Vendredi 10 février 2012

De la conversion à l’Islam

Ce n’est pas de la conversion réelle, effective, d’une personne à l’islam dont je vais vous parler aujourd’hui. La conversion à partir de quelque religion que ce soit vers quelque religion que ce soit est – devrait être – un acte privé, librement consenti, n’engageant que celui qui le fait dans une relation verticale avec son Dieu. J’ai envie de vous parler ici d’une autre forme de conversion, d’une conversion forcée en quelques sortes : celle de la conversion « imaginaire », supposée, des chercheurs et autres agents ou acteurs publics qui travaillent sur l’islam, gèrent des dossiers concernant l’islam, sont en rapports professionnels avec des musulmans.

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Ce
n’est pas de la conversion réelle, effective, d’une personne à l’islam dont je
vais vous parler aujourd’hui. La conversion à partir de quelque religion que ce
soit vers quelque religion que ce soit est – devrait être – un acte privé, librement
consenti, n’engageant que celui qui le fait dans une relation verticale avec
son Dieu.

J’ai
envie de vous parler ici d’une autre forme de conversion, d’une conversion
forcée en quelques sortes : celle de la conversion
« imaginaire », supposée, des chercheurs et autres agents ou acteurs publics
qui travaillent sur l’islam, gèrent des dossiers concernant l’islam, sont en
rapports professionnels avec des musulmans.

Pour
de nombreux d’entre nous, chercheurs, praticiens, nous développons sur la
question de l’islam en général non pas des « points de vues », des
« opinions », mais un discours fondé sur l’étude et la connaissance
du milieu sur lequel nous travaillons ; certains – au demeurant assez rares - portent en outre une parole politique fondée – par exemple - sur le concept
de citoyenneté de résidence, qui s’ajoute à l’égalité de traitement et de
neutralité dans la gestion des dossiers que beaucoup d’entre nous réclament et
pratiquent au quotidien.

Il
semble que ces discours et ces pratiques, un peu à contre-courant il est vrai,
soient particulièrement dérangeants puisque, tout au moins dans la mesure où
l’on ne développe pas un discours « a priori » négatif sur l’islam,
l’on cherche à les expliquer nos analyses, nos propositions, par des motifs
tirés de la vie privée, bien souvent imaginaire, de ceux dont on parle.

Quelques exemples vont éclairer mon propos.

Je
reviendrai tout d’abord ici brièvement sur une légende qui me paraît
véritablement archétypique : celle de « l’amant turc » prêté à
une ancienne ministre, liaison qui aurait expliqué (« mais oui mais c’est
bien sûr ! ») ses prises de positions politiques sur l’immigration,
la construction de lieux de cultes musulmans, la participation des étrangers à
la vie politique de la cité.

Cette
histoire, dégradante pour ceux qui l’ont colportée dans ce qu’elle révèle de
leur mentalité et de leurs méthodes, me paraît véritablement emblématique 
en ce qu’elle en dit plus sur les porteurs de ragots que sur celle qui en était
l’objet : incapables d’imaginer un horizon politique différent de celui
qu’ils voient de leurs fenêtres, sans projet, sans idéal, ils discourent sur 
la liberté, l’égalité et la fraternité à perte de vue… tant que la seule idée d’un
minaret ne vient pas faire d’ombre à leurs pots de géraniums sagement rangés
devant la fenêtre depuis laquelle ils contemplent le monde.

Apparemment
incapables d’imaginer que l’on puisse agir par conviction, par idéal politique
ou social, que l’on puisse s’intéresser à autre chose que ce que l’on est
soi-même, que l’on puisse prendre de la distance par rapport à soi et à ses
valeurs d’origine, ils ne voient pas autre chose qu’un intérêt purement
personnel, et si possible d’ordre privé, qui puisse animer une conscience, ce
type de discours leur permettant de plus de broder avec facilité sur
l’imaginaire de la sexualité coloniale – la sexualité débridée de l’indigène à
laquelle certaines (voire certains) succomberaient au prix de leur raison et de
leur autonomie de jugement. Etroitesse et petitesse semblent être les deux
mamelles taries de cette politique.

Il
en est de même de la « conversion à l’islam » de nombreux chercheurs
et « praticiens » du fait musulman.

