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Dimanche 14 Mars 2010
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Capitalisme, marché « islamique » et occidentalisation du monde
lundi 9 novembre 2009 - par Nadjib Achour, Youssef Girard

« O hommes ! Nous vous avons créés d’un mâles et d’une femelle et Nous vous avons désignés en nations et tribus, pour que vous vous entreconnaissiez ».
Coran 49 – 13

Ces dernières années, nous avons assisté à l’émergence d’un marché « islamique » pensé comme une version « hallal » du capitalisme occidental. Ce phénomène ne serait pour certains analystes qu’une consécration, voire le triomphe, d’une « révolution conservatrice » opérée au sein des élites issues du mouvement islamique après l’échec de leur conquête du pouvoir.

En effet, déroutés par les revers de leur combat politique, les acteurs du mouvement islamique auraient finalement investi le secteur marchand. En décidant d’entrer dans le monde de l’économie, ils ont importé dans cet univers des singes, des symboles, un éthos « islamique » afin de créer de nouveaux produits répondant aux attentes des consommateurs musulmans. Ce projet s’est matérialisé par l’apparition de biens et de services étiquetés « islamiques » à la disposition des « croyants-consommateurs » ou des « consommateurs-croyants ».

Néanmoins, ce qui est pensé par certains comme une « alternative » à l’ordre économique dominant, peut être analysé comme une extension de la sphère d’influence du capitalisme qui cherche en permanence à créer de nouveaux marchés. Dans cette perspective, le pouvoir du langage du capitalisme, le marketing, est d’apparaître indépendamment du concept, c’est-à-dire de la sagesse et de l’éthique.

En d’autres termes, le langage capitaliste reprend les mots de l’Islam en les détachants de leur portée transcendante et éthique pour en faire des biens de consommation. On commercialise un paraître « islamique », une image de l’Islam. Ainsi, le discours du paraître « islamique » a le pouvoir d’anéantir l’être musulman. Cette dynamique de réification de l’Islam et d’anéantissement de l’être musulman se fonde sur l’idéologie de la séduction, du désir, et elle s’effectue par le biais du marketing.

Cela participe de la nouvelle forme du capitalisme qui s’appuie sur la force de l’image, de la symbolique qu’il promeut par le biais de la publicité. Cette forme du capitalisme, étudié par Michel Clouscard, repose sur l’engendrement réciproque de l’économie de marché – orientée vers la satisfaction des besoins - et du désir qui redynamise l’économie du profit. Dans ce marché, à la place des objets et services, sont consommés de la symbolique, des signes, des attitudes, des paroles.

Ces signes, ces symboles, ces attitudes, sortis de leur contexte original et redéployés dans la sphère marchande, ne peuvent que servir à la promotion de l’inauthentique, du faux, du falsifié.

La dynamique du capitalisme est une dynamique globale qui ne connaît ni frontière ni limite et qui a pour objectif final d’étendre son emprise sur toutes les sociétés, toutes les cultures et toutes les civilisations. Le capitalisme n’est pas uniquement un mode de gestion économique, il est également une culture, fondée sur le primat des valeurs marchandes, une conception du monde, une culture, une civilisation, un mode de vie. Le capitalisme a un caractère global et totalisant qui tend à soumettre l’ensemble de l’existence humaine au règne de la marchandise.

Par nature, le capitalisme est un système poussant à la marchandisation de la société globale, à sa réification. Dans la logique du capital, tout peut et tout doit devenir un objet marchand. En conséquence, il n’y a plus aucune limite humaine à l’expansion universelle du capital. Par ce processus, la logique du capitalisme tend à généraliser les lois du marché dans les sphères non-marchandes et, par là même occasion, à détruire la diversité culturelle, à faire disparaître les particularismes identitaires, à anéantir les pensées critiques - par une sorte de « dressage » cognitif – ou à désintégrer les religions et les spiritualités.

Ainsi, le capitalisme doit conquérir les sociétés et les espaces non-marchands afin de les transformer pour pouvoir permettre de créer de nouveaux marchés avec de nouveaux débouchés. Dans cette perspective, le marché « islamique » peut être analysé comme un instrument destiné à étendre la sphère d’influence du capitalisme sur un espace non-marchand : l’espace de l’Islam, de son imaginaire et de sa spiritualité.

Il est nécessaire de comprendre que dans la dynamique globale du capitalisme - le système-monde - le marché « islamique » n’est qu’une fraction, un sous-ensemble du marché global avec ses règles de fonctionnement. Ainsi, les élites économiques « islamiques » se trouvent liées de façon structurelle à la dynamique du capitalisme occidentale dont la principale activité demeure « la transformation du travail en capital et l’appropriation des pouvoirs sociaux »[1].

