Qui est donc ce général-major, actuel chef d’état-major (pour combien de temps ?) de l’« armée de défense d’Israël », dite Tsahal, qui portera à jamais (avec beaucoup d’autres) le fardeau du concepteur et de l’exécutant d’une folle et criminelle « négation effective » d’un pays tout entier, le Liban (celle de Ahmadi Najad n’est heureusement que déclaratoire) ?
Qui est donc ce général-major, actuel chef d’état-major (pour combien de temps ?) de l’« armée de défense d’Israël », dite Tsahal, qui portera à jamais (avec beaucoup d’autres) le fardeau du concepteur et de l’exécutant d’une folle et criminelle « négation effective » d’un pays tout entier, le Liban (celle de Ahmadi Najad n’est heureusement que déclaratoire) ?
Officiellement, on le dit natif de Tel-Aviv, en cette mémorable année 1948, année de Destruction ou de fondation, c’est selon. Cette année là, la famille Haloutz quitte l’Iran pour la Terre Promise ce qui fait dire à d’autres qu’il est né, en réalité, à Téhéran. Peu importe. C’est le parcours qui détermine les hommes et les femmes, pas leurs origines. En cela, celui de Dan Haloutz mérite le détour.
Douche froide et « Pluie d’été »
Ce 25 juin 2006, Dan Haloutz paraît embarrassé. 48 heures avant, il fanfaronnait devant ces mêmes caméras pour l’opération « Tempête du désert » pendant laquelle deux activistes Palestiniens du Hamas furent kidnappés près de Khan Younès par un commando israélien. C’est la première « incursion » depuis le retrait israélien de Gaza en septembre 2005. La réponse fut immédiate : une opération audacieuse baptisée « Illusion morte », exécutée par trois groupes palestiniens (dont les Brigades Ezzedine Al Qassam, la branche armée du Hamas), s’attaque à une position israélienne. Bilan, deux soldats israéliens tués ainsi que deux assaillants et un caporal franco-israélien, Gilad Shalit, est fait prisonnier. L’état-major israélien est furieux. Le 28 juin, l’opération « Pluie d’été » est déclenchée.
Parcours
Dan Haloutz rejoint l’armée de l’air israélienne en 1966 et participe à la guerre d’usure de 1969 (40 missions aériennes) puis aux guerres de 1973 (43 missions) et 1982. Son « tableau de chasse » en combat aérien est plutôt maigre si l’on considère le « gap » technologique chronique entre les aviations arabe et israélienne : 3 Mig-23 (toujours ce chiffre impair imposé par Staline) égyptiens abattus pendant la guerre de Kippour contre une aviation égyptienne récemment reconstituée et commandée à ce moment là par un certain Hosni Moubarak.
Après une interruption de service entre 1978 et 1982 (licence d’économie à l’université de Tel-Aviv), il revient à l’armée et entame une ascension rapide : commandant d’une escadrille de Fantômes en 1984 ; commandant d’une base aérienne en 1991 puis chef d’état-major de l’armée de l’air en 1995 pour une courte période puisque les structures et les missions de l’état-major général israélien seront repensées un an plus tard. Dan Haloutz revient au devant de la scène en 2000 quand il est nommé commandant de l’armée de l’air. En ces temps de seconde Intifada, l’armée israélienne avait besoin d’hommes d’« idées » ce qui n’est pas la dernière qualité de Dan Haloutz…
Monsieur « une tonne ! »
On devine les lectures de Dan Haloutz en matière de « stratégie aérienne », une discipline toute récente qui coïncide, en gros, avec l’usage que firent les Italiens de leur aviation en Libye au début du XXème siècle (l’innovation des Montgolfier, au XVIIIème, n’est pas suivie d’une réflexion sur son usage militaire). La « bibliothèque stratégique » de Dan Haloutz doit logiquement comprendre : le général Italien Giulio Douhet (« la domination aérienne », 1921), l’Américain Billy Mitchell (« Winged Defense », 1924) et dans une moindre mesure le britannique Hugh Trenchard, pour les précurseurs de la stratégie aérienne. Plus récemment, on pense aux colonels américains John Boyd et John Warden (théoriciens de la « paralysie stratégique » par les airs) et plus généralement à l’école aérienne américaine qui a imposé ses classiques, surtout après la première guerre du Golfe, au point de dominer le débat stratégique américain aidée en cela par tout le complexe militaro-industriel qui vit grassement des commandes de l’US Air Force notamment.