Je
tiens à préciser une chose afin que mon point de vue soit bien
clair : une conversion à l’islam n’est pas en soi problématique ;
ce qui l’est, c’est que l’argument d’une conversion réelle ou supposée soit
utilisé pour discréditer les travaux (universitaires ou autres) de celui qui
les produit, ou pour « expliquer » et surtout condamner les
propositions qu’il peut faire dans le domaine qui est le sien.

Je vais en donner quelques exemples.

Ainsi,
même après sa mort, Bruno Etienne fait l’objet de rumeurs sur une conversion
supposée, certaines d’entre elles au demeurant assez théâtrales. Gloser sur
cela permet d’éviter de réfléchir plus avant à ce qu’il a écrit au moins autant - sinon plus ! - sur nous-mêmes que sur l’islam, sur notre perception des
phénomènes sociologiques et politiques, sur la religion de l’autre, sur la Franc-maçonnerie. Evitons de penser, cela pourrait nous déranger.

J’ai
également entendu dire, par des élus de la République, à propos d’un directeur de recherches au C.N.R.S. que je ne nommerai pas car il
est toujours vivant, que ses positions en faveur de la construction d’une
mosquée s’expliquaient car il était converti à l’islam – étant ici précisé
qu’il est en réalité catholique pratiquant. Un jour où il prenait la parole en
ce sens, ces élus me demandent : « C’est lui ˝le˝
converti ? C’est vous qui l’avez invité ? Moi, des chercheurs comme
ça je vous en trouve une douzaine… »

Ces
mêmes élus pensaient en réalité à Eric GEOFFROY, dont la conversion à l’islam
n’est un secret pour personne et qui, « comme tous les convertis »
était un « fanatique »… ces deux mots (converti et fanatique) allant « bien
entendu » de pair dans certains esprits. Quand on connaît Eric
GEOFFROY ! Et qui plus est quand on l’a lu… Comment pouvoir imaginer de
tels propos ?

Mais
il est vrai que tout le monde ne lit pas, du moins pas autre chose que ce que
l’on trouve dans certains journaux dont un directeur déclarait « Je
suis un peu islamophobe, ça ne me gêne pas de le dire. (...) J’ai le droit, je
pense (et je ne suis pas le seul dans ce pays), à penser que l’Islam, (je dis
bien " l’Islam ", je ne parle même pas des islamistes) en tant que
religion, apporte une certaine débilité (...) qui en effet me rend islamophobe.
(...) Il n’y aucune raison, sous le prétexte de la tolérance, (...) de
s’abaisser jusqu’à renier des convictions profondes. "
 C’est plus
simple, ça ne choque personne, ça fait même rire grassement parfois. Croire que
l’on a de l’esprit évite au moins de chercher à en avoir.

Un
autre exemple concerne l’ancien directeur de cabinet de la ministre dont je
parlais plus haut : très investi localement dans le projet de construction
d’une grande mosquée, son travail, ses prises de positions, ont rendu perplexes
certains politiques (du camp adverse…) à tel point qu’ils ont un jour
interrogé un adjoint au maire en lui demandant si ce fonctionnaire était en
passe de se convertir à l’islam. La réponse ironique de cet élu :
« Vous en saviez pas que c’est déjà fait ? », les a rendus plus
perplexes encore…

Le cinquième exemple me concerne directement.

Durant
plusieurs années ces mêmes méthodes ont été utilisées à mon endroit : dans
le passé, j’ai eu en effet des employeurs qui n’ont pas hésité à aller se
renseigner auprès de mon entourage pour connaître mes opinions politiques ou
religieuses – surtout ! – qui semblaient leur poser problème. Comment
expliquer autrement que par un intérêt personnel, en effet, que je demande pour
une partie de nos compatriotes ou résidents l’application de la loi ?
« Rien que la loi mais toute la loi » : cela paraissait apparemment
totalement incongru.

Les
notes que je pouvais rédiger en rappelant que telle association musulmane avait,
précisément, aussi des droits revenaient par exemple accompagnées d’un
« post it » : « La rédaction de cette note est étonnante
non ? »
 Oui, il semble étonnant à certains de considérer que
l’on puisse être Français ou résider dans notre pays, être musulman, et avoir le
droit de construire un lieu de culte, de pratiquer sa foi... Il semble étonnant
que l’on puisse demander cela si l’on n’est pas soi-même musulman !