De par leur activité, les élites économiques « islamiques » offrent de nouvelles perspectives au capitalisme occidental. En effet, en suscitant de nouveaux « besoins », le marché « islamique » crée un nouveau marché, celui de la religiosité musulmane, avec ses consommateurs : les « croyants-consommateurs » ou les « consommateurs-croyants ».

Cependant, avec la création de ce nouveau marché, on procède implicitement à l’imposition d’un modèle culturel, celui du capitalisme occidental, à des fins mercantiles. Décrivant ce processus, Marx et Engels écrivaient que « pressée par le besoin de débouchés toujours plus étendus pour ses produits, la bourgeoisie se répand sur la terre entière. Il faut qu’elle s’installe partout, établisse partout des relations »[2].

Le marché « islamique » a pour résultante l’extension du capitalisme occidental et l’imposition d’un modèle culturel capitaliste même s’il est recouvert d’un verni d’« islamité ». Car pour réussir, le capitalisme ne peut pas limiter son influence à la sphère purement économique, mais il doit aussi s’attacher à conquérir l’âme des peuples afin de susciter en eux le désir de consommer. Le capitalisme est à l’origine d’un processus de dépersonnalisation, de « dé-originalisation », de « viol des consciences » des peuples afin de les intégrer au marché mondial. Ainsi, comme l’écrivaient déjà Marx et Engels en 1848, « par l’exploitation du marché mondial, la bourgeoisie a donné une tournure cosmopolite à la production et à la consommation de tous les pays »[3].

En effet, le capitalisme cherche à formater des peuples désagrégés, dépersonnalisés, des traditions culturelles inertes, des hommes fébriles, sans attaches et sans repères, de véritables déracinés, disposés à consommer sa production standardisée. Tout ce qui freine la consommation de ses produits, ce qui est susceptible de ralentir l’expansion de ses productions culturelles uniformisées - de la musique au cinéma en passant par la littérature - doit disparaître, ou être réifié, folklorisé, dans son système. Pour le capitalisme, l’aliénation préalable des esprits est nécessaire à son entreprise d’uniformisation. Ainsi, il tend à détruire l’original, l’authentique, le particulier, à l’exception de ce qui va dans le sans de l’extension du capital.

Dans cette perspective, le marché « islamique » permet de consacrer la suprématie économique, idéologique, culturelle et politique de l’Occident capitaliste. Par une « ruse de l’histoire », les élites économiques « islamiques » deviennent les « alliés objectifs » du capitalisme occidental et de l’occidentalisation du monde alors que dans leur engagement politique originel, elles se présentaient comme les plus farouches adversaires de cette occidentalisation.

Afin de consolider son hégémonie, le capitalisme occidental s’attache à soumettre les sociétés, les univers culturels et les civilisations à son mode vie au moyen d’objets quotidiens permettant un rituel d’initiation à la société capitaliste. Certains objets culturels sont la mise en forme du capitalisme. Par un apprentissage quotidien de masse se « forme » la clientèle potentielle. Ces objets sont imposés par le marketing qui les institue comme modèles culturels.

Par exemple, il est nécessaire de comprendre que les fast-foods « islamiques » produisent un rapport au mode de consommation, à la nourriture, au goût, au temps, à l’esthétique des aliments et de l’environnement dans lequel on les consomme. Ces rapports, même si la viande est hallal, sont en rupture avec l’éthique et l’esthétique de la tradition arabo-islamique dans laquelle la façon de se nourrir – qu’il s’agisse des aliments ou de la manière de les consommer - était totalement différente.

De même, les vêtements streetwear « islamiques » génèrent un rapport au corps, à la façon de se mouvoir dans l’espace, à l’esthétique du vêtement, au paraître. Ces éléments qui ne puisent pas leurs origines dans l’espace civilisationnel arabo-islamique, ont été directement importés de la « culture » hip-hop américaine et de l’univers du « sport-spectacle ». A ce propos, Mounir Chafiq expliquait : « il est temps de repousser toute idée d’occidentalisation, il est temps de comprendre que nous avons consolidé les « chaînes » en substituant le costume occidental à notre costume traditionnel, ce dernier a été inspiré par nos coutumes, notre agriculture, notre artisanat, notre civilisation, en l’abandonnant, nous les abandonnons. Le costume occidental traduit un modèle de civilisation, son importation signifie notre dépendance. Elle a contribué à la destruction de notre économie, notre personnalité et notre patrimoine »[4].

Ces nouveaux produits « islamiques », qui promeuvent en même temps des nouveaux modes de vie calqués sur le « modèle » américain, ont été produits par la civilisation capitaliste et promus au moyen du marketing. Ces produits participent à la promotion de l’inauthentique, du factice, du falsifié, produits par le capitalisme à l’aire de la consommation de masse.

