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Samedi 20 Mars 2010
Articles
Comprendre le Coran : Historicité, littéralisme et littéralité (1/2)
vendredi 16 octobre 2009 - par Dr Al ’Ajamî

HISTORICITÉ & CIRCONSTANCES DE RÉVÉLATION OU ASBÂBU-N-NUZÛL

Problématique :

Le Coran est, bien évidemment, au cœur de la vie du musulman, il est aussi le Cœur de son coeur, l’Esprit de son esprit, la pulpe de sa moelle. L’image du Coran est, bien évidemment, notre Prophète, SBSL. Dans le contexte de plus en plus délétère que notre temps sécrète, où la bêtise le dispute à l’incompréhension, il n’est donc pas étonnant que le Coran et la noble figure du Prophète, SBSL, soient les cibles répétées d’attaques de tout feu.

L’insulte ne salit que celui qui la professe, mais, au delà des caricatures, force est de constater que le Coran fait tout particulièrement l’objet de campagnes de dénigrement. Depuis Quraysh et les Gens du Livre de Médine, en passant par les bas Moyen-Âge et la stratégie colonialiste, les arguments sont, à peu de choses près, toujours les mêmes. Nous n’aurons pas à faire ce rappel historique, car l’actualité islamophobique ne fait en la matière preuve d’aucune originalité. Nous aurions pu citer Noedelke au XIXème siècle et son « Histoire du Coran », père fondateur moderne de l’hyper critique du Coran.

Mais point ne sera nécessaire. Pas un jour qu’un « spécialiste », ou un « journaliste », un politique, une « star » en mal d’audience, un « écrivain » à la recherche du best-seller, syndrome de Rushdie s’il en est, ne viennent nous en rappeler les poncifs : Le Coran est un plagiat de la Bible, il a été écrit par des rabbins, des lettrés syriaques, des chrétiens convertis à l’Islam, etc. L’embarras du choix, calomniez il en restera toujours quelque chose semblent dire ces éternels Machiavels. Mais, dès lors que l’on se prétend historien ou spécialiste de l’islam, de tels propos ne sont qu’escroquerie intellectuelle, nous excuserons les autres de leur ignorance…

Rien ne vaut la surenchère : Le Coran a été écrit par « mahomet » qui, tout en ayant lu l’ensemble des sources scripturaires de l’époque écrits en diverses langues, aura réussi l’exploit d’en réaliser une refonte et une synthèse selon un concept propre à l’Islam, le pur monothéisme transcendant, le tawhîd. Paradoxe, s’il en est, cet illettré aurait eu bien du génie et un don exceptionnel pour moult langues tout en étant qualifié par ces accusateurs de fort mauvais écrivain.

 C’est qu’en effet, le Coran n’est qu’un texte obscur, sans plan, sans composition, prose indigeste et pour le moins déroutante ; au mieux, une approximation hétéroclite des écrits bibliques. Plus encore, preuves à la main, on exhibe aussi les versets indiquant que le Coran suit en réalité les désirs de ce caravanier Arabe ; en politique comme en amour, ou justifiant sa guerre sans merci contre les infidèles de tout bord.

Il y a mieux encore, ces derniers temps fleurissent des thèses originales, l’inconscience des nouveaux printemps sans doute : Le Coran n’a pas était écrit en arabe, mais arabo-syriaque ou araméo-syriaque[1], au choix, mais on nous propose aussi une lecture hébraïque[2], voire hellénistique.[3]

Il semble que le défaut des Arabes ait été de ne parler que l’arabe. Ils n’auraient alors rien compris au texte et l’auraient vulgairement déformé. Cela vous semble improbable, voire loufoque. Ne riez pas, ce sont « d’éminents islamologues » ou autres linguistes qui se font un nom avec ces chimères. Vous n’y croyez pas, qu’à cela ne tienne, on a toujours l’article qu’il vous faut : Le Coran a été écrit au 2ème ou 3ème voire au 4ème siècle de l’Hégire[4], voila qui nous rajeunit drôlement. 

On le voit, l’attaque est lourde, mais l’on peut légitimement penser qu’elle s’effondrera sous la masse de sa propre vacuité.

Nous disposons de preuves historiques quant à l’authenticité du Coran. Parallèlement, il est aisé d’invalider les arguments et hypothèses de l’hyper critique, leurs sources ne sont que marécages, nous ne souhaitons pas ici en faire la démonstration. Le musulman avant tout, et essentiellement, croit en la Révélation sans qu’il lui soit nécessaire de prouver la véracité de sa croyance. La foi n’est pas ici affaire de raison.

La raison du musulman est par contre impérative lorsqu’il s’agit de rendre vivante la lettre de son Texte de référence. « Je crois donc je pense », exprime le rapport éclairé que je dois avoir avec la Révélation, le Coran. Je crois en la Révélation, et je réfléchis de pleine raison le message coranique.

Plaise à Dieu, notre objectif en cette série d’articles intitulée « Comprendre le Coran » sera donc d’expliciter certains mécanismes essentiels nécessaire à la compréhension du Coran, tout en faisant une critique rationnelle des principales escroqueries intellectuelles relatives aux « penseurs du Coran ».[5]

En premier lieu l’on aura remarqué dans le catalogue ci-dessus feuilleté que le point commun de ces prétentions est l’historisation du Coran. Deux axes ; d’une part l’histoire du Coran, l’origine et la datation du document. D’autre part, le Coran et l’Histoire, les liens du texte coranique avec le lieu et le temps où il fut révélé.

Ce dernier point est de grande importance pour l’intelligence du Coran, ainsi devrons-nous lui consacrer quelques articles.

HISTORICITÉ, CIRCONSTANCES DE RÉVÉLATION, ASBÂBU-N-NUZÛL.

Bien avant le Coran, dès que l’homme doué de raison foula cette terre, Dieu, par la Révélation, s’adresse à l’Humanité. En cette longue histoire, cette marche en avant vers le devenir, chaque prophète suscité délivra adéquatement la communication de Dieu. Ils le firent chacun selon la langue de leur peuple avec des mots parfaitement intelligibles. Un message ainsi transmis par un homme, un Messager, rasûl, n’aurait donc aucune utilité s’il ne pouvait être pleinement compris. Les différentes Révélations n’auraient été alors que non-communication. 

Pour les musulmans, le Coran est l’ultime Révélation adressée à tous les hommes (S34.V28),[6] et Muhammad est le Sceau des Prophètes (S33.V40)[7]. En découle trois principes :

-  Le message divin se doit d’être clair et intelligible. (S42.V2-3)[8]

-  Le sens délivré doit pouvoir être accessible à toutes les cultures. (S30.V58)[9]

-  Le sens vaut pour tous les temps. (S25.V1.)[10]

A bien considérer, sont ainsi posés les fondements de toute exégèse, soit le rapport à la « Parole de Dieu » de l’intellect. C’est-à-dire la conjonction entre le signifiant, le texte coranique, et le signifié, le sens voulu que le lecteur doit rechercher. Toute lecture du Coran se fait donc à l’interface de la Révélation. Comprendre le Coran c’est donc chercher à accéder au sens délivré par Dieu.

