« Dan Haloutz à Jérusalem », ou l’itinéraire d’un fonctionnaire du Crime…

Qui est donc ce général-major, actuel chef d’état-major (pour combien de temps ?) de l’« armée de d

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dimanche 3 septembre 2006

Qui est donc ce général-major, actuel chef d’état-major (pour combien de temps ?) de l’« armée de défense d’Israël », dite Tsahal, qui portera à jamais (avec beaucoup d’autres) le fardeau du concepteur et de l’exécutant d’une folle et criminelle « négation effective » d’un pays tout entier, le Liban (celle de Ahmadi Najad n’est heureusement que déclaratoire) ?

Officiellement, on le dit natif de Tel-Aviv, en cette mémorable année 1948, année de Destruction ou de fondation, c’est selon. Cette année là, la famille Haloutz quitte l’Iran pour la Terre Promise ce qui fait dire à d’autres qu’il est né, en réalité, à Téhéran. Peu importe. C’est le parcours qui détermine les hommes et les femmes, pas leurs origines. En cela, celui de Dan Haloutz mérite le détour.

Douche froide et « Pluie d’été »

Ce 25 juin 2006, Dan Haloutz paraît embarrassé. 48 heures avant, il fanfaronnait devant ces mêmes caméras pour l’opération « Tempête du désert » pendant laquelle deux activistes Palestiniens du Hamas furent kidnappés près de Khan Younès par un commando israélien. C’est la première « incursion » depuis le retrait israélien de Gaza en septembre 2005. La réponse fut immédiate : une opération audacieuse baptisée « Illusion morte », exécutée par trois groupes palestiniens (dont les Brigades Ezzedine Al Qassam, la branche armée du Hamas), s’attaque à une position israélienne. Bilan, deux soldats israéliens tués ainsi que deux assaillants et un caporal franco-israélien, Gilad Shalit, est fait prisonnier. L’état-major israélien est furieux. Le 28 juin, l’opération « Pluie d’été » est déclenchée.

Parcours

Dan Haloutz rejoint l’armée de l’air israélienne en 1966 et participe à la guerre d’usure de 1969 (40 missions aériennes) puis aux guerres de 1973 (43 missions) et 1982. Son « tableau de chasse » en combat aérien est plutôt maigre si l’on considère le « gap » technologique chronique entre les aviations arabe et israélienne : 3 Mig-23 (toujours ce chiffre impair imposé par Staline) égyptiens abattus pendant la guerre de Kippour contre une aviation égyptienne récemment reconstituée et commandée à ce moment là par un certain Hosni Moubarak.

Après une interruption de service entre 1978 et 1982 (licence d’économie à l’université de Tel-Aviv), il revient à l’armée et entame une ascension rapide : commandant d’une escadrille de Fantômes en 1984 ; commandant d’une base aérienne en 1991 puis chef d’état-major de l’armée de l’air en 1995 pour une courte période puisque les structures et les missions de l’état-major général israélien seront repensées un an plus tard. Dan Haloutz revient au devant de la scène en 2000 quand il est nommé commandant de l’armée de l’air. En ces temps de seconde Intifada, l’armée israélienne avait besoin d’hommes d’« idées » ce qui n’est pas la dernière qualité de Dan Haloutz…

Monsieur « une tonne ! »

On devine les lectures de Dan Haloutz en matière de « stratégie aérienne », une discipline toute récente qui coïncide, en gros, avec l’usage que firent les Italiens de leur aviation en Libye au début du XXème siècle (l’innovation des Montgolfier, au XVIIIème, n’est pas suivie d’une réflexion sur son usage militaire). La « bibliothèque stratégique » de Dan Haloutz doit logiquement comprendre : le général Italien Giulio Douhet (« la domination aérienne », 1921), l’Américain Billy Mitchell (« Winged Defense », 1924) et dans une moindre mesure le britannique Hugh Trenchard, pour les précurseurs de la stratégie aérienne. Plus récemment, on pense aux colonels américains John Boyd et John Warden (théoriciens de la « paralysie stratégique » par les airs) et plus généralement à l’école aérienne américaine qui a imposé ses classiques, surtout après la première guerre du Golfe, au point de dominer le débat stratégique américain aidée en cela par tout le complexe militaro-industriel qui vit grassement des commandes de l’US Air Force notamment.