Au moyen de ces produits, et de l’idéologie qui les accompagne, le mode de vie de la civilisation capitaliste finit par s’étendre au monde entier, puisque comme l’affirmaient Marx et Engels, la bourgeoisie occidentale « oblige toutes les nations à faire leur, si elles ne veulent pas disparaître, le mode de production de la bourgeoisie ; elle les contraint à introduire chez elle ce qu’on appelle la civilisation, c’est-à-dire à devenir bourgeoises. En un mot elle se crée un monde à son image »[5].

Ainsi, les capitalistes et leurs appareils idéologiques imposent leur tutelle idéologique, leur modèle culturel et civilisationnel, à l’ensemble des sociétés en procédant à l’universalisation de leurs propres valeurs, de leurs intérêts et de leur mode de vie. Cette force de l’hégémonie fait qu’il est très difficile d’échapper au conditionnement créé par un modèle culturel aussi massif et écrasant.

Faisant leur la conception du monde et l’idéologie du capitalisme occidental, les élites économiques « islamiques » se font les relais, inconscients, de l’occidentalisation du monde. Dans cette optique, la « classe-moyennisation », l’adoption du mode de vie de la bourgeoisie occidentale, l’homogénéisation et la standardisation des manières de vivre, constituent des armes terriblement efficaces pour détruire toute spécificité identitaire, culturelle et religieuse pouvant remettre en cause l’hégémonie économique et idéologico-culturelle de l’Occident. Par ce procédé disparaît toute prétention à résister à l’ordre mondial.

L’aliénant phénomène de la réification, de la « marchandisation du monde », qui impose le règne de la quantité, est à la base d’un processus de désenchantement du monde anéantissant les utopies créatrices, les imaginaires collectifs et les espérances. Décrivant ce processus qu’il jugeait positif, John Maynard Keynes affirmait que « le capitalisme moderne est radicalement athée »[6]. C’était pour lui la marque distinctive du capitalisme car même les idéologies matérialistes connaissent une forme de croyance immanente, alors que le capitalisme ne connaît que l’univers marchand auquel il tend à soumettre l’humanité.

Face à la puissance du système dominant, une critique du capitalisme qui s’attacherait uniquement à vilipender ses conséquences néfastes, sans s’attaquer à sa logique propre - la réification - ne pourra s’attaquer au cœur de la contradiction du monde contemporain. Le capitalisme doit être critiqué pour ce qu’il est - un système qui tend à la réification de l’ensemble des sociétés - et non uniquement pour ce qu’il engendre, les inégalités sociales, la misère, l’exploitation ou les guerres impérialistes.

La force du capitalisme est de soumettre tous les hommes, toutes les cultures et tous les peuples au règne de la marchandise et à l’idéologie qui lui est liée. La contradiction majeure de notre époque se présente sous la forme d’une lutte entre la volonté d’homogénéisation planétaire et les mouvements résistant à ce processus. Face à la force globale du capitalisme et à son caractère uniformisant, la résistance ne peut s’organiser que dans la promotion de la diversité des cultures, des peuples, des spiritualités et des civilisations.

Les particularités culturelles, les spécificités spirituelles, individuelles et naturelles sont aussi des armes de résistance face au capitalisme uniformisateur. Face à cette uniformisation, ceux qui s’opposent au capitalisme doivent prendre conscience que chaque peuple, chaque langue, chaque ethnie, chaque individu, chaque spiritualité, chaque particularité est un reflet de la diversité du monde non-marchand. L’anti-capitalisme véritable doit s’opposer à toutes les tentatives d’homogénéisation mondiale et il doit tendre à défendre, sur le mode symphonique, tous les particularismes en tant qu’ils sont susceptibles de constituer des fondements pour une libération sociale et culturelle. Une résistance effective au capitalisme doit nécessairement inclure l’opposition à la diffusion de la culture du capitalisme et à l’occidentalisation du monde qu’elle engendre.


[1] Engels Friedrich, Marx Karl, Manifeste du parti communiste, GF Flammarion Paris 1998, page 95

[2] Ibid., page 77-78

[3] Ibid., page 78

[4] Chafik Mounir, L’islam en lutte pour la civilisation, al-Bouraq, Paris, 1992, page 104-105

[5] Engels Friedrich, Marx Karl, Manifeste du parti communiste, op. cit., page 79

[6] Christopher Lasch, Le seul et vrai paradis. Une histoire de l’idéologie du progrès et de ses critiques, Ed. Flammarion, Paris, 2006, page 95

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Nadjib Achour

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Vos réactions et commentaires sur cet article

12 novembre 2009
Didier a dit :

A Baraa,

L’Islam en tant que culture a apporté son influence dans la culture occidentale, c’est une certitude.

Par contre le cheminement que vous décrivez de l’Islam jusqu’au marxisme en passant par les Lumières est quelque peu "volontariste" pour ne pas dire osé.

Les "Lumières" ont plusieurs racines, c’est vrai, mais ce n’est pas tant les racines que la richesse de son développement propre qui a marqué durablement l’histoire et l’humanisme.