Mais c’est probablement le Blitzkrieg allemand (le couplage char-avion) qui lui servit de « modèle » dans son idée de « combinatoire » (au sens mathématique du terme) de moyens apparemment disparates (agents de terrain-avions et hélicoptères ; drone-canon, etc.) et qui, en les associant adéquatement, peuvent produire un effet tactique et opérationnel d’une ampleur décisive.
Dan Haloutz a dû longuement méditer sur la manière de « mater » cette seconde Intifada. La Première (une idée de Abu Jihad, assassiné à Tunis en 1988), déclenchée en 1987, parce qu’elle reposait sur un usage on ne peut plus minimal de la violence (lancement de pierres) était militairement imparable sinon au prix de « bavures » au coût politique exorbitant. C’était la plus belle innovation de la résistance palestinienne en 50 ans de lutte. La simplicité de l’équation de Madrid (Terre contre Paix), fruit de l’Intifada et elle seule quasiment, témoigne de ce génie si les accords suivants (de Gaza-Jéricho-D’abord à Taba en passant pas Wye Plantation) n’avaient inventé ce jargon abscons (zones A, B et C, etc.), ces délais décourageants et surtout ce principe contradictoire de self-government sous occupation (Oslo II) qui ont abouti à l’échec et finalement à la seconde et moins glorieuse Intifada.
Pour le nouveau commandant de l’armée de l’air israélienne, l’outil aérien ne peut être réservé aux seuls conflits de « haute intensité » mais peut et doit jouer un rôle important dans ce qui est convenu d’appeler un conflit de « basse intensité » et/ou de guérilla urbaine. Dan Haloutz introduit des innovations tactiques et opérationnelles inédites en vue de perfectionner ce qui sera médiatiquement baptisé « éliminations ciblées » (c’est-à-dire « exécutions extra-judiciaires ») et qui consiste à coupler l’action des F-16, F-15 ou Apaches avec le travail de terrain des agents du Shabak ou Shin Bet, le service de renseignement intérieur israélien : « marquage » électronique ou visuel (phosphorescent) de la « cible » (voiture, immeuble, etc.) suivi quasi immédiatement d’une frappe aérienne.
Dan Haloutz se révèle d’une main lourde et sans états d’âmes. Le 23 juillet 2002, le Shabak parvient à localiser Salah Shehadeh, le chef des Brigades Ezzedine Al Qassam, et « marque » aussitôt l’immeuble de plusieurs étages dans lequel il venait de pénétrer dans un quartier de la ville de Gaza. Au quartier général de l’armée de l’air, Dan Haloutz prend la décision de frapper l’immeuble à l’aide d’une bombe d’une tonne. Bilan, 15 morts dont 9 enfants et 150 blessés. Interrogé sur son sentiment lors de telles opérations, Dan Haloutz joue l’humour décalé : « Je ressent un léger tremblement dans l’aile de l’avion »…
Tout récemment, le 12 juillet 2006, c’est la maison (à deux étages) de l’universitaire Nabil Abu Salmia qui reçoit la tonne de Haloutz (elle visait Mohamed Al Dif, le chef des Brigades Al Qassam qui n’y était pas). Bilan, 9 morts dont le docteur Abu Salmia et toute sa famille, 40 blessés et 10 maisons voisines détruites. Ce jour là, c’est l’opération « Promesse véridique » du Hezbollah qui fera la une des journaux (le 22 juillet 2006, ce sont 23 tonnes qui s’abattront sur un immeuble de la banlieue sud de Beyrouth supposé abriter un bunker du Hezbollah.)
Chaque opération donnait lieu au même carnage au point de susciter un timide mais inédit mouvement de protestation chez certains pilotes israéliens dont le général de brigade Yiftah Spector, considéré en Israël comme un « as » de l’aviation. Pendant l’invasion du Liban en 1982, un mouvement similaire s’était manifesté mais les choses étaient restées discrètes. En janvier 2002, une cinquantaine de soldats et d’officiers Refuzniks (aujourd’hui, ils sont 630) rendront publique une lettre (The Combatant’s Letter) adressée à Shaul Mofaz, le ministre de la défense et à Ariel Sharon dans laquelle ils protestent contre ces missions « illégales et immorales » qui leurs sont confiées dans les territoires occupés.