Parallèlement cette Révélation propose à l’homme trois défis :

- La conservation du texte.

- L’appropriation du texte.

- La compréhension du texte.

- La conservation du Coran et sa transmission sont du domaine de l’Histoire et, en la matière, les sources historiques sont assez nombreuses, de valeurs inégales et parfois contradictoires. L’origine du Coran quant à elle relève uniquement de la foi. Nous travaillons à la finalisation d’une « Histoire du Coran », en quatre volumes, prenant en compte rigoureusement l’ensemble des données historiques, les arguments forts et faibles des musulmans, et les prétentions de la frange dure des orientalistes.

- L’appropriation du texte est sa mise en œuvre. Ce n’est point le présent sujet, du moins techniquement parlant. Comprendre le Coran pour un musulman n’a qu’un seul but ; rappelons seulement un hadîth authentifié rapporté par Ahmad ibn Hanbal, il détermine la nature et l’absolu du principe : L’on demanda à Aïcha comment était le Prophète, elle répondit : « Tout son comportement était Coran. »[11]

- La compréhension du texte nous ramène à notre thématique : comment lire le Coran. Si nous disions « comment le comprendre aujourd’hui » cela impliquerait pour le moins qu’il y ait eu une lecture passée. Comprendre le Coran aujourd’hui est cependant une des formules, des credo, de tous les « nouveaux penseurs » et, si l’on ne précise pas correctement le sens de cette expression, elle peut s’avérer ontologiquement incorrecte et recéler des propositions inacceptables.

De Muhammad, SBSL, au dernier homme sur cette terre qui, en son dernier souffle, lira le Coran, le rapport à la Révélation est en réalité le même. Tous, depuis l’origine jusqu’à nos jours, lisons le Coran pour y découvrir les moyens de nous guider et de cultiver notre piété, c’est-à-dire notre rapport à Dieu à travers Sa Révélation ; ce que d’emblée spécifia le Coran : « Tel est le Livre sans nul doute guidée pour ceux qui craignent pieusement Dieu ».[12]

Autrement dit, lorsque je lis le Coran je suis exactement dans la même position que mes prédécesseurs et mes successeurs. Le Coran est un et constant, le rapport au texte est, pareillement, un et constant. La relation au texte est similaire car, dans la rencontre entre un texte et un être, c’est l’être qui donne vie à la lettre puis, en retour, le sens de la lettre nourrit l’être. De tous temps, la lecture ou le penser du Coran a été d’aujourd’hui. Ce qui me différencie de mes devanciers c’est le temps où je vis, je pense, j’aime, je souffre et m’éteint. Ce faisant, je suis un homme différent, non pas en sa nature intrinsèque, mais en sa réalité temporelle. Le Coran me délivrera par conséquent un message à deux niveaux :

- Le premier est constant et universel, nous l’avons dit, il s’adresse à l’âme.

- Le second parle à mon être présent, il éclaire mes choix et la compréhension de ma réalité.

A cette approche il semblerait correspondre, mais ce n’est qu’une illusion trompeuse, une démarche très en vogue sur le « penser le Coran ». Nous la sytématiserons selon trois types de discours, trois propositions de lecture du Coran.

- La lecture dite historique.

- La lecture dite littéraliste.

- La lecture du libre penseur.

Ceci justifie qu’en cette série d’articles, « Comprendre le Coran », nous calquerons notre plan à cette classification. Nous expliciterons ainsi les limites et les dangers de ces trois approches, de ces trois définitions de lecture qui actuellement se disputent, pour des raisons diverses, la primeur de l’exégèse du Coran. Primeur toute « intellectuelle » et théorique, puisque au delà des discours d’intention il n’est jamais en réalité proposé concrètement d’exégèse. Certains sociologues du Coran ont réussi l’exploit de publier plus de 30 ans, toute une carrière universitaire, sans jamais produire la moindre interprétation du Coran !

Parallèlement à la discussion de ces trois lectures, nous mettrons en évidence un certain nombre de règles de lectures positives permettant de « Comprendre le Coran ».

De même, cette étude permettra d’avancer le concept exégétique de littéralité que nous devrons pas confondre d’avec le littéralisme. Nous le démontrerons, il s’agit là, de notre point de vue, de la seule démarche exégétique complète et équilibrée permettant une lecture contemporaine[13] tout en respectant au plus strict la lettre du Texte.

1- LA LECTURE HISTORIQUE.

Le concept flou de lecture historique du Coran est très en vogue et fait l’objet de nombreuses publications. En fonction de ses différents aspects nous la dénommerons aussi lecture historisante, ou historisation du Coran. L’on soutient ainsi que de nombreux versets ne peuvent se comprendre qu’à l’éclairage des faits historiques auxquels ils sont liés. Dans la perspective apologétique occidentale sont essentiellement visés là les versets dits Médinois, la Cité musulmane faisant l’objet de toutes les convoitises politiques. Se faisant c’est aussi le pan dit législatif que l’on voudrait bien reléguer aux oubliettes de l’Histoire. 

En d’autres termes, la Révélation serait tributaire des tribulations de Muhammad, voire de ses Compagnons, elle ne serait pas absolue mais contingente. Les lois promulguées alors seraient périmées, attardées, nul besoin de les conserver. Jugés sur ce péremptoire promontoire, les promoteurs de cette « méthode » voient à l’horizon le déclassement de quelques centaines de versets qui ne concerneraient que le temps historique de Muhammad et seraient donc obsolètes.

Plus concrètement, cette approche historisante procède aussi à l’inverse et, ne craignant pas la contradiction, donne plus de crédit qu’ils ne peuvent en avoir à des versets prétendument jihadistes et expansionnistes. A cette fin, ils accréditent la thèse d’une Révélation tout à la solde de l’esprit guerrier de Muhammad et de ses successeurs, le Coran en tant que serviteur de l’Histoire. Les enjeux sont tels, qu’au-delà d’un rejet de cœur, il est nécessaire de comprendre quelles « méthodes » prétendent suivre réellement les partisans de cette imposture pseudo-rationnelle et quelles méthodes suivent-ils en réalité. 

Mais, nous dirions-nous, il est indéniable que certains versets accompagnent, expliquent, ou exposent des évènements de la vie du Prophète ou de sa Communauté. Très tôt les commentateurs avaient perçu l’importance de cette constatation en terme d’exégèse. L’on peut donc se demander ce qui distingue la lecture historisante de la traditionnelle étude des asbâbu-n-nuzûl, les « circonstances de révélation ». Ce, d’autant plus que les tenants de cette historisation du Coran utilisent principalement pour leur démonstration ces mêmes asbâbu-n-nuzûl.

