Azouz Begag, nouveau colporteur de la France de la Diversité ?

A la question d’une journaliste de LCP sur la formule maladroite de Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intéri

mercredi 20 juillet 2005

Costume et sourire aux lèvres de circonstance, la semaine dernière, pour le nouveau ministre Azouz Begag, lors de l’avant-première du film « Camping à la ferme », dont il a été par ailleurs le scénariste. Pour qui connaît bien ce sociologue qui arpente les banlieues françaises depuis une vingtaine d’années, ce n’était pas vraiment une surprise. Pourtant, voir Monsieur le ministre accroupi, entouré de toute l’équipe du film avait quelque chose d’étrange. Un autre conseil des ministres en quelque sorte, au cours duquel Azouz Begag avait déclaré à l’AFP que le gouvernement ressemblait finalement à une équipe de cinéma. Donc le ministre pourrait  jouer aujourd’hui dans une fiction de type série B ? Il a donné comme à l’habitude l’apparence d’un homme à l’aise, un homme de contact comme il a toujours été en tant que chercheur. Mais il est désormais un homme du pouvoir contraint au code de conduite d’un représentant de la République, et coincé dans un Ministère désormais très loin des banlieues.

Un ministre « de l’immigration » dans la République à ciel ouvert

Le 2 juin dernier, Azouz Begag, fils d’illettré d’origine algérienne, ayant vécu tout sa jeunesse dans la banlieue lyonnaise, est entré au gouvernement De Villepin en qualité de ministre à la promotion de l’égalité des chances, auprès du Premier ministre. Agréable surprise, opportunisme, marque de confiance que Dominique de Villepin, ministre de l’Intérieur à l’époque, aurait souhaité témoigner à Begag, auteur l’an passé d’un rapport très apprécié et intitulé : La République à ciel ouvert[1] . « Vingt ans d’histoire des banlieues et de vicissitudes des politiques dites d’intégration ont montré que, au bout du compte, la France n’a pas assuré. Voilà pourquoi elle doit le faire maintenant. Vite, bien et courageusement. (...) L’heure est venue de donner un sens visible et pratique à une République à ciel ouvert capable enfin d’ouvrir les horizons et dégager l’accès de l’ascenseur social à tous les groupes de populations qui composent la diversité nationale » commentait-il dans son introduction.

Hier installé dans la contestation et la recherche sur le terrain, l’ambitieux Azouz Begag a relevé ce défi, témoignant au journaliste de l’AFP lors de la sortie du film Camping à la ferme, qu’il souhaitait « construire la France à l’image de ce film ». Aujourd’hui affiché comme un ministre de droite, il prend conscience de son nouveau statut sans jamais renier sa charge antérieure, à laquelle il reviendra probablement rapidement. Certains disent que la gauche ne l’a pas suffisamment écouté- lui-même l’aurait affirmé tout bas. Et qu’aujourd’hui, il saisit sa chance pour tenter de faire bouger les choses en France, pour l’ensemble des Français issus de l’immigration et qui se trouvent dans l’impasse. Avec ce franc-parler qui est le sien, pas toujours très politiquement correct, avec son humour qu’il garde aujourd’hui comme un précieux instrument de séduction sur les plateaux télé ou en studio, comment parvient-il à basculer du champ académique et intellectuel au champ politique si soudainement ?

Perçoit-il son nouveau statut comme un terrain d’application sociologique de ses recherches ? Avant tout, rappelons l’expérience malheureuse d’un certain nombre de ministres issus de la société civile, qui ne sont jamais véritablement parvenus à s’inscrire dans le code de bonne conduite politique ; et à intégrer rapidement les mécanismes de ce champ bien spécifique. Qui plus est pour un ministre né en France et issu de « l’intégration visible », qui affronte cette seconde difficulté.

