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Jeudi 18 Mars 2010
Articles
Confidences d’un blédard de Montréal
jeudi 17 avril 2008 - par Akram Belkaïd

C’était il y a quelques semaines, à Montréal, rue Saint-Denis, non loin d’un bistrot appelé « Les Gâteries », ce qui fait sourire les Parisiens à l’esprit taquin... De gros nuages blancs s’étaient réinstallés au-dessus de l’île, annonçant de nouvelles chutes de neige. J’ai hésité à héler le taxi, une grosse berline japonaise qui m’a parue un peu trop brinquebalante, mais j’étais pressé, obligé d’aller du plateau Mont-Royal à l’autre bout de la ville. Après le bonjour et l’annonce de la destination, petit regard latéral, juste à l’arrière de la tête grisonnante du conducteur. Un badge glissé dans un étui en ferraille, un nom bien de chez nous.

Présentations réciproques et presque immédiatement, vinrent les propos au sujet du bled. J’ai expliqué que j’arrivais d’un peu plus au nord qu’Alger. J’ai récité de mémoire les titres du Quotidien d’Oran de la veille, nous avons parlé des attentats de décembre dernier puis j’ai évoqué la révision annoncée de la Constitution et la perspective d’un troisième mandat présidentiel. Silence du taxieur, soupirs puis confessions irritées.

« Ça fait dix ans que je suis ici, a lancé l’homme en se retournant un peu, dévoilant un visage rugueux et un front traversé par plusieurs sillons. Et ça fait huit ans que je fais le taxi. Mon seul regret, c’est de ne pas avoir préparé mon arrivée. Pour le reste, je n’ai rien à me reprocher. Ici, je ne suis personne mais ce n’est pas gênant parce que ça ne m’empêche pas de vivre comme j’ai envie de le faire, vous comprenez ? »

Quand on parle de l’immigration au Québec et des obstacles que rencontrent ceux qui s’y installent, notamment quand ils sont originaires du Maghreb, on évoque leurs difficultés à trouver un emploi à la hauteur de leurs compétences. Pourtant, le chômage y est au plus bas depuis trente ans et les employeurs ne cessent de se plaindre des problèmes qu’ils ont à recruter. La raison de ce décalage réside, entre autres, dans le refus de certains ordres professionnels de reconnaître des équivalences aux diplômes étrangers. Du coup, il n’est pas rare que l’on dise au journaliste dubitatif et sur ses gardes qu’il est fréquent de tomber sur un chauffeur de taxi maghrébin dont le véritable métier est architecte, médecin ou comptable.

J’ai constaté que cette affirmation n’est ni un cliché ni une légende urbaine. Ce jour-là, mon conducteur n’était pas le premier d’une longue liste d’Algériens obligés de tenir le volant pour vivre. Au pays, du côté de Sétif, il était professeur de philosophie dans un lycée. « J’ai cru qu’il me serait facile de m’adapter, m’a-t-il précisé. C’est de ma faute, j’aurais dû mieux me renseigner, mieux réfléchir. Mais, à l’époque, je savais à peine qu’internet existait. Au début, j’avais un peu honte vis-à-vis des gens de chez nous. J’avais peur qu’on se moque de moi en disant ’il est parti pour faire le taxi’ mais, aujourd’hui, moi qui n’ai jamais eu droit à un logement en Algérie, j’ai une maison à deux étages et j’emmène ma famille en vacances tous les étés aux Etats-Unis ».

En bout de course, j’ai demandé à cet homme son téléphone et nous nous sommes retrouvés le lendemain au café Cherrier, un endroit branché du quartier du plateau. J’avais envie de l’entendre parler, non pas du pays mais de celui qui l’avait accueilli. A l’extérieur, pendant que nous devisions autour de deux macchiato, de gros flocons s’abattaient sur le sol boueux. C’était à la tombée du jour, l’heure où le décalage horaire est le plus difficile à supporter.