Il conviendra donc en premier temps de définir ce domaine, non pas tant formellement, mais bien plus en fonction de ses implications exégétiques. Le rapport à l’histoire de certains versets étant un des nœuds de notre problématique : Comprendre le Coran.

Les circonstances de révélation ou asbâbu-n-nuzûl. 

Classiquement, il existe des définitions plus ou moins élargies du concept de « circonstances de révélation ». Nous retiendrons, et nous allons la justifier, la plus stricte et la plus fonctionnelle en terme exégétique : « Il s’agit de l’établissement d’un fait circonstanciel en rapport direct avec la révélation d’un verset »

Afin de comprendre l’utilité informative et l’usage exégétique que l’on peut faire de ces asbâbu-n-nuzûl, il convient de préciser quelques aspects essentiels du principe[14] même des « circonstances de révélation ». Nous allons voir que l’on ne peut dire « circonstances de la Révélation[15] » pas plus que « causes de la révélation »[16] comme on le lit fréquemment. Ce dernier lapsus révélateur, si j’ose dire, impose d’établir plusieurs distinguos théologiques et exégétiques :

Si l’on admet que des faits matériels aient entraîné une révélation, l’on asservit alors la « Parole de Dieu » aux contingences humaines, ce qui ne se peut. Ainsi :

- Si cette « Parole » était tributaire d’un fait et d’un temps donné, l’on ne pourrait admette que cette même « Parole » puisse exprimer un sens éternel, ou que l’on puisse y lire des règles, des principes généraux, valables en tout temps et en tout lieu, li kulli makân wa li kulli zamân.

- Dieu est Omnipotent et Omniscient, aucun événement qui ne dépende de Son acte créateur et qui ne soit connu par avance de Sa Science.

-  S’il advient qu’une révélation semble être en lien avec un événement particulier, ce n’est alors qu’une simple superposition entre deux actes créateurs, l’événement créé et la volonté de Dieu quant à Sa Révélation.

-  La Révélation est un « nuzûl », une descente opérative, un mouvement ontologique de Dieu vers les hommes, l’on ne peut par contre concevoir une « remontée » de nos contingences vers Dieu lui imposant alors une révélation. La Révélation ne connaît d’autre agent causal, d’autre cause, que la volonté de Dieu. La Révélation « descend » mais jamais ne s’abaisse.

-Par « circonstances » on comprend donc que Dieu a révélé au sujet des contingences mais librement et indépendamment, et de toute éternité de par Sa science infinie. Il aurait pu ne pas le faire, et Il ne l’a d’ailleurs pas fait pour l’ensemble de la vie de Son Prophète et de ses Compagnons.

- Ainsi, la « Parole de Dieu », la Révélation, ne se trouve en aucune manière limitée par le temps et les vicissitudes, pas plus qu’elle n’y est astreinte. Dès lors, le message ou la règle alors révélés ne connaissent qu’un rapport indirect avec leur dites « circonstances ». Elles ne constituent qu’une illustration d’ici-bas d’un Message ou d’une « Loi » de caractère intemporel et universel.

- La « coïncidence » entre la Révélation, en son sens absolu, et une réalité historique n’est donc qu’apparente, purement formelle, les éléments de cette rencontre étant tous assujettis à la volonté pré-existentiatrice de Dieu. 

Ceci étant précisé, l’on discerne mieux le champ d’application des « asbâbu-n-nuzûl ». Certes, la connaissance des « circonstances de révélation » permet de comprendre le contexte de révélation de tel message. Cela ne signifie pas pour autant que ce contexte ait eu une incidence sur la révélation de ce message, c’est-à-dire sur la portée de son sens. En d’autres termes, la connaissance des « circonstances » n’implique en rien la limitation ou la particularisation du principe présidant antérieurement à la Révélation. L’universalisme et l’intemporalité transmis par le message délivré priment donc sur sa projection en un temps donné.

Techniquement, la connaissance d’un évènement particulier permettra donc de vérifier un cas d’application du sens général, indépendant de la « circonstance », et délivré par le signifié du verset concerné.

 D’un point de vue méthodologique cela revient à dire que même dans le cas de l’étude du sens d’un verset associé à un sabab, la première étape exégétique consiste à déterminer le sens de l’énoncé, littéralement. Puis, en un deuxième mouvement de lecture, il s’agira de vérifier pour le cas particulier indiqué par le sabab, la concordance, et donc la cohérence, de ce que nous avions compris de par le texte lui-même. Le cas général, obvie, doit pouvoir expliquer le cas particulier, explicite, sans subir de modification ou d’adaptation.[17] Aussi, le sens littéral du verset sera-t-il vérifié a posteriori sous l’angle du sabab avec lequel il doit rester parfaitement cohérent et compatible, et inversement.

Sous cet aspect, la science des « circonstances de Révélation » participe non pas à l’exclusion du sens par l’histoire, mais à l’intégration des données particularisées dans le temps à une analyse du sens à portée intemporelle. Elle ne limite donc pas le sens à son seul contexte historique. C’est dire, nous le verrons, que l’historisation du Coran dépasse largement le cadre ontologique et méthodologique des « asbâbu-n-nuzûl », les « circonstances de révélation ». De même, en fournissant un moyen de vérification du sens que l’exégète décèle dans le texte du verset, la science des asbâb contribue efficacement à une compréhension juste du Coran, selon cette angle elle participe de la littéralité et évite le littéralisme. [18]

Cette approche peut sembler théorique, mais elle est impérative et essentielle quant à la juste compréhension de la fonction exégétique des « circonstances de révélation ». Au prochain volet, à partir d’exemples concrets, nous envisagerons les possibles et les limites de ces « circonstances ». 



[1] Théorie de C. Luxenberg.

[2] Théorie de H. Bar-Zeev.

[3] Théorie de Y. Seddik.

[4] Théorie, entre autres, de A-L. De Prémare.

[5] Nous parlerons tout particulièrement de : « penser le Coran » de messieurs Mahmoud Hussein, dont la particularité est d’avoir outré les prétentions des partisans de la dilution du Coran dans l’Histoire. 

[6] « Nous t’avons suscité afin que tu sois annonciateur et avertisseur pour l’humanité entière… » S34.V28.

[7] « Muhammad…est le sceau des Prophètes… » S33.V40.

[8] « Nous en avons fait de ce Livre explicite une lecture arabe afin que vous puissiez le comprendre. » S43. V2-3.

[9] « Nous avons en ce Coran donné des exemples pour tous les hommes… » S30.V58.

[10] « Béni soit Celui qui a révélé à Son serviteur le Discernement afin qu’il soit pour tous les mondes avertissement. » S25.V1. En ce verset à portée universelle, le Coran n’est pas désigné par son nom mais par son contenu « un message permettant de discerner le vrai de l’erreur, un critère, le Discernement. » Ainsi ramené à son essence, l’expression « pour tous les mondes » s’applique à tous les temps puisque sont concernés tous les hommes qui pourront tirer bénéfice de leur méditation de ce critère permanent.

