Comprendre le Coran suppose et présuppose avoir défini le rapport du Coran au temps et, par voie de conséquence, à notre temps. Corollairement, il ne peut y avoir de réelle exégèse sans cette nécessaire analyse. Très concrètement, c’est à partir d’un propos célèbre de Umar au sujet des "circonstances de révélation" que nous initierons notre recherche.
Comprendre le Coran. Historicité, littéralisme et littéralité (2/2)
HISTORICITÉ ET CIRCONSTANCES DE RÉVÉLATION OU ASBÂBU-N-NUZÛL
Avant que de poursuivre notre étude des « circonstances de révélation », asbâbu-n-nuzûl, selon le schéma classique : sources, quantification, fiabilité des apports, emplois et limites
exégétiques, il convient d’approfondir une notion essentielle : Le rapport du Coran au temps.
Lors de la première partie, nous avions insisté, à
propos de la définition des « circonstances
de révélation », sur la signification ontologique du surgissement de
la Révélation en la réalité des hommes. Le prolongement de cette réflexion
implique à présent d’aborder le rapport au temps ; rapport au temps de la
Révélation, le Coran, rapport au temps de l’homme, et plus encore rapport de
l’homme au Coran en fonction des temps ; l’ensemble étant synthétisé par
le concept de « rapport du Coran au
temps ». De fait, les « circonstances
de révélation » permettent et imposent concrètement l’étude de ces
conjonctions temporelles.
Or, il est proposé plusieurs solutions à cette
équation. En fonction des choix opérés, le
rapport du Coran au temps sera traité diversement, en découleront
directement des exégèses, ou des prétentions exégétiques, fort différentes.
Conséquemment, notre trilogie : historicité,
littéralisme et littéralité est au cœur même de ce débat. En effet, chacune de ces trois « lectures », nous le démontrerons, se fonde essentiellement et
conceptuellement sur autant de définitions distinctes de ce « rapport du Coran au temps », il en
découle logiquement autant d’approches exégétiques.
>Ainsi donc, comprendre le Coran
suppose et présuppose avoir défini le rapport du Coran au temps et, par voie de
conséquence, à notre temps. Corollairement, il ne peut y avoir de réelle
exégèse sans cette nécessaire analyse. Très concrètement, c’est à partir d’un
propos célèbre de Umar au sujet des "circonstances
de révélation" que nous initierons notre recherche.
Circonstances de révélation : Umar et le Coran.
>En résumé : Concernant la compréhension du concept de
« circonstances de révélation », nous avions montré
class=MsoEndnoteReference>[1]
en la première partie que la Révélation ne connaissait d’autres causes que
le seul dessein révélant de Dieu. Si une révélation semble dépendre d’un
événement identifié, un fait historique, il ne s’agit là que d’une coïncidence
temporelle. Plus exactement, une concordance, entre deux vouloirs de
Dieu : l’une quant à Sa Révélation, l’autre quant à l’existentiation du
fait en question. En aucune manière la transcendance de Dieu n’autorise à
penser que Sa « Parole » puisse être tributaire de contingences
humaines ou terrestres. En d’autres termes, un événement ne peut être cause
d’une Révélation, les « circonstances
de révélation » ne sont que des « événements circonstanciels » non causals.
>A cet abord théorique, l’on pourrait nous opposer la
« réalité » des « faits », et nous rappeler la conception
que les Compagnons du Prophète se faisait de la Révélation et tout particulièrement
des « circonstances de révélation ».
Une remarque de Umar à ce sujet est particulièrement instructive et, en
l’esprit de nombre d’entre-nous, est formulée comme suit : « Umar a dit : A trois reprises la
Révélation m’a donné raison. »
>De prime abord l’argument paraît irréfutable et péremptoire : Dieu
a confirmé l’avis de Umar. La Révélation est ici nettement dépendante d’une
cause identifiée, les opinions personnelles de Umar. Ces dernières ont entraîné
la révélation de trois versets dont deux au moins ont valeur prescriptive (Cf.
infra). On pressent les conséquences exégétiques et juridiques d’une telle
assertion, et ceci, précisons-le dès à présent, justifie que ce « hadîth
de Umar » soit cité en exergue de tous les chapitres classiques réservés à
l’étude des « circonstances de
révélation », les asbâbu-n-nuzûl.
Nous ne pouvons donc l’ignorer.