Je lui ai demandé si lui aussi était « tanné » de cette hiver historique où il est tombé plus de cinq cents centimètres de neige sur le Québec. Il a éclaté de rire en secouant la tête. « Je ne suis pas encore un vrai Québécois, m’a-t-il dit. Ici, dès la mi-janvier, les gens fatiguent et commencent à rêver du soleil et de leurs vacances de printemps à Cuba ou en Jamaïque. Moi, j’aime cet hiver. Il me faudrait plus d’une nuit de veille pour vous le raconter. Je pourrais vous parler de la manière dont il creuse la peau ou de comment il peut rendre fou quelqu’un qui le sous-estimerait mais le plus important c’est de vous dire que le grand froid n’est supportable que parce qu’il nous rend tous égaux. Il n’y a pas de piston possible, de « ma’rifa » ou de général pour faire face à ce qui nous vient de la nature ».

Il m’a parlé ensuite de ses collègues algériens bien incapables de s’entendre et de se regrouper en lobby dans un pays qui, pourtant, n’interdit pas le communautarisme même si le Québec préfère parler d’interculturalisme. Il m’a raconté les aventures d’un certain Fateh de Tizi-Ouzou, qui, à peine arrivé, est parti s’installer dans l’extrême nord, « pour être sûr de ne pas rencontrer des gens de chez nous ». Après plusieurs années d’isolement volontaire, l’homme serait en train de redescendre par paliers vers le Sud « mais il ne viendra jamais à Montréal, on est trop nombreux ».

Il m’a beaucoup parlé des Algériens. Pas de tous, mais de ceux dont l’activité préférée est de parler sur le mode nostalgique du bled tout en passant leur temps à débiner leur nouvelle terre. De ceux qui ont transformé la rue Jean-Talon et ses alentours en petit Barbès d’Amérique du Nord. Cafés aux couleurs de la JSK ou du Mouloudia d’Alger, passeport canadien dans la poche, allocation chômage dans l’autre et fins de mois arrondies grâce au travail au noir et au « bebsbess », mot qui désigne non pas notre bon vieux fenouil - qui lorsqu’il est cuit en gratin peut parfois se transformer en matériau de construction - mais le « Bien-être social » qui correspond à l’aide versée par le Québec à ses ressortissants les plus démunis.

« Quand je suis au volant et que je repense à mes ambitions de jeunesse, je me console en me disant que je fais ça pour mes enfants, a-t-il ajouté d’un ton grave. Il y a quelque chose en moi qui m’oblige à leur interdire d’aller traîner du côté de la rue Jean-Talon. Mais en même temps, je me rends compte que ce n’est pas aussi simple que ça et que des choses de l’extérieur peuvent les pousser à y aller ». Il n’a rien dit de plus sur le sujet et je n’avais pas envie d’insister. A l’extérieur, l’hiver continuait de triompher et j’ai soudain réalisé que j’étais à des distances sidérales de chez moi.

Le Quotidien d’Oran, jeudi 10 avril 2008

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Akram Belkaïd

Journaliste à la rubrique internationale du quotidien la Tribune, Akram Belkaïd est l’auteur du livre « Un regard calme sur l’Algérie » aux éditions du Seuil.

Du même auteur, à lire sur oumma.com :

Vos réactions et commentaires sur cet article

21 avril 2008

"C’est vraiment osé cette contribution !! Il faut situer géographiquement cet état d’esprit, car dans la région où je m’y rends, c’est l’inverse".

Et bien c’est ta contribution qui est située géographiquement, tu joues les choqués et les snobinards en ayant un regard méprisant sur l’immigré et tu parles d’oser ???

C’est bien tout le fond de mon propos au contraire, tu ne fais que confirmer, pour être clair dans mon intervention je m’adresse à l’auteur qui consacre le paraître car au lieu de se poser les vraies questions : pourquoi les jeunes fuient-ils ce pays qu’ils aiment ? (dans ses titres de la vieille du quotidien d’Oran, il y avait sûrement un énième article sur les harragas de plus en plus nombreux d’où sûrement ce bel article de monsieur qui doit son statut à ?).

Alors au contraire, l’auteur choisit de s’en moquer, de snober, certes il peut le faire car pour lui il vaut mieux vivre au soleil que sous le froid de Montréal. Il décrit ces algériens en exils vivant du chômage et de la désolation mais pourtant en Algérie ils font quoi ?

Il n’y a qu’à voir cette petite bourgeoisie portant le queue de pie et le haut de forme, cette bourgeoise qui s’est faite sur le mépris, le raquette et les dessous de table.

