour une prière dans les airs qui pensait prendre un peu de hauteur, c’est un atterrissage forcé sur le tarmac du racisme qui l’a ramenée à une dure réalité...

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