[11] Indiquons qu’est très fréquemment mentionné un autre hadîth selon là aussi Aïcha où, à la même question, elle fit cette réponse : « Le Prophète était un Coran en marche. » La formule, magnifique, a fait fortune, mais il ne s’agit pas d’un hadîth. Ce propos n’est répertorié en aucun des sunan, les six ou neuf recueils de hadîths admis.

[12] S2.V2. C’est délibérément que le texte est sans ponctuation conformément à l’original en arabe.

[13] Ne signifie pas moderne. Nous l’entendons au sens étymologique : « qui est du même temps que ». Certains par crainte d’être taxés de modernistes utilisent la notion de « contemporanéité », c’est un emploi fautif car ce terme signifie « qui se produit dans le même temps » ce qui, appliqué à l’Islam ou à l’exégèse, signifierait que la compréhension actuelle de ces domaines serait du même temps que celui ayant vu se produire la Révélation, ce qui est un non sens.

[14] Rappelons que ce concept n’est nullement défini par le Coran ou la Sunna. Si le Coran fut révélé dans son temps, il ne contient aucune indication imposant d’y demeurer ou de s’y projeter rétrospectivement. Les « asbâb » ne sont purement qu’un outil exégétique né des observations et réflexions établies en premier lieu par les Compagnons qui, par la suite, fut conceptualisé par les exégètes. Nous aurons l’occasion, plaise à Dieu, d’étudier certains propos de Compagnons à ce sujet. Il ne s’agit nullement de remonter le temps, mais bien de comprendre le verset à partir d’évènements contemporains de la Révélation mais dont la seule finalité est de participer à la prise de sens au temps présent. C’est en réalité ce que faisaient les contemporains de la Révélation. Nous verrons à propos de l’historisation, de la libre pensée mais aussi du littéralisme, les conséquences malheureuses d’une mauvaise compréhension de cette problématique. 

[15] La Révélation avec une majuscule désigne le principe même de l’acte révélatoire ou ses mécanismes. En un autre usage, on entend par là l’ensemble du révélé, le Coran.

[16] Etymologiquement sabab, au pluriel asbâb, signifie « cause » mais, appliqué à ce concept, ce terme prit, notamment sous l’influence de l’école Mutazilite, le sens technique de « circonstance ». De plus, nous le démontrons, l’on ne peut concevoir qu’un évènement soit causal, c’est-à-dire détermine et déclenche une révélation. Evènement circonstanciel serait une expression juste.

[17] Précisons que nous excluons de cette discussion la démarche inverse consistant à rechercher la loi générale présidant à un énoncé restreint afin de pouvoir déterminer des cas d’extension de la Loi. Ce procédé théorisé par Ash-Shâfi’î est un moteur important dans la production du Droit musulman, le Fiqh, mais ne concerne pas l’exégèse à strictement la définir.

[18] Nous développerons plus avant ces deux concepts.

Mots clés

Dr Al ’Ajamî

Auteur de « Que dit vraiment le Coran » et de "Quarante Hadiths authentiques de Ramadan" parus aux éditions Zenith, 2009. http://editionszenith.fr

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Vos réactions et commentaires sur cet article

20 octobre 2009
mariam abdullah a dit :

Merci Djamel j’apprécie ce dialogue franc et direct

AVOERESS : Savoir s"excuser et une qualité trés rare de nos jours,je vous félicite !

20 octobre 2009
Où est passé Averroès ? a dit :

Salam Mariam Abdullah,

Je vous fais toutes mes excuses si je vous ai blessé, ce n’était pas du tout mon intention.

C’est vrai que je ne me suis pas encombrée de formes pour enrober mon commentaire,je suis comme ça directe mais pas mal intentionnée.

Je pense quand même que lorsqu’on s’exprime sur un forum, nos propos sont par nature critiquables, autant sur le fond que sur la forme (j’en fais souvent moi-même les frais).

C’est ce qui nous permet d’ailleurs de développer nôtre raisonnement, de le clarifier, et de l’enrichir en le confrontant à des points de vue différents.

C’est en tous les cas dans cette optique là que je participe à ces discussions.

Donc, même si dans la forme ma critique est critiquable, le fond reste intact : à savoir que je ne suis pas parvenue à comprendre les idées clé que vous cherchiez à développer.

Ceci dit, c’est vraiment tout à fait possible que cette incapacité soit directement liée à "l’effet couscous" qui m’atteint très régulièrement..

Salam à vous ma soeur et mes excuses encore.

20 octobre 2009
djamel a dit :

@mariam abdullah,

J’ai moi-même été froissé par les remarques faites à votre encontre mais je ne voulais pas intervenir espérant que vous alliez vous défendre toute seule. J’apprécie le couscous en même temps que la notice qui devrait dorénavant y être ajouté... Si je peux me permettre puisque vous l’avez suggéré déjà, évitez les longues phrases et utilisez les ponctuations qui constituent le “souffle” des idées, vos écrits n’en seront que plus aérés.

Cordialement

20 octobre 2009
mariam abdullah a dit :
Sur un forum chacun s’exprime selon ces capacités intellectuelles et chacun devrait pouvoir s’y accommoder s’il le faut demander respectueusement à l’intervenant des explications supplémentaires mais dans tous les cas le bon usage serait de le faire avec un minimum de courtoisie et certainement éviter des expressions : ouf j’ai lu et relu sans pouvoir comprendre même si c’est le cas car il est certain que l’on devrait éviter de "froisser"quelqu’un que l’on ne connait pas et ceci devrait être la règle sur un forum
20 octobre 2009
mariam abdullah a dit :
bien ou est passe avoeress et nadhina je ne suis pas étonnée au fait je dois dire que j’ai beaucoup aime voir même apprécier votre expression" avoir manger trop de coucous " grâce à vous j’ai appris quelque chose de particulièrement intéressant les effets secondaire du "coucous " a consommer avec modération ceci devrait être notifier sur les paquets quand même !
19 octobre 2009
Nabhila a dit :

Où est passé Averroès ? a dit : Salam aleïkoum,

ouf ! Mariam Abdullah, je ne sais pas si c’est moi qui ai mangé trop de couscous à midi mais j’ai beaucoup de mal à trouver le fil conducteur de ce que vous dites.."

vous me rassurez Averroès, je suis dans le même cas, je veux dire que j’ai lu 2 fois ces posts et je n’y comprends rien.

19 octobre 2009
Où est passé Averroès ? a dit :

Salam aleïkoum,

ouf ! Mariam Abdullah, je ne sais pas si c’est moi qui ai mangé trop de couscous à midi mais j’ai beaucoup de mal à trouver le fil conducteur de ce que vous dites..