Mais c’est probablement le Blitzkrieg allemand (le couplage char-avion) qui lui servit de « modèle » dans son idée de « combinatoire » (au sens mathématique du terme) de moyens apparemment disparates (agents de terrain-avions et hélicoptères ; drone-canon, etc.) et qui, en les associant adéquatement, peuvent produire un effet tactique et opérationnel d’une ampleur décisive.

Dan Haloutz a dû longuement méditer sur la manière de « mater » cette seconde Intifada. La Première (une idée de Abu Jihad, assassiné à Tunis en 1988), déclenchée en 1987, parce qu’elle reposait sur un usage on ne peut plus minimal de la violence (lancement de pierres) était militairement imparable sinon au prix de « bavures » au coût politique exorbitant. C’était la plus belle innovation de la résistance palestinienne en 50 ans de lutte. La simplicité de l’équation de Madrid (Terre contre Paix), fruit de l’Intifada et elle seule quasiment, témoigne de ce génie si les accords suivants (de Gaza-Jéricho-D’abord à Taba en passant pas Wye Plantation) n’avaient inventé ce jargon abscons (zones A, B et C, etc.), ces délais décourageants et surtout ce principe contradictoire de self-government sous occupation (Oslo II) qui ont abouti à l’échec et finalement à la seconde et moins glorieuse Intifada.

Pour le nouveau commandant de l’armée de l’air israélienne, l’outil aérien ne peut être réservé aux seuls conflits de « haute intensité » mais peut et doit jouer un rôle important dans ce qui est convenu d’appeler un conflit de « basse intensité » et/ou de guérilla urbaine. Dan Haloutz introduit des innovations tactiques et opérationnelles inédites en vue de perfectionner ce qui sera médiatiquement baptisé « éliminations ciblées » (c’est-à-dire « exécutions extra-judiciaires ») et qui consiste à coupler l’action des F-16, F-15 ou Apaches avec le travail de terrain des agents du Shabak ou Shin Bet, le service de renseignement intérieur israélien : « marquage » électronique ou visuel (phosphorescent) de la « cible » (voiture, immeuble, etc.) suivi quasi immédiatement d’une frappe aérienne.

Dan Haloutz se révèle d’une main lourde et sans états d’âmes. Le 23 juillet 2002, le Shabak parvient à localiser Salah Shehadeh, le chef des Brigades Ezzedine Al Qassam, et « marque » aussitôt l’immeuble de plusieurs étages dans lequel il venait de pénétrer dans un quartier de la ville de Gaza. Au quartier général de l’armée de l’air, Dan Haloutz prend la décision de frapper l’immeuble à l’aide d’une bombe d’une tonne. Bilan, 15 morts dont 9 enfants et 150 blessés. Interrogé sur son sentiment lors de telles opérations, Dan Haloutz joue l’humour décalé : « Je ressent un léger tremblement dans l’aile de l’avion »…

Tout récemment, le 12 juillet 2006, c’est la maison (à deux étages) de l’universitaire Nabil Abu Salmia qui reçoit la tonne de Haloutz (elle visait Mohamed Al Dif, le chef des Brigades Al Qassam qui n’y était pas). Bilan, 9 morts dont le docteur Abu Salmia et toute sa famille, 40 blessés et 10 maisons voisines détruites. Ce jour là, c’est l’opération « Promesse véridique » du Hezbollah qui fera la une des journaux (le 22 juillet 2006, ce sont 23 tonnes qui s’abattront sur un immeuble de la banlieue sud de Beyrouth supposé abriter un bunker du Hezbollah.)