Je suis quelqu’un de très généreux qui pensent aux autres avant lui-même, je suis algérien de A à Z (quand la majorité des hauts fonctionnaires à la double nationalité et me pointent du doigt), quand je vais en Algérie, je passe chaque jour un peu de temps à tenir compagnie à la police ; je suis régulièrement arrêté au barrage. (l’été dernier, 6 fois dans une même journée sur la distance qui sépare Oran d’Alger) et malgré les insultes, les cris, les menaces (ah ta fait une faute ton permis on te le retire), sans parler des vermines qui se permettaient de me traiter d’étranger mais au final à leur grand étonnement (il doit avoir des relations) je n’ai pas lâché un dinar quoiqu’il en coute. Ils finissaient par me lâcher une heure plus tard en me souhaitant bonne route.

Je ne parle pas des commerçants qui t’annoncent un prix et présentent une addition sortie de chez star trek, le gars se concentre sur sa calculatrice pour faire 2+2, son but clair t’arnaquer, tu t’étonnes et un attroupement se fait dans ton dos.

Le mépris, l’arnaque et le vol ? Ils sont viscérales en Algérie, constituant du nouvel ordre social. Les voleurs et les tueurs en haut les autres en bas ; Le président algérien lui-même a paraît-il la double nationalité et surtout s’est bien servi, il n’y a pas si longtemps, dans les caisses du peuple. Serais-ce trop demander à notre illustre auteur ici de nous dire ce qu’il en est vraiment ? Peut-être qu’à ce moment on verra plus de jeunes croire en leur pays car ce qui brille ne suffit pas à faire une nation.

20 avril 2008
Amina Lamine a dit :
"Nous connaissons tous d’ailleurs le regard malsain que nous portent nos frères du pays lorsque nous y allons comme si en Europe on ramasse l’argent à terre et que l’on croule sous l’or". C’est vraiment osé cette contribution !! Il faut situer géographiquement cet état d’esprit, car dans la région où je m’y rends, c’est l’inverse, tout le monde nous prend pour des misérables. Ils ont gardé à l’esprit la période des années 60 où, ne partaient à l’étranger que ceux qui n’arrivaient pas à manger à leur fin ou du moins ceux qui n’avaient pas de diplôme ou ne savaient rien faire de leur mains. Enfin le temps où donner sa fille à un zimigri était une honte chez les "nobles". Le reste (les vampires) je vous l’accorde. Mais là n’est pas le problème, ce qui est intéressant de comprendre c’est qui est ce qui a fait que de nombreux jeunes anglo-saxons travaillent dans le Sud algérien sous une chaleur "torride" alors que tous les jeunes algériens sont prets à quitter leur pays (dès que l’occasion se présente), disposés dans leur majorité à vivre au noir et dans le noir. Si pour les universitaires chercheurs les choses sont nettes, il n’en demeure pas moins que pour les non diplomés qui n’ont pas d’attaches à l’étranger, ça reste phénoménal n’est ce pas ?
18 avril 2008

Oui mais enfin ça n’est pas très séreux de s’appuyer sur bhl pour étayer son propos. (je plaisante)

En fait, je crois que l’auteur se moque éperdument du Canada en tant que tel, ce qu’il raconte c’est la volonté d’exil qu’ont les algériens qui choisissent de partir la tête pleine de chimères et d’illusions.

Nous connaissons tous d’ailleurs le regard malsain que nous portent nos frères du pays lorsque nous y allons comme si en Europe on ramasse l’argent à terre et que l’on croule sous l’or.

Nos parents, loin de vouloir se la raconter, la plupart faisaient le pleins d’emplettes et de cadeaux pour la famille rester au pays. Lorsqu’on débarquait l’été c’était avec la caverne d’alibaba sur le capot de la voiture. Les vautours de la douane étaient les premiers à se servir, c’était ensuite la famille qui recevaient ses cadeaux puis les voisins qui venaient récupérer leur commande à coup de crédit et d’impayé, nous étions tous pauvres ( ces moments sont restés dans ma mémoire comme des moments de joies) (bon je laisse tomber je n’ai pas le talent d’Akram Belkaïd pour la narration).

