Congrès Franco-israélien de Toulouse : Douste-Blazy cherche un médecin palestinien

Assaillie de courriers et de coups de fils indignés, la Mairie de Toulouse était apparemment très ennuyée,

vendredi 18 mars 2005

Assaillie de courriers et de coups de fils indignés, la Mairie de Toulouse était apparemment très ennuyée, jeudi soir, de la tournure des événements, suite à l’annonce d’un congrès franco-israélien de "victimologie pédiatrique" à Toulouse ne traitant que des victimes israéliennes et occultant totalement les enfants palestiniens. Philippe Douste-Blazy vient d’ailleurs de prendre la plume (voir lettre ci-dessous) pour répondre à l’afflux de protestations reçues. Il tente de se justifier en expliquant à la fois que la ville de Toulouse est jumelée à celle de Tel Aviv, qu’il s’agit d’un colloque scientifique qui fait appel à des personnalités reconnues du monde médical" et que "les organisateurs sont des scientifiques qui sont bien loin des préoccupations d’ordre politique" (sic). Sans doute fait-il allusion à l’ambassadeur d’Israël en France Nissim Zvili ou à la sous-ministre Nicole Guedj, qui sont annoncés dans le programme de ce colloque !

Philippe Douste-Blazy indique, pour se défendre, s’être "rapproché des organisateurs" et avoir appris qu’une première édition de ce congrès s’était déroulée à Tel Aviv, il y a deux ans, "avec des médecins travaillant dans les camps palestiniens" ( ??? ), mais surtout qu’après de récentes tractations, les organisateurs avaient décidé d’incorporer "trois tables rondes qui ont été compliquées à mettre en place, certains invités n’ayant pu se rendre disponible à ces dates, raison pour laquelle elles n’apparaissaient pas dans la première version du programme dont vous disposez". Et d’envoyer un nouveau programme, qui vaut son pesant de cacahuètes : le mot "palestinien" a été rajouté en urgence au titre de 2 communications faites par des intervenants israéliens déjà annoncés ("les enfants israéliens" deviennent ainsi "les enfants israéliens et palestiniens") qui sont certainement bien placés pour nous parler du sort des petites victimes palestiniennes. Et pour faire bonne mesure un troisième, le Dr. Ghozlan, a changé le titre de sa communication. Cette dernière auparavant intitulée "Les enfants : nouvelles victimes de l’antisémitisme", devient désormais "Les enfants : nouvelles victimes". (Merci de ne pas rire) Mais si le "terrorisme" est à l’honneur dans les diverses communications, il ne fait référence qu’aux attentats kamikazes, et à aucun moment au terrorisme de l’Etat Israélien, bien entendu. Il ne faut tout de même pas trop en demander. A part cela, Nicole Guedj est annoncée à la place de Philippe Douste-Blazy pour l’allocution d’ouverture, le ministre de la santé ne prenant finalement la parole qu’à 16 H 45. (Espère-t-il éviter ainsi "les feux de la rampe" ?)

Mais le plus extraordinaire reste néanmoins un appel téléphonique de Monsieur Pierre Chabane du cabinet de Philippe Douste-Blazy, demandant ce jeudi après-midi à Olivia Zémor, si elle pouvait trouver un médecin palestinien pour participer au colloque. "Vous voyez, a-t-il expliqué, ce n’est pas de la mauvaise volonté, mais c’est très difficile de trouver un médecin palestinien".

Conclusion : le rassemblement de protestation devant le Congrès (Centre Paul Baudis, Esplanade Comans-Cafarelli), à Toulouse lundi prochain 21 mars à partir de 8 H 30, est maintenu et nous appelons tous ceux qui peuvent nous rejoindre à manifester avec nous leur indignation (ci-joint dépêche AFP à ce sujet).

 

Lettre de Philippe Douste-Blazy

Cher Monsieur, chère Madame,

Vous avez bien voulu attirer mon attention sur l’organisation du 2eme colloque de victimologie pédiatrique qui se déroulera à Toulouse du 21 au 23 mars prochain.

Vos inquiétudes portent en particulier sur l’absence de référence dans le programme provisoire du colloque, des problématiques liées à la prise en charge des enfants palestiniens victimes de ce conflit. Vous vous étonnez également de l’intitulé de certaines tables rondes qui laissent entendre que ne seront abordées les questions liées à la victimologie pédiatrique, que par " le prisme israélien ".

Permettez moi de vous rappeler le contexte dans lequel ce colloque se déroule.

Comme vous le savez, les villes de Toulouse et de Tel Aviv sont jumelées de longue date. Ce colloque s’inscrit dans le cadre de ce jumelage et la deuxième édition se tient à Toulouse, alors que la première édition s’est tenue à Tel-Aviv.

Il s’agit d’un colloque scientifique qui fait appel à des personnalités reconnues du monde médical, spécialisées dans le domaine de la victimologie pédiatrique. Les organisateurs sont des scientifiques qui sont bien loin des préoccupations d’ordre politique.

Je me suis rapproché des organisateurs de ce colloque et puis vous donner les éléments de réponse suivants : Lors de la première édition, des rencontres avaient été organisées avec des médecins travaillant dans des camps de réfugiés palestiniens.

La seconde édition, tout naturellement, abordera cette question sensible dans le cadre de trois tables rondes qui ont été compliquées à mettre en place, certains invités n’ayant pu se rendre disponible à ces dates, raison pour laquelle elles n’apparaissaient pas dans la première version du programme dont vous disposez et qui portait la mention " programme provisoire ".

Je connais un certain nombre de médecins participant à ce colloque qui, soyez-en assuré, ne font pas de différence entre enfants, concentrant leurs efforts sur les victimes de guerres, d’actes terroristes ou de catastrophes industrielles.

Pour votre parfaite information, je vous prie de trouver ci-joint le programme définitif de cette manifestation, qui répond à vos inquiétudes. Soyez assuré que pour ma part, je n’ai pu envisager un instant qu’il en soit autrement. Les enfants sont les terribles victimes de toutes les guerres et doivent être soignés comme tels, quelque soit leur origine, leur religion ou leur couleur. Trop d’enfants paient un lourd tribut à la folie des hommes. Il est temps que ce fait fasse l’objet d’échanges médicaux à la hauteur de cet enjeu.

C’est le but que se fixe ce 2eme colloque. C’est la raison pour laquelle je suis heureux de l’accueillir à Toulouse, en espérant qu’il permettra au monde scientifique d’avancer dans ce domaine et d’apporter des réponses scientifiques et médicales à la détresse des enfants de tous les conflits.

Philippe Douste-Blazy

Ministre des Solidarités, de la Santé et de la Famille

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