Revenons sur le parcours d’Azouz Begag qui l’a conduit à assumer aujourd’hui une responsabilité d’action et de représentation de la France de la diversité au sein du groupe dominant. Dominique de Villepin lui a promis une chose : « te donner les moyens » ; et compte sur lui pour notamment « changer la langue politique » ; et le rassure : « tu ne seras pas le beur de service ».

Azouz Begag, conforté, semble naïvement y croire. Il est certain de pouvoir mettre à profit sa riche expérience sociologique en  commençant la lourde tâche qui lui incombe aujourd’hui[2] : « Je serai un homme d’exemplarité et d’action politique » affirme-t-il, ni plus ni moins.

Né le 5 février 1957, Azouz Begag passe son enfance dans la banlieue lyonnaise, d’où il tirera le récit de son roman le plus célèbre Le gone du Chaaba[3] , décrivant les conditions de vie des Algériens fraîchement débarqués dans l’hexagone dans les années 60. Ses parents arrivés en 1949 vivent dans des conditions déplorables et n’obtiendront jamais la nationalité française. L’écrivain se prend régulièrement dans ses romans à relater ce passé présent, et à mêler fiction et réalité pour tenter un rapprochement artistique pertinent. Il y dénonce le plus souvent possible les marques de racisme qu’il a pu, comme tant d’autres, subir dès tout petit à l’école. Ainsi, dans Béni ou le paradis privé[4], il tourne en dérision une scène de la vie quotidienne d’un petit gosse arabe de banlieue :

« Ben Abdallah Bellaouina est-il présent ?- Présent, m’sieur ! Il se moquait. Ça se voyait bien que j’étais dans la classe, non ? J’étais facilement reconnaissable ! Les autres profs étaient moins vicieux. Au début de l’année, l’un avait demandé quel était le nom de famille dans les deux morceaux, l’autre la signification, comme si moi je me cassais la tête de savoir ce que voulait dire Thierry Boidard ou Michel Faure ».

Chercheur au CNRS de Lyon depuis les années 80, professeur, romancier, il est détenteur d’un doctorat d’économie, et devient membre d’une des institutions de la République en 2004 : le Conseil Economique et Social. Il est nommé « au titre des personnalités qualifiées dans le domaine économique, social, scientifique ou culturel, désigné sur proposition du Premier ministre »[5]. Le sociologue représente « l’idéal-type » du Français issu de immigration qui a réussi. Il ne manque pas de le rappeler le plus souvent possible. Il veut se compromettre, toucher à la politique, et devenir acteur de la défense des Français des anciennes colonies qui n’ont pas d’accès à la parole publique. Pour cela, il veut sortir de la condition de victime dans laquelle certains semblent se conforter. A ce titre, ses sujets de recherche sur l’immigration, la pauvreté, le chômage, le racisme, et la mobilité, le font parvenir à une conclusion : il faut « en sortir pour s’en sortir »  ; « entrer dans une logique d’échappée volontaire du groupe- amis ou famille- et du territoire »[6]. Begag pense que le pire est l’immobilisme et qu’il devient vital pour les membres de la communauté de sortir de cette logique d’auto-destruction. Les jeunes doivent « traverser le périphérique pour venir en France ». Certes.

« Personne ne porte le fardeau du développement historique de son quartier pourri. Avant d’être pieds et poings liés à un groupe ou à un lieu, je suis un individu ». Azouz Begag se prend-il à rêver de faire cavalier seul ? En étant ministre par exemple ?

En tout cas, son idée d’expatriation a pris corps, pas plus loin que dans le scénario du film qu’il était venu défendre à Lyon. Lui dans un ministère parisien, et les jeunes... à la campagne.

« Traverser le périphérique pour aller en France » ?