Quand au marxisme, je ne le mettrais certainement pas en prolongation des "Lumières". Autant les "Lumières" ont généré des systèmes se fondant sur l’humanisme, autant le marxisme est une utopie qui n’a jamais su se concrétiser en humanisme, et qui n’a généré que des systèmes dictatoriaux.

Ce que je dis n’est pas du domaine de la philosophie, mais de la portée historique.

12 novembre 2009
Didier a dit :

A poildecarotte,

Précision faite, nous sommes d’accord.

12 novembre 2009

"C’est le meilleur moyen de vider notre religion de son sens. Une prophétie n’annonce t’elle pas que nous connaîtrons une période ou les gens posséderont le coran, mais pas dans leur cœur."

C’est une étape supplémentaire dans ce sens.

12 novembre 2009
Baraa a dit :
Je trouve cet article lumineux car il esquisse un islam qui pourrait reprendre sa place dynamique dans la lutte pour la justice en y apportant une spiritualité en liaison avec la vie de la société. Et en se servant des fruits du marxisme ? Pourquoi pas ? puisque le marxisme est en fait moins un athéisme quand on l’analyse bien, qu’un iconoclasme qui s’est attaqué aux religions européennes devenues quasi-polithéistes et iconodules à l’époque, sans parler du fétichisme capitaliste de la marchandise. Un marxiste conséquent est en fait "un croyant" qui n’a pas atteint encore la dimension spirituelle mais qui apprend la réalité par l’observation du livre de la création, comme le demande l’islam, et en se soumettant à ce qu’il observe. Il suffit de lire l’immense admiration de Marx pour les musulmans lors de son séjour en Algérie, pour leur égalitarisme pratiqué, et pas seulement affirmé, et de lire l’article de Marx écrit à New York pour célébrer l’insurrection islamo-hindouiste des cipayes aux Indes où il énonce "la règle historique de la rétribution" ...or "rétribution", en arabe, se traduit par "dîn", ce que dans les langues occidentales on traduit, mal, par "religion", car le concept de "dîn" est beaucoup plus vaste et implique la justice, en plus du "lien" ("religio") propre aux religions. Et puis sans l’islam, comme l’ont prouvé les recherches historiques, il n’y aurait pas eu en Europe l’humanisme, puis la Renaissance, puis la Réforme protestante, puis les Lumières ...et donc le marxisme. C’est donc notre enfant, et comme tout enfant, nous devons en prendre soin et le corriger quand il s’égare mais aussi l’aimer et apprendre de lui quand il apporte une nouvelle jeunesse à la réflexion.
11 novembre 2009
poildecarotte a dit :

@ Didier :

En parlant des musulmans de l’Europe de l’Est, je pensais exclusivement aux musulmans du caucase qui ont effectivement connu la domination communiste pendant 70 ans ; lesquels musulmans ont renoué avec les traditions islamiques. Je ne pensais à aucune autre région.

11 novembre 2009
bismillah a dit :
D’une part ce n’est pas parce que le prophete (saw) aurait dit que le commerce est un bien que cela est vrai quelque soit les conditions. Pour lui le commerce devait répondre à une certaine éthique et particulièrement le religieux doit être exclu de ce domaine « ne vendez pas à vil prix les paroles du coran ». D’autre part ce n’est pas parce qu’une personne n’est pas croyante que ses analyses seraient fausses. Or le capatalisme, ce veau d’or, a une capacité de récupération prodigieuse de phénomene sociaux pour les intégrer en phénomène de consommation pour les vider de leur subsistance. Bien que le marxisme soit effectivement une mvt athée, il a fait une trés bonne analyse critique du capitalisme. Le mécanisme d’autoaccumulation capitalistique qui le caractérise en a fait un instrument d’expansion pour certaines nations soutenues par des firmes multinationales. Et c’est par sa pire forme que cette expansion s’est produites : l’esclavagisme ; le colonialisme ; c’est la guerre en Irak en Afghanistan ou des firmes jouent un rôle important dans la prédation des ressources de ces pays. Le capitalisme dans sa version ultra-liberale , ou tout doit être régi par le marché, menace de plus le code du travail, les acquis sociaux , permet encore aujourd’hui l’exploitation des enfants et de nombreux travailleurs dans le monde. Je vous invite aussi à lire un chapitre du Capital de Marx consacré au fétichisme de la marchandise. Et ce que nous musulmans appellons le shirk (l’association) ; d’après cet auteur le capitalisme a fait de la marchandise un objet fétiche c-a-d que le consommateur confére à la marchandise un pouvoir. Or aujourd’hui cette analyse est confirmé par le consumérisme qui s’est emparé de nos sociétés pendant qu’une bonne partie de l’humanité meure de faim. Donc ne nous trompons pas d’ennemies , je préfère un communiste athée qui dénonce les injustices sociales du capitalisme, le colonialisme etc… tant qu’il tolère ma religion. Ou ces monarchies pétrolières qui exploitent les travailleuses philipines et autres pays pauvres et qui placent leurs bénéfices dans les banques et bourses occidentales qui eux savent comment les utiliser pour accroitre leurs puissance et mieux organiser leur main mise sur le monde . Plutôt que ces musulmans qui ont abdiqués devant tous ces pouvoirs oppresseurs et se lancer dans le business , en plus religieux. C’est le meilleur moyen de vider notre religion de son sens. Une prophétie n’annonce t’elle pas que nous connaîtrons une période ou les gens posséderont le coran, mais pas dans leur cœur.
11 novembre 2009
Didier a dit :