En voici le texte tel que rapporté par Al Bukhârî :
عن lang=EN-US style='font-family:"Traditional Arabic";'>أنسقال lang=EN-US style='font-family:"Traditional Arabic";'>قالعمر lang=EN-US style='font-family:"Traditional Arabic";'>وافقت style='font-family:"Traditional Arabic";'>ربيفي style='font-family:"Traditional Arabic";'>ثلاث lang=EN-US style='font-family:"Traditional Arabic";'>فقلت style='font-family:"Traditional Arabic";'>يا lang=EN-US style='font-family:"Traditional Arabic";'>رسول style='font-family:"Traditional Arabic";'>الله lang=EN-US style='font-family:"Traditional Arabic";'>لواتخذنا lang=EN-US style='font-family:"Traditional Arabic";'>منمقام lang=EN-US style='font-family:"Traditional Arabic";'>إبراهيم lang=EN-US style='font-family:"Traditional Arabic";'>مصلى style='font-family:"Traditional Arabic";'>فأنزلت lang=EN-US style='font-family:"Traditional Arabic";'>واتخذوا lang=EN-US style='font-family:"Traditional Arabic";'>منمقام lang=EN-US style='font-family:"Traditional Arabic";'>إبراهيم lang=EN-US style='font-family:"Traditional Arabic";'>مصلى. وآية lang=EN-US style='font-family:"Traditional Arabic";'>الحجاب lang=EN-US style='font-family:"Traditional Arabic";'>قلتيا lang=EN-US style='font-family:"Traditional Arabic";'>رسول style='font-family:"Traditional Arabic";'>الله lang=EN-US style='font-family:"Traditional Arabic";'>لوأمرت lang=EN-US style='font-family:"Traditional Arabic";'>نساءك style='font-family:"Traditional Arabic";'>أن lang=EN-US style='font-family:"Traditional Arabic";'>يحتجبن lang=EN-US style='font-family:"Traditional Arabic";'>فإنه style='font-family:"Traditional Arabic";'>يكلمهن lang=EN-US style='font-family:"Traditional Arabic";'>البر style='font-family:"Traditional Arabic";'>والفاجر lang=EN-US style='font-family:"Traditional Arabic";'>فنزلت style='font-family:"Traditional Arabic";'>آية lang=EN-US style='font-family:"Traditional Arabic";'>الحجاب lang=EN-US style='font-family:"Traditional Arabic";'>واجتمع lang=EN-US style='font-family:"Traditional Arabic";'>نساء style='font-family:"Traditional Arabic";'>النبي lang=EN-US style='font-family:"Traditional Arabic";'>صلىالله lang=EN-US style='font-family:"Traditional Arabic";'>عليه style='font-family:"Traditional Arabic";'>وسلم lang=EN-US style='font-family:"Traditional Arabic";'>فيالغيرة lang=EN-US style='font-family:"Traditional Arabic";'>عليه style='font-family:"Traditional Arabic";'>فقلت lang=EN-US style='font-family:"Traditional Arabic";'>لهنعسى lang=EN-US style='font-family:"Traditional Arabic";'>ربهإن lang=EN-US style='font-family:"Traditional Arabic";'>طلقكن style='font-family:"Traditional Arabic";'>أن lang=EN-US style='font-family:"Traditional Arabic";'>يبدله style='font-family:"Traditional Arabic";'>أزواجا lang=EN-US style='font-family:"Traditional Arabic";'>خيرا style='font-family:"Traditional Arabic";'>منكن lang=EN-US style='font-family:"Traditional Arabic";'>فأنزلت lang=EN-US style='font-family:"Traditional Arabic";'>هذهالآية >.
>Nous en proposons une traduction conforme aux commentaires classiques
tel celui de Ibn Hajar al ‘Asqalânî (8ème siècle H), le grand
commentateur du Sahîh de Al Bukhârî, en soulignant, comme en le texte arabe, le
segment significatif. D’après
Anas, Umar a dit : « Mon
Seigneur a confirmé mon opinion à trois reprises. Lorsque j’ai dit : Ô
Messager de Dieu, pourquoi ne prendrions-nous pas la station d’Abraham comme
oratoire, et il fut révélé : “
Prenez la station d’Abraham (maqâm
Ibrâhîm) comme oratoire.”
class=MsoEndnoteReference>[2]
De même pour le verset du
« voile » (hijâb), lorsque je dis : Ô Messager de Dieu,
pourquoi n’ordonnerais-tu pas à tes épouses de s’isoler derrière un rideau car
leur adressent la parole aussi bien les pervers que les vertueux, et il fut
révélé le verset du « voile ».
href="#_edn3" name="_ednref3" title="">[3] Et lorsque des femmes du Prophète furent
toutes jalouses et qu’alors je leur dis : Il se peut que son Seigneur,
s’il venait à vous répudier, lui donne des épouses meilleures que vous. Il fut
alors révélé ce verset. »
name="_ednref4" title="">[4]
>Point ne serait nécessaire ici de discussions théologiques et
conceptologiques, si un Compagnon de la stature de Umar a dit une telle chose,
nous sommes dans l’obligation de reconnaître la véracité de son propos qui est
on ne peut plus clair. Dieu confirme la volonté d’un être humain et accède à
ses désirs car, dans les trois exemples donnés par Umar, il s’agit bien d’idées
personnelles, de points de vue qui lui sont propres et non pas de pensées de
type général. La Révélation apparaît ici assujettie et non pas indépendante,
les sababu-n-nuzûl seraient donc de
véritables causes de la Révélation, la transcendance et l’absoluité
divine seraient effectivement parfois soumises aux contingences.