Pourtant, au fur et à mesure les nouvelles générations partent pour s’exiber et narguer. La frime a vite pris le relais de la solidarité au point que c’est à se demander qui a perverti le pays, les occidentaux ou nous (peut-être que c’est la même chose au final) ? Car c’est cette société de la frime et de l’arnaque qui a pris place aujourd’hui.

Un algérien qui se rend dans son pays est perçu comme un pigeon qu’il faut plumer. Les algériens ne sont plus, ils ont laissés place à un ramassi d’affamés omnubilés par le paraître et l’avoir. L’être perdure heureusement mais ces deux mondes semblent ne plus se cotoyer.

Peut-être que lorsque les esprits seront moins affamés, les vampires partiront et nous retrouverons ce coeur et cette fraternité qui caractérisait l’algérien , inchaAllah.

18 avril 2008
Fb a dit :

Bonjour, salam, "J’ai constaté que cette affirmation n’est ni un cliché ni une légende urbaine." Sur quelles données statistiques officielles vous basez vous pour être aussi catégorique ?. Sur votre expérience personnelle ? mais elle n’est pas suffisante pour pouvoir se baser sur votre affirmation et généraliser la situation de l’insertion professionnelle des nouveaux arrivants au canada ou au Quebec.

Votre carnet de voyage dépayse, mais il ne fait que cela. Aucunes données sérieuses ne viennent consoloder vos arguments. Pourtant en cherchant un peu des chiffres sérieux sur l’immigartion au canada on en trouve. Des chiffres (ministere de l’immigration canadienne, associations ...) sur l’insertion scolaire et professionnelle des immigrés on en trouve.

Votre essai de voyage me rappelle celui du philosophe médiatique Bernard Henri Levy quand il est allé faire le tour des Etats Unis callé dans un siege confortable à l’arrière d’un taxi. Il me semble que le livre s’appelait American Vertigo. Livre sans aucun intéret sociologique, bourré de clichés et qui véhicule des idées préconcues. Biensur je ne vous conseille pas de l’acheter. Prenez une bonne BD ça vous fera le même effet ça vous dépaysera avec les anneries en moins.

18 avril 2008
karim a dit :

Le Canada et les pays anglo-saxons en général sont beaucoup plus ouverts aux musulmans que les grands donneurs de leçons hexagonaux. Combien de réussite de beurs à la City, à Montréal ou à Boston, alors qu’ici c’est la "4ème génération" (née sur place !) qui alterne emplois dévalorisés et ANPE ?

Au fait, pas encore de tombes de musulmans profanées chez eux ? Pas de Front national non plus ?

La capacité de ce pays à donner des leçons de morale est sidérante de ce point de vue...

18 avril 2008
Amina Lamine a dit :
Salut Jérome, je ne pourrais certe pas vous convaincre si vous avez des idées préconçues mais je tacherais de vous communiquer quelques éléments d’information "historiques" pour tenter de vous éclaircir s’agissant de votre soucis ou de votre interrogation. D’abord, les premiers Maghrébins qui se sont installés chez vous ont été emmenés de force (comme soldats puis comme ouvriers). En suite il y a eu leurs enfants qui, la loi aidant sont devenus des ressortissants de plein droit au même titre que vous. Aux indépendances des pays du Maghreb (notamment l’Algérie) les dirigeants français de l’époque ont jugé nécessaire d’emmener avec eux quelques Maghrébins "fidèles à la France". Le temps des colonies s’est terminé mais il se trouve que toutes ces catégories de personnes précitées ainsi que leurs descendants sont dans leur majorité restées attachées à leur cultures et religion d’origine. A qui la faute ? c’est simple, la France étant un pays qui sur de nombreux plans est à la traine de l’Europe, n’a jamais eu de stratégie visant l’intégration à long terme des personnes originaires de la rive sud de la méditerranée (contrairement au Canada, aux U.S.A ou à la G.B). Vint alors la période des années 90 où la France par faux calculs a jugé utile d’accueillir des Maghrébins (les cadres notamment), mais la France qui contrairement aux pays occidentaux développés, n’a pas vu venir les retombées de la chute du mur de Berlin s’est retrouvée envahie par des personnes venant des pays de l’ex URSS, c’est le trop-plein. Par faux calculs il faut aussi comprendre, absence de stratégie. En effet il existe en France, de nos jours certains cercles qui continuent à rever de former un puissant lobbie "algérien" pro français. Je vous accorde le fait qu’il existe des personnes "pro-françaises" comme je vous accorde le fait que la mal-vie engendrée par la mauvaise gestion des affaires des pays du Maghreb est pour quelque chose dans "l’exode" que vous subissez. Mais croyez moi ce n’est que le début, regardez les équipes de France (Foot, Hand, Basket, Athlétisme etc) regardez vos politiques, votre Président en tête, et dites vous bien que dans une vingtaine d’années le chinois sera la deuxième langue des Français. Quant à l’Islam, soyez tranquille il restera toujours la deuxième religion en France en attendant des jours meilleurs, A bon entendeur
18 avril 2008