A poil de carotte,

Vous dites que le communisme a "a littéralement envahi des sociétés musulmanes en Europe de l’Est pendant près de soixante dix ans et il leur a inculqué sa philosophie" et que "l’islam est bel et bien de retour dans ces sociétés qui se distinguent actuellement des autres par leurs caractéristiques typiquement musulmanes"

Je comprends ce que vous voulez dire, mais en fait les pays de l’Est (dont la Yougoslavie et l’Albanie) n’ont été communistes que de 1945 à 1989, donc 44 ans. Et encore la Yougoslavie et l’Albanie n’étaient pas sous influence soviétique, et les relations avec les religions n’ont pas été aussi draconiennes qu’en URSS. Dans tous les autres pays de l’Est (RDA, Pologne, Hongrie, Tchéquie, Slovaquie, Roumanie, Bulgarie) ainsi que dans les anciennes républiques de l’Est de l’URSS) ce sont les religions d’origine (majoritairement orthodoxe, catholique, et protestante) qui ont repris leur place.

10 novembre 2009
Hayat a dit :

Salam,

C’est une lumineuse intervention que vous nous offrez là, Djamel DJEZIRI / Dabeldi..cela fait plaisir à lire et à relire. Salam à vous.

10 novembre 2009
Djamel DJEZIRI / Dabeldi a dit :

L’article est intéressant et le forum aussi : il y a donc ici, comme souvent ailleurs aussi, la thèse (le front uni marxiste-islamique contre capitalisme) et l’anti-thèse (mettre de l’islam dans le capitalisme, l’édulcorer pour le rendre meilleur et acceptable en quelque sorte). Je n’ai pas la prétention de faire la synthèse. Simplement, de rappeler quelques postures essentielles qui permettent à tout croyant - et musulman en particulier - de bien rester arrimer à son cap, tel un funambule en équilibre permanent entre sa condition humaine passagère /temporelle et la foi en sa fin dernière éternelle / spirituelle. Autrement dit, de très belle façon, par Teilhard de Chardin : « Nous ne sommes pas des êtres humains vivant une expérience spirituelle. Nous sommes des êtres spirituels vivant une expérience humaine ».

Quelles sont ces postures régulatrices et salvatrices ? A mon sens elles sont au nombre de trois.

1° garder toujours à l’esprit notre appartenance à la communauté du "juste milieu" : tempérance, longanimité et diplomatie en toutes choses et circonstances humaines.

2° notre rôle bien compris de député du dernier prophète et envoyé de Dieu - saws - c’est à dire, encourager tous ceux qui nous côtoient par nos comportements et notre équilibre en toutes circonstances (bien plus que par nos paroles ...), vers la demande de la Foi et la pratique de la prière, ce lien essentiel et fondamental, et salvateur, vers Son Créateur.

3° se souvenir, entre autre,de l’enseignement d’Ali - que Dieu l’agréée - : « Il ne faut pas projeter nos enfants sur ce que nous essayons d’être, car ils sont conçus pour une autre époque ».

Dès lors, comment vivre pleinement ces 3 postures si nous nous excluons de facto en formant un pré-carré résistant-militant qui s’accroche à ses prérogatives - perçues par tous les autres et à tort comme archaïques et réactionnaires car ils ne peuvent pas les comprendre - en se fixant - également comme nos prétendus adversaires - sur la forme et au détriment de l’essence ?

Effectivement, l’analyse critique du capitalisme de Marx actualisée et développée-complétée-rétablie par l’aspect spirituel essentiel chez Guénon (le règne de la Quantité) et Garaudy (le monothéisme de marché)- par exemple - est juste mais plutôt que de camper sur une position de résistant-révolutionnaire qui se nourrit de l’opposition et ainsi de prendre le risque de n’exister qu’à travers ce prisme, il faut savoir accompagner l’évolution de notre monde et de ses âmes incarnées jusqu’à son terme (inéluctable) et dans un même mouvement.

N’étais-ce pas là l’esprit et l’enseignement d’Héraclite (qui a précédé en maître de sagesse Socrate et Platon) quand il observait : « Chaque jour, au même endroit, je me baigne dans la rivière, mais elle n’est jamais la même ».