Des
enquêtes, pas toujours privées, ont été diligentées sur mon compte… « Le
problème avec Jean-Michel CROS, ce n’est pas qu’il est proche des musulmans,
c’est qu’il est proche des islamistes… »
me rapportait-on benoîtement,
en me disant que je devrais quand même faire attention à mes fréquentations… Il
est vrai, je l’ai raconté ici, qu’un auteur approximatif m’avait rangé dans
l’un de ses livres parmi les convertis français célèbres. « Le converti
à l’islam et sans doute soufi Jean-Michel CROS… »
comme j’ai pu le
lire un jour sur Internet...

« Il
s’est converti à l’islam depuis peu… d’ailleurs regarde sur quels dossiers il
travaille ! »
 affirmait
récemment de façon péremptoire une jeune femme à une amie. Cela devait être dit
avec tant de conviction que cette amie est venue me voir, très inquiète, pour
me demander ce qu’il en était réellement… J’ose à peine imaginer, si l’on dit
cela de moi parce que je travaille sur l’islam, ce que l’on peut dire de mes
collègues qui travaillent à la propreté. Il est bon parfois de raisonner par
l’absurde.

Etre
partisan de l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne, cela bien sûr
interroge : outre la question récurrente de ma conversion à l’islam, s’est
posée pour d’aucuns celle de savoir quels étaient mes intérêts économiques ou
immobiliers dans ce pays : avais-je un appartement à Istanbul ?
avais-je une maîtresse voire un amant turc ? A moins que je ne travaille
pour les Renseignements Généraux - qui n’existent plus…

Arrêtons là.

Je
précise quand même à ce stade et à toutes fins utiles que j’ai pris la
précaution de solliciter un certain nombre de témoignages écrits des personnes
qui me rapportaient ces faits. Et j’invite tous ceux qui sont dans mon cas –
qui n’est pas isolé - à en faire autant. A bon entendeur salut.

Tout
cela pourrait sembler grotesque. Cela ne l’est pas. Ces extravagances révèlent
la ruine des valeurs qui sous-tendent la République libérale – au sens politique du terme – le respect de la vie privée, des libertés publiques telle la liberté de
conscience, elles révèlent la persistance à refuser de penser l’islam dans la République, « islam » ou « musulman » étant dans cette conception des
catégories discriminantes et délégitimantes.

Elles
fondent les politiques de discrimination qui entraînent l’examen les demandes
des administrés non en fonction de critères objectifs mais selon la confession
du pétitionnaire, l’examen des points de vues exposés non pas en fonction de
leur contenu mais en fonction d’une religion que l’on nous impose - qui nous en
soyons des fidèles ou pas, peu importe. Peu à peu se multiplient ainsi des
exceptions au droit qui finissent par créer un droit d’exception à l’encontre
d’une catégorie de la population, catégorie aux contours fantasmatiques puisqu’on
y inclut tous ceux qui portent un autre discours que celui ce la vulgate
islamophobe.

Alors
que la laïcité fait par ailleurs l’objet de véritables incantations, des
gribouilles assignent un statut confessionnel à telle ou telle personne, avec
impossibilité pour elle d’en sortir à moins de tenir un discours islamophobe.
Si c’était le cas, ne croyez pas pour autant en être quitte : à ce moment
là, le registre changera et on entonnera avec des airs entendus le couplet du
double langage que tiennent seuls, bien entendu, les musulmans et autres Turcs
de profession.

Je
crois aujourd’hui que le silence que j’ai observé contre ce type d’arguments a
été une erreur. « Never complain, never explain » était une règle de
vie impérative, apprise dès l’enfance : j’ai eu tort de la suivre. Le
silence permet en réalité que de telles méthodes perdurent en toute légitimité – du moins du point de vue de ceux qui les commettent. Il faut les dénoncer
publiquement pour ce qu’elles sont : des arguments à deux balles de basse
politique.

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Commentaires

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hé ben ! quel article ! c’est vrai que l’Islam dérange les pays européens, la france en tête.
tout ce qui touche à l’Islam est systématiquement stigmatisé, que soit les musulmans ou ceux qui les fréquentent.
j’ai entendu ce directeur de journal parler de son Islamophobie dans une chaine de télévision à une heure de grande écoute, un récit débile de très bas niveau comme ci qu’il parlait d’une secte de je ne sais ou, il oublie qu’il parle d’une religion qui rassemble le tiers de cette planète et qu’elle a crée une civilisation qui a fait sortir son peuple du moyen âge.
C’est ce genre de personne qui alimente la haine en cherchant des boucs émissaires, une idéologie qui était largement répondu dans les années 20 et 30 et qui a engendré un génocide, sauf que cette fois-ci, si le choc de civilisation se produit comme il le souhaite, ça serai pas juste une guerre mondiale mais la fin du monde.