>Problème 1 : Umar aurait dit ce que
jamais le Prophète SBSL n’a dit. Jamais, alors que des centaines de
versets ont trait aux difficultés, aux angoisses, aux craintes, aux espoirs du
Prophète, jamais il n’a dit que Dieu révélait en fonction de ses états ou même
de l’assistance dont il avait besoin. Bien au contraire, Dieu lui fait dire à
de nombreuses reprises dans le Coran : “…dis : « Je ne fais
que me conformer à ce qui m’est révélé par mon Seigneur…”
class=MsoEndnoteReference>[5]
et non pas l’inverse : « la
Révélation de mon Seigneur se conforme à mes besoins ou états d’âmes. »
>Problème 2 : Nous serions selon cette
conception des "circonstances de révélation" non plus tant en une
historicisation du Coran mais bel et bien en une hyper historisation. Si Dieu
fait « Loi » à partir de la pensée des hommes en un temps donné, la
« Loi de Dieu » pour être éternelle devrait donc suivre l’évolution
et les besoins des hommes, car ce qui était bon pour Umar ne l’est plus
visiblement pour Mehdi ou Nadia d’un autre temps ou d’un autre lieu. La loi, celle
des hommes, le droit positif, s’adapte par définition aux temps, et si la Loi
de Dieu s’était adaptée à Umar, il faudrait admettre que la loi de Dieu doive à
présent s’adapter à nos réalités. Les partisans de cette (non) lecture du Coran
ont alors la part belle, le Coran est en grande partie dépassé, caduc.
>Problème 3 : Valider sans condition
l’opinion de Umar quant à la Révélation serait quasiment lui octroyer le statut
d’infaillibilité. Quand bien même un mortel prétendrait que Dieu accède à ses
désirs que cela demanderait en toute rigueur d’être examiné. Que cette relation
influe sur le contenu d’une Révélation destinée à l’humanité imposerait pour le
moins d’être circonspect. Que l’opinion d’un homme puisse devenir « Loi
éternelle » exigerait une profonde réflexion sur la notion de
« Droit » divin.
>On le voit, le questionnement est tout aussi essentiel que
contradictoire. Le sujet est bien nôtre, le rapport du Coran au temps. Le temps
des hommes exerce-t-il une contrainte sur la Révélation ? La Révélation
est-elle soumise au temps où elle se manifeste, et dans quelle mesure ?
Dans ces conditions, comment la considérer comme intemporelle, comment faire
coexister le fait que des mentalités arabes du 7ème siècle exerce
autorité définitive pour tous les temps et tous les hommes ? Comment
comprendre que l’universel soit bédouinité ? Comment, selon ces exigences,
comprendre le Coran aujourd’hui ? Comment comprendre le Coran en son
intégralité sans vouloir en déclasser, comme certains le prônent, bon nombre de
versets ?
>Présentement, nous n’aurons pas à solutionner cette problématique
théoriquement, conceptuellement, ce que nous réaliserons par la suite. Pour
l’instant, il nous suffira de nous reporter au texte même du propos de Umar
dont nous avions volontairement donné une traduction « officielle ».
En effet, elle est plus que discutable, erronée ! Précisons qu’il n’
y a pas à discourir sur l’authenticité du propos afféré à Umar. D’une part Al
Bukhârî en donne deux versions selon deux chaînes de transmission, isnâd, bien différenciées et, d’autre
part, Muslim pour ne citer que lui, en fournit une version abrégée
class=MsoEndnoteReference>[6]
selon un autre isnâd, ce qui confèrerait à ce propos un haut degré de
fiabilité, on le dit mutawâtir.
Cependant, nous le signalons régulièrement, un hadîth est composé d’une isnâd et d’un texte, matn, et l’authentification des hadîths
ne procède qu’en fonction de critères de sélection et de vérification de la
chaîne de transmission. Rien ne dispense, bien au contraire, d’étudier de
manière critique le texte ainsi transmis. Le cas qui nous préoccupe en sera
l’illustration.
>Portons donc attention au segment clef que nous avions souligné dans le
texte :
>
lang=EN-US style='font-size:14.0pt;
font-family:"Traditional Arabic";'>وافقت
style='font-size:14.0pt;font-family:"Traditional Arabic";'>ربي
style='font-size:14.0pt;font-family:"Traditional Arabic";'>فيثلاثقالعمر
> ce qui a été traduit : Umar
a dit « Mon Seigneur a
confirmé mon opinion à trois reprises. » Plus que jamais, mais
peut-il en être autrement, l’étude du texte en arabe s’avère nécessaire. Ainsi
Umar dit-il : wâfaqtu rabbî, le verbe est wâfaqa conjugué au passé et à la
première personne du singulier, rabbî
signifie bien entendu « mon Seigneur »,
fî thalâth peut être traduit « à trois reprises », « en
trois cas ».