Et également celui de l’Envoyé de Dieu - saws - qui nous a enseigné en rappelant cette sagesse antique et ancienne : « Si tu n’as pas de pudeur, fais ce qu’il te plaît ».

Fraternellement.

10 novembre 2009
Mouhib a dit :

En relisant moqaddimat ibno khaldoun, j’ai pensé à cet article sur oumma.com, voilà ce que je trouve à la page 127, du livre en arabe chaz dâr ibno alhaytham (albâb thalit mina lkitâb alawwal, alfaçl rrabi’, fi anna ddawla al’âmma alistilâ al’athima almolk açloha ddine imma min nobowwato aw da’wa hak).

Dans cette brève section, ibn khaldoun cite un verset qui doit faire réfléchir ceux qui flirtent avec le marxisme et même le capitalisme, car en fin de compte, ces deux Tâghût ont en dernier ressort un objectif unique et commun : le confort matériel sur terre !

"Il a uni leurs coeurs (par la foi). Aurais-tu dépensé tout ce qui est sur terre, tu n’aurais pu unir leurs coeurs ; mais c’est Allah qui les a unis, car Il est Puissant et Sage." (Al-anfâl, 63)

Cela dit, bien entendu qu’il faut que la communauté musulmane soit indépendante économiquement vis-à-vis des non musulmans, et à fortiori de ses ennemis ! Sans prêcher "la déconnexion" à la Samir Amine, l’Iran par exemple a tout intérêt à être indépendant du grand Satan, ou de manière générale de l’axe du mal, de l’arrogance mondiale politique, encore appelée "mondialisation économique".

Il faut faire attention à ce que les passions ne se transforment pas en intérêts. Comme à la Montesquieu qui disait que le commerce adoucit les moeurs, oui, d’accord, mais de quel commerce ? et comment commercer ? Un bel ouvrage de Hirschman "les passions et les intérêts" où il évoque ce processus par lequel les passions se sont systématisées en idéologie=intérêt, par exemple à commencer par cette citation de Max Weber qu’il cite à la page 13 disant : " Comment une activité au mieux tolérée par la morale a t-elle pu se transformer en vocation (Beruf) au sens de Benjamen Franklin ?" En d’autres termes, dit Hirschman, comment se fait-il qu’on en soit venu, à tel moment de l’époque moderne, à considérer comme honorable des activités lucratives telles que le commerce et la banque, alors même qu’elles avaient été réprouvées et honnies durant des siècles, parce qu’on y voyait l’incarnation de la cupidité, de l’amour du gain et de l’avarice ?"

Un ouvrage qui m’a été utile avant que je me détache de l’histoire des idées et lui préférer l’archéologie du savoir, "une boite à outils", à manier avec grande précaution !

Salam

Mouhib

10 novembre 2009
EtudiantSH9 a dit :

Article vide de par son contenu, et de sa volonté de voir le capitalisme comme un système totalitaire.

Le capitalisme peut aussi être pensé comme un instrument de développement civilisationel. N’oublions pas que les grandes puissances ont toujours prosperés par leurs commerces florissant.

S’il est vrai que le néo-libéralisme (qui est anti-libéral car pipe le dé du capitalisme par des polices et autres instruments visant à rompre la balance proposée par la loi du marché parfaitement compétitif) tend à s’extraire de tout état, et se veut une puissance indépendante, ramener la volonté des Corporations à tout le capitalisme est ridicule.

Même économiquement cela n’a aucun fondement, quid de l’avantage comparatif de Ricardo ???

De plus, le Prophète (SAWS) lui-même commercant, a dit que l’une des professions où il y a le plus de bien est le commerce ! (merci de rectifier/compléter/citer le cas échéant).

Une dernière chose, il n’y a pas de mal à s’approprier des concepts, des produits, de les adapter et les enrichir pour répondre à nos besoins, nos envies. Quitte à assouvir les différents stades de la pyramide de Maslow, pourquoi ne pas le faire avec des produits Islamic-branded ? D’autant plus s’il ne s’agit pas d’une vulgaire façade, comme peut l’être le green-washing pour l’écologie.

Dieu sait mieux.

10 novembre 2009
Mouhib a dit :

Salâmo’alaykoum wa rahmatollah wa barakâtoh,

Je viens tout juste de lire l’article et les commentaires.

Alors je m’excuse tout d’abord de ne pas partager l’euphorie, ni l’exaltation de mes frères et soeurs.

Eh bien que dire ? Je dois vous avouer que je suis resté très perplexe en lisant l’article, même si les références sont solides, Ok, il y a du Hegel, du serge latouche, du bourdieu, l’école de Francfort, du weber etc, qui ne son pas cités en tant que tel. On sent la bonne documentation quand il s’agit d’utiliser ce langage, auquel je suis très réfractaire, même si j’ai longuement lu ces "mots noirs" dirait Sartre.