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Merci ! Bonne continuation

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Un petit bonjour à M.Imbert du point que l’islamo....phobie ,son fond de commerce,a permis quelques tirages supplémentaires et à M.Giesbert la sympathie présidentielle.
"no complain,no explain "confirme que pour vivre heureux il faut vivre caché.

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Bonjour monsieur, tout d’abord merci pour la qualité de vos articles. Ce que vous dénoncez dans votre article n’est pas nouveau, encore moins surprenant et s’inscrit dans une longue tradition hérité des positions de l’Eglise Catholique. Cette attitude a traversée les siècles, l’histoire coloniale et s’affirme aujourd’hui sans complexe chez les tenants d’une laïcité de combat. Le vote de la loi du 15 mars 2004 en est un exemple. C’est bien connu et c’est une évidence : l’Islam est essentiellement incompatible avec l’héritage des Lumières, les valeurs de l’humanisme juridique, éthique et politique de la modernité occidentale. Les musulmans sont encore en retard. Ils sont incapable de se soustrait à l’influence de leur religion et de leurs traditions, seule voie d’accès à la liberté et à l’autonomie. Au lieu de cela, ils continuent à adorer leur Dieu. Alors comment ne pas soupçonner les gens comme vous quand vos propos et vos écrits contredisent ces évidences connu de tous ?
Lorsque ces gens que vous dénoncez diront du bien de l’Islam alors les musulmans de ce pays auront des raisons d’être inquiets. Allah le Très Généreux Guide et égard qui Il veut.

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Bonjour,
Salutations nombreuses et appuyées à l’auteur de l’article.
Il est vrai qu’aujourd’hui dès lors que vous travaillez ou traitiez de l’Islam vous devenez suspect car FORCEMENT ISLAMISTE-FONDAMENTALISTE-INTEGRISTE et par extension TERRORISTE.
Tous ça pourquoi ?
Je me demande à qui profite cet état de fait ?
Pourquoi dès qu’une tentative d’explication de qu’est ce que l’Islam nous aboutissons à ce que vous décrivez ?
Comme si l’Islam venait d’exister depuis la première guerre du Golf ou encore récemment depuis ce fameux 11 septembre ?

Je me permettrais de renvoyer à tous ces "camisolés du cerveau" le livre de M. ARKOUN, l’Islam depuis le moyen âge à nos jours" en complément des travaux faits et réalisés par Ms. Geoffroy, Etienne, Fregosi, Liogier, ou encore Burgat pour ne nommer qu’eux sans oublier d’autres chercheurs.

Toujours est il et cela est un fait acquis à la cause du populisme que si voulez être "bien vus" et être invités sur tous les plateaux TV, il ne faut absolument hésiter à faire des "trucs" comme ceux de certaines personnes qui se disent auteurs-chercherurs et spécialistes del’Islam comme Fourest ou Bergeaux, là vous serez plébiscité parfois et même souvent invités et interwievé voir même décoré de l’ordre du merd..ue !

Jean Jaures disait il n’a pas eu tort " Le courage c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe et de ne pas faire écho aux applaudissement imbéciles et aux huées fanatiques". Messieurs, vous avez du courage et rien pour cela "chapeaux bas à vous !".

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salamalikoum
franchement tren bonne intervention est un franc parlé que j’aime beaucoup,il en faut plus des temoigniage, des monsieur comme vous,tous mes respect rien a dire.
salamalikoum

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Bonjour, Salutations nombreuses et appuyées à l’auteur de l’article. Il est vrai qu’aujourd’hui dès lors que vous travaillez ou traitiez de l’Islam vous devenez suspect car FORCEMENT ISLAMISTE-FONDAMENTALISTE-INTEGRISTE et par extension TERRORISTE. Tous ça pourquoi ? Je me demande à qui profite cet état de fait ? Pourquoi dès qu’une tentative d’explication de qu’est ce que l’Islam nous aboutissons à ce que vous décrivez ? Comme si l’Islam venait d’exister depuis la première guerre du Golf ou encore récemment depuis ce fameux 11 septembre ?