19 octobre 2009
Lola a dit :

La littéralité du Coran peut être comparée à la surface d’un océan. Ce que l’oeil extérieur voit de l’océan est-il l’océan ?. songer à ce que recèle l’océan au-dessous de sa surface devrait inciter le croyant ordinaire (qui ne voit que la surface de l’eau) oui, devrait nous inciter à plus d’humilité. Savons-nous ce qu’est une Langue Sacrée ?. Chaque lettre a ses lumières (lumère sur lumière). Laissons les Pieux nous instruire et lisons le Coran en langue arabe afin de faire descendre ces lumières sur notre intellect. La diversité des âmes suppose la diversité de compréhension mais l’échanger "horizontalement" comme dans les longs commentaires ci-dessus ne fait qu’ajouter à la confusion. C’est pour cela qu’il n’est pas recommandé de trop discuter en matière de religion.

Qui a dit "Mon Dieu, donne-moi la foi des vieilles dames" !.

Wa Salam.

18 octobre 2009
mariam abdullah a dit :
’.ne les voit-on pas un "Coran" à la main ? je ne dis évidemment pas qu’ils véhiculent le "vrai Islam", mais que les Occidentaux ne sont pas censé connaître l’islam sur le bout des doigts, et que l’image donné par ces gens les frappent évidemment, d’où cette réactualisation "facilitée"... ceci est un extrait de ce qu’a écrit un intervenant Et j’ajouterai a l’image visuelle,l’image a travers les écrits ces images ne frappent forcement pas que les occidentaux ou non musulman elles frappent aussi les musulmans et surtout lorsque vous avez cette question:comment peux tu faire partie d’une religion qui véhicule autant de violence ?et devenir la cible ou être victime de réactions blessantes
18 octobre 2009
mariam abdullah a dit :
L’Islam est universelle est elle ouverte à toutes les cultures et appartient à l’humanité sans aucune exception donc ouverte aux dialogues et fermer à tout chauvinisme... Ouvrir un dialogue,donner une claire vision de l’islam c’est de créer un environnement propice aux conversions et c’est le rôle de tout musulman Laisser parler,écouter,,ils s’exprimeront souvent avec violence analysons cette violence et cherchons le bon comportement et essayons malgré tout le dialogue
18 octobre 2009
mariam abdullah a dit :
Le je pense ,je suis de l’ère pascalienne a permis au libre penseur de s’exprimer et mener l’homme a l’egarement Mais il n’y a t’il pas chez l ’homme cette quête continue qui le pousse à comprendre ?L’homme ne possède t’il pas une intelligence ’qu’il y ait eu une histoire avant l’avènement de l’Islam certainement Mariam ,certainement et même forcément car le Coran est dans la continuité des enseignements révélés. Par continuité il faut entendre le message Divin jusque dans son entièreté. Le couronnement des religions ’ "Que le Coran se situe entre tel ou tel livre ,peut-être" Dois je comprendre que le judaïsme fait partie des messages divins ?puisque le coran est dans la continuité et qu’il se situe JUSTEMENT entre le judaïsme et le christianisme ? En règle générale toutes les religions sont la cible de critiques.IL n’y a pas que l’islam ;Mais si nous restons dans le cadre de l’Islam ELLE DÉRANGE pourquoi ,parce que l-islam est le retour à la ’SOURCE ’a la Vérité,la CONNAISSANCE,LA VRAIE et ceux qu’elle dérange sont forcément ceux qui veulent garder l humanité dans l’ignorance ET EMPÊCHER,un retour à la SOURCE Et tout ceux qui empêchent une claire vision de l’islam jouent en faveur des détracteurs de l-islam
18 octobre 2009
Rachid Zani a dit :
Il n’est pire celui qui sait et qui prétend le contraire. Nombreux les détracteurs au service de la mauvaise foi quand il s’agit de "descendre"l’Islam au prétexte que cette religion dérange. Pourquoi l’Islam dérange t-elle ? Qui dérange t-elle ? Alors que l’Islam tant à humaniser les rapports fraternels et à apaiser les consciences,voilà que nos picadors(ils ne descendent jamais dans l’arène), court-circuitent sans relâche les liens tissés jusquelà ,nous expliquant rituellement les dangers supposés du fanatisme religieux. Les familles américaines qui sont restées sur le carreau après le tsunami financier c’était du fanatisme ça !!!!!! Qu’il y ait eu une histoire avant l’avènement de l’Islam certainement Mariam ,certainement et même forcément car le Coran est dans la continuité des enseignements révélés. Par continuité il faut entendre le message Divin jusque dans son entièreté. Le couronnement des religions,le sceau final. Il faut une vie à l’homme pour comprendre son histoire et autrement plus pour parvenir à approcher le Divin(Dieu me pardonne). Que le Coran se situe entre tel ou tel livre ,peut-être,qu’on tente par contre de lui donner quelques mal-intentions certainement pas,il est le message ultime avant le Grand Jour que les menteurs cités ci-avant, redoutent le plus. Comment notre petitesse prétend-elle se mesurer à l’Omniscience divine ? Comment pouvons-nous rester les bras croisés et manger à satiété alors que tout se dérobe autours de nous ? Devons nous sinon continuer à écouter les élucubrations de ces sbires aux ordres d’une idéologie éculée,ouvrir nos poitrines et en extirper le fiel ? Je crois donc je pense mérite un autrement plus que je pense donc je suis qui marqua son détachement du divin sous l’ére "pascalienne" et fît de l’homme ,un égaré. un témoignage poignant
17 octobre 2009
Fati Guéde a dit :
Une fois n’est pas coutume mais il semble que les islamo-septiques ou islamo-critiques aient été piqué au vif par le propos de l’article du Dr Al Ajami. Je constate qu’au lieu d’attendre la suite qui se propose clairement d’élucider certains points notamment l’historisation, point supposé faible que nos "amis" sonnent la charge à chaque intervention. Craindrez-t’ils que leur "croyance" s’effondre ? Au passage : la phrase du Dr Aljami "Je crois donc je pense" si on fait l’effort de la comprendre en son contexte signifie : "Je crois, donc je dois penser ma religion."
17 octobre 2009
mariam abdullah a dit :
Démasquer un mot qui sous entend du moins pour moi conspiration peut être que je trompe ! Je m ’efforcerai d’être plus claire et pour cela je prendrai en exemple la surat AT TUR.Cette surat est attachée a la base, à la fondation de l’islam on y retrouve l’origine de la kaaba ,l’origine du pèlerinage ;elle a ete formulée sous forme d un jeu de patience a non de retrouver les pièces manquantes:par le mont tur donc a nous de chercher l-historique de ce lieu alors que si vous aviez la base de l’islam vous sauriez que représente le mont tur et pourquoi on en parle qu’elle est son importance historique a qu’elle période est elle attachée. Une fois que l’on a toutes ces données l"importance même de la surat devint évidente:donc évidemment pour moi c’est l’islam qui s’explique par elle même
17 octobre 2009
A lire maryam abdullah on la sent attaqué dans ses convictions, lesquelles ? à lire entre les lignes, mais j’ai l’impression que la suite du travail du Dr Al Ajami s’avère nécessaire pour démasquer ce qui s’avance à mots couverts.
17 octobre 2009
aldo a dit :

si je peux me permettre de rajouter un message sur cet article, concernant la première partie, et d’ailleurs ce qui est "rappelé" en synthèse de cet article quand on navigue sur la page d’accueil du site concernant les "attaques" ou l’islamophobie ambiante

au risque de me répéter, ce n’est pas en déconsidérant les arguments de ces gens là que les lignes bougeront.