> Le verbe wâfaqa joue un rôle essentiel en notre discussion, il est de forme
III et, accompagné de la particule fî,
il signifie quels que soient les lexicographes : s’accorder avec quelqu’un ou se
conformer à ses désirs. Ce qui, littéralement, donne comme sens possible à
notre phrase : « Je me suis
accordé avec mon Seigneur à trois reprises » ou bien « Je me suis conformé aux désirs de mon
Seigneur à trois reprises ». Visiblement selon la suite du texte, seul
le premier cas est à retenir : Umar a donc dit : « Je me suis accordé avec mon Seigneur à trois
reprises ».
>Ce que l’on peut autrement exprimer : « J’ai eu la même opinion que mon Seigneur à trois reprises. »,c’est-à-dire à l’occasion de la
révélation de trois versets. Les commentaires classiques que nous avions
suivis en notre première traduction postulent l’inverse ou plus exactement la
réciproque, à savoir : « Mon
Seigneur a confirmé mon opinion à trois reprises ! C’est pourtant
cette « version » qui est impliquée ou sous-entendue lors de la
mention systématique de ce propos au chapitre des « circonstances de
révélation ».
>Je le répète, du point de vue linguistique il n’ y a aucun doute sur le
sens à donner à l’expression wâfaqtu
rabbî fî thalâth, et la compréhension « officielle » exprime
exactement le contraire de ce que le texte dit. Ceci explique que nous puissions trouver dans la traduction du
Sahîh Al Bukhârî de O. Houdas et W. Marçais, abondamment et judicieusement
corrigée par le Professeur M. Hamidullah, la traduction suivante : « J’ai eu la même idée que le Seigneur
dans les trois circonstances suivantes »
href="#_edn7" name="_ednref7" title="">[7]
mais, qu’en la traduction du Sahîh de Muslim par l’équipe de Fawzi Chaaban
class=MsoEndnoteReference>[8],
l’on lise : « Dieu a été
d’accord avec moi sur trois choses » !
>Reste à comprendre, et nous sommes en droit de nous le demander, par
quelles voies l’on a pu opérer un tel retournement de sens puisque, en quelque
sorte, on nous propose l’égalité suivante ! :
J’ai eu la même opinion que lui = Il a eu la même opinion que moi.
>Lorsque les deux acteurs d’une telle rencontre sont Dieu et un homme,
lorsque l’opinion est la Révélation divine et non une simple spéculation
humaine, l’on comprend la gravité d’une telle erreur. Mais est-ce une
erreur ?!
>Al ‘Asqalânî, la référence déjà citée, commente ainsi notre
« hadîth » : wâfaqtu rabbî signifie mon Seigneur m’a confirmé,
class=MsoEndnoteReference>[9] c’est-à-dire qu’Il a révélé le Coran en
accord avec ce que j’avais pensé. » l’on ne saurait être plus clair :
Dieu a révélé le Coran en fonction de l’opinion personnelle de Umar. Nous avons
évoqué les difficultés conceptuelles d’une telle compréhension, nous y
reviendrons, mais, présentement, il est aisé de constater qu’une telle
affirmation est en totale opposition avec les règles grammaticales de la langue
arabe. En aucune façon le verbe wâfaqa
n’a de connotation de réciprocité. Cette réciprocité est au demeurant exprimée
par la forme VI tawâfaqa signifiant convenir mutuellement d’une chose, se mettre d’accord. Ce verbe ne
s’emploie logiquement qu’au pluriel, tawâfaqnâ,
c’est-à-dire : nous nous sommes mis
mutuellement d’accord. Si le texte avait utilisé ce verbe, ce qui n’est pas
fort heureusement le cas, Dieu et Umar se serait mis d’accord !
>Mais il y a plus, le texte de ce « hadîth », ou plus
justement à dénommer propos de Umar, n’est pas resté indemne de la pensée
inductive des commentateurs. Ainsi, trouvons-nous toujours rapporté par Al
Bukhârî et selon un isnâd légèrement différent, une autre recension de ce
propos :
عن
lang=EN-US style='font-family:"Traditional Arabic";'>أنسقال
lang=EN-US style='font-family:"Traditional Arabic";'>قالعمر :
style='font-family:"Traditional Arabic";'>وافقت
lang=EN-US style='font-family:"Traditional Arabic";'>الله
style='font-family:"Traditional Arabic";'>في
lang=EN-US style='font-family:"Traditional Arabic";'>ثلاث
style='font-family:"Traditional Arabic";'>أووافقنيربيفي
style='font-family:"Traditional Arabic";'>ثلاث...
« D’après Anas, Umar a dit : wâfaqtu
> rabbî fî thalâth « J’ai eu la même opinion que Dieu à trois reprises aw wâfaqanî rabbî ou bien« Mon Seigneur a
confirmé mon opinion à trois reprises… »
>Sans être nécessairement arabisant, l’on peut constater l’adjonction
dans le texte même du propos, du sens voulu par les commentateurs, mot à mot.
