Mardi 18 June 2013
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27 mai 2013

Ainsi la médiatisation du terrorisme se caractérise par son extrême variabilité, mais selon un axe qui épouse la division de la planète entre le monde d’en haut et le monde d’en bas : dans un cas, elle le condamne à l’insignifiance, dans l’autre elle le voue à l’hyperbole.

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21 février 2013

Que fait la France au Mali ? La cause est entendue : elle fait la guerre. Mais la guerre consiste à faire usage de la force militaire contre un ennemi clairement identifié qui présente un danger immédiat pour la nation. Est-ce vraiment le cas ici ?

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16 mai 2012

Pour les Allemands et les Français, l’épouvantail de la crise grecque revêt, du coup, une double valeur pédagogique : il freine les revendications sociales en faisant planer la menace de l’austérité, et il dédouane les élites dirigeantes du fiasco de l’euro en l’attribuant de manière condescendante à un peuple situé aux marges de l’Europe

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27 avril 2012

Comme jadis le communisme, un spectre hante l’Occident : l’islamisme. Orphelin du péril rouge, le monde occidental s’est forgé avec empressement un nouvel ennemi. En panne de bouc-émissaire, il a offert un nouveau visage à la menace dont se repaît son imaginaire collectif.

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26 mars 2009

Ainsi la France, toute honte bue, retourne au bercail atlantiste. Comme si l’intégration militaire était notre état naturel, l’indépendance gaullienne une simple parenthèse, et l’alignement sur les Etats-Unis le « destin » de la France. Bernard Kouchner se pâme littéralement à la perspective de ces noces atlantistes. Il martèle un oxymore de son invention avec la foi du charbonnier. « La France dans l’OTAN, écrit-il, c’est le choix d’un destin ». Au delà de cette étrangeté métaphysique, nous voilà sommés d’entonner un refrain éculé : les Etats-Unis, nos sauveurs d’hier, « nous ne pouvons les décevoir » demain. (« Le Monde », 17/03/09)

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3 février 2009

Un massacre de civils peut-il être qualifié de succès militaire ? Le poète israélien Jonathan Geffen, lui, a fait une découverte saisissante. Il nous la livre dans une tribune libre consacrée à Gaza, « Un territoire en forme de cimetière », dans laquelle il clame son dégoût devant cette « guerre insensée » : « Une fois de plus, nous faisons la seule chose que nous semblons savoir faire : un massacre de masse qui finit toujours par être perçu comme un génocide ». Quelle est cette découverte, que les médias occidentaux se sont empressés d’occulter ? « Quoi de plus troublant que de découvrir que le nom du pogrom que nous sommes en train de commettre, « Plomb durci », est tiré d’un poème de Bialik, le poète des pogroms ? » (« Maariv », cité par « Le Courrier international », 8-14 janvier 2009). Mêler ainsi l’odieux bombardement de Gaza et la douloureuse mémoire des pogroms tsaristes, il fallait oser.

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21 avril 2008

Dans les jours qui ont suivi mon "limogeage", les éditorialistes Jean Daniel, Bernard-Henri Lévy et quelques autres se sont empressés de me prendre pour cible. Prenant courageusement le parti du pouvoir contre un homme seul, ils ont caricaturé mes propos et stigmatisé ma personne. Point commun de ces commentaires peu amènes ? Sous une avalanche de procès d’intention, un pesant silence à propos des faits que j’avais mentionnés dans ma tribune. Sans toujours réitérer l’accusation grotesque d’antisémitisme proférée par Luc Rosenzweig, ils insinuent que je me serais condamné moi-même par l’outrance de mes propos.

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13 mars 2008

Dans sa rubrique « Point de vue » du 27 février 2008, « Le Monde » a généreusement offert ses colonnes à un texte d’une hystérie verbale et d’une mauvaise foi insondables. Les accusations qu’il profère à l’égard du conseil des droits de l’homme de l’ONU sont si mensongères que même la liste des signataires ne tempère qu’à peine notre stupéfaction : Pascal Bruckner, Alain Finkielkraut, Claude Lanzmann, Elie Wiesel, Pierre-André Taguieff, Frédéric Encel ..

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21 janvier 2008

Du périple moyen-oriental auquel s’est livré le locataire de la Maison Blanche, il y a peu de chance que l’Histoire retienne grand’chose. « Une visite pour rien ? » s’interrogeait-on gravement dans la presse française à la veille de la tournée présidentielle. On connaît désormais la réponse : un néant profond, insondable même, à la mesure de l’ignorance crasse du président américain concernant cette région du monde à l’exception de ses hydrocarbures.

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17 décembre 2007

Véritable bombe diplomatique, « l’Estimation du Renseignement national » (National Intelligence Estimate) rendue publique le 3 décembre 2007 ne sera pas sans conséquences sur le déroulement de la « crise iranienne ». La coterie internationale des va-t-en-guerre qui appelaient à l’action musclée contre le régime des mollahs, en effet, vient de recevoir une gifle aussi fracassante qu’elle était inattendue.

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11 décembre 2007

Annoncée avec emphase pour la fin 2008, la paix scellée au Proche-Orient viendrait ainsi auréoler la présidence impériale d’une magnifique couronne d’olivier. Mais qui croit vraiment à cette fable ? Se découvrant une vocation tardive de grand pontife des liturgies internationales, George W. Bush voudrait combler son déficit abyssal sur la scène de la paix mondiale.