alors dès lors l’article ne fait plus que d’adresser à la catégorie des lecteurs musulmans qui s’ils se sont instruit un minimum doivent être d’accord avec ce qui est écrit dans cet article. Le Coran ne dit il pas : "Nous avons entendu et nous avons obéi !" ?

je trouve donc dommage d’exclure de fait les lecteurs non musulmans (ou récemment converti) de ce genre de problématique.

il faut bien comprendre que les non musulmans n’ont pas et ne sont pas nécessairement tenus de respecter les dogmes ou composantes de la foi islamique. Les musulmans affirment bien (source le Coran) que le "Dieu des chrétiens" n’est ni un Dieu ni son fils mais un Prophète. il faut comprendre avec cet exemple que les musulmans ont leur sensibilité et croyance propre, comme les non musulmans ou athées ont les leurs, qu’on leur inculque depuis leur prime enfance.

on ne peut pas demander à un non musulman de croire en des choses que les musulmans ont en tête depuis qu’ils ont l’age de raison. c’est bien la raison pour laquelle ce qui est dit, à savoir :


La raison du musulman est par contre impérative lorsqu’il s’agit de rendre vivante la lettre de son Texte de référence. « Je crois donc je pense », exprime le rapport éclairé que je dois avoir avec la Révélation, le Coran. Je crois en la Révélation, et je réfléchis de pleine raison le message coranique.


"Je crois donc je pense"

ne peut en aucun cas s’appliquer ou être compris par un non musulman. c’est bien la raison pour laquelle ces contre exemples ou arguments tellement faciles à trouver selon l’article, pour démonter les mythes ou légendes des islamophobes, apparaissent comme strictement nécessaires de nos jours, dans les sociétés occidentales, où vivent de nombreux musulmans aux prises avec ce genre "d’attaques".

ou alors il faut admettre que cet article ne s’adresse qu’à ceux qui ont le même avis que vous en tout point

pour rebondir sur un commentaire disant qu’approximativement 600 versets (10% du Coran dites vous) avaient fait l’objet d’une recherche des circonstances de leur révélation, il faut bien se dire que les versets relatifs à la loi ou aux pratiques musulmanes sont minoritaires dans le Coran

une large partie concerne les récits des anciens Prophètes, d’où il n’y a vraisemblablement à tirer que des leçons d’ordre "moral" (ou des questionnements spirituels) mais pas d’injonction à proprement parler, de règlement sur un point juridique ou autre.

Enfin, les traductions du Coran ne sont apparemment pas contestées quand elles nous apprennent qu’il ne faut pas boire de vin ou manger de porc, mais celà semble compliqué quand sont abordés d’autres points plus polémiques. on sait se mettre d’accord sur ce qu’est le vin ou la viande de porc, mais pour savoir (actualité oblige) comment les musulmanes sont censées se voiler, il y a tout un tas d’interprétations (et de types de voiles)...

je n’arrive pas à comprendre, alors qu’on dit d’Aicha l’épouse du Prophète qu’elle a été à l’origine d’un grand nombre de hadith, comment se fait-il qu’on n’ait (apparemment) pas eu d’elle la description précise du port du voile, en considérant que les femmes du Prophète devaient montrer l’exemple (les "Mères des croyant(e)s")...

c’est en celà que la recherche des circonstances des révélations des versets coranique peut s’avérer utile voire indispensable...

est-ce une bonne chose d’"exagérer" dans sa religion ? est-ce une bonne chose d’en faire le minimum ? qui a raison ? comment savoir à quelle source se fier ?

en se posant des questions, en réfléchissant, et non, désolé de le dire, en disant "je crois en tout d’abord et ensuite je pense"...les compagnons du Prophète et ses contemporains pouvaient croire le Prophète, sa parole était unique, il était là pour expliquer aux gens, ils venaient directement le voir ou dans sa maison..

de nos jours les avis divergent sur tout et n’importe quoi, le débat n’est pas possible entre musulmans et non musulmans, ni même parfois entre musulmans...

j’ai également lu que des signes (signes diacritiques, voyelles...) avaient été rajouté pour faciliter la lecture du Coran

signes rajoutés des siècles après la mort du Prophète

ce commentaire est présent dans la traduction du Coran

pourquoi le niez-vous ?

si la Révélation date de l’époque du Prophète, naturellement, en quoi le fait de dire que sa compilation sous forme écrite a pris des décennies voire quelques siècles ?

Cordialement

17 octobre 2009
aldo a dit :

"Si l’on admet que des faits matériels aient entraîné une révélation, l’on asservit alors la « Parole de Dieu » aux contingences humaines, ce qui ne se peut."

texte très intéressant mais ce que je cite m’a fait "interpelé" vous dites "si l’on admet", or n’est-il pas avéré qu’un certain nombre de versets ont été révélé "à postériori" ? n’a-t-on jamais lu dans le Coran dans les commentaires ou dans les hadith la formule : "c’est alors que descendit le verset suivant"... (comme pour guider le Prophète et lui donner la "bonne réponse" à ses fidèles ?) ? j’ai lu dans un livre consacré au calife Omar, des propos rapportant qu’en plusieurs occasions, son jugement avait été "agrée/approuvé" par celui d’Allah, est-ce faux ou vrai ? (exemples cités : le voile pour les musulmanes, la station d’Ibrahim, le sort de prisionniers...) si ces versets étaient descendu directement par l’intermédiaire du Prophète, le livre ne ferait pas mention de ces "anecdotes" (comme quoi le calife Omar, je ne sais pas bien quel mot utiliser, mais donc comme quoi Omar se "félicitait" d’être en phase avec Son Seigneur) je cite Omar je pourrais citer le Prophète. dans le Coran, sourate du Butin les commentaires (un traducteur musulman je précise) précisent bien qu’elle est descendu pour clarifier des points concernant les prises de guerre on rapporte même (lu à plusieurs reprises) que les musulmans s’étaient à un moment précipiter sur les prises de guerre, relâchant ainsi leur attention si cette révélation Coranique avaient eu lieu avant "ce fait matériel", croyez vous qu’ils se seraient précipités sur les prises de guerre ?! ce n’est pas logique

un dernier exemple, le Coran dit à plusieurs endroits : "Ils t’interrogent sur...", "Dis..." c’est bien la preuve que ce sont des faits matériels qui ont amené certaines révélations, je vois pas ce qu’il y aurait de choquant ou invraisemblable à ça également quand des Mecquois interrogent le Prophète sur quelques points précis et comme pour authentifier son Message, etc etc

