Bernard Carayon : du GUD aux alliances avec le FN

Par ailleurs, voici un portrait qu’avait réalisé L’humanité sur M. Bernard Carayon en 1998 Bernard

mardi 25 mai 2010

Par ailleurs, voici un portrait qu’avait réalisé L’humanité sur M. Bernard Carayon en 1998

Bernard Carayon : du GUD aux alliances avec le FN

Bernard Carayon, maire RPR de Lavaur (Tarn), n’a pas renié l’idéologie d’extrême droite de sa jeunesse. Ses méthodes à l’hôtel de ville et son flirt avec le FN en témoignent.

De notre correspondant.

LE maire de Lavaur est un fringuant quadragénaire. Sur les photos de ses dépliants électoraux, Bernard Carayon arbore un large sourire. Ces mêmes brochures nous apprennent que son épouse s’investit dans des associations caritatives. Bernard Carayon n’en finit pas de déployer de multiples efforts pour retrouver une respectabilité perdue voilà une vingtaine d’années. En ce temps-là, Bernard Carayon de Lagaye, né dans une famille de châtelains originaire du village tarnais de Carbes, était un spécialiste de la barre de fer et de la batte de base-ball. A l’université d’Assas, le jeune homme bien sous tous rapports appartenait aux commandos du GUD. Le Groupe union défense : un faux syndicat étudiant et un vrai groupuscule néonazi. Cette organisation a d’ailleurs vite reconnu les talents prometteurs du jeune Bernard. Il a à peine vingt ans lorsque, à l’occasion du congrès du GUD à Paris, les 25 et 26 novembre 1977, il entre dans le bureau des responsables nationaux. On lui confie même la direction du journal de l’organisation, "Vaincre". Cela le consola peut-être d’avoir participé, quelques mois plus tôt, à une opération commando qui tourna au désastre : le 11 mars 1977, Bernard Carayon et une cinquantaine de "gudars" entreprirent une "descente" à l’université Dauphine. Or, tout le commando se fit cueillir par la police sur le quai du métro, avant même d’avoir donné le premier coup de barre de fer.

Ses hauts faits d’armes dans les rangs du GUD n’empêchèrent nullement l’ascension fulgurante de Bernard Carayon. Dès 1984, il entre dans le cabinet de Jacques Chirac à la Mairie de Paris. Puis on le retrouve aux côtés de Robert Pandraud. De 1988 à 1990, il dirige Ecofise, une filiale de la banque Rothschild. Surtout, il devient entre 1990 et 1992 directeur adjoint du cabinet de Charles Pasqua. Car Carayon appartient au réseau Pasqua, véritable machine à recycler les militants d’extrême droite. Présent sur tous les fronts, le jeune loup du RPR préside également la Ligue des contribuables, farouchement hostile à l’impôt.

Il décroche son premier mandat politique en 1993 lorsqu’il est élu député du Tarn. L’année suivante, il entre au conseil général. En 1995, il enlève la mairie de Lavaur (8.000 habitants). A ces élections municipales, le FN ne présente pas de liste. Il est vrai que trois sympathisants lepénistes figurent sur la liste Carayon. En 1996, il demande au ministre de l’Intérieur de traduire en justice Albert Jacquard, coupable d’avoir soutenu les sans-papiers de l’église Saint Bernard. Le MRAP réplique en invitant le célèbre biologiste à Lavaur, pour une réunion publique. Le maire refuse alors d’accorder une salle. Sous la pression, le MRAP finit par en obtenir une et une manifestation contre Carayon rassemble plusieurs centaines de personnes.

Son irrésistible ascension est brutalement stoppée en 1997 lors des élections législatives anticipées : Carayon est battu. Privé de l’Assemblée nationale, il se rabat alors sur le conseil régional de Midi-Pyrénées, où il fait son entrée en mars dernier. A ces élections, la gauche plurielle obtient une majorité relative. Il va alors se démener, avec quatre ou cinq autres élus de droite, pour que le RPR et l’UDF fassent alliance avec le Front national et empêcher la gauche plurielle d’accéder à la présidence. La manœuvre échoue. Elle aura néanmoins rappelé que l’idéologie d’extrême droite est toujours celle de Bernard Carayon.

BRUNO VINCENS

Source L’humanité

Article du 21/05/2010 /

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