Tout se passe alors comme si Anas ne sachant plus exactement ce qu’avait dit
Umar nous proposa deux choix, ou, deuxième possibilité, qu’il indiqua
pencher lui aussi pour ce curieux retournement de sens.
class=MsoEndnoteReference>[10]
>L’interpolation, idrâj, d’un
commentaire en un texte de hadîth est un phénomène bien connu et faisant
l’objet de nombreux traités de sciences du Hadîth. En ce cas précis il n’est
pas difficile de prouver qu’il s’agit réellement d’une interpolation, et non
d’une version différente :
>- Premièrement, si Anas avait douté de ce qu’a dit Umar au point de
professer tout et son contraire, alors l’on ne peut faire confiance à sa
mémoire et, conséquemment, l’on ne peut accepter selon les critères d’inclusion
de Al Bukhârî son témoignage, ce serait 2286 hadîths, par lui rapportés, qu’il
nous faudrait invalider.
>- Deuxièmement, s’il ne connaissait pas la langue arabe et confondait
deux propositions de sens inverse, l’on ne peut de même prendre de lui le
Hadîth.
>- Troisièmement, les discussions sur le statut ontologique des
« circonstances de révélation » sont bien postérieures à son décès
(93 H), nulle raison de penser qu’il ait eu à analyser le propos qu’il tenait
de Umar au point de proposer en alternative l’hypothèse privilégiée par les
exégètes et conceptologues du 2ème au 4ème siècle.
>- Quatrièmement, s’il l’on admettait malgré tout le doute, alors il
nous faudrait nous en tenir à ce qui est le plus sûr. C’est-à-dire que nous
devrions valider le sens obvie du texte en fonction des données régulières de
la grammaire et des bases théologiques connues, lesquelles donnent suprématie à
l’absoluité divine sur la volonté de l’homme. Conséquemment, nous ne pourrions
retenir que sa première proposition :
« J’ai eu la même opinion que Dieu à trois reprises. »
>Nous ne serons donc pas étonnés qu’il faille fréquemment faire
intervenir une version du propos de Umar rapportée par Al Bayhaqî ne comportant
plus que les termes de l’interpolation,
wâfaqtu rabbî fî thalâth ayant été remplacée par wâfaqanî rabbî :
أنس style='font-family:"Traditional Arabic";'>بن lang=EN-US style='font-family:"Traditional Arabic";'>مالك style='font-family:"Traditional Arabic";'>رضي lang=EN-US style='font-family:"Traditional Arabic";'>الله style='font-family:"Traditional Arabic";'>عنه lang=EN-US style='font-family:"Traditional Arabic";'>قالقال lang=EN-US style='font-family:"Traditional Arabic";'>عمربن lang=EN-US style='font-family:"Traditional Arabic";'>الخطاب lang=EN-US style='font-family:"Traditional Arabic";'>رضيالله lang=EN-US style='font-family:"Traditional Arabic";'>عنه style='font-family:"Traditional Arabic";'> : وافقنيربي lang=EN-US style='font-family:"Traditional Arabic";'>فيثلاث...عن
>Ce « hadîth », fort heureusement, mais c’était logiquement
prévisible, a été classifié inauthentique, da’îf,
par les spécialistes, ce qui par ailleurs n’a guère limité son emploi.
L’apparition de ce type de hadîths inauthentiques ou apocryphes n’est pas liée
au hasard mais à la nécessité.
>Au final, rien ne permet d’inverser le sens de ce propos de Umar qui
donc se lit, et doit se lire, comme suit : « J’ai eu la même opinion que mon Seigneur à trois
reprises. Lorsque j’ai dit : Ô Messager de Dieu, pourquoi ne
prendrions-nous pas la station d’Abraham comme oratoire, et il fut
révélé : “ Prenez la station
d’Abraham (maqâm Ibrâhîm) comme oratoire.” De même pour le verset du voile (hijâb) lorsque je dis : Ô Messager de Dieu, pourquoi n’ordonnerais-tu pas à
tes épouses de s’isoler derrière un rideau car leur adressent la parole aussi
bien les pervers que les vertueux, et il fut révélé le verset
du « voile ». Et lorsque des femmes du Prophète furent toutes
jalouses et qu’alors je leur dis : Il se peut que son Seigneur, s’il
venait à vous répudier, lui donne des épouses meilleures que vous. Il fut alors
révélé ce verset. »
>Nous avions parlé de conjonction entre les événements et la Révélation
comme définissant au plus juste les « circonstances de révélation »,
en voici un parfait exemple pleinement attesté par ce « hadîth ».
>Ceci reste tout à l’honneur de la sagacité légendaire de Umar.
Conclusion.