En effet, « Camping à la ferme »[7] relate l’histoire de six jeunes des cités, contraints à effectuer un travail d’intérêt général (TIG), sous la responsabilité d’un travailleur social, seul représentant de l’autorité de tutelle. Ils sont donc six à se voir offrir une dernière chance. Il est intéressant de noter que le scénariste Begag qui prône prévention plutôt que répression dans ce film, se trouve en accord avec le ministre Begag : sortir de la banlieue pour tenter de trouver des solutions à des jeunes désoeuvrés qui ressentent plus que jamais la discrimination dont ils sont victimes, et qui les poussent à transiger la loi pour exister aux yeux de l’administration défaillante. Bourré d’anecdotes, de scènes cocasses, et de dérision, le film révèle la vision d’un sociologue qui a tout vu de la banlieue : le pire comme le meilleur. Malheureusement, persiste dans cette description d’une jeunesse issue de l’immigration le paradoxe originel : ils sont français, et bien français tous ces jeunes, nés sur le territoire ; mais les villageois leur renvoient tous les propos racistes, xénophobes que l’on peut encore entendre aujourd’hui dans notre pays, afin de nier une part de leur identité. Ces 6 jeunes sont très sympathiques, très drôles, parlent ce langage « djeune » unique, mais tout au long du film, parviennent difficilement à sortir des clichés que l’on accroche comme un panneau à leur front.

Il aurait été plus habile, de la part d’Azouz Begag, de fuir certaines ficelles : l’image du jeune italien, converti zélé, qui chante « Allah Akbar » en haut du clocher de l’église du village ; ou encore de l’éducateur qui en allant chercher des merguez à la boucherie, ne se voit offrir que des saucisses... bleu-blanc-rouges. Il aurait été judicieux également de ne pas laisser croire que ces « tigistes » ont été changés à vie, riches de leur expérience à la campagne pendant quelques jours. Ils vont regagner leur banlieue restée à l’identique, après ce travail de fermage. Est-ce bien à eux de changer ou de culpabiliser ? Peut-on leur attribuer un sentiment victimisant, alors que l’image de l’administration bienfaitrice n’est que peu amochée dans le film ? Pour être précis, notons quand même l’existence de la caricature du maire du village, qui fera tout pour s’attirer les médias et les lauriers, après son engagement en faveur des jeunes beurs de banlieue. C’est un peu timide. Quoi qu’il en soit, le récit, en dehors de certains de clichés, a le mérite de soulever également les dérives risquées de certains de ces jeunes : la plume du sociologue, fustige le communautarisme, le rejet des « blancs » et la victimisation de groupe. La note finale est cependant optimiste mais pleine de bons sentiments : la propre prise en charge du groupe et le retour au dialogue de nos jeunes avec certains villageois qui ferment ce film. Il est dommage que tout cela soit bien loin du caractère bien moins moralisateur de l’Esquive[8].

« Montrer la diversité » ?

Azouz Begag, dans ce film, mettait en pratique forcée la nécessité, comme il le dit de sortir de la banlieue pour sortir de la « sinistrose ». Est-ce aussi simple ? En changeant récemment de champ d’action, le sociologue-ministre veut montrer l’exemple. « Je suis un enfant d’analphabètes et je suis aujourd’hui ministre »[9] déclarait-il tout récemment. Que penser de tels propos qui peuvent susciter chez les dominés l‘amertume, la jalousie ? La position de Begag est-elle en contradiction avec la lutte anti-assimilationniste du combat des Indigènes ? En tout cas, elle pourrait renvoyer inévitablement à la culpabilisation potentielle de celui qui a réussi. Azouz Begag, lui, n’a pas du tout la haine de lui-même. Il veut « donner le goût », et simplement servir d’exemple. Mais il veut agir dans son ministère pour sortir les banlieues, et les Français issus de l’immigration, de l’ornière.