Chaque opération donnait lieu au même carnage au point de susciter un timide mais inédit mouvement de protestation chez certains pilotes israéliens dont le général de brigade Yiftah Spector, considéré en Israël comme un « as » de l’aviation. Pendant l’invasion du Liban en 1982, un mouvement similaire s’était manifesté mais les choses étaient restées discrètes. En janvier 2002, une cinquantaine de soldats et d’officiers Refuzniks (aujourd’hui, ils sont 630) rendront publique une lettre (The Combatant’s Letter) adressée à Shaul Mofaz, le ministre de la défense et à Ariel Sharon dans laquelle ils protestent contre ces missions « illégales et immorales » qui leurs sont confiées dans les territoires occupés.

Ces derniers décident de maintenir Haloutz à son poste et lui confieront plus tard le poste de chef d’état-major adjoint de Tsahal. Nouvelles protestations chez les mouvements pacifistes israéliens et les milieux universitaires et l’affaire est même portée devant la Cour suprême afin d’ouvrir des enquêtes, mais en vain. Le 22 février 2005, et pour la première fois pour un officier de l’armée de l’air, Dan Haloutz succède à Moshe Yaalon au poste de chef d’état-major de Tsahal.

Le combat judiciaire est alors déplacé. Le 26 février 2006, le gouvernement israélien demande à la Cour suprême américaine de rejeter les poursuites judiciaires engagées par deux résidents arabes (un Palestinien et un Libanais), devant un tribunal de New York, contre l’ancien chef du Shabak, le général-major Avi Dichter, et l’ancien chef d’état-major Moshe Yaalon. Des poursuites semblables étaient engagées en Grande Bretagne contre Yaalon et Haloutz. En septembre 2005, un tribunal britannique a même ordonné à Scotland Yard d’arrêter le général (à la retraite) Doron Almog, ancien commandant du Sud (décembre 2000-juillet 2003), pour « crimes de guerre » mais ce dernier, prévenu par l’Ambassade d’Israël à Londres, est resté dans son avion et réussît à quitter l’aéroport de Heathrow et à retourner en Israël. Plusieurs associations britanniques demandent l’ouverture d’une enquête sur les « fuites » qui ont permis d’extraire ce général à la justice.

De Sabra à Hiroshima

Comme tout fanatique de la « suprématie aérienne » (un degré plus haute que la « supériorité aérienne »), Dan Haloutz est habité par le fantasme « Hiroshima » : effacer le maximum d’espace terrestre en un seul « tir » aérien. L’« effet Hiroshima » étant triple (effet de souffle, effet thermique et effet radioactif) et l’évolution de l’opinion publique et des moyens aéronavals et balistiques aidant, les planificateurs militaires parviendront à effectuer le même « travail » (sans l’effet radioactif qui rend le territoire « à occuper » dangereux) mais sous forme de plusieurs « tirs », simultanés, successifs et prolongés : c’est le « modèle Serbie-Kosovo », c’est-à-dire l’écrasement aérien de la Serbie (10 millions d’habitants) en détruisant systématiquement et méthodiquement les « biens publics » serbes (routes, ponts, ports, aéroports, usines de tout genre, stations électriques et de traitement d’eau, et même l’ambassade de Chine, etc.) pendant la compagne de 1999 (11 semaines de compagne aérienne de l’OTAN pour le maigre résultat, mais était-il réellement recherché ?, de 7 chars détruits…)

Le général Westley Clark, le commandant suprême de l’OTAN d’alors, en bon officier de l’US Army (armée de terre américaine) a, plus tard, récusé les prétentions de l’US Air Force en faisant remarquer que ce sont les troupes terrestres (franco-britanniques en l’occurrence) qui ont fait plier Milosevic davantage que les F-117 et autres F-16. D’ailleurs, les troupes russes (200 hommes !) stationnées en Bosnie ont pris tout le monde de court en entrant les premiers et par surprise à Pristina au grand désespoir de l’armada américano-otanienne.