Ces derniers décident de maintenir Haloutz à son poste et lui confieront plus tard le poste de chef d’état-major adjoint de Tsahal. Nouvelles protestations chez les mouvements pacifistes israéliens et les milieux universitaires et l’affaire est même portée devant la Cour suprême afin d’ouvrir des enquêtes, mais en vain. Le 22 février 2005, et pour la première fois pour un officier de l’armée de l’air, Dan Haloutz succède à Moshe Yaalon au poste de chef d’état-major de Tsahal.
Le combat judiciaire est alors déplacé. Le 26 février 2006, le gouvernement israélien demande à la Cour suprême américaine de rejeter les poursuites judiciaires engagées par deux résidents arabes (un Palestinien et un Libanais), devant un tribunal de New York, contre l’ancien chef du Shabak, le général-major Avi Dichter, et l’ancien chef d’état-major Moshe Yaalon. Des poursuites semblables étaient engagées en Grande Bretagne contre Yaalon et Haloutz. En septembre 2005, un tribunal britannique a même ordonné à Scotland Yard d’arrêter le général (à la retraite) Doron Almog, ancien commandant du Sud (décembre 2000-juillet 2003), pour « crimes de guerre » mais ce dernier, prévenu par l’Ambassade d’Israël à Londres, est resté dans son avion et réussît à quitter l’aéroport de Heathrow et à retourner en Israël. Plusieurs associations britanniques demandent l’ouverture d’une enquête sur les « fuites » qui ont permis d’extraire ce général à la justice.
De Sabra à Hiroshima
Comme tout fanatique de la « suprématie aérienne » (un degré plus haute que la « supériorité aérienne »), Dan Haloutz est habité par le fantasme « Hiroshima » : effacer le maximum d’espace terrestre en un seul « tir » aérien. L’« effet Hiroshima » étant triple (effet de souffle, effet thermique et effet radioactif) et l’évolution de l’opinion publique et des moyens aéronavals et balistiques aidant, les planificateurs militaires parviendront à effectuer le même « travail » (sans l’effet radioactif qui rend le territoire « à occuper » dangereux) mais sous forme de plusieurs « tirs », simultanés, successifs et prolongés : c’est le « modèle Serbie-Kosovo », c’est-à-dire l’écrasement aérien de la Serbie (10 millions d’habitants) en détruisant systématiquement et méthodiquement les « biens publics » serbes (routes, ponts, ports, aéroports, usines de tout genre, stations électriques et de traitement d’eau, et même l’ambassade de Chine, etc.) pendant la compagne de 1999 (11 semaines de compagne aérienne de l’OTAN pour le maigre résultat, mais était-il réellement recherché ?, de 7 chars détruits…)
Le général Westley Clark, le commandant suprême de l’OTAN d’alors, en bon officier de l’US Army (armée de terre américaine) a, plus tard, récusé les prétentions de l’US Air Force en faisant remarquer que ce sont les troupes terrestres (franco-britanniques en l’occurrence) qui ont fait plier Milosevic davantage que les F-117 et autres F-16. D’ailleurs, les troupes russes (200 hommes !) stationnées en Bosnie ont pris tout le monde de court en entrant les premiers et par surprise à Pristina au grand désespoir de l’armada américano-otanienne.
Dan Haloutz semble avoir, fanatisme à part, une approche « pratique » des choses : le comment et le combien (une tonne !) l’emporte, chez lui, sur le pourquoi, privilège du « politique » au sens clausewitzien du terme. Vu le parcours et la personnalité de ses deux supérieurs immédiats (Amir Peretz, le ministre de la défense et Olmert, le premier ministre : deux civils dans une « démocratie de généraux »), il n’était pas difficile de prévoir la Catastrophe. Car, qu’on ne nous raconte pas d’histoires : la « compagne du Liban » ou « Opération Carthage », ne serait ce que pour des raisons de délais de « planification », était déjà dans les « cartons » de l’état-major israélien bien avant l’opération « Promesse véridique » qui n’est, en somme, qu’un simple accrochage « à la régulière » entre combattants inégalement armés mais dont on ne supporte pas le verdict. Le mythe d’un Tsahal invincible est à ce point intouchable quitte à saccager non seulement un pays mais une idée.
Car le Liban en est une : une Idée.