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26 mars 2007

Les partisans enthousiastes de la « solution militaire », outre qu’ils comptent sur les autres pour se faire trouer la peau, sont pour le Darfour de véritables faux amis. Non contents de réduire à sa dimension ethno-religieuse la perception du conflit, ils s’inscrivent dans un courant dominant dont la lutte contre « l’islamo-fascisme » constitue l’article de foi. Apologistes du bombardement humanitaire en Irak et supporters délirants de la « démocratie israélienne », ce sont eux qui fournissent à la politique néo-impériale de l’administration Bush ses cohortes d’idiots utiles.

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20 décembre 2006

La conférence sur le génocide hitlérien organisée par Téhéran a provoqué, comme il fallait s’y attendre, une avalanche de protestations indignées. Opération médiatique, cette initiative provocatrice visait, de toute évidence, à orchestrer une surenchère symbolique. Dans l’affrontement verbal avec l’Occident, le régime iranien s’en est pris à l’un de ses principaux tabous. Et après la crise des caricatures, il a infligé aux Occidentaux les rigueurs de la loi du talion : « vous insultez ce qu’il y a de plus sacré pour nous, alors ne vous étonnez pas si nous faisons de même ».

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11 décembre 2006

Dans une touchante unanimité, les médias dominants instruisent inlassablement le procès de la Syrie. Accusée idéale, elle cumule aux yeux de ses innombrables détracteurs toutes les tares imaginables. A son corps défendant, elle occupe une place de choix dans la démonologie occidentale. Comment, en effet, ne pas prêter à ce régime tyrannique de sombres desseins ? Peu importe si la Syrie n’illustre guère la théorie en vogue de l’« islamo-fascisme » : en proie à l’hostilité américaine, ne figure-t-elle pas au premier rang des « Etats voyous » ?

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20 novembre 2006

Contrairement à une idée reçue, les origines du conflit israélo-palestinien ne remontent pas à la nuit des temps. Le discours de certains protagonistes a beau en situer l’origine à une époque ancestrale, la démonstration ne convainc que les convaincus. Loin de s’ancrer dans la rivalité entre Israël et Ismaël, le conflit israélo-palestinien est un rejeton de la modernité : Juifs et Arabes s’affrontent en Palestine depuis un siècle, ce qui est beaucoup dans l’absolu, mais fort peu à l’échelle de l’histoire.

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14 août 2006

Avec assurance chez les uns, de façon insidieuse chez les autres, la majorité des commentateurs n’en démordent pas : le responsable de cette nouvelle guerre israélo-arabe, c’est l’Iran. « Deus ex machina » dont la puissance maléfique nourrit secrètement les appétits guerriers des protagonistes, c’est lui le vrai coupable. Sournoisement tapi dans l’ombre, il tirerait les ficelles qui agitent à sa guise ces pantins dérisoires qui ont pour noms exotiques Hezbollah et Nasrallah. Le philosophe à gages (ce qui ne saurait nous surprendre) comme l’expert patenté (qui nous avait habitués à beaucoup mieux) s’adonnent avec gourmandise à la construction de cette nouvelle fable géopolitique.

9 août 2006

Dans cette nouvelle guerre qui embrase le Proche-Orient, le plus effrayant n’est pas la violence déchaînée par l’Etat hébreu : c’est l’incroyable indulgence dont elle bénéficie. Qu’après plusieurs semaines de féroces bombardements perpétrés sur un petit pays aucune instance internationale n’ait appelé à un cessez-le-feu est consternant : ni le G8, ni l’ONU, ni l’Union européenne n’a été capable de cette décision de simple bon sens. Est-ce le signe que nous entrons dans une ère nouvelle ?

25 avril 2006

Les menaces proférées contre l’Iran en offrent une nouvelle illustration : tout se passe comme si le bombardement du Moyen-Orient faisait désormais partie du droit commun des relations internationales. Cet habitus géopolitique, on voit avec quelle application méticuleuse les médias dominants le distillent à longueur de colonnes. De quelle manière ils en acclimatent savamment l’hypothèse, sous couvert d’une phraséologie technicienne du même acabit que celle qui précéda l’invasion de l’Irak par la soldatesque américaine.

18 avril 2006

C’est hélas une donnée répétitive de l’histoire contemporaine : l’Occident se comporte au Moyen-Orient comme un éléphant dans un magasin de porcelaine. Il y débarque avec fracas, sûr de lui et dominateur. Généreux dispensateur des bienfaits de la civilisation, il entend faire le bonheur des autochtones, contre leur gré s’il le faut. Fier de sa supériorité et confiant en son prestige, il n’hésite pas à envahir leur territoire, à redessiner les frontières, à installer des régimes politiques à sa convenance.

27 mars 2006

Dans la longue marche du mouvement national palestinien, la victoire électorale du Hamas signale la fin d’une époque. Depuis un demi-siècle, une élite politique issue de la diaspora palestinienne présidait aux destinées d’un mouvement de libération qui s’était peu à peu émancipé de la tutelle des régimes arabes. Le courant majoritaire incarné par le Fatah a ainsi conduit l’Organisation de libération de la Palestine, progressivement, de la lutte armée contre Israël à sa reconnaissance dans le cadre des accords d’Oslo.