Le mal qui est stigmatisé est évident, vous décrivez avec précision cette chosification, mais vous utilisez le langage marxiste avec tant de complaisance, et c’est ce qui m’a laissé perplexe devant la lecture de l’article.

Je n’ai plus en tête ce vers exacte d’un poète arabe, qui disait "nous stigmatisons notre temps ( na’îbo zamânanâ ou zamânonâ) et le défaut n’est pas dans notre temps (wama l’aybo...), mais il est en nous mêmes".

Autrement dit j’attendais plus un discours qui nous fait prendre conscience de notre rapport à la consommation, en consommant avec responsabilité, à la lumière de la foi en tant que "vicaires" d’Allah sur terre.

Mais pas un discours à la marcuse, ou à la adorno, ou je ne sais qui d’autre...au point d’avoir envie de voter PCF aux prochaines élections.

Cela dit, j’insiste, le mal est décrit avec pertinence, c’est évident, mais j’attendais un autre langage, spirituel mais non matérialiste. Le capitalisme, comme vous le savez, sait très bien récupérer cette critique sociale (exploitation où le travail produit du capital) et cette critique artiste à la Baudelaire (inauthenticité, aliénation, désenchantement du monde).

En résumé, il ne faut pas rentrer dans le jeu matérialiste du capitalisme, il faut s’adresser à lui avec un langage qu’il ne peut pas récupérer, ni dépasser par je ne sais quelle dialectique ou "ruse de l’histoire".

Salam

Mouhib

10 novembre 2009
Raison pure a dit :
Je suis d’accord avec toi mathémagicien. Mais l’islam n’est pas la cause de tout, par ce qu’on peut trouver des exemples et des contre exemples à travers l’histoire et la géographie. Mais je suis certain que ne pas re-considerer les textes religieux équivaut à un suicide civilisationnel. Malheureusement, j’ai l’impression que les intellos musulmans font de l’acharnement thérapeutique depuis des siècles pour malgré tout courir derrière la modernité.
9 novembre 2009
Raison pure a dit :

A Darwin,

Contrairement à ce que laisse entendre cette article, le marxisme s’est construit comme le mouvement le plus athée de toute l’histoire universelle. C’est une révolution aussi dans le domaine religieux. Le capitalisme n’a jamais eu comme but annihiler les religions. Il est nait essentiellement dans le protestantisme et le judaisme. Il suffit de regarder n’importe quelle billet en Dollars et on peut y lire "In god we trust". Dans cet article il y une citation de John Maynard Keynes : « le capitalisme moderne est radicalement athée »[6]. Je dirais qu’il est peut être areligieux, mais sûrement pas athée et encore moins "radicalement". Cependant, on peut remarquer un cetain rapprochement récent (au moins dans les manifs) de mouvement musulimans et alter mondialistes voir communistes. J’ai beau cherché des points communs pour cette union, je n’en trouve qu’un seul : le même adversaire !

9 novembre 2009
poildecarotte a dit :

J’ai lu attentivement l’article et si j’ai bien compris, il semble dire que le capitalisme arrivera à imposer son mode de vie et ses façons de pensée aux sociétés musulmanes, comme partout ailleurs, et les sociétés musulmanes perdront alors leurs spécificités et leurs identités.

Je ne partage pas ce point de vue. Mais alors pas du tout.

Parce qu’il revient à dire qu’au fond, l’islam peut transiger avec ses valeurs et ses lois. Ce qui ne s’est jamais produit, à aucun moment de l’histoire.

L’exemple le plus édifiant est le communisme (qui était aussi un mode de vie et une manière de penser avec son pouvoir de langage) ; il a littéralement envahi des sociétés musulmanes en Europe de l’Est pendant près de soixante dix ans et il leur a inculqué sa philosophie, avec à la fois le baton, la manipulation et l’intoxication (au sens du mensonge). Résulat au bout du compte : nul. Il n’a pas réussi à détruire ni leurs spécifités, ni leurs identités : l’islam est bel et bien de retour dans ces sociétés qui se distinguent actuellement des autres par leurs caractéristiques typiquement musulmanes.

Je ne crois pas que le capitalisme réussira là où le communisme a échoué, c’est-à-dire la destruction de la spécificité et l’identité musulmanes. Même si ses méthodes sont plus subtiles.

Un adversaire de l’islam a déclaré un jour, sur un site, au sujet de l’Inde et de la Chine : "même l’indouisme et le confusiusisme se sont révélés ouverts à la modernité, mais pas l’islam". Ce qu’il voulait dire par là, en situant cette déclaration dans son contexte, c’est que l’Inde et la Chine ont troqué leurs propres identités pour l’dentité capitaliste, l’islam a refusé ce troc.

T’as raison, adversaire de l’islam !