Je me permettrais de renvoyer à tous ces "camisolés du cerveau" le livre de M. ARKOUN, l’Islam depuis le moyen âge à nos jours" en complément des travaux faits et réalisés par Ms. Geoffroy, Etienne, Fregosi, Liogier, ou encore Burgat pour ne nommer qu’eux sans oublier d’autres chercheurs.

Toujours est il et cela est un fait acquis à la cause du populisme que si voulez être "bien vus" et être invités sur tous les plateaux TV, il ne faut absolument hésiter à faire des "trucs" comme ceux de certaines personnes qui se disent auteurs-chercherurs et spécialistes del’Islam comme Bergeaux, là vous serez plébiscité parfois et même souvent invités et interwievé voir même décoré de l’ordre du merd..ue !

Jean Jaures disait il n’a pas eu tort " Le courage c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe et de ne pas faire écho aux applaudissement imbéciles et aux huées fanatiques". Messieurs, vous avez du courage et rien pour cela "chapeaux bas à vous !".

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A Abde :" Il est vrai qu’aujourd’hui dès lors que vous travaillez ou traitiez de l’Islam vous devenez suspect car FORCEMENT ISLAMISTE-FONDAMENTALISTE-INTEGRISTE et par extension TERRORISTE." Je ne partage pas votre point de vue sur ce point. Car dire cela reviendrait en effet, à excuser ceux qui suspectent et qui pêcheraient donc, par ignorance. Je ne crois pas que ce soit le cas. Ceux qui vous suspectent savent trés bien pourquoi ils vous suspectent et ce n’est pas par ignorance. je crois que cela est sciemment et savamment orchestré, le but est de discriditer toute personne qui défendrait un tant soit peu l’islam et les musulmans. Cela s’appelle une campagne de dénigrement !

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A Amazone !
Bonjour,
C’est exactement le sens de mon propos car pour moi l’ignorance ne peut servir d’excuse !
D’où à qui profite cette pratique de dénigrement Amazone ?
Bien à vous !
Ab

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A AB : Cette campagne de dénigrement profite à tous ceux qui n’ont pas interêt à ce que les masses se réveillent. Elle profite à ceux qui se disent musulmans ou pas et qui veulent faire de nous des moutons de panurge, obéissants bêtement. A ceux qui ne veulent pas que nous sortions de la pensée unique et des sentiers battus. Enfin, elle profite à ceux qui dans la division veulent se créer un ennemi imaginaire afin de manipuler les masses. C’est une pratique ancestrale qui à fait ses preuves !

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La verité c’est que l’islam fait peur aux européens.

Le vrai problème en Europe, ce n’est pas la présence des musulmans, le vrai problème c’est qu’il n’y a plus de chrétiens en Europe.

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La conversion est -elle dans la continuité spirituelle ou tout simplement dans ce besoin identitaire qui tenterai de légitimer son acte au regard d’une société en quête de repères ?

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Bonjour à vous M. Cros,
Cet article ne me surprend pas. J’ai eu la chance de suivre vos cours, ainsi que ceux de M. Etienne à Aix il y a bien longtemps maintenant, Vincent Geisser était tout jeune étudiant ! Déjà à l’époque, en pleine première guerre du Golfe, ce genre de procédé était largement employé pour dénoncer les "sadamites" hostiles au conflit. Depuis, cela n’a qu’empiré ! Déjà à l’époque, alors qu’Al Qaïda n’existait pas, tout chercheur sur l’islam se voyait qualifié des adjectifs les plus calomnieux pour mieux dénoncer son travail, surtout si ses conclusions ne coïncidaient pas avec ceux que l’on devait normalement penser.
Comme disait notre ancien maître,pour déligitimer quelqu’un, rien de tel qu’un bon vieux "Mais d’où parles-tu camarade ?"
Bien à vous, j’apprécie toujours de vous lire sur ce site.

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Jugurten :

Non, nous n’avons pas peur de vous parce qu’il y a de moins en moins de Chrétiens, ce dont je me réjouis en tant qu’athée. C’est une chose que nous avons recherché et la religion a reculé.

Nous avons plutôt peur des problèmes d’insécurité qui règnent dans les banlieues, problèmes dont l’Islam n’est d’ailleurs pas responsable.