Dan Haloutz semble avoir, fanatisme à part, une approche « pratique » des choses : le comment et le combien (une tonne !) l’emporte, chez lui, sur le pourquoi, privilège du « politique » au sens clausewitzien du terme. Vu le parcours et la personnalité de ses deux supérieurs immédiats (Amir Peretz, le ministre de la défense et Olmert, le premier ministre : deux civils dans une « démocratie de généraux »), il n’était pas difficile de prévoir la Catastrophe. Car, qu’on ne nous raconte pas d’histoires : la « compagne du Liban » ou « Opération Carthage », ne serait ce que pour des raisons de délais de « planification », était déjà dans les « cartons » de l’état-major israélien bien avant l’opération « Promesse véridique » qui n’est, en somme, qu’un simple accrochage « à la régulière » entre combattants inégalement armés mais dont on ne supporte pas le verdict. Le mythe d’un Tsahal invincible est à ce point intouchable quitte à saccager non seulement un pays mais une idée.

Car le Liban en est une : une Idée.

Car le Liban est le modèle inversé et « vivant » de ce concept fascisant de « choc des civilisations ». C’est à ce titre que Dan Haloutz et ses subordonnés l’ont si chichement « exécuté » devant la patience calculée des « garants » de la Paix et de la Sécurité internationales, ces fameux Cinq au droit de veto (sans devoir équivalent) plus que jamais contestable. Jamais, en 61 ans d’existence, le Conseil de sécurité des Nations Unies n’a laissé passer autant de jours dans une guerre avant d’appeler à ce que le génie diplomatique Douste-Blazo-Riceéen appelle « cessation des opérations offensives » avec un bonus de « droit de réponse » pour Israël et la permanence du blocus jusqu’à l’arrivée des Casques bleus… Le grand virage de la « politique arabe de la France » a déjà commencé.

Quelques Ouradour-sur-Litani plus loin…

Cette Sixième guerre israélo-arabe était délibérément « sale » (y en a-t-il de propre ?) car contrairement à l’écrasement de Groznie par tout ce que l’arsenal russe comptait d’armes dites « stupides », cette guerre contre le Liban a été menée avec des armes de « précision », des armes « intelligentes » (smart weapons) voire même brillantes (brilliant weapons) et à effets de pénétration et de souffle ravageurs (on ne peut se vanter, à la fois, du « génie » d’un Tsahal BHLiennement « démocratique » et de celui du Mossad tout en évoquant les impondérables de la « collatéralité »…)

Selon un haut responsable des opérations de déminage de l’ONU, Israël a utilisé des bombes à fragmentation dans au moins 170 sites au Sud-Liban transformant tout cet espace en un gigantesque champs de mines comme pour retarder au maximum (en espérant un clash communautaire ?) sinon interdire le retour du million de déplacés.

Les chiffres d’Amnesty International (Israel/Lebanon : Deliberate destruction or « collateral damage » ? Israeli attaks on civilian infrastructure, 23 août 2006) donnent froid au dos. En 34 jours de guerre, ce pays d’à peine 4 millions d’habitants a enduré 7000 attaques aériennes, 2500 bombardements depuis le large et des tirs d’artillerie (avec autographes de petites filles sur obus !) aussi précis que ravageurs. Le bilan humain est catastrophique : 1183 morts (contre 40 civils Israéliens dont 17 Arabes) dont un gros tiers d’enfants ; 4054 blessés ; 970 000 déplacés.

Les Biens Publics ont été particulièrement prisés par cette furie aérienne : 80 ponts ; 94 routes ; 25 stations de carburants et le dépôt de Beyrouth provoquant la plus grande marée dans l’histoire de la Méditerranée ; 2 hôpitaux publics entièrement détruits ; près de 900 usines et entreprises ; 30 000 maisons individuelles… et des villages entiers rasés ou sévèrement endommagés. On entend déjà, ici ou là, des récits, des contes, des poèmes et des légendes qui commencent, à la manière coranique, par le fameux : « Hal ataka hadithou Bint Jbeil… » (T’est-il parvenu le récit de Bint Jbeil (fille de la petite montagne)…, de Maroun El Ras, de Aïta Chaab, de Marjayoun…) Combien de stratèges sont-ils, Dan Haloutz le premier, à sous-estimer leur impact dans le « réarmement des esprits »…

Amnesty, revenons-y, réfute catégoriquement l’argument de « dommage collatéraux » ou de « boucliers humains » qui seraient utilisés par le Hezbollah, et parle d’une stratégie militaire délibérée et rappelle l’équation de Haloutz (24 juillet) : « Dix immeubles de Beyrouth pour chaque Katioucha sur Haïfa ! ». Amnesty dénonce en cette stratégie des « crimes de guerre » et appelle à une enquête internationale. Human Watch, de son côté, parle de ciblage délibéré des civils avec des armes cruelles comme ces bombes perforantes qui pénètrent tous les étages d’un immeuble avant d’exploser en rez-de-chaussée soulevant littéralement tout l’édifice.