Il est évident que retourner en Algérie, par exemple, n’est pas si simple même si les statistiques montrent une très nette tendance ces dernières années pourtant j’ai du mal comprendre la politique algérienne en la matière ? Qu’attendent-ils pour mettre en oeuvre des mesures concrètes pour aider les jeunes à retourner aux pays. Je ne parle pas de ceux qui ont fuit le pays du fait de la guerre civile et des exactions militaires, je parle de ceux qui sont partis en pensant aller faire un tour ou leurs enfants.

Un français au boulot me raconter son séjour en Algérie dans le cadre d’une mission, je vous passe ses commentaires sur l’état délétaire des infrastructures mais ça remarque la plus juste "j’ai cotoyer les algériens de là bas pendant mon intervention j’ai pu voir à quel point ils rejettent ceux d’ici", ce qui m’a gêné c’est qu’il l’ai remarqué et ce qui était visé c’est pas le neuf trois qui débarque avec bmw, skooter, crèmes solaires et strings. il a conclu "finalement ils sont rejettés de partout". T’inquiètes à force on se rejette même entre nous.

17 avril 2008
Lola a dit :

Si cela peut vous consoler, voici l’histoire d’un français, de souche ancienne, qui, vivant au Québec, n’a jamais pu y évoluer professionnellement (un poste de dirigeant) et qui, au chômage, n’a pas pu trouver de travail.

Il rencontre une amie algérienne et l’épouse.

Lors d’un voyage à Alger, il annonce à sa femme, restée à Montréal, qu’il ne veut plus retourner au Canada et que, du reste, il a trouvé du travail à Alger, comme cadre dirigeant.

Il y vit encore, avec elle, bien sûr, qui est rentrée définitivement. Ils y vivent heureux.

Les pieds de nez aux idées reçues, ça existe encore, Dieu merci !.

17 avril 2008
amazone a dit :
Il est quand même incroyable que la question que pose Jérome revienne toujours comme un leitmotiv sur ce forum. Quand un américain, un allemand ou un chinois critique ou raconte son parcours en terre étrangère, ce genre de question n’est jamais posé. Or lorsqu’il s’agit d’un maghrébin musulman de surcroit, il lui est posé cette question qui inclu évidement le reproche de vivre en France. Alors pour cloturer le débat une bonne fois pour toute, je vous renvois, Jérôme, à l’histoire de France, à vos livres d’histoires, à l’ "aspect positif du colonialisme", aux tirailleurs sénégalais, aux Harkis, et aux anciens combattants musulmans. Vous y trouverez une ébauche de réponse et cela vous permettra de vous imprégnez de votre histoire de france qui n’a pas commencé à votre naissance.
17 avril 2008

C’est le besbess frero... j’etais au Canada pour y finir mes etudes de chercheur... je fus le seul, venant de France et le seul du lot des maghrebins que je frequentais a decrocher des entretiens pour des jobs dans mon domaine, les autres marocains, algeriens, tunisiens, libyens, saudiens etc... finissaient en chauffeur de taxi, vendeurs et livreurs de pizza, ou ouvraient des commerces dans l’alimentation, ... avec des diplomes d’ingenieurs, HEC, docteurs etc...

Si tu trouves pas dans ton domaine tu peux te recycler au Canada, mais l’important pour le Quebec ce n’est pas toi et tes diplomes, c’est tes enfants et leur accent ’qabqoubi’ qui seront eux plus ’integres’ et deviendront les ’qabqoubiyin’ de demain... le Canada ne reconnait pas aux Musulmans le potentiel qu’ils ont, c’est affligeant pour les troisiemes cycles universitaires... La plupart redemarre un autre phD, un autre master ...