>Rien qui ne vienne infirmer notre première analyse des
"circonstances de révélation", la « Parole » de Dieu
demeure transcendante et non contingentée. En aucune manière, et aucun argument
probant ne vient le contredire, la Révélation du Coran n’est soumise à des
faits historiques, y compris à l’égard du Messager de Dieu
style='font-size:8.0pt;'>SBSL
>. Cela ne retire rien, bien entendu, au fait que des événements
circonstanciels aient pu avoir été noté “contemporainement” à la révélation de
certains versets. Telles sont les « circonstances de révélation »,
des événements circonstanciels non causals.
>Puisque tel est précisément notre sujet, nous verrons par la suite les
conséquences exégétiques d’une cette approche des "circonstances de
révélation", y compris en la résolution de difficultés juridiques
affrontées aux temps présent.
>Nous poursuivrons de même plus avant notre discussion, à peine
esquissée en cet article, quant au rapport
du Coran et du temps. Historisation,
et sa base scripturaire les "circonstances de révélation", mais aussi
littéralisme et littéralité, s’inscrivent de plein droit en ce débat. Nous le
répétons, nulle exégèse n’est possible sans avoir parfaitement établi le
rapport du Coran au temps. Cela semble plus évident encore pour le “comprendre
le Coran aujourd’hui ” mais, en réalité, cette étape essentielle a
toujours été obligatoire. Nous distinguerons trois temps de la Révélation, plus
exactement trois états, autant de rapports au temps et autant d’approches
exégétiques, autant de « lectures » ayant accompagné la relation des
hommes au texte révélé.
Une interrogation.
>L’islam est religion du Texte et de raison, religion des textes et de
la raison. Le Coran est irréductible et impose à la raison un exercice
particulier, comprendre le Coran à l’intérieur de ses propres bornes de
définitions. Les textes, nos acquis classiques et ou traditionnels, sont eux
issus de l’effort de réflexion humaine, ils imposent que la dynamique les ayant
enfantés soit perpétuée. La pensée humaine est le règne de l’incertitude,
vision négative s’il en est, mais aussi de la perfectibilité, versant positif
par excellence. L’étude de ces acquis doit donc être opérée rationnellement par
l’argumentaire et la recherche probante, et ce hors de tout a priori. Quitte à
devoir les remettre en cause lorsque leurs faiblesses sont ainsi mises à jour,
il en fut ainsi durant des siècles avant que la sclérose de notre
« Moyen-âge » ne vinsse succéder à notre « Âge d’or. »
class=MsoEndnoteReference>[11]
>Que la chose soit claire, nous n’entendons pas par là promouvoir un
certain esprit de réforme plus moderniste que réformiste ; l’Islam, avec
une majuscule, n’est pas à reformer, il est un donné révélé intangible et non
négociable. Nous disons seulement qu’il n’y a pas d’avenir sans revivification
permanente de la pensée des musulmans et donc de la critique constructive de
nos acquis passés, dont l’islam, avec une minuscule, fait partie. Cette saine
volonté est parfois mal perçue par certains esprits peu au fait de la démarche
intellectuelle musulmane. Elle est aussi régulièrement vouée aux gémonies par
ceux qui, des quelques gouttes de leur savoir, font un océan de
certitude ; voila bien le meilleur moyen de périr par noyade. Nous en appelons donc à l’effort d’honnêteté
intellectuelle, rien d’autre.
>Le cas présent, après avoir démontré le surinvestissement orienté du
propos de Umar, c’est-à-dire après avoir écarté de la définition des
"circonstances de révélation" une tentative de subordination de la
Révélation au temps, l’on peut s’interroger sur la nature des positions
conceptuelles ayant ainsi motivé nos prédécesseurs. Au delà du comment, le
pourquoi. Pour quelles raisons on-t-il induit à dessein ce propos de Umar ?
Pour quels objectifs a-t-on voulu asservir la Révélation à la pensée des
hommes, Umar en étant ici un archétype parfait ? Quelles logiques se sont
imposées au point de faire d’une telle définition des "circonstances de
révélation" un pilier de l’exégèse ? Quelles en sont les conséquences
exégétiques et juridiques ?
>Alors même que dans la pensée du sunnisme, la transcendance de Dieu, sa
non immanence, sa totale indépendance vis-à-vis de Sa création, sont affirmées
sans concession. Alors même que la dépendance absolue de l’homme est postulée
au point que la liberté lui est dogmatiquement et intrinsèquement déniée. Alors
même que le temps et les actes ne relèvent que des prérogatives divines. Alors
même que l’absoluité de Dieu est l’essence de notre conception du monde ;
pour quelles raisons a-t-on voulu postuler que Dieu put asservir sa Parole, Sa
Révélation à la pensée d’un homme, des hommes, au temps d’un homme, au temps
des hommes ?