Par contre, ce qui nous gêne vraiment, c’est de voir progresser une religion dont les valeurs sont contraires à la liberté individuelle, à l’égalité des sexes, à la liberté politique. Bref à notre culture occidentale.

Nous ne voudrions pas vivre un jour ici comme on vit chez vous.

Je préfère l’athéisme, seul garant de la liberté...

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A Réno : "Je préfère l’athéisme, seul garant de la liberté..." Je crois que vous ne connaissez absolument rien à l’histoire du monde. Parce que si l’athéisme avait été le garant de la liberté cela se saurait !!! Je vous renvoi aux génocides commis dans le monde au nom de l’athéisme, et qui n’a rien à envier aux guerres des religions !

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Chère Amazone :

Je vous envoie ces deux articles (dont vous vérifierez la source sur Internet) pour que vous puissiez balayer devant votre porte. Rassurez-vous : ici vous ne risquez pas la prison pour des raisons religieuses.

Le Maroc d’abord, où je me trouvais quand j’ai lu ceci dans le journal Telquel en novembre 2006 :

"Un touriste allemand d’origine égyptienne a été condamné par un tribunal marocain à Agadir (sud) à SIX MOIS DE PRISON pour avoir "tenté d’ébranler la foi d’un musulman", a-t-on indiqué mercredi de source judiciaire à Rabat.

Sadek Noshi Yassa, 64 ans, a été également condamné mardi par le tribunal de première instance à payer une amende de 500 dirhams (45 euros).

Il a été interpellé la semaine dernière en train de distribuer à des jeunes des livres de missionnaires chrétiens après avoir réussi à les entraîner dans une discussion sur ce sujet, selon la même source.

L’article 220 du Code pénal marocain punit de trois mois à trois ans de prison - assortis d’une amende de 100 à 500 dirhams - "quiconque utilise des moyens de séduction pour ébranler la foi d’un musulman ou le convertir à une autre religion".

Source : AFP" On ne rigole pas tous les jours avec la religion ! J’aime l’article 220 du code pénal marocain.

L’Algérie maintenant :

26 mai 2008

ALGER (AFP) — La secrétaire d’Etat française aux droits de l’homme, Rama Yade, a été critiquée lundi par le journal algérien Liberté après avoir qualifié dimanche de "triste" et "choquant" le procès en Algérie d’une femme convertie au christianisme.

Les déclarations de Mme Yade "risquent de constituer un autre sujet qui fâche" entre la France et l’Algérie, estime dans un commentaire le quotidien algérien, en les qualifiant de "maladresse qui complique les choses plus qu’elle ne les arrange".

Le procureur de Tiaret, dans l’ouest de l’Algérie, avait requis mardi trois ans de prison ferme contre Habiba Kouider, 37 ans, convertie au christianisme et jugée pour exercice illégal d’un culte non musulman, en vertu d’une loi de 2006.

"C’est triste, c’est choquant, d’abord parce que cela (le procès) contrevient à la déclaration universelle des droits de l’homme", qui proclame dans son article 18 la liberté de pensée, de conscience et de religion, avait déclaré la secrétaire d’Etat dimanche à Radio J. Elle a souhaité "un geste de clémence" de la part du Tribunal.

Le verdict est attendu mardi, selon le président de l’Eglise protestante d’Algérie.

"On voit difficilement comment Rama Yade compte conjuguer les droits de l’homme avec la diplomatie en s’emparant d’autorité d’une affaire traitée par un tribunal algérien", ajoute Liberté, qui se demande s’il ne s’agit pas d’un nouveau "péché de jeunesse" de la secrétaire d’Etat française.

Copyright © 2009 AFP. " Le ministre de l’Intérieur algérien a répliqué à notre secrétaire d’Etat en fermant bon nombre d’églises en Kabylie. Mais ça ne doit pas vous indigner.

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Très chères Amazone et Moha :

Tapez "liberté religieuse Algérie" sur Google et vous obtenez ceci sur Wikipedia :

" Loi contre le prosélytisme non-musulman [modifier]
Le parlement d’Algérie a adopté le lundi 20 mars 2006 une loi prévoyant des peines de prison pour toute tentative de "convertir un musulman à une autre religion". Auparavant elle avait été approuvée le 15 mars par l’Assemblée populaire nationale (APN, chambre basse).

