Ces maires qui se croient tout permis avec les musulmans…

L’ article que nous publions ci-dessous est particulièrement significatif de l’attitude de certains maire

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dimanche 17 novembre 2002

L’ article que nous publions ci-dessous est particulièrement significatif de l’attitude de certains maires en France qui se croient tout permis dès lors qu’il se trouvent confronter dans leurs villes à la « gestion » de la communauté musulmane. Au mépris des principes élémentaires d’une laïcité qu’ils revendiquent pourtant haut et fort, ces maires s’ingèrent dans les affaires musulmanes locales en imposant des interlocuteurs musulmans dociles, totalement inféodés aux états étrangers, et peu représentatifs du reste de la communauté. Cette politique de promotion de « béni-oui-oui » n’est pas sans rappeler celle qui avait cours au temps des colonies, et dont le maire de Montpellier Georges Frèche est un fervent partisan.

 

Le débat autour du projet de la « Mosquée à la Paillade »

En janvier 2002, la délibération du conseil municipal, ne mentionne pas de lieu de culte, encore moins de mosquée, mais une innocente « salle polyvalente à caractère associatif » à la Paillade. Rien de très banal, sauf que chacun sait la destination réelle de cette salle qui sera louée par la ville à l’association des Franco-Marocains.(article de presse, Midi Libre du 20/01/2002)

A l’occasion de l’ouverture de la mosquée du Petit-Bard, Lhoussine Tahri, représentant de l’Association des Franco-Marocains disait au sujet de la présidence de la mosquée : « Une mosquée ne se donne pas à une seule personne, elle se donne à une communauté. » ( article de presse, Midi Libre du 14/11/1997)

Pourtant la loi de séparation de 1905 stipule que la commune doit être indifférente aux religions en tant que dogme. Elle ne peut légitimement intervenir que pour réglementer leurs manifestations dans l’espace public.

Cependant, il apparaît que la ville de Montpellier préfère adopter le principe de la simple location de local communal, consenti à une association culturelle en nommant l’association gestionnaire des lieux.

Pour comprendre cette dynamique des conditions du culte musulman à Montpellier, il faut, peut-être plus que dans d’autres villes, prendre en compte l’attitude de la mairie. Le maire de Montpellier, monsieur Georges Frèche, s’est toujours intéressé personnellement aux questions de l’islam dans la ville. Quelques éléments peuvent être analysés pour comprendre cette attitude :

Un certain volontarisme, le choix de construire des « salles polyvalentes » qui servent de mosquées et une volonté de contrôler la communauté. En effet en plus du financement public des lieux de cultes, Georges Frèche, nomme le responsable de l’association gestionnaire des lieux. Ces nominations ne font pas l’unanimité dans les rangs de la communauté musulmane, une large opposition s’est manifestée autour des différents projets, l’exemple de la salle Avicenne l’illustre parfaitement.

Plusieurs courriers ont été adressé à monsieur Frêche, l’interpellant sur la nomination arbitraire de monsieur Nédromi pour la gestion de la salle polyvalente Avicenne.

Dans l’article du Midi Libre du 17/09/1997. Le maire affirme, que la nomination de monsieur Nédromi est « une garantie » pour la mairie et qu’il estime être tranquille « pour au moins vingt ans. ».

Depuis aucune évolution, la situation est identique, les contestataires se découragent et d’autres prennent le relais.

On ne peut que déplorer cette forme d’ingérence mais aussi du manque de respect envers les musulmans, puisqu’il s’agit essentiellement des musulmans, car monsieur le maire ne nomme pas les évêques ni les moines bouddhistes ni les pasteurs ni les rabbins.