Et son action en faveur de la diversité commencerait dès la composition de son cabinet : 12 membres qui ont travaillé avec lui auparavant et issus de la société civile et de la diversité française. « On a carte blanche » affirmait-il à LCP- France Info. Il doit désormais adapter sa parole et son action dans une logique gouvernementale, avec les tabous verbaux que cela peut entraîner. A la question d’une journaliste de LCP sur la formule maladroite de Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur suite au drame de la Courneuve, le ministre Begag répond très sérieusement derrière un large sourire  :« Il ne faut pas me poser des questions comme cela. Vous voulez m’attirer des ennuis ? ». On sent déjà le changement chez le sociologue.

Derrière l’apparat sclérosant de ministre, quelle est la marge de manœuvre d’Azouz Begag pour promouvoir l’égalité des chances ? Fort de ses expériences dans les banlieues, il affiche un programme simple en trois points. Tout d’abord, l’urgence réside, selon lui, dans la facilitation de l’accès aux stages. « Un stage pour tous en 2006 », c’est son engagement. En effet à l’heure actuelle, un nombre incalculable de jeunes « beurs » se voient refuser l’obtention de cette précieuse formation pratique, au simple motif du délit de faciès, et voient leurs chances d’insertion économique rapide compromise. Le ministre « VRP » s’engage à sillonner la France pendant un an, afin de mobiliser les dirigeants des petites et moyennes entreprises. « Beaucoup de chefs d’entreprise ne sont ni racistes ni discriminants, mais manquent tout simplement d’une véritable sensibilisation à la question des jeunes issus de l’immigration » précisait-il à la journaliste de LCP- France Info. La deuxième mesure passe par la mise en place de services publics anti-discrimination. Ainsi, en toute circonstance, lorsque des individus se sentiront ouvertement victimes d’une discrimination, ils pourront faire appel à cet organe d’intervention qui « constatera le fait afin de désamorcer le conflit, pour ne pas alimenter les communautarismes régressifs ». Enfin, son programme se focalisera sur les médias et la culture. Redonner le goût à la lecture sera l’une de ses priorités ; il est du devoir des « indigènes » de prendre en main leur destin, et de se battre par eux-mêmes pour réussir. Les livres sont l’un des moyens ; mais que dire des enseignants qui font ce travail de fond depuis si longtemps ? Le ministre sous-estimerait-il leur action ?

Certes les médias doivent refléter la diversité française pour laisser aux jeunes la chance de s’exprimer ensuite. « Je veux que la télévision française reflète notre pays. Lorsque l’on voit le modèle américain, c’est très beau. Les noirs et les arabes en France ne sont pas faits que pour présenter les journaux de la nuit » affirmait Azouz Begag. Son caractère volontariste l’inscrit résolument dans le champ actif du politique, après celui de l’intellectuel contemplatif ou militant. « Je ne vois pas pourquoi nos enfants issus de l’immigration seraient acculés à demeurer dans le domaine esthético-sportif » ajoutait-il, en défendant l’idée qu’ils puissent prétendre aussi à tous les secteurs d’activité du pays. Tout cela rappelle néanmoins toutes les intentions de bonne volonté partagées par l’ensemble de la classe politique depuis 20 ans, et qui sont demeurées des déclarations de principes. Ce programme semble bien loin des aspirations des uns et des autres.

Comment se positionne le nouveau ministre sur les grands débats qui séparent premier ministre et ministre de l’Intérieur actuellement ? Hier pour la discrimination positive[10], le ministre Begag préfère s’y opposer aujourd’hui. Comme Dominique de Villepin d’ailleurs, qui réaffirmait lors d’un déplacement au Havre le vendredi 1er juillet[11], la contradiction entre la discrimination positive et « la philosophie, qui est celle de notre République ». « Ce n’est pas au nom de l’appartenance à une minorité, à un groupe, parce qu’on est (...) d’une certaine ethnie, que l’on va avoir un emploi ou une place dans telle école. C’est parce qu’on le mérite, parce qu’on a fait l’effort nécessaire ». Sans jamais rien imposer, ni par la force ni par la création de nouvelles lois, Azouz Begag veut sensibiliser, convaincre le pays que tous les Français doivent disposer de la même chance initiale à l’éducation, à l’emploi, et au logement. « Il ne faut pas imposer la diversité, mais agir pour qu’elle s’impose d’elle-même » précisait-il en substance à Question d’Infos. Il s’oppose également au principe des quotas lancé par Nicolas Sarkozy qui « rigidifient ». Fidèle de Dominique de Villepin, et rattaché de par sa fonction directement à lui, Azouz Begag entre dans le jeu politique de plein fouet, et doit déjà composer avec les velléités de la Place Beauvau. Il semble bien que M. le « ministre à la promotion de l’égalité des chances » ne saisira que la sienne. Il a décroché à Matignon le casting du « beur de service » pour un nouveau film institutionnel. Lui ne veut pas le croire. Serait-il le seul dans le microcosme des intellectuels sensibilisés à la cause ?