>Question cruciale, cœur du rapport Coran-temps-homme, que nous vous
soumettons et à laquelle, plaise à Dieu, nous apporterons réponse en la suite.
class=MsoEndnoteReference>[1]
> Nous disons « nous avons
montré » car, concernant le domaine ontologique de Dieu, il ne peut
s’agir de démonstration.
class=MsoEndnoteReference>[3]
> Signalons que le « verset du voile » auquel Umar fait
allusion n’est pas celui que l’on croit (S24.V31)
mais le V53.S33 imposant aux
musulmans de s’adresser aux épouses du Prophète
style='font-size:8.0pt;'>SBSL de
derrière un rideau de porte, hijâb,
d’où notre traduction et l’emploi de guillemets pour le terme
« voile ».
class=MsoEndnoteReference>[4] > S66.V5.
class=MsoEndnoteReference>[5] > S7.V203.
class=MsoEndnoteReference>[6]
> Elle diffère cependant par la liste des trois cas : La station
d’Abraham, le « hijâb », le sort des prisonniers de Badr. Signalons
l’existence d’autres versions, elles aussi authentifiées, sahîh, où il est fait
mention de quatre cas différents des précédents, ce qui pose tout de même
problème. Je ne parlerais pas des versions, certes défectueuses, mais
régulièrement citées, multipliant les exemples à l’envi.
class=MsoEndnoteReference>[7]
lang=NL > Vol I, p. 151, Chap.
>XXXII : « De ce qui s’est passé au sujet de la Qibla ».
Noter que M. Hamidullah a omis de signaler l’erreur « Le seigneur » pour « mon
Seigneur ».
class=MsoEndnoteReference>[8] lang=NL > Vol II, p. 434, Chap. >II : « Des fastes de Umar ».
class=MsoEndnoteReference>[9]
> En arabe il est écrit « wâfaqtu rabbî signifie wâfaqanî rabbî ». Dans le texte original
Umar est le sujet du verbe wâfaqa,
dans l’explication donnée c’est Dieu qui est sujet !
class=MsoEndnoteReference>[10]
> En arabe le aw ici employé
a même fonction que le ou de
coordination du français, ceci ou cela, mais peut aussi signifier c’est-à-dire, d’où présentement
l’ambiguïté d’une telle assertion.
class=MsoEndnoteReference>[11]
> L’histoire de la civilisation
musulmane, rappelons-le, est unique en son genre. Elle est la seule épopée
humaine dont le Moyen-Âge ait fait suite à son apogée.
Commentaires
merci, docteur pour cet article, on attend la suite.
littéralisme
nm (li-té-ra-li-sm’)
Synonyme néologique de littéralité.
Ressemblance jusqu’au littéralisme. [Réville, Rev. des Deux-Mondes, 1er juin 1866, p. 611]
redondance ou rédondance
nf (re ou ré-dondan-s ; l’Académie admet les deux orthographes et les deux prononciations ; mais la première est beaucoup plus usitée)
Excès dans l’abondance ou les ornements du style.
Ce serait un pléonasme, une redondance oiseuse dans une étrangère qui raconterait les amours de Phèdre ; mais c’est Phèdre amoureuse et honteuse de sa passion. [Voltaire, Dictionnaire philosophique]
Cheville ! redondance inutile. [Rousseau, Émile, ou De l’éducation]
En bonne part.
L’homme né de la femme [dans Job] .... cette circonstance, né de la femme, est une rédondance merveilleuse. [Chateaubriand, Le génie du christianisme, ou Les beautés de la religion chrétienne]
À chaque fois que je tombe sur un article expliquant le Coran sur oumma.com, j’ai l’impression de lire un ouvrage de physique quantique ou de mathématiques niveau Bac+8. J’essaye de comprendre "en sautant les formules" (les passages en italique, voire en arabe) mais ça me dépasse complètement.
Prodigieux votre article et plein d’enseignements.
De plus et c’est encore un miracle de Dieu ,votre article répond très judicieusement à un intervenant dans un autre forum(un musulman)qui estime que vivre reclus échappe au message de Dieu qui nous met en garde contre les "pervers"."
"des quelques gouttes de leur savoir, font un océan de certitude ; voila bien le meilleur moyen de périr par noyade."
Docteur Al Ajami
Décidément vous levez le voile de mes doutes et je puis affirmer ce matin que Dieu est plus que Grand ,Il est Merveilleux.
Une question par ailleurs Docteur,
vous dites que quitte à remettre en cause les faiblesses des acquis lorsqu’elles sont ainsi mises à jour..
Doit-on comprendre par faiblesses:le peu compris ou le mal compris ??
Je tiens à vous remercier pour le travail que vous faites. Tenez vous des conférences ? Et si oui, avez vous des dates prévues ? Car j’aimerai beaucoup y assister.
Merci encore et bonne continuation.
"hourou a dit :
À chaque fois que je tombe sur un article expliquant le Coran sur oumma.com, j’ai l’impression de lire un ouvrage de physique quantique ou de mathématiques niveau Bac+8. J’essaye de comprendre "en sautant les formules" (les passages en italique, voire en arabe) mais ça me dépasse complètement."