J’ai quitte le Quebec pour l’Angleterre, c’est la meme chose, le meme systeme en un peu plus speed, mais je boss en tant que chercheur et je me suis battu pour avoir le job que j’ai, je peux voir ma famille tous les 15 jours en prenant l’eurostar ou l’avion alor qu’au Quebec, j’avais du mal a economiser pour me payer un vol tous les 6 mois vers la France, meme en etant etudiant et ayant un financement gouvernemental Canadien, ce fut une experience extraordinaire, je retourne au Canada mais seulement pour mes vacances...

Je n’accepterai pas de diviser mon salaire par trois...

Le canada et le Quebec vous permettront d’etudier et d’atteindre des sommets aux niveaux universitaires, ce fut mon cas, j’ai obtenu des bourses d’excellences, j’ai presente a des symposium et rencontres scientifiques internationales, chose impossible en France, je tournais a 11 de moyenne generale jusqu’a la maitrise, il y a pas de racisme comme en France, mais vous payez 1500 dollars tous les trimestres pour un phD, au bout du compte le diplome est le meme... et il y a un ’tabernacle’ de francais au Canada... et meem pour le francaise de souche blanche, c’est difficile, la societe n’est pas si ouverte que cela,

Mais vous pouvez monter votre commerce sans souci ou un autre buziness, cela vous permet de vivre voir, pour certains de tres bien vivre, j’ai un ami maghrebin qui a monte une compagnie d’elagage, ca cartonne et sa rapporte dans les forets du Nord, au point que j’y ai investi quelques deniers, pas comme en France malheureusement... ou vous n’avez ni acces aux diplomes, ni au boulot, pays ou il est difficile de commercer si vous etes maghrebin... La France a beaucoup a apprendre du Canada, ce pays m’a permis de franchir un cap important dans ma vie, ce que la France ne m’a jamais offert... pourtant je suis l’un de ses fils...

Karim de Londres !

