De l’incendiaire des esprits aux incendiaires des quartiers

La violence dans les quartiers populaires n’est pas une chose nouvelle en France. Nous la vivons depuis deux

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samedi 5 novembre 2005

La violence dans les quartiers populaires n’est pas une chose nouvelle en France. Nous la vivons depuis deux décennies au moins et elle est la conséquence directe des politiques désastreuses des gouvernements qui se sont succédés tout en conservant le même désintérêt pour ces quartiers.

La flambée de violence que nous vivons depuis une dizaine de jours,a démarré quand notre ministre de l’intérieur a décidé de déployer saviolence langagière à des fins de politique spectacle. Evoquer des notionsde « nettoyage », de « racaille », de « karcher » était à coup sûr une provocation à l’adresse de la catégorie la plus réactive à ce discours. Ila incendié les esprits du public qu’il sait sensible à ses mots et à ses attitudes.

Si nous condamnons avec la plus vive des énergies cette flambée de violence dont le ministre de l’intérieur porte la totale responsabilité, nous notons avec colère que ni le Premier inistre ni le Président de la République n’ont su trouver les mots pour apaiser les familles des deux jeunes électrocutés à Clichy-sous-bois ou pour réconforter ceux qui ont été choqués qu’une grenade lacrymogène de la police nationale explose en pleine mosquée. Ils sont les parfaits représentants d’une classe politique coupée des réalités sociales de notre pays qui a laissé le chômage, les inégalités, le racisme et les discriminations déchirer son tissu social.

Cependant, ni la violence des mots, ni celle des faits n’apporteront de solution à nos problèmes :

- Nous appelons à rétablir le calme par le calme et non par la violence et à restaurer l’autorité de l’Etat par la sagesse et la dignité de ses représentants, ministres, fonctionnaires et forces de l’ordre.

  •  Nous appelons les jeunes à cesser leurs actions suicidaires dont eux et leurs entourages seront les premières victimes. Que tous ceux qui ont influence et autorités sur ces jeunes s’associent pour faire cesser les violences.
  •  Nous exigeons que l’Etat et ses représentants fassent le nécessaire pour quecessent le mépris, la stigmatisation et l’exclusion dont sont victimes les quartiers populaires et leurs habitants.

    Lundi 07 nov. 2005 Pour le Collectif des Musulmans de France Le porte parole Ali Rahni

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