T’inquiète c’est le cas de tout le monde, mais faut faire semblant de comprendre et ensuite de jargonner .
Cà fait des siécles que çà dure...
Est ce que quelqu’un peut nous résumer l’idée de cet article ? jazakoum Allah achoukr.
bonsoir. je n’irais pas jusqu’à remettre en question les traductions qui sont donnés de l’affirmation d’Umar sur les 3 choses qu’il aurait eu en commun avec Son Seigneur, mais à votre avis ? :
très sincèrement, Umar n’aurait eu aucun intérêt à dire à son entourage qu’il y avait 3 points sur lesquels il concordait exactement, parce qu’à ce jeu là, n’importe qui aurait pu le faire, et on aurait même eu des "surenchères" éventuellement...
la thèse défendu dans ce passage est d’ailleurs plutôt grave de conséquence, car dire que Dieu "approuve" 3 passages, c’est laisser la place à des divergences de vue entre le message divin et ses opinions personnelles... et on parle là d’un calife, pas de monsieur tout le monde...
Cordialement
Salam,
surprenante cette deuxieme partie, non pas sur le contenu qui reste toujours aussi riche d’enseignements, mais plutôt sur le style litteraire. Nous étions habitué à plus de proximité...... Trop Haut , Trop Loin...Trop Seul.... volontaire ?
L’auteur de cet article dit :
"Si une révélation semble dépendre d’un événement identifié, un fait historique, il ne s’agit là que d’une coïncidence temporelle. Plus exactement, une concordance, entre deux vouloirs de Dieu : l’une quant à Sa Révélation, l’autre quant à l’existentiation du fait en question. En aucune manière la transcendance de Dieu n’autorise à penser que Sa « Parole » puisse être tributaire de contingences humaines ou terrestres. En d’autres termes, un événement ne peut être cause d’une Révélation, les « circonstances de révélation » ne sont que des « événements circonstanciels » non causals"
Sur quel(s) élément(s) s’appuie t’il pour avancer cela ?
Je ne suis pas d’accord avec la note 11 :
"[11] L’histoire de la civilisation musulmane, rappelons-le, est unique en son genre. Elle est la seule épopée humaine dont le Moyen-Âge ait fait suite à son apogée."
La civilisation musulmane n’a pas déclinée depuis le moyen-âge, plutôt elles’est figée au moyen-age.
Ce déclin est vu comme tel, par ce que d’autres civilisations ont avancé parallèlement.
Ce n’est pas du tout une chose singulière dans l’histoire de l’humanité, c’est arrivé à plusieurs reprises sous différents lattitudes.
(perses, egypte, indiens, chinois,...)
Vous ne pouvez pas faire une présentation plus courte pour que ceux qui veulent contribuer au débat trouvent le temps de tout lire et exposent clairement leur opinions.
Cordialement
J’ai fait des études, j’occupe un poste à responsabilités, et pourtant, je trouve ce texte d’une complexité inouïe...Bref, je ne pense pas être le seul dans ce cas, alors est-il possible que l’auteur nous résume le fonds de sa pensée au lieu de "tout ça"... C’est vraiment indigeste, et surtout, on se demande "quelle est la cible d’un tel texte" ? Ou pire, "est-ce une manière de dire que rien ne doit bouger, et qu’on doit maintenir les mains coupées..." ?? Help please... Ma’a salama
Un chinois revient avec le sceau vide , le chef de tribu lui demande la raison, il répond que le puits était profond. Le sage lui rétorque que c’est la corde qui est courte.
Une sagesse chinoise applicable ici même , il suffit de faire les remplacements adéquats...
"Une sagesse chinoise applicable ici même , il suffit de faire les remplacements adéquats..."
djamel, vous seriez vraiment sage d’aller jusqu’au bout de votre démonstration en adaptat ce proverbe chinois(donc pas religieux), à notre monde musulman....
Cette seconde partie fait montre de grandes précision, clarté et hauteur, et mériterait toute éloge, si l’on ne craignait de froisser la modestie qui sied naturellement à l’auteur. Aussi je me garde ici d’en dire plus, et méditerai l’ensemble du texte, avec sa première partie, avant de risquer un commentaire. Merci, merci et salam sur vous.
Tout esprit un peu libre doit saluer le travail qui nous est généreusement présenté ici, et en remercier l’auteur. Et nonobstant, certains ont l’air de ne pas comprendre que le Dr Al ’Ajamî ne propose pas d’explications définitives, ni des exégèses tranchées qui ne satisfont que le désir de s’affranchir d’être intelligent. Il fait beaucoup mieux que cela : il propose une méthode, et c’est à chacun d’en tirer sa propre compréhension de telle ou telle partie du Texte. Evidemment cela nécessite un grand effort d’érudition, une érudition dont je suis bien loin de posséder la moindre parcelle, habitué que je suis d’une autre méthode, plus directe, mais aussi plus risquée.