j’ai également lu et approuve un commentaire ci-dessus Monsieur, vous dites que l’on peut balayer les critiques des occidentaux ou des "islamosceptiques" de façon très aisée, mais vous ne prenez apparemment pas la peine d’en donner le moindre exemple, qui pourraient servir à vos lecteurs et lectrices

je pense, modestement, qu’il ne suffit pas de "dénigrer" les arguments des autres pour faire avancer les choses

pour répondre à un autre point : vous pointez le paradoxe qu’ont les occidentaux à prétendre "caduques" car anciens toute une série de verset, mais à tjs remettre d’actualité ceux concernant prétendument un djihad au sens de guerre sainte ou guerre contre les non musulmans (etc etc)...si les occidentaux se le permettent, c’est tout simplement parce que l’actualité et les médias n’ont qu’à se "baisser" pour diffuser des appels de groupes "terroristes islamistes" appelant au djihad ou ce genre de "chose"...ne les voit-on pas un "Coran" à la main ? je ne dis évidemment pas qu’ils véhiculent le "vrai Islam", mais que les Occidentaux ne sont pas censé connaître l’islam sur le bout des doigts, et que l’image donné par ces gens les frappent évidemment, d’où cette réactualisation "facilitée"

merci tout de même pour votre article, même s’il n’a pas encore répondu à mes attentes.

Cordialement

ps : peut être ai-je très mal compris la citation du début, auquel cas veuillez accepter mes excuses.

17 octobre 2009
mariam abdullah a dit :

"Mais point ne sera nécessaire. Pas un jour qu’un « spécialiste », ou un « journaliste », un politique, une « star » en mal d’audience, un « écrivain » à la recherche du best-seller, syndrome de Rushdie s’il en est, ne viennent nous en rappeler les poncifs : Le Coran est un plagiat de la Bible, il a été écrit par des rabbins, des lettrés syriaques, des chrétiens convertis à l’Islam, " Bien allons nous toujours les considérer comme des attaques on allons essayer de comprendre et d’apporter une réponse objective ? ONT ils des arguments qui ont pu déclencher ces raisonnements ou est ce de leur part un simple besoin d’attaquer l’islam ? En 570 pour certain,563 pour d’autres l’envoyé du roi d’Éthiopie Abraha voulu attaquer et détruire la Kaaba étonné qu Abdul Muttalib lors de leur entretien ne lui demandait pas d’épargner la Kaaba lui posa la question :Pourquoi vous ne me demandez pas d’epargner la Kaaba et la reponse fut parce que Allah protegera lui même sa maison.Ce qui prouve que l’islam,était deja présente la kaaba même est connue puisqu’on essaie de la détruire alors que le christianisme naissait ceci est clair et reporte par les historiens musulmans et d’ailleurs le Coran confirme par la surat les éléphants qu’ALLAH A PROTÉGE LA KAABA ? ce qui prouve que l’islam avait une base et existait comme religion et de plus si le prophete fait de la Kaaba le lieu saint de sa nouvelle religion et que celui qui y est venere devient son pillier c’est donc qu’il a adherer a une religion deja existante mais curieusement le CORAN REMPLACE la thorah le livre sacre du judaisme et devient une synthese de deux religions le christianisme et le judaisme est il necessaire de rappeler que yahwve est le pillier du judaisme pas ALLAH.Donc vous ne pouvez en aucun cas pretendre pouvoir resumer dans le Coran les versets de la Thorah sauf si l’islam devient une suite du judaisme ce qui ne peut etre le cas puisque le lieu saint de l’islam est la kaaba et que son Pillier est ALLAH PAS YAHWVE Donc le fait que vous ayez le judaisme comme base du Coran ,et les prophetes a part peut etre ISA sont les memes que le judaisme et que ceux de l’islam ont ete ignore et que son histoire completement oublie, efface alors que la kaaba DEVIENT LIEU DE PELERINAGE ET QU ALLAH EN EST QUAND MEME LE PILLIER Donc du fait qu ILS ONT delaisse le fondement de l’islam en le remplaçant par le judaisme laisse a penser qu IL Y A QUE du copie coller .L islam a existe comme religion avant l ’arrivee du prophete on ne pas le nier car le nier serait en quelque sorte dire q’ALLAH LUI MEME ETAIT INCONNU SUR TERRE DONC PERSONNE NE CONNAISSAIT SON EXISTENCE A PART ABDUL MUTALIB DONC SI ISLAM EXISTAIT ELLE AVAIT UN PASSE UNE HISTOIRE ET QU EN A T’ON FAIT,

(les idoles ne se trouvaient pas a la kaaba mais a MACCA AU YEMEN OU IL Y AVAIT un temple consacre au dieu de la lune et du soleil)

16 octobre 2009
moujàhid a dit :
DR Al A’jami a déjà écrit un livre sur différents thèmes du coran où il était plus pertinent que dans l’actuel article.Ici (pour preuve les louanges qu’il récolte dans ce forum)il caresse certains dans le sens du poil.peut-on lier la parole divine à un événement ?pourquoi les anciens ont élaboré cette science appelée les "circonstances de la révélation" où Elwahidi(11ème) dit" on ne peut pratiquer l’exégèse d’un verset sans connaitre son histoire et le pourquoi de sa révélation" Shatibi(14ème) dira la même chose.il faut dire que cette science ne touche qu’environ 600 versets (10% du coran) pas plus.connaitre les circonstances d’une révélation c’est tenter de connaitre la sagesse divine qui se cache derrière telle ou telle loi.Si la parole divine est au delà de toute circonstance , elle est néanmoins liée à la vie de ceux auquels elle s’adresse, et prend en compte, la langue , les coutumes, le climat.donc elle "s’humanise" en quelque sorte pour être comprise. si la parole est divine l’évènement qu’elle décrit est humain , donc relatif. ce qui fait dire à mahmoud Taha, ce soudanais exécuté en 1986 pour ses idées, que dans le coran il y a des versets éternels, valables en tout lieu et tout le temps , et d’autres , relatifs et contingents car liés à des évènements d’une époque et ne s’adressant qu’aux gens de cette époque.si les valeurs de paix, unicité, solidarité...parlent à tous,la pratique de l’esclavage, les concubines, cette forme de divorce qu’était le "dhihar", ou le fait de rentrer après le pélerinage par la porte principale et non une porte dérobée ne nous parlent plus aujourd’hui, ou alors symboliquement.salam à tous
16 octobre 2009
mariam abdullah a dit :
La foi Islamique :il n’y a de Dieu que Dieu ,son Unicité est universelle, Peut on l’enfermer dans des interprétations, alors qu’elle est présente dans quasi toutes les cultures, comprise dans la majorité des langues et c’est l’ESSENCE, L’ESSENTIEL On l a assez dit et redit l’Islam n’est pas une religion mais une "façon de vivre"donc chacun va s"accommoder a cette façon de vivre selon sa culture selon ses possibilités mais avant tout Être musulman n’est pas de se cloitrer derrière les interprétations mais de vivre sa foi ,sa soumission
16 octobre 2009
mariam abdullah a dit :