Car le Liban est le modèle inversé et « vivant » de ce concept fascisant de « choc des civilisations ». C’est à ce titre que Dan Haloutz et ses subordonnés l’ont si chichement « exécuté » devant la patience calculée des « garants » de la Paix et de la Sécurité internationales, ces fameux Cinq au droit de veto (sans devoir équivalent) plus que jamais contestable. Jamais, en 61 ans d’existence, le Conseil de sécurité des Nations Unies n’a laissé passer autant de jours dans une guerre avant d’appeler à ce que le génie diplomatique Douste-Blazo-Riceéen appelle « cessation des opérations offensives » avec un bonus de « droit de réponse » pour Israël et la permanence du blocus jusqu’à l’arrivée des Casques bleus… Le grand virage de la « politique arabe de la France » a déjà commencé.
Quelques Ouradour-sur-Litani plus loin…
Cette Sixième guerre israélo-arabe était délibérément « sale » (y en a-t-il de propre ?) car contrairement à l’écrasement de Groznie par tout ce que l’arsenal russe comptait d’armes dites « stupides », cette guerre contre le Liban a été menée avec des armes de « précision », des armes « intelligentes » (smart weapons) voire même brillantes (brilliant weapons) et à effets de pénétration et de souffle ravageurs (on ne peut se vanter, à la fois, du « génie » d’un Tsahal BHLiennement « démocratique » et de celui du Mossad tout en évoquant les impondérables de la « collatéralité »…)
Selon un haut responsable des opérations de déminage de l’ONU, Israël a utilisé des bombes à fragmentation dans au moins 170 sites au Sud-Liban transformant tout cet espace en un gigantesque champs de mines comme pour retarder au maximum (en espérant un clash communautaire ?) sinon interdire le retour du million de déplacés.
Les chiffres d’Amnesty International (Israel/Lebanon : Deliberate destruction or « collateral damage » ? Israeli attaks on civilian infrastructure, 23 août 2006) donnent froid au dos. En 34 jours de guerre, ce pays d’à peine 4 millions d’habitants a enduré 7000 attaques aériennes, 2500 bombardements depuis le large et des tirs d’artillerie (avec autographes de petites filles sur obus !) aussi précis que ravageurs. Le bilan humain est catastrophique : 1183 morts (contre 40 civils Israéliens dont 17 Arabes) dont un gros tiers d’enfants ; 4054 blessés ; 970 000 déplacés.
Les Biens Publics ont été particulièrement prisés par cette furie aérienne : 80 ponts ; 94 routes ; 25 stations de carburants et le dépôt de Beyrouth provoquant la plus grande marée dans l’histoire de la Méditerranée ; 2 hôpitaux publics entièrement détruits ; près de 900 usines et entreprises ; 30 000 maisons individuelles… et des villages entiers rasés ou sévèrement endommagés. On entend déjà, ici ou là, des récits, des contes, des poèmes et des légendes qui commencent, à la manière coranique, par le fameux : « Hal ataka hadithou Bint Jbeil… » (T’est-il parvenu le récit de Bint Jbeil (fille de la petite montagne)…, de Maroun El Ras, de Aïta Chaab, de Marjayoun…) Combien de stratèges sont-ils, Dan Haloutz le premier, à sous-estimer leur impact dans le « réarmement des esprits »…
Amnesty, revenons-y, réfute catégoriquement l’argument de « dommage collatéraux » ou de « boucliers humains » qui seraient utilisés par le Hezbollah, et parle d’une stratégie militaire délibérée et rappelle l’équation de Haloutz (24 juillet) : « Dix immeubles de Beyrouth pour chaque Katioucha sur Haïfa ! ». Amnesty dénonce en cette stratégie des « crimes de guerre » et appelle à une enquête internationale. Human Watch, de son côté, parle de ciblage délibéré des civils avec des armes cruelles comme ces bombes perforantes qui pénètrent tous les étages d’un immeuble avant d’exploser en rez-de-chaussée soulevant littéralement tout l’édifice.
La « victoire », une question d’école…
S’il est peut-être « injuste » d’amputer l’entière responsabilité de ce saccage à un seul homme, fut-il son planificateur en chef, il n’est pas certain qu’il restera beaucoup d’hommes et de femmes dans la région ou ailleurs pour se donner la peine d’interroger la chaîne des responsabilités ni même toute cette culture stratégique qui tourne autour du culte de la force et dont on devine mal l’articulation qu’elle envisage entre un « projet national » et son milieu, même boudeur, d’accueil. En prendre acte tout simplement est en soi le grand tournant psychologique que cette guerre a provoqué.