Pour combien de temps ?

La tâche d’Azouz Begag, ministre issu de ‘l’immigration’, est lourde de sens. Vingt années d’échec des politiques d’intégration vont probablement s’aggraver. Son programme est largement insuffisant. D’autres avant lui, comme Tokia Saïfi[12] plutôt malmenée lors du dernier gouvernement, n’ont pas été repêchées par sms. Ce que veut avant tout le nouveau ministre, c’est « rapprocher les ascenseurs sociaux » et « montrer la diversité ». C’est beau. Lorsqu’on le voit toujours sourire dans sa nouvelle fonction, on ne peut manquer de souligner son enthousiasme et sa joie certes, mais aussi de s’interroger sur sa prise effective de conscience de la délicate position dans laquelle il est. Il y a fort à parier qu’il demeure une caution dans un gouvernement à l’échéance déterminée. Il y a aussi fort à parier qu’Azouz Begag prenne un plaisir non dissimulé à retourner dans la société civile en 2007, riche d’une nouvelle expérience mais persuadé que tout avancera bien mieux en dehors de l’appareil politique castrateur. On ne peut que lui souhaiter. Et rendre d’actualité une de ses citations afin de continuer à rêver la République black-blanc-beur : « Cet univers est le mien. Je veux continuer à écrire sur ces personnes qui se battent pour s’en sortir et exister. Et devenir, en quelque sorte, le nouvel Émile Zola de la société française ! »[13] Rien moins que cela.

 



[1] L’intégralité du rapport est consultable en ligne à l’adresse suivante : http://www.ladocfrancaise.gouv.fr/brp/notices/044000615.shtml.

[2] Interview donnée à LCP- France Info, lors de l’émission Questions d’Infos, le 30 juin 2005. Les citations qui suivent sont extraites de cette émission.

[3] Le Gone du Chaâba,  Le Seuil, Coll. ’Virgule’, 1986. Adaptation cinématographique par Mehdi Charef en 1997.

[4] Béni ou le Paradis privé, Le Seuil, Coll. ’Virgule’, 1989, pp. 43-44.

[5] Site du premier ministre www.premier-ministre.gouv.fr.

[6] Le Mal-être arabe ; enfants de la colonisation, Dominique Vidal et Karim Bourtel, p.35.

[7] Réalisé par Jean-Pierre Sinapi.

[8] Réalisé par Abdellatif Kechiche en 2004, l’Esquive décrivait la motivation du jeune Krimo pour sortir de la galère, et se prendre en main en participant à une pièce de Marivaux, entre amour et comédie.

[9] Interview donnée à LCP- France Info, lors de l’émission Questions d’Infos, le 30 juin 2005.

[10] Il est le premier des sociologues, dans les années 80, à intégrer en France ce concept, qu’il venait de découvrir aux Etats-Unis.

[11] Le Monde daté du 3-4 juillet 2005.

[12] Issue de « l’immigration », elle était Secrétaire d’Etat au Développement durable

[13] Le Marteau Piqueur, Seuil, 2004.

Publicité

commentaires