9 novembre 2009
darwin a dit :

Merci messieurs:article lumineux. Cette époque est curieuse : il faut aller sur oumma.com(site à priori religieux) pour trouver un auteur qui maîtrise à ce point les concepts marxistes.

Bien sûr les concepts marxistes ont du mal à passer (confère les réactions confondantes d’ignorance de Moha et Mohammed mathémagicien) @Moha continuez à être le serviteur zélés de vos exploiteurs : ils rigolent (rire hallal ou pas) et d’ailleurs ils ont bien raison car vous êtes risible

9 novembre 2009

@raison pure :

raison ... pure ... de plus !!! :)) :)) :))

9 novembre 2009
raison pure a dit :
Depuis que la mode est de juxtaposer le mot islamique à tout concept, pour diverses raisons qu’il est trop long de développer, je suis tenté de dire que même cette article qui se veut critique participe à ce processus : C’est le pendant islamique d’un discours alter-mondialiste. En effet, si vous enlevez les occurances du mot islam de cet article, vous avez du José Bové pur beurre ! Etonnant, non ?
9 novembre 2009
moha a dit :
Pour vivre ; il faut manger , pour manger il faut consommer ; pour se vêtir il faut consommer ; pour les loisirs il faut consommer , pour se déplacer il faut consommer ! en consomme ce qu’on ne peut pas produire soit même ! et comme l’homme ne peut pas produire tout ce dont il a besoin , alors il va consommer ce qu’il trouve sur le marché pour satisfaire ses besoins personnel ! donc consommer pour consommer , je ne vois pas pourquoi des musulmans ne peuvent pas produire ce dont les musulmans en besoin , et de créer ainsi un marché "halal" même c’est le capital est une fin en soi ! le problème ce n’est pas le capital ; mais qu’est ce qu’on doit faire avec ce capital ! Et je ne crois pas non plus que le capitalisme peut détruire les identités et les cultures diverses ! bien au contraire , plus le capitalisme ; qu’il soit libéral ou socialiste est arrogant , plus les identités se redressent contre , c’est comme un anti dote ! l’arrogance du capital libéral des pays impérialistes ont dressé contre eux les masses laborieuses , les hindoux pour le Royaume Uni ; les arabes et africains pour la France ; l’ensemble du tiers monde pour les Etats Unis ; comme l’ont étaient aussi les républiques musulmanes sous le capital politique socialiste de l’Union Soviétique ! Ce qui est étonnant c’est la capacité des peuples pauvres à s’opposer au capitalisme une fois la ligne rouge est dépassée ! C’est pour cela que j’ai confiance dans la capacité des musulmans à pouvoir se mobiliser pour un idéal(les manifs pour ghaza est un exemple significatif ) ! mais ce qui manque aujourd’hui au monde Arabo-musulman , c’est un leader charismatique comme Salah Addine al Ayyoubi !
9 novembre 2009
Vous vous trompez, la Turquie se tourne maintenant vers le monde oriental(Syrie, Iran etc...) informez-vouz un peu au lieu de camper sur vos vieilles infos !
9 novembre 2009
Excellente analyse. C’est un plaisir de lire des paroles aussi sensées de bon matin.
9 novembre 2009
Waglioni a dit :
Très bel effort de réflexion et de retour à Marx. Le "marché hallal", ou "islamique" que vous décrivez a aussi un autre inconvénient, qui est celui de conférer à la "cible" de ce marché une identité communautaire. Et le communautarisme, cette invention anglo-saxonne, est la meilleure façon de saucissonner une société pour lui faire perdre tout sens de l’orientation, et la débiter en bruit de tiroir-caisse. Rappelons aussi que Jésus, qui avait condamné le commerce "cacher", est une référence aussi certaine que Marx, et présente sur lui l’avantage d’être hautement louangé dans le Coran.
9 novembre 2009
Mohammed Mathémagicien a dit :
C’est ce capitalimse qui a permit d’arracher à la misère des millions d’indiens et de chinois. Que propose le monde musulman comme alternative au modèle économique occidental ? Revenir au troc de chèvres et de dromadaires ? La meilleure façon de résister à la domination occidentale est de mettre en oeuvre un modèle alternatif viable. Or les pays musulmans, par leurs retards économique, technologique et démocratique ne sont certainnement pas des exemples. Les turcs, en tournant le dos au monde arabe et perse, pour intégrer l’union européenne, ne s’y trompent pas.
9 novembre 2009
myriam a dit :
aujour dhui on nous vend du halal a tour de bras on veux nous récupérer par tous les moyens possible de la bière halal au jambon herta halal le bonbon halal le voyage halal la finance halal ,et tous c marchand vous fairais bie attentions on des costumes hugo boss des ceintures hugo boss des chemises calvin klein parfum chanel et fréquente les salons de thé huppé de la capital ainsi que les beaux hotel "fo pas deconner quand meme"

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