Il serait tout aussi « injuste » de mépriser la conduite de Olmert surtout après son trophée « 1701 » qui lui permet de faire désarmer l’adversaire (le plus clausewitzien des buts de guerre) avec les moyens (ou ce qui reste) des Libanais et des contribuables des pays composants la FINUL… Le fond politique de la « Question de l’Orient » n’a même pas été effleuré dans cette tardive et complice Résolution. D’autre part, si l’on considère la logique de rapport de force pur et simple de Olmert (adossé à une alliance solide avec les Etats-Unis), il n’était en rien obligé de concéder quoique ce soit, pas même à ses alliés de la région, les Moubarak et les deux Abdallah de Jordanie et d’Arabie que l’opportuniste petit-Assad a traités publiquement de demi-hommes (le Golan n’a pas connu le bruit d’un fusil de chasse depuis 1974…) A croire que Olmert ne compte pas ou plus sur eux pour vendre aux peuples de la région la nième reformulation (sans doute la dernière…) de l’équation de Madrid, celle du Sommet de Beyrouth de 2002 (normalisation contre retrait) ce qui signifie, et c’est là le fond du fond, que cela n’intéresse tout simplement plus les dirigeants Israéliens. La force et l’impunité, et l’arrogance pour corollaire, l’y autorisent parfaitement. Là aussi, en prendre acte relève de la lucidité élémentaire.
Le paradoxe de cette guerre c’est que Sayyed Hassan Nasrallah est tout aussi fondé à réclamer sa victoire qu’il qualifie lui-même de « stratégique » : Ne disposant pas d’un appareil d’Etat (il n’est ni chef d’Etat ni d’une « cellule » mais chef d’un parti-société-milice, le million de personnes qui constituent le Peuple du Sud-Liban), Nasrallah ne peut conclure de « traité », tout au plus une trêve, avec l’adversaire. Il pense donc « bataille » et non « guerre », une bataille de plus dans le sillage de la Grande et inachevée guerre de 1948. En cela, il n’est pas dans un rapport de force pur et simple (char contre char) mais dans une logique de contournement asymétrique permanent qui compense le manque de matériels par la maîtrise, autant que possible, des « cinq variables » de Sun Zi dont le Tao (vertu-doctrine-influence morale) et qui n’est pas ce rapport hiérarchique et d’obéissance entre le chef et ses subordonnés mais cette « harmonie » que crée le « droit légitime » entre le peuple et ses dirigeants dans une situation de lutte à la vie à la mort.
Ce qui fait dire à Nasrallah qu’il a remporté une victoire « stratégique » c’est peut-être son sentiment d’avoir (re)créé cette « harmonie » non seulement entre Libanais, ce qui est en soi miraculeux, mais au-delà et pas seulement dans le monde musulman.
Entre Chaos et Harmonie, le Moyen-Orient attend le Round suivant…
Commentaires
Un texte profond.
Bravo.
amalgames, poncifs, idéologie : j’ai lu des articles plus stimulants sur oumma.
david
Excellent article sur ce sinistre personnage !
Dès que certaines vérités sont affirmées, Al Alandalus paraît plutôt embarassé, mais ces vérités cher ami, il faut les entendre.
Et dire que ce Dan Haloutz a bénéficié d’articles indulgents dans une certaine presse, "dite grande", on croit rêver !!!
Merci Zakaria Gueddouri
Biographie qui fait froid dans le dos et qui aide à comprendre les crimes de guerre de cet état prédateur. Une armée sans conscience ni morale au service d’une idéologie immonde...
L’armée israélienne doit faire son examen de conscience devant les nombreux crimes de guerre dont elle s’est rendue coupable (cf le dernier rapport d’Amnesty à ce sujet). Il n’ y a donc guère de surprise à retrouver Dan Haloutz à la tête de cette armée, et M.Zakaria Guedourri l’ a parfaitement démontré
J’ai lu avec effroi cet article. On comprend alors la violence terrible qui s’est abattue sur le Liban n’épargnant ni enfants, femmes ou vieillards.