17 avril 2008
Jerôme, Pour répondre à ta question teintée de sous-entendus racistes et lamentables : Les maghrébins et autres musulmans n’emmigrent pratiquement jamais dans les pays (du golfe) musulmans riches car ce derniers ne leur accordent aucun visas, ils leur préfèrents les occidentaux...
17 avril 2008
Nawel a dit :
Je souhaiterez répondre à Jérome par une autre question ; Pourquoi en Afrique des enfants meurent de faim alors que dans les pays occidentaux les enfants virent à l’obésité ? Dans la réponse à cette question vous trouverez je pense la réponse à votre question.
17 avril 2008
Shanez a dit :
Réponse à Jérôme : Nous nous exilons en France par exemple, car l’accueil y est trés chaleureux, les gens d’une grande tolérance, le racisme n’’y est que mythe, l’islamophobie qu’une illusion optique, nous pouvons nous y épanouir professionnellement entre le treuille et le marteau piqueur ou encore entre la garde des veilles personnes et les ménages. Nos enfants y grandissent dans la joie et la bonne humeur parqués dans des cités dortoirs et surtout parce que lorsqu’il y a une crise économique on est le bouc emissaires. Mais ce que nous aimons le plus ici c’est qu’arrivés à 60 ans ayant des fait des boulots penibles nous ne sommes alors que l’ombre de nous mêmes nous avons la joie et l’honneur de voir que les choses n’ont plus évolués pour nos enfants. La réponse vous conviens Jérôme ou alors préférez vous plus d’exemples pour d’écrire le bonheur et la chance que nous avons de vivre ici ?
17 avril 2008
Ideal a dit :
Jérôme vous avez d’autres questions aussi bêtes ? Moi j’en ai une pour vous...pourquoi les arabes vivant en France n’ont accés qu’à des métiers dans le BTP, dans le service à domicile alors que certains sont diplomés ?
17 avril 2008
Amazone a dit :
L’article de Monsieur Belkaid est fort interessant si ce n’est le titre qui me laisse quelque peu pantoise. En effet, je ne peux m’empêcher de faire des bonds quand j’entends l’expression : Blédard ! D’où vient ce terme qui n’a aucun sens, qui pue le colonialisme et qui ôte toute identité à la personne dont il parle ? Pourquoi Monsieur Belkaid, intellectuel que vous êtes colportez vous ce terme qui ne nous honore pas, bien au contraire ? Il n’est pas utile de vous rappeler l’importance des termes utilisés et la connotation qu’ils impliquent. Comment en 2008 en sommes nous encore à parler de Bled (quand il s’agit de l’algérie), pays indépendant depuis 1962, et de blédards quand le terme Algérien existe et que nos grands parents se sont battus et sacrifier pour que nous ne soyons plus des gens du bled mais des Algériens, habitants d’un pays qui est l’Algérie ? Il avait raison celui qui a dit : "il est dommage que celui qui entretient les préjugés à ton sujet n’est autre que ton propre frère". Long is the road mon frère.
17 avril 2008
Saïda a dit :
Votre question est tendancieuse, c’est une question fermée qui inclue sa propre réponse.
17 avril 2008
Jérôme a dit :
Une petite interrogation m’a toujours travaillé. Pourquoi les immigrés de religion musulmane préfèrent venir dans des pays qui ne sont pas musulmans, alors qu’il y a beaucoup de pays musulmans très riches qui ont besoin de main d’oeuvre ? Ceci démontre que la vie semble meilleur mieux dans des pays laïcs que dans des pays religieux. Ce n’est pas moi qui l’affirme, mais des milliers de musulmans qui le reconnaissent en immigrant vers des pays laïcs et démocratiques.
17 avril 2008
Saber a dit :
Cet article expose le dilemme auquel sont confrontés ceux qui immigrent. Vaut-il mieux être un cadre dans son pays d’origine et vivre mal ou venir en Occident et avoir un petit boulot qui vous permet cependant de mieux vivre que dans son pays d’origine. Tel est en effet le choix qui s’offre à ceux qui immigrent.
17 avril 2008
laxukia a dit :
Intéressant comme texte, on voit comment beaucoup de maghrébins très diplômés quittent leurs pays pour venir s’installer au Canada, où souvent ils occupent des postes qui ne sont pas conformes à leur métier. Ce qui est drame personnel pour beaucoup d’entre eux.
17 avril 2008

Salam

Très lucide notre ami le taxieur. En effet, vaut mieux l’hiver québécois que la mort à petit feu en Algérie...

Pour info., le chômage au sein de la communauté maghrébine a atteint, officiellement (officieusement les chiffres sont plus élevés), les 30% (= 1 personnes sur 3 au chômage).

C’est quatre fois la moyenne nationale, toutes cultures (de l’interculturalisme) confondues.

Il est à la mode ces jours-ci d’expliquer cette inexplicable situation par le corporatisme (les ordres professionnels). Or, il en est rien. La démonstration est simple :

1. le taux de chômage des citoyens appartenant aux minorités visibles (les arabo-berbères, mais aussi les indiens, les noirs, les chinois, les latinos, etc.) est plus faible que le record des maghrébins... et de loin (a peu près la moitié).

2. Certains disent que c’est parce que les maghrébins sont majoritairement des immigrants récents. Or, ce funeste record est plus élevé que le taux de chômage parmi les nouveaux arrivants des autres minorités racisées.

Conclusion : le chômage parmi les maghrébins (musulmans) du Québec, c’est le corporatisme, mais c’est aussi, et de plus en plus, de la discrimination, de l’islamophobie.

Remarque que notre ami taxieur a raison d’être heureux. Il n’est pas compté dans le taux de chômage dont je parle. Au moins lui, il travaille...

Sur un autre plan, en effet, les Algériens, comme d’ailleurs la plupart des autres communautés musulmanes, n’arrivent pas à s’organiser pour pouvoir influencer les décideurs, malgré toutes les ouvertures que nous avons ici pour le faire.

Pour vous dire, cette organisation communautaire est souhaitée, et même encouragée, par les pouvoirs publics eux-mêmes. Comment donc expliquer cette incapacité à s’organiser ?

Personnellement je pense que c’est deux choses : d’abord et surtout et toujours le khobsisme et, ensuite, le manque d’éducation politique parmi nous.

Aziz Djaout

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