Bobigny : meutre en silence

La machine politico-médiatique était encore très silencieuse, jeudi après-midi, 24 heures après la décou

vendredi 2 avril 2010

La machine politico-médiatique était encore très silencieuse, jeudi après-midi, 24 heures après la découverte du corps d’un travailleur d’origine marocaine, victime mardi soir d’une agression de la part de 6 personnes (5 hommes, 1 femme) se désignant comme juives.

Le reporter Julien Dumond, de la station RTL, a été le premier journaliste à livrer des informations sur ce qu’il qualifie lui-même, citant des sources policières, d’homicide volontaire. Mais quasiment deux jours après le drame, Julien Dumond semblait n’avoir été rejoint sur le terrain par aucun de ses confrères des rédactions nationales (radios, journaux, télés).

Les informations qui suivent sont celles rapportées par RTL.

Mardi soir à 19h30, un couple de jeunes adultes se présente à l’entrée du magasin de bricolage Batkor, 39 rue de Paris à Bobigny (Seine-Saint-Denis). Saïd (seul son prénom a été rendu public), maître-chien employé par le magasin, les informe que le magasin est à présent fermé, et qu’ils ne peuvent entrer.

Quelque temps après, le couple est rejoint par 4 hommes, et les 6 attaquent Saïd, un homme de 36 ans venu en région parisienne pour trouver cet emploi, alors que sa femme et ses enfants vivent à Dijon. Après avoir reçu des coups, et tentant d’échapper à la meute, Saïd se retrouve en un instant dans les eaux du canal de l’Ourcq, ouvrage distant de 40 mètres à peine du magasin, où son corps disparaît.

Julien Dumond raconte ensuite que les policiers ont retrouvé dès mardi soir le blouson –sec- de Saïd sur les bords du canal, ainsi que son chien, vivant, dans l’eau. Le corps de Saïd n’a été retrouvé que mercredi après-midi par les plongeurs de la police.

Quant aux agresseurs, ils ont été rapidement interpellés mardi soir, ayant garé une voiture dans le voisinage, et sont depuis lors en garde à vue.

Aux policiers, ils ont déclaré, rapporte toujours le journaliste de RTL, qu’ils n’avaient pas poussé eux-mêmes leur victime dans le canal, mais qu’ils l’avaient néanmoins vue se débattre dans les eaux. Ils ont eu en outre l’impudence de tout de suite déclarer qu’ils étaient « de confession juive », et que Saïd aurait proféré des propos racistes à leur encontre (y compris à l’encontre des 4 présents sur les lieux dans le seul but de lui tomber dessus ?).

La ficelle est un peu grosse, et Julien Dumond indiquait jeudi à 15 heures que la garde à vue des 6 se prolongeait, sous la qualification d’homicide volontaire.

Que retenir, à ce stade, de l’homicide ? Que le département de Seine-Saint-Denis a beau être en permanence stigmatisé par le gouvernement et une grande partie des médias pour son insécurité, ses banlieues et ses populations issues de l’immigration, on n’y tue quand même pas une personne tous les jours, encore moins dans les conditions où cela vient de se passer.

Mais le gouvernement continuait jeudi d’être aux abonnés absents. Pire, il se trouve que le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, a fait jeudi matin un déplacement spécial en Seine-Saint-Denis, au commissariat de police de Villepinte. Devant les micros qui lui étaient tendus, il a glosé sur deux autres faits divers, dont aucun n’a pourtant fait de blessé, le caillassage d’un autobus à Tremblay-en-France, et le démantèlement d’un réseau de trafiquants de drogue. Pas un mot sur le meurtre de Bobigny.

CAPJPO-EuroPalestine

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