Il se trouvera touhours un BHL ou un autre philosophe d’opérette pour nous dire que Dan Haloutz est un humanitaire qui fait la guerre par contrainte
Très instructive de portrait chef d’état-major de l’armée de la seule "démocratie" du proche-orient
Bravo M.Gueddouri
Hallucinant à plus d’un titre, le crime n’est pas le monopole d’un peuple ou d’une civilisation, chaque nation engendre des criminels de guerre. Nous devons refuser le choc des civilisations et oeuvrer pour un monde de paix !
à safi,
je voudrais bien savoir quelles vérités sont énoncées dans cet article.
rien que les sous titres suffisent à le disqualifier : "de sabra à hiroshima" ; des "ouradours sur litani"...
encore un de ces papiers d’où il ressort une "vérité" : israel fait la guerre tout seul parce qu’il n’a en face de lui que de gentils libanais, palestiniens, syriens etc.. épris de paix qui sont contraints, la mort dans l’âme, de se défendre, et encore avec des pierres seulement !, contre les horribles incessantes injustifiées attaques de l’armée israélienne suréquipée et dirigée par des quasi-nazis, cf. l’allusion "haloutz à jérusalem".
à ce tarif, on se demande un peu comment il reste encore un seul arabe et/ou musulman sur terre puisqu’israel les hait, a les moyens (nucléaires notamment) de les détruire et tient, via son fameux "lobby", la communauté internationale à sa botte...
et puis les crimes de guerre aussi, il n’y a qu’israel qui en fait : les missiles tirés par le hezbollah, pour "se défendre", ne visaient que des cibles parfaitement militaires et ne peuvent donc constituer un crime de guerre ! la dissimulation d’arsenals militaires en plein milieu des habitations civiles n’est pas du tout une dangereuse confusion entre ce qui est militaire et ce qui devrait rester civil !
encore une fois, je ne cherche pas à exonérer israel de ses (nombreuses) erreurs et fautes passées et présentes.
seulement faut arrêter d’en faire la cause de tous les maux de la région.
david
bonjour, exellent article !j’aime bien la légère touche sarcastique...mais permettez moi une petite remarque, lorsqu’on parle de crimes de guerre et de crimes à la limite, génocidaires, c’est que on s’attend a une certaine forme de justice aussi borgne soit elle, sauf que le monde actuel et le non-droit international, nous obligent a voir la réalité en face, aussi moderne soit notre époque, c’est le régne animal qui prédomine...la loi du plus fort en somme...et là je me dis le monde était peut etre moins bordelique à l’époque de la guerre froide non ?
Merci Zakaria Gueddouri pour ce portrait qui nous éclaire sur l’état d’esprit et les intentions des chefs militaires israéliens dont la folie bélliqueuse est évidente ! La question que l’on se doit de se poser est comment un tel individu parvient à ce niveau de responsabilité ? Sur quels critères a-t-il été choisi ?
Al Andalus se garde bien d’aborder les questions qui fachent et se contentent d’une défense aveugle d’Israël sans reconnaître la grande responsabilité de cet Etat dans le torpillage des différents processus de paix dans la région. Mais Al Andalus est-il capable de lucidité dès qu’il s’agit d’Israël ? J’en doute fortement. Mais bon l’amour est toujours aveugle
Quel article qui se passe de tout commentaire ! Un grand merci à l’auteur
Merci pour ce tres bon article qui fait le point sur cette guerre .
Franck
Article très instructif sur la folie d’un homme en particulier et une idéologie(le sionisme) en général !
Grrrr.....froid au dos !
salam,article fort utile,mais comme à son habitude oumma.com donne la parole pour des sujets chauds,mais pour les sujets profonds, plus intellectuel,ou spirituel,plus de parole donnée.Oumma.com,un site intérressant,très utile mais malheureusement encore très élitiste,un peu comme le courant consensuel politique,médiatique et intellectuel en france,en europe et en occident,parlant beaucoup de ceux qui n’ont pas la parole mais ne leur donnant très rarement cette parole,Allahou Alam,salam
Pour vivre en paix avec ces voisins israel doit elle aussi se débarasser de son régime et son idéoligie sioniste et les pays arabes eux aussi doivent en faire autant pour une paix juste et durable.
les israéliens comme les arabes sont en majorité d’accord pour vivre ensemble dans une région en paix ou ils y veraient leurs enfants grandir sans risque de s’entretuer un jour.
comme disait Albert CAMUS "la guerre c’est individuls qui ne se connaissent pas et qui s’entretuer pour l’intérets d’autres individuls qui se connaissent bien et qui ne se feront jamais de mal"
Samir.