La « victoire », une question d’école…

S’il est peut-être « injuste » d’amputer l’entière responsabilité de ce saccage à un seul homme, fut-il son planificateur en chef, il n’est pas certain qu’il restera beaucoup d’hommes et de femmes dans la région ou ailleurs pour se donner la peine d’interroger la chaîne des responsabilités ni même toute cette culture stratégique qui tourne autour du culte de la force et dont on devine mal l’articulation qu’elle envisage entre un « projet national » et son milieu, même boudeur, d’accueil. En prendre acte tout simplement est en soi le grand tournant psychologique que cette guerre a provoqué.

Il serait tout aussi « injuste » de mépriser la conduite de Olmert surtout après son trophée « 1701 » qui lui permet de faire désarmer l’adversaire (le plus clausewitzien des buts de guerre) avec les moyens (ou ce qui reste) des Libanais et des contribuables des pays composants la FINUL… Le fond politique de la « Question de l’Orient » n’a même pas été effleuré dans cette tardive et complice Résolution. D’autre part, si l’on considère la logique de rapport de force pur et simple de Olmert (adossé à une alliance solide avec les Etats-Unis), il n’était en rien obligé de concéder quoique ce soit, pas même à ses alliés de la région, les Moubarak et les deux Abdallah de Jordanie et d’Arabie que l’opportuniste petit-Assad a traités publiquement de demi-hommes (le Golan n’a pas connu le bruit d’un fusil de chasse depuis 1974…) A croire que Olmert ne compte pas ou plus sur eux pour vendre aux peuples de la région la nième reformulation (sans doute la dernière…) de l’équation de Madrid, celle du Sommet de Beyrouth de 2002 (normalisation contre retrait) ce qui signifie, et c’est là le fond du fond, que cela n’intéresse tout simplement plus les dirigeants Israéliens. La force et l’impunité, et l’arrogance pour corollaire, l’y autorisent parfaitement. Là aussi, en prendre acte relève de la lucidité élémentaire.

Le paradoxe de cette guerre c’est que Sayyed Hassan Nasrallah est tout aussi fondé à réclamer sa victoire qu’il qualifie lui-même de « stratégique » : Ne disposant pas d’un appareil d’Etat (il n’est ni chef d’Etat ni d’une « cellule » mais chef d’un parti-société-milice, le million de personnes qui constituent le Peuple du Sud-Liban), Nasrallah ne peut conclure de « traité », tout au plus une trêve, avec l’adversaire. Il pense donc « bataille » et non « guerre », une bataille de plus dans le sillage de la Grande et inachevée guerre de 1948. En cela, il n’est pas dans un rapport de force pur et simple (char contre char) mais dans une logique de contournement asymétrique permanent qui compense le manque de matériels par la maîtrise, autant que possible, des « cinq variables » de Sun Zi dont le Tao (vertu-doctrine-influence morale) et qui n’est pas ce rapport hiérarchique et d’obéissance entre le chef et ses subordonnés mais cette « harmonie » que crée le « droit légitime » entre le peuple et ses dirigeants dans une situation de lutte à la vie à la mort.

Ce qui fait dire à Nasrallah qu’il a remporté une victoire « stratégique » c’est peut-être son sentiment d’avoir (re)créé cette « harmonie » non seulement entre Libanais, ce qui est en soi miraculeux, mais au-delà et pas seulement dans le monde musulman.

Entre Chaos et Harmonie, le Moyen-Orient attend le Round suivant…

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