Le message divin se doit d’être clair et intelligible. (S42.V2-3) Le Coran est ecrit en Arabe les traductions ne sont pas fiables ,il n-y a aucun contrôle ,les interprétations varient selon les écoles ,les courants les idéologies

- Le sens délivré doit pouvoir être accessible à toutes les cultures. (S30.V58)[9] Le sens ,l’interprétation ,est delivre selon les cultures donc ma compréhension du Coran dépendra de celui qui me l’ interprète de sa culture de son école et bien sur de SA COMPRÉHENSION...La langue même est une barrière ,puisque l’on doit dépendre de sources qui ne sont pas fiables:les traductions et les interprétations

- Le sens vaut pour tous les temps. (S25.V1.)[10] peut être sauf que l’on remet en question le port du voile,la polygamie

16 octobre 2009
mariam abdullah a dit :
"car l’actualité islamophobique ne fait en la matière preuve d’aucune originalité." Parce que ceux sont toujours les points fort qui reviennent:ceux qui interpellent ,ceux qui dérangent,le plus
16 octobre 2009
mariam abdullah a dit :
"l’image du Coran est bien évidemment l’image du prophète" Le prophète a transmis les révélations donc le Coran est bien évidemment l’image de CELUI qui les a révélées,l’image du prophète ne se retrouve que dans les actes propres au prophète,on peut pas juger le prophète à partir du Coran mais à partir de son comportement étant qu’homme et prophète tout comme on ne peut pas juger le Coran à partir du prophète Le coran est le cible répétés d’attaque est ce vraiment des attaques ou ne serait pas des gens qui sont a la recherche de vérité, vous étant que musulman tout vous parait parfait ,il est évident que pour d’autre culture certains point de l’Islam dérangent, il y a la longue liste des guerres menées par le prophète,par exemple il a la diversité des interprétation et autres Le musulman lui même fait certaines comparaison entre le Coran est la bible tel que le nom du prophète dans la bible ,dans certain CORAN Isa est appelé Jésus ceci laisse l’impression que l’Islam cherche son authenticité à travers Leur livre ce qui affaiblit l’image de l’ISLAM La traductions du Coran en langues étrangères particulièrement en anglais(je le lis en anglaisest)troublant et on se pose les questions est ce volontaire ou pas ? Il y a beaucoup de questions qui restent sans réponse aussi bien pour le musulman que le nom musulman . L’islam vu à travers le CORAN SE SITUE ENTRE LE JUDAÏSME ET LA CHRÉTIENTÉ Je le répète certain Coran on traduit ISA par Jésus,Il faudrait donc aller au cœur des problèmes , chercher le pourquoi ,comprendre afin de pouvoir répondre de façon objective
16 octobre 2009
Elwahraanii a dit :

essalaamou alaikoum, Baraka Allahu fiik Dr El`Ajami !

Enfin !

El7amdouliiLLah vous publiez votre méthode de compréhension du Qur’aan. Je l’attendais avec impatience. A mon avis il est nécessaire que ces outils de compréhension soient rendus universels et donc simples. Rationnels. En quelque sorte utilisables par tout humble musulman prés à faire l’effort nécessaire. Est-ce une utopie ? Un rêve ?

Encore une fois : baraka Allahou fiik !

wa essalaam.

16 octobre 2009
hanine a dit :

Salam "Où est passé Averroès ?"

Effectivement, cette idée a été exprimée par un savant musulman égyptien qui était par ailleurs spécialiste de la communication. Il avait tenté de modéliser le système de communication entre Allah et son prophète (PBSL)(je ne reviens malheureusement plus sur son nom).

Le Coran serait une expression de la Haqiqa (la vérité ultime) par la bouche d’un être immanent (Mohammed PBSL) de manière à ce qu’il soit intelligible par ses pairs. Il y aurait une nuance entre la perception de la vérité ultime et la réexpression de cette vérité.

En outre, je voulais souligner que si le principe du message est attemporel, les circonstances de ce message ne sont pas anodines.

La circonstance tout comme le fond constituerait une ayat (un signe) qui permet d’affiner et d’ajuster l’extrapolation à des situations analogues.

wa lahou a’lam

Salam

16 octobre 2009
Où est passé Averroès ? a dit :

Salam Hanine,

Vous avez dit : "La contextualisation historique ne permettrait pas au contraire de capter l’universalité du principe qui est à la base de l’expression littéraire de la révélation ?"

Voulez vous dire faire un travail de distinction entre le fond de la révélation (message universel et pas temporel)et sa "mise en pratique" (forme) par le prophète (SAWS), qui lui était conditionné par le temporel ??

Cette question est vraiment passionante et j’attend avec impatience l’exposé du DR Al Ajamî sur la "littéralité"..

Salam

16 octobre 2009
Mouhib a dit :

Salâmo’alaykoum wa rahmatollah wa barakâtoh,

Je viens tout juste de lire cet article. Al hamdolillah, al hamdolillah, al hamdolillah. En ce qui concerne l’amalgame entre asbâb annuzûl et l’historicisation du coran, la vérité s’est manifestée.

Bârakallahofîkom.

Salam Mouhib

16 octobre 2009
hanine a dit :

Pourquoi la contextualisation historique de la révélation affecterait-elle son attemporalité, sa pertinence en tout lieu et en tout temps ?

On a historiquement collé cette idée qu’un Coran créé était nécessairement temporel, les éléments que je lis ci dessus ne réfutent pas le contraire :

La contextualisation historique ne permettrait pas au contraire de capter l’universalité du principe qui est à la base de l’expression littéraire de la révélation ?

Wa lahou a’lam

16 octobre 2009
habib a dit :
bravo DR j ai beaucoup aimer la démonstrations sur les ASBÂBU-N-NUZÛL. très bien c pas nos actions qui font la révélations on c tous fait avoir sur les causes c tou simplement remarquable comment s imaginer que nos action détermine la révélation
16 octobre 2009
rachid a dit :
bjr DR je ss impatient de lire de ce que vous avez a dire de:Nous parlerons tout particulièrement de : « penser le Coran » de messieurs Mahmoud Hussein, dont la particularité est d’avoir outré les prétentions des partisans de la dilution du Coran dans l’Histoire. lui je pense que c un ennemis de l islam
16 octobre 2009
mustafa a dit :
cher DR tout d abord merci pour cet article fort intéressant je ss impatient de voir la suite ,mais pkoi ne pas les designer nos ennemis de l intérieure si il yen a ?
16 octobre 2009
mohamed a dit :
merci dr pour votre contributions continuer a défendre l islam mais j aurais préférer que vous démasquer les vrais coupable
16 octobre 2009
najete a dit :
j aime beaucoup ce savant c explications sont de très bon niveau
16 octobre 2009
claude a dit :
tres bon article

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