Avec Nadine Morano, le débat sur l’identité nationale a touché le fond…

Jouant la carte de la proximité, parqu’elle-même étant une banlieusarde, la très compréhensive ministre

mardi 15 décembre 2009

La gouaille de celle qui fut longtemps cataloguée comme le porte-flingue féminin de Nicolas Sarkozy a encore frappé hier soir, dans la commune de Charmes, dans les Vosges, enfonçant le débat sur l’identité nationale dans les profondeurs abyssales de l’ineptie et de l’abjection.

Mais pourquoi donc faire tant de foin autour de l’identité nationale, alors qu’il suffisait de puiser dans l’infiniment grand de la pensée de la secrétaire d’Etat chargée de la famille et de la solidarité, pour trouver les réponses à tous nos maux ?

En phase avec l’ère de la politique qui se déclame à coups de slogans percutants, Nadine Morano opte donc pour la forme et non pour le fond, en se muant en coach en éloquence et en relooking !

Jouant la carte de la proximité, parqu’elle-même étant une banlieusarde, la très compréhensive ministre a éclairé nos concitoyens de la vivacité de sa réflexion arrivée à maturation : « le jeune musulman ne doit pas parler verlan », ajoutant « Moi, ce que je veux du jeune musulman, quand il est français, c’est qu’il aime son pays, c’est qu’il trouve un travail, c’est qu’il ne parle pas le verlan, qu’il ne mette pas sa casquette à l’envers »...

Comment ne pas y avoir pensé plus tôt ? Merci mille fois, Madame Morano, de cette fulgurance intellectuelle qui va, sans nul doute, contribuer à changer le regard sur l’islam et à favoriser sa compatibilité avec la République française !

Un dernier point : quand on se fait le chantre de l’art de bien parler, de surcroît lorsque l’on est ministre en exercice, il conviendrait d’être soi-même irréprochable.

Or, quand sur Canal plus dernièrement, Nadine Morano, se laissant emporter par sa verve triviale s’est exclamée au sujet de Rama Yade : « Si on n’est pas d’accord avec le gouvernement, on ferme sa gueule et on le quitte ! », on reste très perplexe quant à l’exemplarité incarnée par celle qui s’érige en donneuse de leçon paternaliste, anti-jeunes et foncièrement anti-musulmans...

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