Le maire de Montpellier a souvent souligné qu’il est prêt à aider les musulmans dans leur volonté de se doter d’une infrastructure. Dans un entretien dans la revue Islam de France. Georges Frèche disait en 1998 au sujet des salles de prière :

« On avait bien installé, dans un foyer de travailleurs migrants, une salle de gym pour faire les prières, ou de petits lieux dans des garages, etc. J’ai trouvé que c’était indigne car l’islam est la deuxième religion de France (.) Nous nous sommes situés dans le cadre de la loi de 1905 avec un bâtiment qui appartient à la ville de Montpellier et qui le loue à une association de musulmans, à charge pour elle de le gérer comme une mosquée. » ( Revue Islam de France, janvier 1998.)

Si le maire est donc prêt à financer par des fonds public la construction de salles de prière, il continue à refuser la construction de mosquées par les musulmans eux-mêmes. C’est le maire lui-même qui décide aussi sur ce qui doit être qualifié comme une véritable mosquée et de l’importance ou non d’un minaret :

« Plus personne ne devra prier dans la pluie et le vent en pleine rue (cela bloquera aussi le racisme ordinaire des gens qui prétendaient être gênés…) Maintenant, on a un véritable établissement de culte qui pourra recevoir un jour un petit minaret… pour le plaisir. Il faut aussi tenir compte de l’histoire de l’urbanisme (...) Il faut faire des mosquées à l’usage du pays »(ibid.)

Le fait aussi que le service d’architecture de la ville s’occupe de l’architecture des futures « salles polyvalentes » ou « mosquées » n’est qu’un exemple supplémentaire du contrôle qu’exerce la municipalité sur la communauté musulmane.

Qui désigne les représentants de la communauté musulmane ?

Quel mode de désignation ? Est-ce au maire de choisir selon ses critères les représentants ou bien les fidèles eux-mêmes ?

Les enjeux sont de taille et évident, en dehors de la gestion des lieux de culte. Quelle association deviendra l’interlocutrice des musulmans auprès des autorités locales ?

Depuis que le maire de Montpellier a constaté que le « vote musulman » était de plus en plus important et qu’il pouvait faire basculer une élection. Monsieur George Frêche l’a volontairement utilisé en créant des situations de surenchère entre les citoyens montpelliérains de confession musulmane.

Interrogé sur le sujet, monsieur Fleurence adjoint au maire répond :

- « Les fidèles doivent régler leurs problèmes eux même ».

- Alors pourquoi désignez-vous les responsables ?

- « Parce que nous voulons la maîtrise et le contrôle ce qui se fait ».

En effet monsieur le maire à tout prévu s’agissant de la « mosquée Avicenne », il a jugé nécessaire d’introduire dans la convention de location avec l’association gérante de la mosquée, des clauses permettant à la Ville de Montpellier de conserver un contrôle du bâtiment. Ainsi, toute modification au sein de l’équipe dirigeante devra être immédiatement signifiée à la mairie. Une dissolution de l’association ou toute autre situation de droit entraîneront une résiliation immédiate de la convention. Une clause prévoit enfin qu’à tout moment, « si l’intérêt général le justifie », la Ville peut récupérer les locaux après préavis d’un mois.

Est ce que l’histoire aurait la mauvaise grâce de se répéter à la Paillade ?

Il ne s’agit aucunement de remettre en cause la construction d’une « mosquée » à la Paillade, nous sommes conscient que cette future mosquée est un besoin réel pour la communauté musulmane. Cependant, on constate que ce projet a été élaboré en sens unique, sans aucune concertation avec les intéressés.

La ville de Montpellier doit sortir de sa position très ambiguë. Où d’un côté elle dénonce les ingérences étrangères par la mainmise des pays d’origine sur la communauté musulmane et de l’autre côté freine le développement d’une institution véritablement représentative des musulmans dans la ville. Par crainte de voir émerger un lobby musulman franco-français.

Compte tenue de tous ces éléments, il nous semble nécessaire pour le bien de tous les citoyens montpelliérains que la ville de Montpellier gèle provisoirement ce projet en ce qui concerne le fond et non la forme. Elle doit organiser rapidement un véritable débat et non une manœuvre politicienne afin de rétablir une politique de proximité dans la transparence pour que chacun puisse s’exprimer sur le sujet.

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Auteur : Adda Sadi

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