Elle prévoit des peines de 2 à 5 ans de prison et une amende de 500 000 à 1 000 000 de dinars (5 000 à 10 000 euros environ) contre toute personne qui "incite, contraint ou utilise des moyens de séduction tendant à convertir un musulman à une autre religion".

La loi prévoit des sanctions similaires contre toute personne qui "fabrique, entrepose, ou distribue des documents imprimés ou métrages audio-visuels ou tout autre support ou moyen, qui visent à ébranler la foi musulmane"[2]."

CE QUI EST RASSURANT, C’EST QU’ICI, BIEN QUE NOUS SOYONS SI VILAINS, ON NE RISQUE PAS DE VOUS METTRE EN PRISON.

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Je crois que je vais lancer une pétition pour un appel à la liberté religieuse dans les pays du Maghreb. Je vous laisse juger :

Loi marocaine :

"L’article 220 du Code pénal marocain punit de trois mois à trois ans de prison - assortis d’une amende de 100 à 500 dirhams - "quiconque utilise des moyens de séduction pour ébranler la foi d’un musulman ou le convertir à une autre religion".

Loi algérienne maintenant :

"Le parlement d’Algérie a adopté le lundi 20 mars 2006 une loi prévoyant des peines de prison pour toute tentative de "convertir un musulman à une autre religion". Auparavant elle avait été approuvée le 15 mars par l’Assemblée populaire nationale (APN, chambre basse).
Elle prévoit des peines de 2 à 5 ans de prison et une amende de 500 000 à 1 000 000 de dinars (5 000 à 10 000 euros environ) contre toute personne qui "incite, contraint ou utilise des moyens de séduction tendant à convertir un musulman à une autre religion".
La loi prévoit des sanctions similaires contre toute personne qui "fabrique, entrepose, ou distribue des documents imprimés ou métrages audio-visuels ou tout autre support ou moyen, qui visent à ébranler la foi musulmane"[2]."

J’ose imaginer sans peine que certains ou certaines qui débordent d’indignation face à la liberté religieuse dont ils jouissent en France seront pareillement scandalisés devant les atteintes aux libertés les plus élémentaires qui règnent dans d’autres pays.

Irait-on en prison ici pour avoir tenté de convertir un citoyen français à l’Islam ... ?

Je voudrais que sur ce site on discute à partir de faits bien réels et qu’on vérifie ses informations.

Je sollicite notamment l’avis d’Amazone, de Moha et de jeanmoulin sur la question. Nous pourrions signer la pétition ensemble...

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A reno

Si vous avez raison de dénoncer le manque de libertés religieuses dans tous les pays du monde (je pense que pour la majorité d’entre nous, nous sommes d’accord avec cela) vous devez cependant cesser de vous adresser a vos concitoyens comme des étrangers (la bas chez vous etc...).

Vous vous adressez a des citoyens français qui réclament leurs droits dans leur pays, ce qui ne les empêche pas de dénoncer le manque de libertés dans d’autres pays (en particulier leurs pays d’origine ce qui a l’air de vous tenir particulièrement a coeur).

D’autre part, c’est très curieux de vouloir lier le respect des droits de "ses citoyens" aux droits que d’autres états appliquent ou n’appliquent pas chez eux !

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A Réno : vosu ecrivez ," Loi marocaine :

"L’article 220 du Code pénal marocain punit de trois mois à trois ans de prison - assortis d’une amende de 100 à 500 dirhams - "quiconque utilise des moyens de séduction pour ébranler la foi d’un musulman ou le convertir à une autre religion".

Cela s’appelle du prosélytisme est le prosélytisme est interdit dans ces pays.
Cela ne veut pas dire que vous ne pouvez pratiquer une autre religion...
relisez bien la loi, c’est celui qui chercher à ébranler ou qui cherche à convertir un musulman à une autre religion, qui est condamné et non pas celui qui se converti ! Vous mélangez un peu tout et n’importe quoi.

Mais pourquoi ce long voyage vers le Maroc ou l’Algérie, le débat ici est Franco Français alors pourquoi nous parler des autres pays ?

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Amazone :

"Cela s’appelle du prosélytisme est le prosélytisme est interdit dans ces pays"

Vous plaisantez Amazone, vous croyez peut-être qu’on va laisser s’instaurer ici la situation qui prévaut dans les pays où votre religion a triomphé ? Nous devons vous croire comme ça sans vérifier ce qui s’est passé là où votre idéologie est majoritaire ? Imprudent non ?