Drôle d’harmonie qui se paie au prix fort...
Dommage pour le liban qui est une fois de plus victime des calculs vicieux de ses "amis", soutiens déclarés du terrorisme.
Dommage pour israël qui une fois de plus passe pour un ogre.
Ma pensée va aux civils des 2 états qui sont les vrais victimes de cette situation.
Nasrallah a déclaré quelques jours après la fin des hostilités que s’il avait pu ne serait-ce qu’entrevoir les conséquences de l’enlèvement déclencheur du conflit, il ne l’aurait pas autorisé...
Est-ce à dire qu’il a agi sur ordre ?
On est en droit de le penser car le conflit arrivait à point nommé pour détourner l’attention que portait le monde sur les activités nucléaires de l’iran...
Cela n’enlève rien à la stupidité de toute guerre, quelle qu’elle soit, surtout quand, au total ce sont les civils qui paient le prix fort.
Les plans étaient, c’est une évidence, dans les cartons de Tsahal. A mon avis, depuis 1973 ils sont du genre à tout planifier, juste au cas où...
Ceci écrit, je ne peux que réfuter la thèse arabe qui pose en axiome la volonté d’Israël de viser des civils.
L’amalgame que fait l’auteur de cet article avec les refuzniks est un peu court.
Si israël avait voulu tuer des civils, il ne serait pas embêté à lancer des tracts avant les attaques pour laisser fuir et les civils et prendre le risque de faire capoter des opérations militaires en prévenant du même coup les combattants du hezbollah. C’est d’ailleurs en partie ce qui s’est passé.
Le liban, j’en suis profondémént désolé pour lui et pour ses habitants, a laissé perdurer une situation intenable pour Israël en laissant le hezbollah faire ce qu’il veut au sud-Liban. Il l’a payé au prix fort.
Enfin surtout les civils, parce que les dirigeants, eux étaient bien tranquilles...
Il y a fort à parier que ces dirigeants continueront leurs petits calculs mesquins et par là même à exposer inutilement des civils à des actions militaires israéliennes dont ils ne peuvent ignorer qu’elles sont violentes.
D’aucuns parleront de résistance. Mais de résistance à quoi ?
Israël était hors du Liban depuis au moins 5 ans !
Arrêtons de nous voiler la face : tant qu’il y aura des em****eurs qui em****eront, Israël répondra et ce sera encore un massacre.
Il faut que cela cesse.
Israël n’a aucun intérêt à attaquer le Liban si ce n’est pour se défendre. Shimon Peres caressait même une idée de communauté économique moyen-orientale à l’époque d’Oslo. Tout le monde en marre de ces guerres en israël.
Qui, de normalement corticalisé peut croire une seconde qu’une mère, en Israël, mette au monde un enfant en sachant qu’il partira un jour pour un service militaire dont il risque de ne pas revenir !
nul n’a le monopole de la moralité, mais de grâce un peu de bonne volonté de part et d’autre.
c’est une guerre où il n’y a eu que des vaincus.
J’ai lu cet article avec beaucoup d’intérêt surtout la partie qui concerne les poursuites judiciaires, même timides, dont font l’objet certains actuels ou anciens dirigeants de l’armée israélienne. En lisant le rapport de Amnesty International mentionné dans l’article, je me dis que le dossier d’instruction de Haloutz et de tout l’état-major est là... et si en Belgique, en Angleterre et même en Amérique des poursuites ont été engagées, pourquoi pas en France... car je ne veux plus que ces criminels mettent les pieds à nouveau dans mon pays.
Il est temps que cet Etat cesse d’être une exception parmi les 198 Etats du monde. Traduire certains de ses dirigeants devant des tribunaux internationaux leur servira, peut être, de bonne leçon afin qu’ils cessent de s’extraires à leurs obligations et à recourir invariablement à la force, tout en intérdisant aux autres de s’armer. La paix en notre petite Méditeranée en dépend. Merci à l’auteur de cet article pour cet éclairage.