En effet, il vaut mieux ne parler que de ce qui se passe en France car mieux vaut taire le situation des non-musulmans en terre musulmane.

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Mr Reno, nous considerons l’islam comme etant parfait, et l’homme qu’il soit musulman ou non comme imparfait. c’est un faux proces que de condamner des actes dans tel ou tel pays puisque l’etre humain est imparfait. l’unanimite d’opinion n’existe dans aucun pays, religion, communaute...

En ce qui concerne le garant de la liberte que pourrait etre la laicite, c’est la meme chose ce n’est pas un systeme parfait et qui fera l’unanimite aupres de tous.

Par contre en tant que musulman espagnol je garde toujours en tete cette exemple qui me laisse penser que l’islam pourrait etre le garant de la liberte.

La periode (7 siecles) de l’islam en espagne voyait les 3 religions monotheiste vivrent en Harmonie, le plus bel exemple etant a Cordoba ou la mosquee accueillait les juifs pour shabbat, les musulmans le vendredi pour salat jumua, et les chretiens le dimanche pour la messe.

les juifs et les chretiens etaient proteges par les musulmans, nous vivions en paix.

Je me demande si vous seriez pret pour garantir votre liberte qui vous est chere a vivre comme a cette epoque, a moins que votre liberte ne soit qu’un deguisement qui cache une lutte contre l’islam .

Cordialement,

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A Reno , j’ai longtemps pensé que votre agressivité venait que votre ignorance et de votre islamophobie. Nous avons tenté sur ce site de discuter avec vous, de communiquer, de vous éclairer mais je crois que votre cas reléve d’un paranoia aigue de tout ce qui ne vous ressemble pas !

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Grâce soit rendue à Monsieur Cros d’avoir su pointer une fois de plus combien pour des non musulmans travailler sur l’islam ou sur les musulmans ou simplement en parler d’une façon moins rapide et caricaturale que certains faiseurs d’opinions fait d’eux des complices d’une supposée islamisation de la France, bref d’être des traitres à leur société...
encore un petit effort et il faudra bientôt avant d’écrire sur l’islam décliner son appartenance religieuse, présenter son certificat de baptême ou de conversion (...)ou ratifer je ne sais quelle charte de la libre pensée, histoire de débusquer les convertis vrais ou faux.
Le laïcisme de certains, élus comme celui de pseudo intellectuels, dénature l’idéal de laïcité qu’ils prétendent défendre... contre qui ???

Abdenour

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Notre cher Jacques BERQUE, un catholique fervent avait bien dit un jour qu’en s’interessant à l’Islam il risquait sa peau ! Cela ne date donc pas d’hier et ce n’est pas près de s’arrêter. ce qui est surprenant c’est que tout en haïssant les musulmans certains et pas des moindres vont quémander chez eux et installer des bases militaires et leur taper sur l’épaule quand cela est nécessaire. Nous préférons les Bruno Etienne, les Jean-Michel CROS , les Jacques BERQUE même non convertuis, même catholiques, même libres penseurs mais honnetes et intègres, ils sont l’honnur de l’Occident .

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Amazone

Je n’ai pas voulu non plus être ignorant et islamophobe. J’ai sans cesse essayé de vous montrer qu’on pouvait réfléchir de 2 façons différentes. Ce qui a l’air d’être difficile.

Si vous voulez vivre ici, comme vous en avez le droit puisque vous êtes née ici, il vous faut un peu adoucir les critiques que vous exprimez à l’égard des gens que vous côtoyez tous les jours.

Le droit du sol n’existe pas en terre d’Islam. Je vous le rappelle.

Je suis toujours étonné que les tenants d’une idéologie universaliste ne pensent pas à donner la nationalité à ceux qui par hasard naissent sur un sol concerné par l’idéologie en question.

Tenez-moi au courant...

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J’ajouterai que ce type de raisonnement est également de mise dans le milieu professionnel où contester les propos teintés de "racisme ordinaire" ou les raisonnements islamophobes au sujet des employés dans les réunions de cadres est suspect... on est très vite marginalisé et accusé (de façon tacite bien-sûr) d’avoir des relations amicales avec des musulmans... ce qui explique forcément notre comportement.

Merci M. Cros pour la qualité de vos écrits et de vos raisonnements.