à safi,
je vous repose la question : quelles vérités qui fachent ?
en ce qui concerne les négociations de paix, je n’ai jamais dit qu’israel n’avait aucune responsabilité dans leur échec !
il semble en effet qu’au sein de l’OLP certains cadres étaients prêts à entamer des négociations depuis en gros la fin des années 1970 et qu’alors israel a négligé ces possibilités.
Idem pour oslo : netanyahou en a limité et retarder l’application, ce qui a conduit à un pourrissement de la situation..et au retour des travaillistes au pouvoir.
mais vous n’êtes surement pas sans savoir que les palestiniens et les pays arabes n’ont pas non plus tout fait pour un règlement rapide !
sauf deux : la jordanie et l’egypte avec qui israel a signé la paix et des accords de reconnaissance mutuelle.
j’attends toujours les "vérités dérangeantes".
cordialement,
david
J’ai noté en lisant cet agréable article que la Patriarche Maronite des Chétiens du Liban se nomme : "Nasrallah" Sfeir...
Merci à Oumma.com de me l’avoir permis.
Excellent article, très bien documenté, avec des références stratégiques très claires. Merci à l’auteur !
Pour ceux qui doutent des intentions délibérées d’atteindre des civils et qui prêtent les même intentions aux deux parties (Un état d’un côté, une milice de l’autre !) il suffit d’effectuer un ratio entre les victimes civiles et militaires... Je n’ai pas les chiffres des victimes sionistes en tête mais il m’a semblé que les militaires (ceux en uniformes) sont plus nombreux que les civils au sud de la frontière....
Je me trompe ?
Salut à tous...
le bilan humain de cette guerre est le suivant :
Liban : 1088 civils et 93 combattants (et 4 Casques Bleus)
Israël : 41 civils (dont 18 Arabes) et 116 soldats
no comment
Rajab,
vous croyez vraiment que seuls 93 miliciens du hezbollah ont été tués ?
vous plaisantez j’imagine...
david
M. Al-Andalus (mettez un Majuscule svp à cet honorable mot-concept-mémoire commune...)
Sachant que le Hezbollah consacre une cérémonie polpulaire et personnalisée à chaque enterrement de l’un de ses combattants-"martyr", je doute fort qu’il ait jetté le 94ème combattant et les suivants, dans une fosse commune, en catmini la nuit tombée pour rester en dessous du chiffre du camp adverse.
Sayyed Hasan Nasrallah n’aurait sans doute pas permis qu’on prive le disparu et sa famille d’un tel hommage.
le reste n’est qu’idéologie
Shalom en attendant une Nouvelle Andalousie
à quand oumma.com sur papier Viiiiiiite
Le Monde m’a taxé de 10cts de + aujourd’hui !
ils sont contents de leur couverture de la guerre du Liban ou koi ?????????
misère !!!!!!!!!!!!!!!!
rajab,
vous avez compté 93 enterrements ?
même le hezbollah ne parle plus de seulement 93 morts.
elle est là l’idéologie.
cordialement,
david
Très bon article.
des vérités que je connaissais, d’autres moins ou pas.
Plusieurs généraux sont devenus premier ministre, le deviendra t il un jour ?
De toute facon généraux ou pas la politique de haine ne change pas.
Tu devrais changer de pseudo Alandalous, c’est un Nom qui évoque l’une des plus grande civilisation que l’humanité ait eu. Ca ne vas pas avec vos idées.
Concernant dan haloutz, ça ne m’étonne pas, il ya eu avant lui ( dayan, peres, mofaz, rabin.....) et il y aurait après lui.
réponse au dr abdallah
je vous cite "Pour ceux qui doutent des intentions délibérées d’atteindre des civils et qui prêtent les même intentions aux deux parties (Un état d’un côté, une milice de l’autre !) il suffit d’effectuer un ratio entre les victimes civiles et militaires... Je n’ai pas les chiffres des victimes sionistes en tête mais il m’a semblé que les militaires (ceux en uniformes) sont plus nombreux que les civils au sud de la frontière...."
les victimes sont israéliennes et non sionistes.
l’armée israélienne est une armée de conscrits, donc ce sont des civils qui sont militaires par obligation et non par profession.
quant au ratio que vous évoquez, il est effroyable et on y peut rien, tant il est vrai que les combattants du hezbollah s’évertuent à se mêler aux populations civiles. à moins d’arrêter le hezbollah de provoquer de manière incessante les israéliens. mais non cette idée est trop folle. la syrie n’aurait alors plus de prise sur la région...